Pierre Gonnord et l'ASM : Une Œuvre Portraiturant la Force et l'Humanité

Reconnu comme un des grands portraitistes en Europe, le photographe français Pierre Gonnord, né à Cholet en 1963, a été invité au Frac Auvergne de Clermont-Ferrand. Le club clermontois a répondu favorablement à une proposition du FRAC Auvergne et a donné carte blanche à l’artiste pour réaliser des portraits de rugbymen. Le photographe, qui vit à Madrid, présente une série de portraits en grand format des membres de l’équipe de l’ASM Clermont Auvergne rugby.

Pierre Gonnord ASM

L'Exposition au FRAC Auvergne

Le Frac Auvergne consacre une rétrospective au photographe français, auréolée d’une douzaine de portraits des célèbres rugbymen de Clermont-Ferrand. Les visages de 12 joueurs de rugby de l'ASM Auvergne sont exposés au FRAC, Fonds régional d'art contemporain, à Clermont-Ferrand. Après l'exposition que lui a consacré le FRAC Auvergne à Clermont-Ferrand, Pierre Gonnord expose ses portraits à la Halle aux Bleds de Saint-Flour et au Domaine Royal de Randan (jusqu’au 2 octobre).

Une Carte Blanche Inédite

Sur une proposition du FRAC Auvergne, l’ASM - célèbre équipe de rugby placée depuis des décennies au firmament de l’élite européenne - a confié une carte blanche à Pierre Gonnord, lui offrant ainsi la possibilité de poursuivre de façon inédite le vaste travail de portraits photographiques qui constitue le coeur de son oeuvre. Avec cette commande, le FRAC Auvergne a permis à Pierre Gonnord de poursuivre son travail sur le portrait.

Photographies de joueurs de rugby par Pierre Gonnord

Pierre Gonnord and the art of portrait

La Singularité des Portraits de Gonnord

Ce qui frappe quand nous sommes face aux immenses portraits de Pierre Gonnord, c’est ce sentiment étrange d’être mis à nu. Maria, Krystov, Amparo, Domingo, Antonio, Miroslov… ne sourient pas. Leur regard soutient le nôtre ou se tourne vers un ailleurs. Il nous interpelle, nous dérange, nous intimide, nous rassure, nous émeut. Aucun ne laisse indifférent. Chaque regard contient une histoire, le récit d’une vie. Rien n’intéresse plus Pierre Gonnord que de sonder la complexité de l’être humain et son irréductible unicité.

Les expressions ont été capturées quelques instants après une séance d’entraînement intense et à l’issue d’un match. Après un effort conséquent, les joueurs sont photographiés de face, avant la douche. Les yeux fixent l’objectif de l’appareil photo. Les visages posent sur un fond noir et sont superbement éclairés. Ces joueurs vedettes de l’ASM sont sereins, sûrs d’eux, et de ce qu’ils font ou peuvent faire. Pas d’arrogance, juste une intense concentration encore présente. Très impressionnant…

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Avec Pierre Gonnord, spécialiste du portrait, on est loin, très loin de ces clichés. Les photos ont été prises après des matches ou les entraînements. "Il y a une forte présence physique, il y a une forte tension dans ces visages, il y a une sorte de barrière.

Ces rugbymen, mannequins d'un jour, ont joué le jeu avec la rigueur et la discipline des grands sportifs. "Il fallait vraiment avoir le regard perçant, un peu ténebreux. Même si tu as envie de rire on a essayé de faire au mieux car ce n'est pas quelque chose que l'on a l'habitude de faire", raconte amusé Raphaël Chaume, pilier de l'ASM. Mais ce que le photographe demandait avant tout c'était d'être naturel.

Exposition Pierre Gonnord

L'Influence des Maîtres Anciens

Ses oeuvres entretiennent une relation visible avec les peintres du passé (Zurbarán, Vélasquez, Murillo ou Ribera), chargeant ces visages d’une étonnante présence qui les relie autant à l’histoire qu’elle les propulse dans un futur qui leur accordera une valeur artistique puissante. C’est ainsi que doivent être «envisagés» les portraits de joueurs de rugby de l’ASM. Les œuvres de Pierre Gonnord entretiennent une relation visible avec les peintres espagnols du passé (Zurbarán, Vélasquez, Murillo ou Ribera), chargeant les visages d’une étonnante présence qui les relie autant à l’histoire qu’elle les propulse dans un futur qui leur accordera une valeur artistique puissante.

Lorsque nous regardons Maria, cette gitane en majesté photographiée par Pierre Gonnord, nous ne contemplons pas une femme que nous ne connaîtrons jamais, mais la survivance de formes picturales pluriséculaires inscrites dans une équivalence avec les portraits classiques conservés au Prado ou au Louvre…

La Vision de Pierre Gonnord

Comme le précise Pierre Gonnord, « bien que mes personnages appartiennent à des communautés ou des groupes sociaux parfaitement définis et identifiables, je ne veux jamais qu’ils perdent leur essence individuelle. Les personnes que je choisis m’intéressent pour leur individualité, leur force morale, leur charisme, leur sensibilité. Genre, âge, traits psychologiques, caractéristiques physiques, degrés de parenté éventuels, sont des paramètres qui guident également mes choix. Avec leurs visages je sonde ma propre humanité, que je retrouve révélée soudain par eux. Toutes les personnes que je photographie ont une foi très ancrée dans leur histoire et sont fortes de leur identité. Je sens leurs yeux sur moi, avec force et intimité, timidité quelques fois, dans une distance respectueuse que j’essaie de restituer dans mes images. Je vois sur leurs visages les traces du temps, les marques des générations précédentes.

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Cette opportunité s’est présentée au moment où l’artiste avait entrepris de mener un projet consacré à la force physique, non pas dans une mise en scène des corps en action ni dans une sublimation de leurs capacités inouïes, mais dans celle de visages capturés quelques instants après l’effort - séance d’entraînement intense ou match contre une équipe adverse. Les portraits de joueurs de rugby de l’ASM sont les visages de sportifs de haut niveau d’aujourd’hui mais ils se destinent à évoluer vers tout autre chose dans le futur, où ils ne seront plus vus comme des joueurs de rugby, mais comme des œuvres d’art à part entière.

« Ce projet fut un défi puisqu’il s’agit d’une commande. J’ai toujours choisi des groupes humains situés dans des sphères plus cachées de notre société, isolées même, et bien souvent hermétiques. Dans un concept diamétralement opposé, ces grands athlètes sont soumis à une discipline, une ascèse vitale et à une vie en communauté à laquelle le public n’a pas accès. C’est justement cet isolement secret, cette solitude même du soldat au milieu de son armée qui a rendu ce projet motivant. J’ai pu les rencontrer en fin de matchs, de batailles et d’entraînements. Un homme seul et unique face à mon regard, dans sa fatigue, dans l’intimité d’une petite salle adjacente aux vestiaires.

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