Le catch féminin a connu sa révolution de manière générale assez tôt dans d'autres compagnies, notamment au Japon dès les années 80. À la WWE, l'évolution a été plus progressive, marquée par des hauts et des bas.
Les Débuts: Wendi Richter et l'Ère Pré-Révolution
Il est impossible de parler des femmes à la WWF/E sans mentionner celle qui fût l'étoile montante de la division féminine dans la compagnie au milieu des années 80. À cette époque, les catcheuses n'étaient pas vraiment prises au sérieux, c'est-à-dire qu'elles faisaient plus souvent figure de valet, et il y avait maxi 4 à 5 femmes dans les vestiaires donc très peu de concurrence.
Grâce notamment à Cyndi Lauper qui l'accompagne lors de ses matchs, sa popularité va s’accroitre de plus en plus jusqu'à être la femme numéro 1 à la WWF. Le plan était clair, les jeunes garçons devaient aduler Hulk Hogan, quand les jeunes filles, elles, devaient avoir Wendie pour héroïne.
Voyant sa popularité s'agrandir de plus en plus, Wendi demanda à gagner plus d'argent, Vince McMahon ne fut pas du même avis. C'est cet accroc qui conduira à l'épisode de ce qu'on appelle aujourd'hui "The Original Screwjob". Après ce malheureux épisode, Wendi quittera la WWF et s'ensuivra un déclin conséquent de la division féminine.
Au milieu des années 90, alors que la guerre WCW/WWF bat son plein, la WWF décida de supprimer sa division feminine comme dit plus haut, sûrement pour donner plus de temps à certains catcheurs pour pouvoir gagner la bataille des audiences. En 1995, Vince McMahon va encore décider de virer toutes ces catcheuses et la division feminine reviendra encore une fois dans l'anonymat.
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L'Ère des Divas: Hypersexualisation et Stagnation
Après son renvoi donc, on entendra plus parler d'une division féminine jusqu'au début de l'Attitude Era, 1998. Les divas seront beaucoup sexualisées, notamment Sunny, Marlena et particulièrement Sable grâce aux "RAW magazines" où certaines d'entre elles poseront en lingerie et parfois à moitié nue.
La division féminine va rapidement changer de visage et entrer dans une ère beaucoup plus (trop) sensuel, délaissant totalement le côté catch pure et simple. Segment de baiser, storytelling de mariage, segment où certaines finiront seins nus à la télévision (Oui, Stéphanie McMahon avait vraiment enlevé le soutient gorge de Sable), certaines iront encore jusqu'à poser pour des revues pornographiques, contribuant à totalement modifier le regard sur les catcheuses.
On venait voir des fesses et des seins, les femmes, c'était la pause pipi, le temps mort des shows. C'était devenu LE critère pour faire partie de la compagnie, les femmes étaient désirées ou recrutées majoritairement pour leurs seins et leurs fesses.
Chyna: Une Exception à la Règle
Comment parler de la division féminine de la WWF/E sans parler de la "9e merveille du monde", Chyna. À l'époque des divas, où l'hypersexualité avait atteint son paroxysme, il y avait une femme qui sortait du lot. Après de bons débuts, elle va fonder avec Triple H et Shawn Michaels le légendaire groupe D-generation X.
Par la suite, elle va remporter trois fois le titre Intercontinental (seule femme à réaliser cela) et va conquérir une fois le titre féminin (bien sûr). Ses alliances, ses rivalités et son gabarit vont grandement contribuer à bousculer les codes (pour l'époque et pour plus tard) dans une période où les catcheuses étaient hypersexualisées.
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Trish Stratus et Lita: L'Aube d'un Changement
Après que les Chyna, Sable, Marlena ou Sunny commençaient à disparaitre petit à petit, deux nouveaux noms vont marquer la division féminine du début des années 2000. Bien que les Bra and Panties matchs ou les concours de bikini étaient encore en vogue, les femmes revenaient peu à peu à du catch pure et simple par moment. Et les deux femmes contribuèrent énormément à ce léger changement.
Mais visiblement, les officiels penchaient plus sur Trish (7 fois championne du monde, recordwomen) ayant un style plus pure diva, que sur Lita, qui elle s'essayait à des choses que plusieurs femmes avant elle n'osaient pas, dont son fameux Moonsault (on avait là donc deux styles opposés : la diva contre l'anti-diva).
Les deux femmes connaîtront leur apogées lors d'Unforgiven 2006, les fans commenceront grandement à s'intéresser à cette rivalité. Trish disputera ce jour-là son dernier match au Canada, chez elle, de sa carrière à plein temps et prendra sa retraite face à sa meilleure ennemie.
Stratus a dû beaucoup s'améliorer sur le ring pour pouvoir livrer une véritable bataille face à Lita qui était juste extraordinaire à cette époque. De plus en plus de fans vont commencer à s'intéresser à ces femmes et leurs personnages surtout grâce à leur popularité grandissante.
Lita et Trish se lieront d'amitié lors de leurs premières rencontres en 1999 et ne se lâcheront plus. Ces deux matchs en particulier seront le début (mince, mais quand même) d'une révolution féminine, même si on en était encore loin, car après elles, plusieurs femmes eurent la voix ouverte pour s'améliorer sur le ring.
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La Stagnation Post-Lita et Trish
Après les retraites de Lita et Trish, la division féminine va commencer à stagner, entre le manque de starpowers et les Bra and Panties toujours aussi présents, on était encore très loin d'une révolution. Avec la brand extension, les rosters avaient gagné en quantité mais pas en qualité, ce manque de qualité conduira d'ailleurs à l'unification du Divas Championship et du Women's Championship (ceinture pour chaque show, RAW et SmackDown) qui pour moi était une énorme erreur.
Même s'il fallait reconnaître qu'ils y étaient un peu forcé, à part les rares pures catcheuses qui sortaient du lot (Michelle McCool, Beth Phoenix, etc...) le reste, c'était vraiment des divas (seins et fesses) et on repartait donc encore sur les mêmes bases : bikinis, déguisements... sans espoir de grandes avancés.
Un booking désastreux, des matchs hyper courts, du storytelling calamiteux dont l'horrible Santina (Santino Marella déguisé en femme, oui ça a vraiment existé). La division féminine stagnait et le retrait de McCool et Phoenix (2011) entre autres n'arrangeait vraiment pas la suite.
#GiveDivasAChance: Le Point de Bascule
Vous n'avez jamais entendu parler de ce hashtag ? Vous connaissez sûrement les incroyables matchs des Bianca Belair, Rhea Ripley ou Io Shirai ? Alors vous êtes chanceux(se). Le match dura en tout 30 secondes, non vous ne rêvez pas : 30 secondes de match.
Personnellement, vu la succession des matchs de 3 minutes, les storylines gênantes, il fallait s'y attendre et élever la voix plutôt. La fin de leur match aux Survivor Series 2014 sera clownesque, Brie va embrasser AJ, ce qui permettra à Nikki de faire le tombé pour remporter le match. Le hashtag aurait dû être lancer bien avant.
Des rivalités incohérentes, des segments inutiles voire puérils qui gâcheront et desserviront plus que tout les femmes. Les concours de bikini étant de l'histoire ancienne maintenant, les Bra and Panties matchs également, la différence commençait à devenir flagrante entre celles qui étaient là grâce à leurs talents sur le ring et celles qui étaient là grâce ) leurs apparences.
NXT Jaune et Or: Le Laboratoire de la Révolution
Et là où la différence va grandement se faire, c'est lors du lancement de NXT Jaune et Or (juin 2012), un show qui va remplacer l'ancienne version qui a été un flop total. C'est vrai qu'au début, la division féminine ne sera pas grandiose, mais avec le peu de femme qu'il y avait, c'était fini les bikini, les segments de baisers, le storytelling gênant, etc... Place à la "bagarre", la vraie.
En revenant un peu en arrière, "Saraya" de son vrai nom aura dominé la division féminine d'NXT à ses débuts (devenant la première championne) avant de rapidement être amenée dans le roster principal grâce à son succès grandissant. Des talents venant du Japon comme Asuka, Io Shirai (Iyo Sky), Kairi Sane, d'autres femmes talentueuses comme Raquel Rodriguez, Candice LeRea, Dakota Kai, Bianca Belair et j'en passe. Chacune selon les différentes générations, NXT Jaune et Or aura vu passer dans son roster des talents incroyables, et contribuera grandement à la révolution.
Le plus drôle, c'est qu'en parallèle de ces gros matchs du côté du show jaune, dans le roster principal, ça stagnait, jusqu'au fameux épisode du Give Divas A Chance.
La Women's Revolution: Les Quatre Cavaliers et l'Ère Moderne
Sasha Banks, Becky Lynch et Charlotte Flair vont faire leurs débuts dans le roster principal courant 2015, dans un moment qui sera appelé la Women's Revolution. La championne NXT était crainte et crédible, figurez-vous que le titre a toujours fait plus de 100 jours sur les hanches de la championne, ça n'a pas été le cas à seulement deux reprises.
De la dominante Paige à l'underdog Bayley, jusqu'à l'impératrice Asuka et la terreur Shayna à la favorite du public Rhea Ripley. Qui aurait cru qu'à leurs débuts en 2013 à NXT, ces 4 femmes allaient être les visages de la révolution féminine ) la WWE ? Car oui, il ne suffit pas de crier révolution, il faut le démontrer avec des actes et des accomplissements concrets.
Charlotte Flair, Sasha Banks, Bayley et Becky Lynch debarquent à NXT courant 2013. C'est la deuxième génération de femmes à NXT après Paige. Dès leurs débuts, au vue de ce qu'elles étaient capables de proposer sur le ring, on va rapidement les surnommer les "4 horsewomen" dans les vestiaires.
Dans le show jaune, tous les matchs où chacune d'elles a été impliquée était soit du 4 étoiles ou 5 étoiles. Cette phrase résumera parfaitement la nouvelle ère dans laquelle ces jeunes femmes nous feront entrer. Le terme "diva" sera supprimé pour faire place au terme "superstar" comme les hommes, oui.
Titre remporté par Charlotte Flair après un Triple Threat Match face à Becky Lynch et Sasha Banks lors de WrestleMania 32 (Par peur de totalement vider NXT, ils avaient sûrement laissé Bayley en tant que championne là-bas, mais elle aura dû faire partie de ce match, ça aurait été iconique).
Avec la nouvelle brand extension, les rosters vont s'accroître et le problème de manque de qualité qu'il y avait au début des années 2010, qui a poussé les officiels à unifier les titres, va être remplacé par un problème de riche, poussant la WWE à avoir une championne pour chaque show.
On connaitra aussi le premier Money in the Bank féminin, mais surtout le premier Royal Rumble féminin de l'histoire, très bon match avec des retours qui auront fait plaisir notamment des légendes Lita, Trish Stratus, Molly Holly, les Bella Twins, Beth Phoenix, etc... Le premier pay-per-view totalement féminin Evolution en 2018.
Vous l'aurez compris, après l'arrivée de ces 4 femmes, la compagnie changera totalement de direction. On se souvient de l'éclosion et de l'épopée de "The Man" Becky Lynch, depuis Wendi Richter, aucune femme n'avait réussi à créer autant d'engouement, faisant presque de l'ombre aux hommes.
À toutes ces nouveautés, on notera aussi les matchs de 20, 25 voire 30 minutes des femmes qui nous livreront des prestations plus que correctes. Quand vous pensez au premier WrestleMania dans les années 80 surtout, et vous voyez la division féminine de l'époque, est-ce que Wendi Richter pouvait s'imaginer qu'un jour, des femmes feraient le main event du plus grand show de l'année ? L'accomplissement et surtout le parcours est énorme.
| Période | Caractéristiques | Figures Clés |
|---|---|---|
| Débuts - Mi-1990s | Division féminine peu mise en avant, catcheuses souvent reléguées à des rôles secondaires | Wendi Richter |
| Fin 1990s - Début 2000s (Ère des Divas) | Hypersexualisation, focus sur l'apparence physique | Sable, Sunny, Chyna (exception) |
| Milieu 2000s | Transition vers un catch plus sérieux, rivalités marquantes | Trish Stratus, Lita |
| Fin 2000s - Début 2010s | Stagnation, manque de qualité, storylines controversées | Michelle McCool, Beth Phoenix |
| 2012 (NXT) - Aujourd'hui (Women's Revolution) | Focus sur le talent, matchs de qualité, reconnaissance des catcheuses | Paige, Sasha Banks, Becky Lynch, Charlotte Flair, Bayley, Asuka, Rhea Ripley, Bianca Belair |
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