Helle Thomsen : Parcours et Influence dans le Monde du Handball

Helle Thomsen, figure emblématique du handball, a marqué ce sport tant par son parcours de joueuse que par ses réalisations en tant qu'entraîneuse. Son influence s'étend des clubs européens aux sélections nationales, faisant d'elle une actrice incontournable du handball féminin.

Helle Thomsen

Un Parcours International

Helle Thomsen a connu une carrière riche et variée, tant au niveau des clubs que des sélections nationales. Elle a notamment entraîné :

  • Le FC Midtjylland (Danemark), avec qui elle a remporté une Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe.
  • Le CSM Bucarest (Roumanie), un club de premier plan en Ligue des champions.
  • Les sélections nationales de Suède et des Pays-Bas.

Son dernier résultat en sélection était une troisième place aux championnats d’Europe de 2018 avec les Pays-Bas.

Helle Thomsen et Jérôme Delarue ont un message pour vous 👀

Transition vers les Neptunes de Nantes

Après son départ de la tête des Pays-Bas, Helle Thomsen a rejoint les Neptunes de Nantes. Elle a succédé à Guillaume Saurina, qui avait mené l'équipe à la victoire en Coupe d'Europe EHF en mai 2021. Yoann Choin-Joubert, président du club, a justifié ce choix par la volonté de « confirmer l’ambition, l’excellence et (son) apport d’expérience en sélection et en coupe d’Europe ».

Neptunes de Nantes

Les Défis et les Attentes à Nantes

L'arrivée de Thomsen à Nantes s'inscrit dans une politique de club visant à développer une entité double, intégrant le handball et le volley féminin (VBN), avec l'ambition de viser la Ligue des champions à l'horizon 2024. Pour assurer la conformité avec les exigences de la Ligue Butagaz Energie, Matthieu Lanfranchi, qui assistait Guillaume Saurina, a rejoint l'encadrement technique pour accompagner la nouvelle coach nantaise.

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L'Énigme de la Représentation Féminine dans le Coaching

Dans son anglais rocailleux et ultra rapide, Helle Thomsen a évoqué avec humour sa situation d'unique femme sélectionneure parmi les seize nations participant à l'Euro féminin en France, jeudi à la veille de la demi-finale de son équipe des Pays-Bas contre la France à Paris. « J'espère qu'on va organiser une grande fête entre coaches au soir de la finale, ça va être sympa », a lancé la technicienne danoise.

Cette situation illustre un état de fait généralisé dans le sport collectif, au-delà du handball : totalement absentes des staffs techniques des équipes masculines, les femmes sont également ultra minoritaires sur les bancs des formations féminines. Seuls deux clubs sur douze, Besançon (Raphaëlle Tervel) et Saint-Amand (Florence Sauval), ont installé une femme sur leur banc. Et en Ligue des champions féminine, on n'en compte pas un seul parmi seize clubs !

Est-ce la conséquence de vieux réflexes de la part de dirigeants de clubs et de Fédérations qui sont, eux aussi, incarnés très majoritairement par des hommes ? Peut-être, mais le phénomène est tout aussi marqué dans les pays scandinaves, où l'égalité femmes-hommes est la plus aboutie au monde. Malgré quelques contre-exemples marquants tels que Marit Breivik, championne olympique, du monde et d'Europe à la tête de la Norvège entre 1994 et 2009.

Les Raisons Potentielles de cette Disparité

La principale explication semble être l'absence de vocations. « Le mois dernier, à l'occasion d'une rencontre avec les dirigeants d'une société de cosmétiques, on a fait le tour des envies de reconversion dans l'équipe. Aucune n'a dit qu'elle souhaitait rester dans le handball, raconte Camille Ayglon, dont le mari, Guillaume Saurina, vient justement de mettre un terme à sa carrière de joueur pour devenir l'entraîneur-adjoint de son club de Nantes. Beaucoup se disent qu'elles auront une vie de famille après leur carrière, qu'elles n'auront plus envie de tous ces sacrifices. »

Béatrice Barbusse, secrétaire générale de la Fédération française (FFHB) et sociologue très impliquée dans les questions de genre, identifie d'autres blocages : « Comme il n'y a pas beaucoup de femmes entraîneurs, elles ne sont pas visibles et il est compliqué pour les jeunes filles de s'identifier. Il s'agit aussi d'un métier technique, alors que notre socialisation incite davantage les femmes à être attirées par les métiers centrés sur l'humain, l'écoute. »

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La dirigeante préconise notamment d'organiser des stages réservés aux femmes et de sensibiliser les joueuses aux métiers du sport dès le plus jeune âge.

Le Rôle Modèle de Raphaëlle Tervel

Au début de sa carrière, Raphaëlle Tervel avait affirmé qu'elle ne « serait jamais entraîneur ». La Franc-Comtoise a changé d'avis lorsqu'elle a commencé à avoir son mot à dire sur les choix tactiques, durant son passage en Espagne (Bera Bera) notamment.

« Maintenant, j'adore, sourit celle qui vit sa quatrième saison à la tête de Besançon. C'est hyper intéressant, hyper complet : la tactique, le physique, l'humain, le mental, la gestion... » Son passé sur le parquet, estime-t-elle, lui offre « davantage de crédit vis-à-vis des joueuses ; je connais aussi un peu mieux comment les filles vivent dans un vestiaire, et leur psychologie. »

A l'heure actuelle, c'est elle qui semble la mieux partie pour succéder, à terme, à Olivier Krumbholz à la tête des Bleues, qui avaient été dirigées auparavant par Carole Martin (1991-1997). Et pour donner, au même titre que Valérie Garnier, la sélectionneuse des basketteuses, ou Corinne Diacre en football, envie à d'autres jeunes filles de suivre la voie du banc.

Le Décalage entre les Générations de Champions

Le décalage est spectaculaire quand on compare la reconversion de deux générations de champions du monde français à la même époque, les garçons de 2001 et les filles de 2003. Sept des seize couronnés de 2001 entraînent aujourd'hui un club pro ou une sélection nationale (Cazal à Dunkerque, Dinart en équipe de France, Fernandez à Aix, Gaudin à Cesson, Plantin à Nancy, Puigségur en équipe de France féminine U17, Richardson au Gabon) contre une seule des seize reines de 2003, Raphaëlle Tervel (Besançon).

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Deux de ces dernières, Sandrine Delerce (Besançon) et Myriame Saïd-Mohamed (équipe de France féminine U17) sont cependant entraîneurs adjointes (comme Guillaume Gille en équipe de France). On constate même que dix des championnes du monde 2003 ont quitté le milieu du handball professionnel, où sont restés la quasi-totalité de leurs homologues de 2001.

Equipe de France féminine de handball

L'Avenir du Handball Féminin

L'avenir du handball féminin dépendra en partie de la capacité à encourager et à soutenir les femmes dans leur transition vers des rôles d'entraîneuses et de dirigeantes. Des initiatives telles que des stages réservés aux femmes et une sensibilisation accrue aux métiers du sport dès le plus jeune âge pourraient contribuer à combler le fossé actuel et à créer un environnement plus équilibré et inclusif.

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