La Croix de Dijon : Histoire d'un Trésor Sacré

La croix de Dijon est un crucifix conservé au Musée d'art sacré, dans l'ancienne église Sainte-Anne.

Cette croix, classée monument historique en 1962, est un joyau inestimable. Le CHU de Dijon en est l'actuel propriétaire, mais elle est confiée au Musée d'art sacré qui lui dédie une vitrine blindée reliée par informatique au poste de police tout proche.

Croix de guerre

Un Cadeau Royal : Christine de Suède et la Croix de Dijon

L'histoire de cette croix est liée à Christine de Suède. Ayant abdiqué et s'étant convertie au catholicisme en 1654 à Bruxelles, Christine de Suède se rend à Rome en 1656 pour y recevoir le sacrement de Confirmation des mains du Pape Alexandre VII, qui lui remet à cette occasion une superbe croix dans un écrin.

Sur le chemin du retour, elle s'arrête à Dijon, où elle reçoit un accueil grandiose. Pour remercier les Dijonnais, elle offre son crucifix à l'abbé Montcrif.

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Un Parcours à Travers les Siècles

À la fin du 18ème siècle, l'objet passe dans les mains de la famille Joly : l'abbé Claude Joly l'achète en 1742, et son petit-neveu, receveur à Dole, en fait don en 1859 à l'Hôpital Général de Dijon avec le souhait exprès que l'objet soit déposé à perpétuité auprès de la tombe de Bénigne Joly, le "Père des pauvres", qui était un de ses ancêtres.

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Description de la Croix

Croix composée à croisée en mandorle et empattements curvilignes trilobés. Au centre, figure d'applique du Christ fixé par quatre clous : représenté vivant (les yeux ouverts, en perles de verre) et couronné, vêtu d'un périzonium à orfroi à la taille et noué devant. L'applique est fixée sur une croix dorée et gravée de rinceaux, référence à l'Arbre de Vie : en haut, main divine sortant d'une nuée et titulus abrégé, en bas, suppedaneum et monticules imbriqués.

La disposition des plaques aux extrémités est le résultat d'un remontage. Sur les côtés, deux symboles des évangélistes, saint Marc et saint Luc (provenant du revers de la croix) ; aux extrémités de la hampe, deux plaques provenant des bras, dont les figures d'applique (la Vierge et saint Jean) ont disparu. Le revers est nu.

Croix de Dijon

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Analyse et Datation

Bien que la croix ne soit pas entièrement conservée et que la disposition des plaques ait été changée, il est possible de rapprocher la croix d'une typologie commune dans l’Œuvre de Limoges dans la première décennie du XIIIe siècle. Les caractéristiques en sont le profil trilobé, le répertoire décoratif de disques et les personnages en applique (disparus dans le cas de la croix à Dijon) ; on peut citer, à titre d'exemple, les croix de New York (Metropolitan Museum of Art, inv. 17-190-332), de Londres (Victoria and Albert Museum, inv. M. 575-1910) et de Saint-Pétersbourg (Musée de l'Ermitage, inv. phi 184).

Par rapport à celles-ci, l’œuvre étudiée se distingue par l'absence de cabochons ; pourtant, compte tenu du remontage, il n'est pas à exclure que la croix en ait été pourvue originellement. L'applique du Christ, de belle qualité, apporte des éléments utiles à la datation de l'objet ; si la stylisation du corps (sternum à trois lignes, épigastre marqué, torse étiré, inflexion latérale, périzonium noué sur la hanche) rappelle un modèle répandu dans l’Œuvre de Limoges depuis les plus anciennes croix massives (cf. les croix de Barcelone [MNAC, inv. 4560] et Glasgow [The Burrell Collection, inv. 26/4]) jusqu'aux croix composées (cf. croix de Bloomington [Indiana University Art Museum, inv. 75.97] et de Londres [(Victoria and Albert Museum, inv. M.

La Croix Mâchefer : Un Autre Monument Historique Dijonnais

Il existe également à Dijon la Croix dite Croix Mâchefer, une croix monumentale située à Dijon (Côte-d'Or), en Bourgogne-Franche-Comté. Elle a été construite en 1576 et est classée au titre des monuments historiques par arrêté du 21 décembre 1925.

Une maison attachée, en plan en L et à deux niveaux, est adossée à l'édifice ; elle a été bâtie à la limite des XIXe et XXe siècles. À l'arrière, une terrasse est bordée d'une balustrade. Le toit brisé, couvert d'ardoises, est percé de quatre lucarnes à linteau cintré.

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