Voilà près de dix ans, soit depuis la création de la chaîne, que Mary Patrux officie sur l’antenne de BeIN Sports. Visage de la chaîne franco-qatarienne depuis son lancement, à l'été 2012, la présentatrice découvre pourtant seulement le poste de commentatrice, à 44 ans, près de vingt ans après ses débuts à la télévision, sur Eurosport (en 2005).
L'une des premières recrutées au lancement de beIN Sports France, il y a dix ans, Mary Patrux a été aussi l'un des premiers visages à apparaître à l'écran, avec Darren Tulett et le président de beIN Media Group, Nasser al-Khelaïfi, lors de l'ouverture de la chaîne, le 1er juin 2012. Depuis, son image colle à celle de la chaîne. Passée naturellement et rapidement du football à l'omnisports (basket, hand, tennis...), elle raconte, à 43 ans, sa position, et finalement celle de la chaîne payante, au sein du paysage médiatique.
Retour sur le parcours d'une femme passionnée, qui a su s'imposer dans le monde du sport et des médias.
Une passion précoce pour le basket-ball
«Attention, voilà Nellie Oleson ! » Sur les terrains de basket du Val-d'Oise, où a grandi Mary Patrux dans les années 1990, la shooteuse d'Éragny-sur-Oise puis de Franconville était vite repérée par ses adversaires. Elles la comparaient à la peste blonde de la Petite Maison dans la prairie pour sa propension à leur faire vivre un calvaire sur le parquet. « J'avais un caractère de merde, reconnaît, hilare, la journaliste de beIN Sports. Je faisais absolument tout pour gagner. Comme aujourd'hui, je n'accepte pas qu'une émission ne soit pas parfaite, je veux tout cadrer. »
Mary Patrux a toujours été passionnée par le basket-ball. Mon père était basketteur, mes oncles aussi, c’est donc naturellement que je me suis lancée à 8 ans. J’étais ailière et ça m’a plu d’entrée.
Interview vin avec Mary Patrux (Présentatrice Basket et Hand sur Beinsports)
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Comme elle n'était pas au niveau pour prétendre à l'élite du basket, une copine de son équipe lui suggéra de devenir journaliste sportive. « À l'époque, j'ai 16 ans et je reste dès lors concentrée sur cet objectif. » Elle enchaîne bac ES, cours d'histoire à la Sorbonne puis entre à l'IPJ, école de journalisme parisienne réputée pour ses connexions avec les médias sportifs. En 2005, elle est conservée par Eurosport après un stage de fin d'études convaincant.
Voix off en direct sur des news, bord terrain et même présentation en plateau, elle multiplie les expériences. « J'aimais le basket et les sports de balle. Je me suis retrouvée sur une émission sur les sports d'hiver alors que je n'avais jamais skié de ma vie, sourit-elle. Cela m'a obligée à m'ouvrir encore davantage. » Elle touche à tout.
Au bout de quatre ans, Mary rêve de changement et contacte Charles Biétry, alors directeur éditorial de L'Équipe TV. « Venez me voir avec un DVD dès que vous pouvez », lui lance par téléphone l'ancien patron des sports de Canal+. Un quart d'heure plus tard, la jeune femme débarque. Elle sera embauchée pour présenter notamment la matinale de la chaîne.
En 2012, elle sera l'une des deux premières recrues de beIN Sports engagées par... Biétry. Pendant la construction de la chaîne, elle donne son avis sur le recrutement, la grille et participe au choix des noms des émissions. Première à être recrutée, elle sera aussi le premier visage, avec celui de Darren Tulett, à apparaître à l'écran au côté de Nasser al-Khelaïfi, le président de la chaîne, le jour du lancement officiel.
« On avait un peu peur, on se lançait dans l'inconnu, confie-t-elle. Mais quand je vois ce qu'on a réussi à construire en huit ans, je suis extrêmement fière. »
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L'ascension sur beIN Sports
Depuis la création de la chaîne en 2012, outre la présentation de NBA Extra, la quadragénaire est devenue l'incarnation des grands événements omnisports : des Mondiaux et des Euros de handball aux compétitions de natation, en passant par le tennis à Wimbledon.
Interview vin avec Mary Patrux (Présentatrice Basket et Hand sur Beinsports)
« Elle peut devenir dingue pour un 50 m papillon comme elle peut l'être devant un quart de finale de Ligue des champions, raconte Marie Portolano, ancienne collègue à beIN, devenue une amie. Pour elle, à partir du moment où il y a de l'enjeu et du suspense, elle va le vivre et le présenter de la même manière. »
Mary Patrux anime les plateaux des grands événements sur beIN, comme ici à Wimbledon. Cette intensité vécue au plus près des athlètes, Mary Patrux estime qu'elle n'aurait jamais pu l'atteindre ailleurs.
Ce lundi, nous avons eu la chance d’assister aux huitièmes de finales du mythique tournoi de Wimbledon. Cette année, actualité Euro 2016 oblige, le tournoi est relégué sur beIN SPORTS 3. Pour suivre l’ensemble des rencontres, mais aussi le parcours de nos français, Thibault Le Rol, Frédéric Viard et Lionel Buton sont aux commentaires des matchs.
« L’ensemble de l’équipe est logée dans 3 maisons différentes. On en profite pour préparer le fil conducteur de l’émission avec les chefs d’édition Mathieu Solier et Matthias Duchez. L’émission est présentée par Mary Patrux en compagnie de Tatiana Golovin. Mary Patrux, qui présente déjà NBA Extra, ainsi que les grands événements de volley, hand et natation, est reconnue par ses collègues.
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Cela permet surtout de faire découvrir une soirée NBA à ceux qui ne connaissent pas. On est souvent surpris de voir que le spectacle est aussi bien sur qu'en dehors du terrain, c'est une expérience à part. On mettra un gros dispositif sur place avec beIN pour le montrer également. Et la date sera aussi très particulière pour moi. En 2020, à quelques jours du premier match à Paris (Charlotte-Milwaukee, 103-116, le 23 janvier), j'apprenais que j'avais un cancer du sein. Aujourd'hui, tout cela est derrière moi et je vais pouvoir pleinement en profiter...
L'équipe NBA de beIN est quasiment la même depuis le début. C'est vrai, avec Xavier (Vaution), Rémi (Reverchon), Jacques (Monclar), Chris (Singleton) et Éric (Micoud), c'est la famille... C'est le mot qui revient tout le temps entre nous.
Ce qui oblige concrètement à être toujours en alerte.A peine l'émission terminée, on est déjà en train de penser au lendemain. On ne peut pas laisser la NBA car, sinon, on est vite dépassé.
Parce que la NBA est une Ligue passionnante, parce qu'on a su, je pense, rendre un service qui n'existait pas avant, nous avons clairement comblé un manque. Nous avons apporté notre touche propre, nous n'avons pas essayé de copier quelque chose qui existait ni d'avoir un rendu « fade ». On s'est laissé une certaine liberté face à tout cela.
Justement, une plus que toutes les autres vous a-t-elle davantage marquée ? Par exemple, l'équipe de France féminine de Handball est devenue championne du monde en décembre dernier en Allemagne, c'est la première fois que j'ai pleuré en voyant des gens gagner. Parce que l'émotion de ces filles m'a portée, m'a vraiment fait quelque chose.
Franchement, c'est l'un des événements les plus agréables à couvrir. Le handball en France n'est pas encore tout à fait ce qu'il est en Allemagne. C'est vraiment différent, les gens sont hystériques et c'est toujours marrant de voir comment les pays vivent les sports différemment.
Si vous aimez le spectacle et le sport de très haut niveau avec des performances incroyables, il faut regarder « NBA Extra », c'est un feuilleton qui, vraiment, peut intéresser bien plus que « Plus Belle la Vie ». "NBA Extra", c'est du lundi au samedi de 12h 45 à 13h 30 sur beIN SPORTS 1.
Une femme engagée
Le sexisme dans le journalisme sportif
Plus d'un an après le documentaire "Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste", sur le sexisme dans le journalisme de sport où vous êtes intervenue, avez-vous constaté un changement dans les comportements ? Je ne sais pas vraiment... On en a beaucoup parlé entre nous à beIN. À l'extérieur, il n'y a plus vraiment de réactions du type : "Ils l'ont mise à l'antenne parce que c'est une fille !" Mais rien n'est réglé, il y a encore beaucoup de situations délicates.
Je fais ce métier depuis quinze ans, on en est juste à la prise de conscience. Notre génération se disait : "on fait avec" les règles du jeu qu'on nous présente. Au moins, aujourd'hui, on dit que ces règles ne sont pas bonnes. Il y a beaucoup d'habitudes à effacer, ça prend du temps. En termes d'égalité salariale, par exemple, le combat sera long...
Le cancer du sein
En janvier 2020, la journaliste avait quitté le Championnat d'Europe masculin de hand avant la fin du tournoi, dans la foulée d'un diagnostic lui annonçant un cancer du sein. Avant d'être opérée, Mary Patrux a tout de même tenu à revenir à l'antenne pour présenter le match NBA du 24 janvier 2020, à l'Accor Arena à Paris (Milwaukee-Charlotte).
« Je voulais le faire parce que je me disais que ça allait peut-être s'arrêter là. Je me suis retrouvée en plateau, au bord du parquet, à me dire : c'est peut-être la dernière fois que tu fais ça. » La joie d'assister, ce mois de juin, à une campagne tricolore n'empêche pas le stress. Mais cette nouvelle expérience au commentaire à un goût de « deuxième vie ».
Le choc de la maladie m'a permis de me retourner sur tout ce que j'avais réalisé. Je me suis dit : ça s'arrête peut-être, mais tu as quand même fait deux trois trucs... T'en auras quand même bien profité. »
Tableau récapitulatif de la carrière de Mary Patrux
| Période | Poste | Chaîne |
|---|---|---|
| 2005 | Journaliste sportive | Eurosport |
| 2012 - Aujourd'hui | Présentatrice NBA Extra, Grands événements omnisports | beIN Sports |
Mary Patrux est une figure emblématique de beIN Sports, une journaliste passionnée et engagée, qui a su s'imposer dans le paysage médiatique français. Son parcours est une source d'inspiration pour de nombreuses jeunes femmes qui aspirent à travailler dans le monde du sport.
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