Le FC Barcelone est reconnu comme l'un des plus grands centres de formation du monde. La question qui revient sans cesse est : « Comment les Catalans peuvent-ils former tant de pépites ? ».
Cette saison, ils sont 12 de l'équipe première à apparaître avec le slogan « made in la Masia » sur le site officiel du club. Si certains cas sont sujets à débats comme Araujo et Victor, recrutés pour la réserve à 19 et 21 ans, d'autres sont estampillés « de la maison » à tort dans l'imaginaire collectif, comme Pedri, formé aux Canaries (Laguna et Las Palmas).
Si tous ne deviendront pas des légendes du club, chacun d'entre eux a le niveau pour faire partie d'une équipe encore en course pour le triplé. Une véritable réussite mais aussi une anomalie lorsque l'on sait que le Real Madrid compte seulement quatre joueurs formés au club dans sa convocation pour la finale de la Coupe du roi, ce samedi à 22 heures : le gardien Fran Gonzalez, les défenseurs Raul Asencio, Fran Garcia et Lucas Vasquez. Cinq si l'on compte le milieu Federico Valverde dont le cas est semblable à Araujo.
La Masia, traduction littérale de maison, évoque d'abord le lieu de vie des jeunes joueurs, et désormais le centre de formation.
Dans l'effectif actuel du Barça, on pense forcément à Sergi Roberto (28 ans), qui au final est l'un des rares joueurs à s'être imposé sur la durée en équipe première, notamment grâce à sa polyvalence qui lui a permis de se reconvertir en latéral droit. La carrière d'Ansu Fati (17 ans) reste embryonnaire, mais lui aussi aura eu le mérite de disputer plusieurs rencontres avec les A, ce qui n'est pas donné à tout le monde.
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Loin de la Catalogne, d'autres joueurs font sensation. On pense à Adama Traoré (24 ans), parti du Barça en 2015 pour Aston Villa, et qui brille désormais avec Wolverhampton, à tel point qu'il est candidat pour une place à l'Euro avec la Roja. Thiago Alcantara (28 ans) est lui un élément essentiel du Bayern Munich et de la sélection ibérique, alors que Keita Baldé (25 ans) a très bien rebondi après son départ de Barcelone en s'imposant comme une valeur sûre de la Serie A à la Lazio, même s'il a du mal à enchaîner depuis son arrivée à Monaco à l'été 2019. Le latéral gauche Alejandro Grimaldo (24 ans, Benfica) fait aussi partie de ses joueurs qui ont réussi à montrer l'étendue de leur talent loin de Barcelone.
Compliqué de ne pas évoquer le cas Mauro Icardi (27 ans), passé par La Masia pendant trois saisons, dont la suite de la carrière n'est plus à présenter tant elle est connue de tous. André Onana (23 ans) lui brille avec l'Ajax, à tel point qu'on a même parlé d'un potentiel retour à Barcelone lors des derniers mercatos. Héctor Bellerín (24 ans) lui a connu beaucoup de blessures, mais lorsqu'il a été à 100% de sa condition physique, il a toujours été indiscutable du côté d'Arsenal.
Si ces joueurs sont ceux qui portent l'étendard de La Masia au plus haut, d'autres connaissent aussi une carrière plus qu'honnête, ne côtoyant peut-être pas les sommets mais s'étant durablement installés au haut niveau. C'est le cas du défenseur Marc Bartra (29 ans) par exemple, qui après un passage plus qu'honnête au Borussia Dortmund est devenu un taulier du Betis. Son ancien partenaire Sergi Gomez (27 ans) s'est lui aussi fait une place dans l'élite du football espagnol, au Celta puis maintenant à Séville, où il est en quelque sorte le joker défensif de Julen Lopetegui.
Souvent blessé assez gravement, Rafinha (27 ans) a visiblement fait le bon choix en repartant au Celta, puisque si l'équipe tourne plutôt mal, lui parvient à y briller, étant devenu le maître à jouer des Galiciens. Cristian Tello (28 ans) a lui connu une carrière assez riche, qui l'a mené à Porto, à la Fiorentina puis maintenant au Betis, où il est souvent le premier choix en sortie de banc pour révolutionner les rencontres. Jordi Masip (31 ans) est aujourd'hui le gardien titulaire de Valladolid. Son coéquipier Sandro Ramirez (24 ans) a lui alterné le bon et le moins bon, puisqu'après une superbe saison 2016/2017 avec Malaga (16 buts), il a galéré à Everton, puis lors de ses prêts à Séville et à la Real Sociedad, et commence peu à peu à sortir du gouffre avec Valladolid cette saison. Le Paraguayen Antonio Sanabria (24 ans) connaît une situation similaire au Genoa après des passages plus ou moins réussis au Sporting Gijon ou au Betis.
Mais forcément, il y a aussi eu des joueurs qui n'ont pas réussi à confirmer les énormes attentes qu'ils avaient créé lors de leurs parcours chez les jeunes. Bojan (29 ans) en est probablement le meilleur exemple, lui qui avait battu tous les records de buts à La Masia, et avait même montré de belles choses lors de ses premiers pas au Barça alors qu'il n'était qu'un adolescent. Il a ensuite connu de nombreux clubs, comme la Roma, Milan, l'Ajax, Stoke City, Mayence puis Alavés, et évolue désormais à l'Impact de Montréal en MLS. Une carrière qui a rapidement commencé à dégringoler pour celui qui était annoncé comme le meilleur joueur sorti de l'académie catalane depuis Lionel Messi.
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Le cas Gerard Deulofeu (26 ans) est similaire. Du côté d'Everton, de Milan et de Watford, il aura montré de belles choses par moments, mais a été trop irrégulier n'aura jamais réussi à briller au Barça qui l'avait pourtant rapatrié en 2017, deux ans après avoir été vendu aux Toffees. Sergi Samper (25 ans), qu'on présentait comme le futur Busquets, a connu énormément de problèmes physiques et s'en est allé relancer sa carrière au Japon, au Vissel Kobe.
Plusieurs joueurs comme Lionel Enguene (24 ans) et Jean-Marie Dongou (24 ans), arrivés à La Masia via la Fondation Samuel Eto'o au Cameroun, étaient attendus au tournant après avoir surclassé tout le monde chez les équipes de jeunes, mais les deux n'ont jamais réussi à se faire une vraie place dans le monde pro. Le premier n'a pas de club et le deuxième joue au FC Honka, en Finlande.
Plus jeune joueur de l’histoire des grands championnats européens à avoir atteint les 100 matches en équipe première, Lamine Yamal s’inscrit comme le tout dernier phénomène conçu par la Masia.
L'impact récent de Lamine Yamal, Pau Cubarsí, Fermín Lopez, Marc Casadó, Alex Balde, Eric Garcia, Héctor Fort, Marc Guiu ou Marc Bernal dans l’équipe première a mis une fois de plus l’accent sur le travail du Barça à La Masia. Un travail minutieux des responsables de la cantera blaugrana qui suit la ligne directrice imposée il y a plusieurs décennies. Si le Barça est admiré dans le monde entier, c’est en raison de l’impact constant des jeunes du club en équipe première depuis plusieurs années et qui contribuent plus que jamais aujourd’hui au Barça 2024-2025 d’Hansi Flick. Une réussite qui est la conséquence d’un travail bien pensé et bien mené. C’est la base de tout.
Découvrir les meilleurs joueurs et les intégrer le plus tôt possible dans le processus de formation est l’un des piliers incontestables du succès du modèle de La Masia. Le Barça est pionnier dans la détection des talents le plus tôt possible afin de les adapter à un style de jeu spécifique. Le recrutement commence dès l’âge de 6 et 7 ans, puisque l’un des grands défis de chaque saison est de constituer un effectif de U7 (Prebenjamín) de bon niveau. Un bon exemple a été les U7 de la saison 2013-14. Dans cette équipe de joueurs nés en 2006, Héctor Fort et Marc Guiu ont fait leurs débuts en équipe première avec dans le même temps Alexis Olmedo, Pau Prim et Arnau Pradas sous les ordres d’Albert Sánchez avec le Barça B.
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Par ailleurs, le réseau d’observateurs du Barça réparti dans toute la Catalogne suit le marché des joueurs intéressants qui peuvent émerger de n’importe quel club. Pour cela, il ne suffit pas de s’intéresser aux clubs importants. L’exemple de Lamine Yamal recruté dans le modeste club de La Torreta explique le travail des techniciens dans ces catégories. Le principe qui fait la différence ? Le Barça observe les joueurs dans une perspective à moyen et long terme. Il ne s’agit pas de découvrir le footballeur qui se démarque le plus dans sa catégorie à un instant T. La clé est de détecter le talent qui peut exploser dans le contexte du Barça et souvent, ce talent est masqué par le manque de condition physique.
Une fois que le joueur ayant le potentiel de jouer pour le Barça a été détecté et recruté, il faut travailler sur ce potentiel et le peaufiner peu à peu. C’est la tâche des entraîneurs du club. Les entraîneurs des catégories inférieures du Barça ont pour priorité de faire progresser tous leurs joueurs et de les préparer au changement de catégorie pour l’année suivante. Il ne s’agit pas tant de se concentrer sur la correction des défauts mais plutôt de valoriser les qualités. Pour cela, il est important que le joueur fasse preuve d’une bonne prédisposition et d’une volonté de progresser. Les entraînements ont le ballon comme colonne vertébrale et lors des matchs, tout ce qui a été pratiqué pendant la semaine est réalisé. Le club s’engage également à promouvoir les entraîneurs adjoints qui font preuve d’engagement et de connaissances.
Cette saison, Arnau Blanco (coach des U16A -Cadete A-) et Pere Olivé (adjoint des U14A -Infantil A-) ont fait un bond important en devenant respectivement entraîneur adjoint d’Hansi Flick avec l’équipe première et l’entraîneur principal des U14A. Des promotions qui en ont encouragé d’autres dans les autres catégories. Albert Sánchez a ainsi pris les reines de la réserve en remplaçant Rafa Marquez, Cesc Bosch a pris celles des U16A (Cadete A) en remplaçant Arnaud Blanco et Adrià Monrás, anciennement à la tête des U12A a été promu en tant qu’adjoint des U14A (Infantil A).
Les entraîneurs doivent rendre compte quotidiennement aux coordinateurs du foot à 11 et du foot à 7. Marc Serra coordonne les huit équipes de football à 7 en plus du groupe U12 qui évoluera cette saison dans la catégorie Infantil (U14). Serra est arrivé au Barça en 2010 grâce à Albert Puig. De son côté, Sergi Milà a passé 23 ans à travailler dans toutes les catégories du club. Alexanko a le dernier mot sur les décisions importantes, mais le Basque délègue à ses collaborateurs les tâches quotidiennes, les relations avec les agents ainsi que celles avec les proches des joueurs.
Dans toute cette structure, on évite la lutte personnelle pour attribuer des médailles ou des reproches basés sur les succès et les erreurs commises dans les décisions d’incorporation de joueurs. Celui qui fait signer le joueur, c’est le club. Le dilemme entre la formation et la compétition n’existe pas au sein de la famille du centre de formation du Barça. Les responsables accordent beaucoup plus d’attention au processus quotidien des entraînements et des matchs qu’aux résultats. Malgré tout, les exigences du Barça et le fait d’avoir de grands joueurs font que dans toutes les catégories, le Barça se bat pour finir le plus haut possible. La compétition est un stimulant pour que les joueurs fassent des efforts et donnent le meilleur d’eux-mêmes.
Par ailleurs, le changement de catégories de la fédération catalane touche cette année les catégories pour enfants. Aux neuf terrains ont été ajoutés La Masia Oriol Tort, la résidence des joueurs et les installations du club. Les résidents de La Masia vivent loin de leurs familles, mais ils disposent d’une équipe de professionnels qui les aident dans leurs études, dans l’aspect psychologique et dans leur vie quotidienne.
« Le vivier catalan est sans doute le plus prolifique derrière le brésilien » Albert Puig, directeur de la Masia de 2010 à 2014 Pourquoi cela fonctionne au Barça et pas ailleurs ? « Grâce à 3 facteurs, détaille Albert Puig, directeur de la Masia de 2010 à 2014 et qui a recruté Yamal, ou encore Olmo. D'abord, la zone géographique : le vivier catalan est sans doute le plus prolifique derrière le brésilien. Deuxièmement, le Barça a une idée de jeu et troisièmement, cette idée de jeu a abouti à une méthodologie fondée sur les principes de Johan Cruyff. » Un savoir-faire envié : « Quand j'étais directeur, Manchester City est venu voir nos méthodes », se souvient Puig.
Pourtant, la Masia a connu des difficultés. Des entraîneurs, largement influencés par la méthodologie Cruyff, n'étaient pas en adéquation avec la vision de Pep Segura, secrétaire technique de la formation de 2015 à 2017. Quand la finalité n'était plus de former, mais uniquement de faire des bénéfices avec les transferts, certains formateurs ont quitté le navire. Avant le retour à la normale avec le départ de l'ancien président, Josep Maria Bartomeu.
La Masia, centre de formation du FC Barcelone
Au-delà des questions sportives, beaucoup mettent en avant la capacité du Barça à développer humainement ses joueurs : « Ils vivent de la compétition. Ça te fait grandir et mûrir », explique Puig. Quand on y vit, La Masia offre aussi une atmosphère propice au travail loin des tentations extérieures.
Pau Cubarsi, majeur depuis janvier, aurait pu prendre son indépendance mais le défenseur en a décidé autrement : « Je reste vivre à la Masia pour le reste de la saison, a-t-il raconté à El Mundo en mars. J'étudie de 15 heures à 20 heures, c'est un peu absurde de se lever très tôt pour s'entraîner et de monter dans la voiture à huit heures du soir pour rentrer. » Une question de commodité mais aussi d'attachement.
Ces liens forts créés entre club, joueurs et encadrants permettent parfois d'éviter un exode massif de talents séduits par les sirènes d'autres clubs prêts à payer cher. Si elle peut paraître un brin trop romantique, c'est aussi l'une des clés de la réussite du Barça.
Les entraîneurs de l'équipe première sont, eux, influencés dès leur arrivée par ce symbole. Ce fut le cas pour Hansi Flick qui, depuis son arrivée en mai 2024, n'a pas hésité à donner leur chance aux jeunes. Si la situation financière, encore exsangue il y a peu, des Blaugranas a aidé à penser « Cantera » avant « Cartera », en référence au célèbre adage catalan (*), la réussite de la Masia est bien la conséquence d'une méthode qui produit des sportifs autant qu'elle forme des hommes (et des femmes).
(*) « centre de formation » contre « carte bleue », en référence aux politiques différentes entre le Barça et le Real Madrid)
52 est le nombre de joueurs qui ont joué en Liga avec le FC Barcelone avant leurs 20 ans au XXIe siècle. Cinq d'entre eux ont fait leurs débuts en 2024, mais aucun en 2025 pour le moment.
Pourquoi LA MASIA est le Meilleur Centre de formation au monde ?
Tier List des Joueurs Formés par La Masia
Lamine Yamal est-il déjà, pour autant, une légende ? Eléments de réponse avec Oscar Lopez qui fut son formateur. Fred Hermel, Edgar Groleau, Rémi Dumont et Nicolas Vilas en ont profité pour établir la tier list des joueurs formés par le FC Barcelone. De Messi à Puyol, en passant par Xavi et Iniesta, mais aussi Pepe Reina, De la Peña… qui est la catégorie légende ? Qui ne fut « que » un joueur marquant, « très bon mais… » ou « sans plus » ? Débats, en toute mauvaise foi !
Exemple de Tier List des joueurs formés à La Masia
Des dernières stars du FC Barcelone jusqu'aux premières idoles du Barça, retrouvez les joueurs qui ont marqué l'histoire du Club.
- Petit-fils d'Amador Bernabeu, ancien vice-président du FC Barcelone, Gerard Piqué devient socio à sa naissance. Il évolue au sein des catégories inférieures du Club et rejoint Manchester United pour continuer sa progression. Il est le deuxième meilleur buteur parmi les défenseurs de l'histoire du Club. Au total, il a disputé 669 matches pour le FC Barcelone.
- Considéré comme le meilleur joueur de tous les temps, Leo Messi débute à 16 ans en équipe première du Barça. Sur le plan personnel, il s'adjuge 6 Ballons d'Or et 6 Souliers d'Or, entre autres.
- Arrivé au Barça lors de la saison 1996/97 en provenance d'Albacete à l'âge de 12 ans, Xavi a été une pièce clé du Barça pendant les 17 saisons qu'il a passé en équipe première. Au total, il a remporté 25 titres avec le FC Barcelone.
- Véritable leader de la défense blaugrana durant de longues années, Carles Puyol a tout remporté lors de sa carrière.
- Hristo Stoichkov est né à Plovdiv (Bulgarie) en 1966. Après être passé par toutes les catégories inférieures du Barça, il a débuté avec la première équipe lors de la saison 1990-1991.
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