La finale de handball féminin aux Jeux Olympiques de Rio a été un événement marquant, riche en émotions et en performances. L'équipe de France a décroché la médaille d'argent après une compétition intense. Retour sur ce moment historique et les réactions des acteurs clés.
Allison Pineau lors des Jeux Olympiques de Rio 2016.
Un Parcours Semé d'Embûches
Les Bleues avaient pourtant déjà surmonté un plus incroyable retard de 7 buts en 15 minutes lors du quart de finale face à l'Espagne. Mais cette fois, les Tricolores ont abdiqué devant la puissance et l'assurance russes. Le score final reflète ces aspects de la finale : 22-19. Vingt-quatre heures avant les Experts, en lice pour un 3e sacre consécutif face au Danemark, les joueuses d'Olivier Krumbholz obtiennent l'argent, comme les Braqueuses du basket en 2012 à Londres. Rapidement, les sourires ont remplacé les pleurs sur le podium.
La déception relativisée par la patte russe apposée sur cette finale olympique dès les premières minutes de la rencontre. Si ce n'est durant 2 minutes en début de match, les Bleues ont toujours été menées au score. Après 20 minutes, 4 unités séparent Russes et Françaises au tableau d'affichage. Dès lors, même l'écart a fait l'élastique, les coéquipières d'Allison Pineau n'ont jamais su inverser le cours de ce match.
Les Réactions des Joueuses et de l'Encadrement
Amandine Leynaud (France)
«Pour une fois que ça tourne en notre faveur, on ne va pas s’en plaindre, hein ! Jusqu’à présent, les dieux du hand, aux Jeux Olympiques, étaient de l’autre côté. Quand je repense à Londres (défaite à la dernière seconde du quart contre le Monténégro, 22-23), c’est magique de faire du sport. Aujourd’hui c’est nous qui sommes heureuses, ça aurait très bien pu pencher de l’autre côté car les Espagnoles ont super bien joué. Mais on a été plus sereines, elles ont un peu paniqué quand elles nous ont vu revenir au score, ce n’était plus les mêmes, elles étaient livides.»
Lire aussi: Le LOU en route pour la finale
Béatrice Edwige (France)
«Je suis émue, heureuse. Je suis contente pour l’équipe, pour nos anciennes, pour Amandine (Leynaud), pour Sira (Siraba Dembele), Allison (Pineau), Camille (Ayglon) et Blandine (Dancette), elles ont vécu quelque chose de tellement dur en 2012 avec cette défaite en quarts que je suis tellement contente de leur offrir cela (sa voix se casse). Je n’ai plus de mots. On s’est dit plein de choses à la mi-temps, on n’a pas douté et on a voulu y croire. C’est ce qui fait notre force car on est un groupe hyper uni.»
Alexandra Lacrabère (France)
«À la pause, on s’est dit qu’on ne pouvait pas jouer plus mal que ce que l’on venait de faire. Il fallait suivre notre plan de bataille, courir, défendre fort, et que physiquement on allait exploser les Espagnoles. C’est ce qui est arrivé. Olivier (Krumbholz) nous a fait une piqûre de rappel sur nos grandes anciennes qui ont été championnes du monde en 2003 après avoir été menées de sept buts à sept minutes de la fin en finale. On n’a pas paniqué. J’étais sereine. Ce n’est pas parce qu’on perd de sept buts qu’il faut s’enfermer, il faut se faire plaisir, prendre la force que nous donne le public. On a joué ensemble depuis le début de ce tournoi, on revient ensemble, on gagne ensemble.»
Marie Prouvensier (France)
«Moi qui débarque (elle est arrivée de France dimanche pour remplacer Blandine Dancette, blessée), je suis dedans, maintenant ! (sourire) Je suis venue pour vivre de tels matches, il y a beaucoup d’émotion. Un tel scénario, c’est déjà un rêve et en plus en quarts des Jeux Olympiques, c’est juste énorme. Je vais tout donner en demi-finales et j’espère qu’on va décrocher cette p… de médaille. La force de notre équipe c’est qu’on ne doute plus. On a été sereines tout le match. Sur le banc, en fin de match, on était toutes serrées, très tactiles, on criait, dans ces moments-là, on est vraiment dans un état second.»
Éric Baradat (entraîneur adjoint de l’équipe de France)
«On revient du pays des morts. Le mec qui veut donner une explication à cela, c’est un imposteur. On voulait montrer autre chose qu’en première période, on est à nouveau entrées dedans et on s’est rendu compte qu’il y avait un chemin. On s’en sort avec une énorme défense. Maintenant, on doit analyser comment et pourquoi on s’est fait manger en première mi-temps. La première des choses à faire va être de récupérer car tu ne sors pas d’un tel match indemne. Il faut faire redescendre les filles avant la demi-finale, tout en se nourrissant de ce match-là.»
Elisabeth Chavez (Espagne)
«On a très mal joué la deuxième mi-temps, concédé trop d’exclusions. Enfin !
Lire aussi: Club de Handball d'Oyonnax
Seize piges que le coach de l'équipe de France, écarté des Bleues de 2013 à janvier 2016, attendait ça. Seize piges que lui et ses joueuses cherchaient, en vain, le chemin menant au podium olympique. Jeudi, après des années d'errance à tourner en rond, elles n'ont eu nul besoin de GPS ou d'emprunter la route que les Experts leur avaient balisée depuis des lustres pour faire l'intérieur aux Pays-Bas. Seules aux commandes, ces Bleues que l'on croyait dépourvues de tout sens de l'orientation ont, à leur tour, joué les guides et ouvert la route vers la finale à leurs homologues masculins.
Mais, entrée en jeu au plus fort de la révolte Orange, la gardienne de Metz s'est offert le plus beau des cadeaux à deux jours de son 23e anniversaire : éviter aux Bleues un money time cauchemardesque en sortant 5 arrêts décisifs dans les dernières treize minutes.
«Je suis tellement heureuse pour elle que je n'ai pas de mots pour décrire ce que je ressens, sanglote la portière n° 1, Amandine Leynaud, qui souffre du dos. Son rôle n'est pas simple, elle n'a pas beaucoup de temps de jeu. Mais on forme un super duo. Je trouve ça beau, j'ai pris mon pied à la voir jouer. Je n'ai pas pu m'empêcher de lui dire que je la kiffais à mort !»
Leynaud n'est pas la seule à admirer ce bourreau de travail. «Laura est une fille incroyable, enchaîne Estelle Nze-Minko. Elle n'a pas une énorme confiance en elle alors qu'elle a un talent fou. Quand on rentre au village olympique, elle est sans cesse en train de bûcher en vidéo pour être meilleure. C'est peut-être grâce à ça qu'elle nous envoie en finale.»
Les mots de Krumbholz, qui lui a dit que «c'était [son] match et [qu'elle avait] le niveau pour le jouer», ont fait effet. «Et outre la complicité avec Doudou (Leynaud), essentielle quand je suis en transe comme je l'étais, les regards avec ma maman, présente en tribunes, m'ont aussi portée.
Lire aussi: Euro Handball : La France
«La marche était trop haute, a réagi le sélectionneur Olivier Krumbholz sur Canal+. On était trop diminués par les blessures. Elle étaient meilleures et elles méritent leur victoire. Cette médaille, c'est celle du travail. On aurait signé des deux mains pour cette médaille d'argent.»
Si Amandine Leynaud et Laura Glauser ont tour à tour brillé dans leurs cages, les Bleues ont globalement péché offensivement. Un déchet symbolisé par l'occasion de prendre les devants au score à 14-14, à un quart d'heure du terme. Alors qu'elle est amoindrie par une blessure, Alexandra Lacrabère est remise en selle mais perd le précieux ballon du 15-14. Derrière, la contre-attaque russe est fatale. S'en suit un cinglant 3-0 qui écarte définitivement la France de l'or.
EdF[F]-Jeux Olympiques #FRARUS LES BLEUES S'INCLINENT 19-22 Ce sera l'argent pour les Françaises ...
«La déception est là, mais il y a un mois, on aurait signé pour n'importe quelle médaille lors de ces Jeux, a soufflé Béatrice Edwige. Nous sommes contentes de l'image qu'on a donnée. Dans deux jours, quand on rentrera en France, on pourra dire qu'on est fières de nous.»
«Qui aurait cru qu'on allait rentrer dans l'histoire du hand féminin ? Personne, insiste Alexandra Lacrabère sur France 3. Les Russes méritent leur victoire, on a buté sur la gardienne. On a travaillé dur.
Une nouvelle médaille d'argent qui tombe dans l'escarcelle française aux Jeux olympiques de Rio, la 40e dans la cité carioca. Pas le métal doré espéré pour l'équipe de France féminine handball, battue ce samedi en finale par la Russie (22-19). Mais il s'agit tout de même d'une excellente performance pour les Bleues qui montent sur le podium olympique pour la première fois de l'histoire de la sélection féminine.
Il est important de noter que les Jeux Olympiques de Rio ont également été marqués par des controverses liées au dopage. Plusieurs athlètes ont été contrôlés positifs, soulignant les défis persistants dans la lutte contre le dopage dans le sport de haut niveau.
L'équipe de France de handball féminin, fière de sa médaille d'argent.
L'Héritage et l'Avenir du Handball Français
L'équipe de France de handball, tant masculine que féminine, a marqué l'histoire de ce sport par ses performances exceptionnelles et son palmarès impressionnant. Retour sur les moments clés de leurs succès européens et mondiaux.
Le handball féminin français, qui a longtemps souffert de la comparaison avec l'extraordinaire palmarès des garçons, n'a plus à rougir. Après le règne des Experts, voici venu le temps des filles, qui en trois ans, sont devenues vice-championnes olympiques, championnes du monde et désormais championnes d'Europe. Un accomplissement hors-norme qui leur offre, du même coup, dix-huit mois de sérénité puisqu'elles sont les premières à valider leur billet pour les Jeux de Tokyo.
Championnes du monde en titre, les Bleues ont décroché un titre encore plus délicat à obtenir en gagnant «leur Euro», dimanche face à la Russie, celle-là même qui l'avait battue en finale des Jeux de Rio il y a deux ans et en ouverture du tournoi il y a deux semaines. En pleine possession de ses moyens physiques, même après quinze jours intenses de compétition, le collectif tricolore a cette fois tenu tête aux championnes olympiques dans un Bercy en fusion, s'offrant ainsi son premier sacre continental.
Un an après le titre mondial, les Françaises continuent de s'imposer parmi les plus grandes du handball. Un match marqué à la 36e minute par le carton rouge infligé à Alison Pineau. Une décision sévère accueillie par les sifflets du public. La Française était accusée d'avoir visé la tête de la gardienne russe sur un penalty. Elle est sortie en larmes.
France v Russia - Women's Handball Final - Full Match | Rio 2016 Replays
La France a remporté sa première couronne européenne en battant la Russie, championne olympique en titre, dimanche à Bercy (24-21).
Les Bleues ont réussi à rester appliquées en défense, et c'est à la suite d'une interception bien sentie de Manon Houette qu'elles ont repris trois longueurs d'avance (19-16, 46e). Un avantage que le peps d'Orlane Kanor et l'assurance de Lacrabère leur ont permis de conserver (23-20, 53e), et ce jusqu'au bout grâce à un ultime arrêt de Leynaud, revenue en jeu, sur un kung-fu russe. Bluffantes de maîtrises, elles ont gardé la tête froide durant une heure de folie et réussi le coup parfait.
Toujours en phase avec l’actualité, TF propose des modules de formation à distance sur l’entraînement au handball à travers sa plateforme E- Campus !
Tableau des médailles en handball féminin aux JO de Rio
| Médaille | Pays |
|---|---|
| Or | Russie |
| Argent | France |
| Bronze | Norvège |
tags: #final #hand #rio #explication