Le succès fait souvent oublier la difficulté de la tâche. Nous aurions tort de méconnaître le nombre et l'importance des obstacles que notre ministre des Affaires étrangères a rencontrés sur son chemin au cours de cette session extraordinaire de la Société des Nations. M. Pierre Laval a obtenu, avec plus d'aisance peut-être qu'on ne l'eût pensé, des résultats fort satisfaisants. Il faut l'en féliciter sans réserves.
Pierre Laval
La question sarroise
La solution Intervenue sur la question sarroise a un triple mérite. En prenant l'initiative de proposer que la police du territoire soit assurée par un contingent international qui ne comprendrait pas d'éléments français, nous avons donné une preuve éclatante et péremptoire de notre loyauté et de notre pacifisme. Nous avons désarmé la propagande de ceux qui tentent de nous représenter comme des impérialistes forcenés. Même au delà du Rhin, il sera bien difficile aux dirigeants du Reich, après un tel geste, de prétendre que nous avons des arrière-pensées d'annexion ou de coups de force.
Nous jouons cartes sur table. Nos actes, sont en accord avec nos paroles. La présence dans la Sarre de soldats qui n'appartiennent à aucun des deux pays intéressés supprime à peu près complètement tout risque de conflit. Quelles que soient les manœuvres et les provocations qui précèdent le plébiscite, quel que soit le résultat du scrutin, il n'est plus à craindre que, brutalement, à la suite d'un pustch hitlérien, des Français et des Allemands ne se trouvent aux prises sur le territoire litigieux. Désormais, c'est aux gendarmes internationaux que se heurteraient lu hommes des Sections d'assaut, et l'Allemagne ferait contre elle l'unanimité des membres de la S. D. N. On est en droit de penser qu'elle ne courra point cette aventure.
Enfin et ce n'est pas le moins'4re avantage des mesures arrêtées l'opération consacre par un acte la solidarité des Etats membres de la Société des Nations. Jusqu'ici, cette solidarité, pierre angulaire de toute organisation rationnelle de la paiz, ne s'était manifestée que par des paroles qui s'envolaient ou par des écrits vite oubliés. Aujourd'hui, elle est un fait. L'Angleterre, pour ne prendre que cet exemple, mais il est typique, renonce à son splendide isolement et accepte d'engager sa responsabilité dans les affaires du continent. L'événement est gros de conséquences heureuses pour la cause de la paix.
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Reste, il est vrai, le problème de nos intérêts matériels de la Sarre. n devra être résolu par des négociations directes entre la France et l'Allemagne. On peut regretter que ces négociations n'aient pas précédé l'accord de Genève. Souhaitons du moins qu'on ne le bâcle pas à la dernière minute. II s'agit d'avantages économiques qui se traduisent par plusieurs milliards et qu'on ne saurait négliger.
Le conflit hungaro-yougoslave
Le conflit hungaro yougoslave, plus délicat, a reçu une solution également satisfaisante. Nous devons nous en réjouir d'autant plus que l'affaire intéressait un des points névralgiques de l'Europe. Le pays danubien et les Balkans ont toujours été un redoutable foyer d'intrigues. Le souvenir de Serajevo reste présent à nos mémoires. D'ailleurs, l'affaire causait de légitimes Inquiétudes, et le débat auquel elle a donné lieu prit, à certains moments. une allure critique. M. Pierre Laval a déployé en cette occasion d'incontestables qualités diplomatiques. A la fois conciliant et ferme, il a su préparer la communauté internationale à faire droit aux revendications de la Yougoslavie, sans donner à son attitude l'apparence d'un défi ou d'une provocation.
I1 est évident que ce résultat n'aurait pas pu être obtenu sans le rapprochement préalable des gouvernements de Paris et de Rome. Le voyage de M. Pietri à Gènes et celui de M. Bérenger à Rome ont produit leurs fruits. A ce titre, la manière dont a été tranché le différend qui séparait la Yougoslavie de la Hongrie permet de bien augurer de la prochaine rencontre de M. Laval avec M. Mussolini.
n faut noter encore que l'arrogance et les menaces de l'AllemaZne hitlérienne ont favorisé le rassemblement autour de la France de toutes les puissances vraiment pacifiques. Par vole de conséquence, ce rassemblement amènera l'Allemagne à changer de ton et, peut- être, d'attitude. Déjà, elle multiplie les invitations officieuses à causer avec nous. Elle proteste bruyamment de la pureté de ses intentions. Elle s'incline devant les décisions de Genève. Quelque doute qu'on puisse émettre sur sa sincérité, le symptôme n'en est pas moins favorable.
Ainsi, la paix a-t-elle, là encore, marqué un point. Fidèle à la politique inaugurée par son prédécesseur, le gouvernement de M. Flandin traite les problèmes avec objectivité et les résout suivant la meilleure tradition de la diplomatie d'aprèsguerre, dans le cadre de la Société des Nations, en coordination étroite avec nos alliés. Au total, le gouvernement fait son devoir, tout son devoir, et non sans succès, en ce qui concerne l'oeuvre de paix à l'extérieur.
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Aventurières et courtisanes du XVIIIe siècle
Vous remarquerez deux choses dans cette rage de maîtresses, qu'afficha le dix-huitième siècle, sa passion d'abord, ensuite son mépris. Sa passion épuisa tous les caprices ; elle eut recours, dans un même temps donné, aux deux extrêmes, courant en échevelée de Manon Lescaut, la plus excusable des courtisanes, à cette autre fille du marquis de Sades, le plus infâme des monstres.
La passion du dix-huitième siècle fut un mélange de libertinage et de candeur ; elle allait jusqu'à se moquer d'elle-même dans ses romans et ses livres; elle se racontait, se critiquait, et se collationnait, pour ainsi dire, par ordre de dates, afin que rien de ce siècle vaniteux ne fût perdu !
Après cela, ce qui ne doit pas surprendre davantage, c'est son mépris. Le veau d'or une fois brisé, la foule dansait autour du veau d'or ; elle oubliait et ces jeunes femmes de l'OEil-oe-bœuf, si belles et si imprudentes, lascivement fardées dans les tableaux de Chardin, la bouche en cœur, et le carquois de Diane sur l'épaule, ravissantes créatures, dont la meilleure et la plus noble partie devait monter sur les échafauds de 93; et les agaçantes actrices de son Opéra d'alors, couvertes de diamants, de poudre et de privilèges, presque toutes maîtresses d'un maréchal ou d'un prince du sang, à qui ce siècle avait constamment battu des mains, comme pour les payer de leurs prodigues complaisances!
Non-seulement la foule les oubliait, mais elle les poursuivait de ses sarcasmes et de son opprobre ; et ce qu'il y a d'inouï, c'est qu'elle riait de leur fin. Ces femmes, à quelques exceptions près, mouraient en effet misérablement; elles mouraient tristes, délaissées, dans la honte et le mépris. Ces filles si parées, si radieuses, ces brillantes étoiles du premier théâtre du monde, qui trouvaient moyen de fixer l'Europe à elles seules, malgré les tragédies du jeune Goethe, les écrits du vieux Franklin et les querelles de la Russie et de la Porte, malgré Diderot, d'Alembert, M. Necker, Williams Pitt; s'éteignaient dans la plus profonde obscurité.
Il n'y avait guère que le refus d'inhumation et les résistances du curé de Saint-Roch, qui pussent alors leur redonner quelque éclat; le scandale et l'indécence sauvaient leur convoi de sa bourgeoise médiocrité. C'était la Fel, ce rossignol de l'Académie royale de Musique, ainsi que les gazetiers la nommaient, la Fel, qui avait rendu fou le tendre et malheureux Cahusac: cet auteur mourut de chagrin pour elle, on le sait, dans une loge de Charenton. La Fél refusa la main de Cahusac, qui avait eu la faiblesse de la lui offrir, avec huit mille livres de rente qu'il possédait. Ce refus atiéna la raison de Cahusac ; ce qui l'eût bien vengé plus tasd, c'eût été de voir la misère profonde de la Fel, et sa triste dégradation. Elle en était réduite, disent les mémoires, à déshonorer son goût en avouant son étuviste, lequel succédait lui-même au courrier du duc de Cossé.
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C'était encore la Cartout, célèbre demoiselle du temps, qui, après s'être retirée doyenne des chœurs de l'Opéra, après avoir soupé autrefois avec quatre princes, tenu table ouverte, brillé, joué et dit des bons mots, n'avait plus, hélas! qu'un vieux laquais pour compagnie, végétait et se mourait, aussi pauvre que la Chevalier et la Lionnais, toutes deux premières danseuses. La belle Gaussin et Beauménard, plus connues encore que Cartout, étaient logées à la même enseigne.
La Gaussin, qui avait pu jeter le mouchoir à qui elle avait voulu, en l'an de grâce i745, vit alors l'énormité de sa taille écarter les soupirants; elle fut, en un clin d'oeil, quittée des présidents, des généraux, et des fermiers généraux, ce qui est pis! Bientôt, hélas! elle fut réduite à épouser à Saint-Méry, son église, un danseur italien, malgré le mot de M. de Mau- repas, ministre d'État, alors chargé du détail à l'Opéra, lequel prétendait que le sacrement n'était pas fait pour les gens de cette espèce.
Beauménard, surnommée Gogo, que le maréchal de Saxe, ce héros qui ne dédaignait aucune victoire, avait'conquise; Beauménard, l'actrice de la ComédieFrançaise, se vit un jour dépouillée de ses écrins et de ses contrats de rente sur la Ville par un mauvais comédien du nom de Bellecourt, qu'elle aimait à la fureur. Cet homme s'empara de toutes les promesses notariées faites depuis dix ans à la belle Gogo; il avait calculé, en garçon intelligent, la valeur du mobilier et des bijoux; ayant reconnu que le total formait un fonds qui pouvait lui procurer une vie douce, il écrivit une lettre à la Beauménard, lettre où il lui déclarait qu'après avoir réuni une soixantaine de mille livres, il allait l'attendre aux eaux d'Aix-la-Chapelle, où il comptait bien la produire dans la meilleure compagnie.
J'ai dit que ces femmes mouraient misérables; il faut ajouter que beaucoup moururent avant l'âge. Ce siècle, haletant après le plaisir, les tua. Je ne citerai pour exemple que Laguerre, dont un heureux hasard m'a fait récemment découvrir l'histoire et le portrait le portrait et l'histoire méritent mention. Le portrait, qui nous appartient à cette heure, fut acheté à la vente de la Malmaison. C'est une toile ovale trouée dans plus d'un endroit, brisée, lacérée, comme à plaisir, par quelque mousquetaire jaloux, mais qui n'en garde pas moins encore suave et intacte cette jeune tête de cantatrice ; mademoiselle Laguerre, qui fut enlevée à vingUhuit ans de la scène française, peut en avoir vingt deux sur ce cadre. Les yeux sont vifs, bien fendus, les sourcils noirs et très-arqués; aucune mou- che, mais de la poudre en longs anneaux, qui retombent comme autant de flocons de neige sur l'épaule. Au côté droit de son corsage bleu à manches éclatantes, corsage retenu par une belle topaze, est suspenéue la peau de tigre classique dont s'affublaient alors les actrices, la peau de tigre, que portait Thisbé, Aricie, ...
Le sport et le cinéma sous le prisme du Fair-play
Avant d’être étouffé par l’actualité olympique en elle-même, le Forum des images à Paris déroule posément une longue programmation consacrée au sport. Toutes époques, tous regards se mêlent pour mieux révéler en quoi celui-ci n’échappe pas aux grandes problématiques sociétales, mais aussi en quoi il constitue une matière à traiter singulière pour les réalisateurs et réalisatrice de cinéma. L’année olympique évidemment, mais cela dit c’est une thématique très intéressante sur le plan du cinéma. C’était l’occasion d’en profiter.
On a choisi en revanche ce titre « Fair-play » parce qu’on voulait aussi aborder le sport à travers ses valeurs, creuser ce qu’est « l’esprit sportif » et voir dans quelle mesure il dépasse la sphère sportive. Au-delà des films sur le sport, il y aura des séances sur le fair-play financier, le fair-play dans les relations humaines. La programmation n’est pas axée en effet sur l’olympisme mais sur le sport au sens large.
On peut d’abord filmer du sport, on peut aussi filmer des états d’âme de sportifs, la conquête, la reconquête de soi, l’esprit de compétition, les rivalités, les vocations, etc. Tout cela peut constituer le sujet d’un film dans lequel on ne va pas forcément voir un match ou une action se dérouler. Ça peut être aussi la relation entre un sportif et son entraîneur, je pense là à un film de George Cukor, Mademoiselle gagne-tout, c’est un film de 1952, assez rigolo avec Katharine Hepburn et Spencer Tracy.
Outre comment filmer le sport, notre programme s’intéresse à ce que représentent les sports, aux enjeux de chacun puisque ce ne sont pas les mêmes selon que l’on pratique un sport individuel ou collectif. On a cherché à réunir des films assez divers. Nous ouvrons avec un film muet de 1928, La grande passion d’André Hugon, restauré à l’occasion de l’année olympique, parce qu’on voit que, dès le début du cinéma, l’image animée a cherché à reproduire les mouvements, les déplacements, les sauts, tout ce qui est finalement le corps athlétique. Le sport parcourt toute l’histoire du cinéma. Ici, c’est une histoire de rugby avec une rivalité amoureuse entre des joueurs, avec des scènes de sport pour nous assez drôles parce qu’on y voit une mêlée filmée par en dessous…
Le plus récent est Marinette de Virginie Verrier, qui est un biopic sur une footballeuse, Marinette Pichon, dont j’ai appris l’existence en découvrant le film et qui a une histoire personnelle assez folle. Restituer le sport, l’effort, la performance au cinéma n’est pas une chose simple. Je pense à Slalom de Charlène Favier, qui est l’histoire d’une relation toxique entre un entraîneur et une jeune skieuse et là, c’est extrêmement bien filmé, la caméra est fixée sur les skis et les effets de descente sont très réussis par exemple, où l’on a le côté palpitant de la vitesse.
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On interroge les règles du jeu qui fondent aussi la vie en société finalement. Et puis le sport et beaucoup d’événements sportifs ont été entachés d’épisodes pas très fair-play. On aura même un cours d’histoire qui s’appelle « Éloge du mauvais geste » avec Olivier Pourriol, qui est un philosophe qui parlera de ces mauvais gestes devenus mythiques, la main de Maradona, le coup de tête de Zidane. Ce n’est pas fair-play, mais ils sont entrés dans l’histoire du sport.
Souvent aussi, dans le sport, on voit que des rivalités ont conduit à des actes pas très fair-play, mais aussi à des moments de sport magnifique. Je pense ici à l’impassible Borg et à l’irascible McEnroe, dont la rivalité est très cinématographique, très humaine dans le film de Janus Metz Pedersen. Ou à Moi Tonia de Craig Gillespie, film qui dans sa forme se rapproche du docu-fiction et qui reprend l’histoire de Tonia Harding et Nancy Kerrigan dans laquelle Harding a été accusée d’avoir cassé la jambe de sa rivale. En tout cas, il existe des choses absolument pas fair-play dans le sport qui, en tant que telles, nous semblaient intéressantes.
Ce qui est vrai, c’est que la thématique du sport aux États-Unis est davantage intégrée. Ils aiment les héros glorieux, les parcours singuliers. J’ai beaucoup aimé The Wrestler avec Mickey Rourke dans le rôle d’un catcheur déchu. Lui-même acteur déchu pour avoir continué à vouloir boxer et à passer à côté de sa carrière d’acteur. Le film a reçu le Lion d’or à Venise. Ce catcheur abîmé essaie de rester dans la course, mais il est physiquement mal en point et ce héros déchu est bouleversant par le biais de l’histoire personnelle de l’acteur et du corps souffrant du personnage qu’il interprète. Il y a aussi l’esprit d’équipe. Ensemble, on est plus forts, il y a aussi cette thématique.
Dont Les Sorcières de l’Orient, un film de Julien Faraut sur une équipe d’ouvrières japonaises de volley-ball qui a remporté en 1964 le titre olympique à Tokyo, L’Empire de la perfection (du même réalisateur) sur McEnroe encore. Je pense par exemple à La Bataille des sexes qui reprend l’histoire de ce match exhibition entre l’ancien champion Bobby Riggs et Billy Jean King en 1973. Une fiction inspirée d’un fait réel qui a fait triompher l’idée qu’il y avait un combat à mener pour la reconnaissance du sport féminin. Le sport féminin a eu une reconnaissance tardive. L’histoire sportive n’est pas mixte. Le problème est très actuel, comme celui du harcèlement. Ces dernières années des choses ont été dites. On se rend compte que le sport peut être un espace d’emprise pernicieux et pervers. Slalom de Charlène Favier est inspiré de son propre vécu.
Au mois de mars davantage. Ça nous intéressait de confronter les deux mondes. Aya Cissoko, boxeuse et aujourd’hui écrivaine qui a une vie incroyable, qui a combattu tout un tas de démons, a ensuite fait Sciences Po et peut témoigner aujourd’hui de son parcours. Elle est très engagée dans les combats contre les discriminations et nous lui avons laissé une carte blanche pour présenter des films sur la boxe, un cinéma qui est un genre en soi. Raging Bull, qui pour elle est le plus emblématique et La Beauté du geste, un film japonais sur une boxeuse sourde. C’est de l’anti-Rocky.
Chaque problématique est suffisamment intéressante pour pouvoir être reliée à des questions personnelles, des questions de société. Même si, comme dans mon cas, je ne suis pas spécialement passionnée de sport, je trouve que les films recèlent une matière humaine très puissante. La thématique du sexisme m’a sauté aux yeux et je me réjouis que, dans le sport comme dans le cinéma aujourd’hui, les femmes soient présentes. Je suis en particulier contente de programmer un film d’Ida Lupino, grande actrice et réalisatrice, Jeu set et match (1951), qui met en scène une tenniswoman et les relations d’emprises qu’exerce sa mère sur elle, un film à voir absolument où apparaissent tous ces enjeux de réalisation de soi, de tout ce qui permet ou empêche. Des choses qui peuvent toucher tout public.
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