André Bord : Une Figure Emblématique à la Présidence du Racing Club de Strasbourg

André Bord, né le 30 novembre 1922 à Strasbourg, a été une figure marquante de la politique alsacienne et du monde sportif, notamment en tant que président du Racing Club de Strasbourg. Son parcours exceptionnel, marqué par son engagement dans la Résistance et sa longue carrière politique, témoigne d'une vie dédiée au service de ses concitoyens.

André Bord est décédé le 13 mai 2013 à Holtzheim (Bas-Rhin). La santé de M. Bord s'était dégradée la semaine dernière et avait nécessité une nouvelle hospitalisation. Il avait déjà été hospitalisé une première fois il y a quelques semaines. Selon nos informations, M. Bord est décédé la nuit dernière à son domicile, pendant son sommeil.

Blason de Strasbourg

Un Engagement Précoce dans la Résistance

Élevé dans une province sensible aux enjeux de l'avant-guerre, André Bord a été naturellement sensibilisé aux valeurs d'effort, de résistance et d'unité. En juin 1940, face à l'annexion de l'Alsace par le IIIe Reich, il refuse de devenir allemand et s'évade de sa région natale.

Il rejoint en 1941 la Dordogne et les maquis du Sud-Ouest. Agent P2 dans les réseaux « Andalousie » et « Martial », il est arrêté une première fois par la Gestapo et libéré faute de preuves, puis une seconde fois par la milice. Il parvient à s'évader grâce à une action menée par ses camarades du maquis de Vergt en Dordogne, ce qui lui vaut d'être condamné à mort par contumace.

Dans la clandestinité, il participe au recrutement et à la mise sur pied des commandos qui composeront la Brigade Alsace-Lorraine d’André Malraux. Il se trouve ensuite engagé dans les combats de la libération de l’Est de la France, ainsi que dans les combats défensifs sur le Rhin, en janvier 1945, au moment de l’offensive Runstedt où il est encerclé avec le commando Verdun à Gerstheim pendant plusieurs jours. Avec certains de ses camarades, il réussit à franchir l’encerclement pour rejoindre la Brigade Alsace-Lorraine à Plobsheim. Il terminera ses engagements militaires par la Campagne d’Allemagne.

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Fils d'un ancien mineur et grutier, André Bord avait fui l'Alsace et les nazis fin 1941 avant de s'engager dans la Résistance, comme agent de liaison. Il sera d'ailleurs arrêté par la Gestapo en 1943 et relâché faute de preuves. Par la suite, il combattra avec la Brigade Alsace-Lorraine.

En Dordogne il participa au recrutement des commandos « Verdun » et « Bir-Hakeim » qui plus tard furent intégrés dans le bataillon « Strasbourg » de la brigade Alsace-Lorraine. A. B. combattit d’abord contre la division SS « Das Reich » dans la région de Bergerac et Vergt, participa à la libération de Périgueux, puis, avec la brigade Alsace-Lorraine, à la bataille d’Alsace: Ballersdorf, Dannemarie, Altkirch, puis dans le Bas-Rhin, à Gerstheim pendant l’offensive de von Rundstett en janvier 1944. Ensuite A.

Une Carrière Politique Dédiée à l'Alsace

De retour à la vie civile, André Bord ne renonce pas à sa volonté d’engagement au service de ses concitoyens. Deux ans après la Libération, André Bord s'engage au RPF, le parti de De Gaulle. Il est élu député UNR en 1958 et entame alors une longue carrière politique.

Il est Président de l’Union Française des Anciens Combattants en 1956. Strasbourg de 1959 à 1971, puis de 1977 à 1989 ; membre du Conseil Général du Bas-Rhin de 1961 1979 et Président de 1967 à 1979. En juillet 1972, il est nommé Ministre des Anciens Combattants par Pierre Messmer. Il y est maintenu par Jacques Chirac, après l’élection présidentielle de 1974. Depuis novembre 2002, il est Président de la Fondation Entente Franco-Allemande à Strasbourg.

Gaulliste de la première heure, il est ministre pendant 12 ans sans interruption (sous les présidences de de Gaulle, Pompidou et Giscard). En 1958, il est chargé de se rendre en Algérie pour le compte du gouvernement ; sa mission : prendre le pouls de la population algérienne. On lui confie aussi la présidence de la commission de coopération franco-allemande, ce qui fait de lui l’un des artisans du rapprochement entre les deux pays. Sur le plan régional, il est notamment député de 58 à 81 et président du conseil Général du Bas-Rhin de 67 à 79.

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André Bord a créé de nombreuses institutions de la vie associative : Maison régionale de la Musique, Maison des Sports (Strasbourg), Office Départemental du Tourisme, Institut des Arts et Traditions Populaires d’Alsace, Office départemental du 3e Âge, ADIRA (Comité d’expansion économique) dont il a été président de 1968 à 1980.

Membre du gouvernement à partir de 1966 A. Bord fut le « ministre alsacien » jusqu’en 1978. Secrétaire d’État à l’Intérieur sous les gouvernements Pompidou, Couve de Murville et Chaban-Delmas, 1966-1972 époque où il mit, notamment, en place les « communautés urbaines » et, en liaison avec le Crédit Mutuel, la « Caisse d’Aide aux Collectivités locales ». Ministre des anciens combattants et victimes de guerre sous le gouvernement Messmer de mars à mai 1974 ; secrétaire d’État aux anciens combattants sous les gouvernements Chirac (juin 1974 à août 1976) et Barre (août 1976) ; secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement auprès du Premier Ministre (septembre 1977-mars 1978). Dans ces activités, il a notamment créé la carte du combattant pour les anciens d’Afrique du Nord.

Les problèmes des incorporés de force, ceux spécifiques aux anciens combattants alsaciens et mosellans et aussi les affaires liées au droit local ont été suivis avec attention par ce ministre à la longévité gouvernementale exceptionnelle.

On a posé nos CAMÉRAS au Racing Club de Strasbourg ! 🎥

Président du Racing Club de Strasbourg : Une Passion pour le Sport

Passionné par 1es problèmes du sport, il devient Président du Racing Club de Strasbourg et le restera de 1978 à 1998. C'est lui qui avait négocié l'arrivée de l'entraîneur Gilbert Gress, qui fit du club le champion de France 1979, avant de se brouiller avec lui et de le limoger l'année suivante.

André Bord finit par passer la main au Racing football à Daniel Hechter en novembre 1986, qui échouera également. André Bord, lui, continuera à tirer quelques ficelles, puisqu’il gardera la présidence du Racing omnisport jusqu’en 1997.

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Entré jeune dans la vie sportive : scoutisme, basketteur à l’A.G.R. dès 1937 (Staint-Léon), au Racing (1940-1941) et au Cercle Saint-Joseph après la Libération, il créa le club de l’AS Meinau qui fusionna avec le Racing Club de Strasbourg dont il est président général depuis 1978.

André Bord fut ensuite président de la section omnisport du Racing jusqu'en 1997. Il a aussi fait partie, en compagnie de Michel Platini, du comité de réforme du football présidé par Fernand Sastre.

André Bord et Gilbert Gress
André Bord et Gilbert Gress

Hommages et Héritage

Parmi les réactions à sa disparition, le président de la région Alsace et ancien ministre Philippe Richert (UMP) a rendu hommage dans un communiqué à ce "fils d'ouvrier", qui "aura conservé, aux plus hauts postes et aux plus hautes fonctions, une authentique simplicité". Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants, a salué pour sa part "la mémoire de cet homme qui n'a eu de cesse de servir la France".

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