L'histoire du Stade Olympique Choletais : Un siècle de passion footballistique à Cholet

Le Stade Olympique Choletais, abrégé SOC, évolue en rouge et noir au Stade Omnisports Jean Bouin à domicile. Fondé le 24 mai 1913, le club de la capitale des Mauges (Maine-et-Loire) a une histoire riche qui remonte à plus d'un siècle.

Logo du SO Cholet

Les premières années du Club Olympique Choletais

Lorsque le Club Olympique Choletais naît le 25 mai 1913, le paysage footballistique de la capitale des Mauges n'est pas un désert. La Jeune France fait déjà parler d'elle. Seulement, elle pratique dans le championnat des patronages catholiques, la F.G.S.P.F. C’est un ancien élève du collège communal, François Raimbault, qui fut ainsi le premier président du COC.

Quant à la création du club, ce sont Pierre Blouen, Marcel Faligand et Charles Vigan, amis et passionnés de football, qui ont eu l’idée de la création d’un nouveau club sur Cholet. Selon les statuts, le club avait pour objectif d’encourager les exercices physiques et d’entretenir entre ses membres des relations d’amitié et de bonne camaraderie .

Son entrée en matière est tonitruante : d'abord vaincu par le grand club angevin de l'époque, l'Angers U.C., dès le 26 octobre, le C.O. Choletais termine premier du championnat Atlantique de 1ère série devant l'A.U.C. (battu 3-0 au retour), le Stade Nantais et le C.S.Bessonneau.

Mais avant même sa deuxième saison de compétition survient la Grande Guerre. Au terme de cette interminable parenthèse, le football est unifié et le C.O.C. est l'un des premiers clubs à s'affilier à la Fédération Française de Football-Association ; il porte le numéro 106.

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Terminant deuxième derrière le C.S.B. en 1920, il ne se classe que quatrième l'année suivante, laissant le club angevin et le Stade Nantais inaugurer la Division d'Honneur de l’Ouest. Il n'y accède que sept ans plus tard grâce à une victoire en barrage (2-0 sur le Stade Nantais), et s'y maintient trois saisons.

L'ascension dans les années 30 et 40

Mais au terme de cette belle saison, le C.O.C. accède à la Promotion d'Honneur puis retrouve la Division d'Honneur en 1937. Il se classe à une avantageuse 5ème place à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Les années de guerre ne présentent que peu d'intérêt.

1944-45 est en revanche bien plus décisive pour le Club Olympique Choletais qui devient le "Stade Olympique Choletais" et embauche le professionnel Camille Cottin, 34 ans, en qualité d'entraîneur-joueur. Sous son influence remarquable, le S.O.C. se classe 3ème derrière le F.C. Nantes et le S.C.O. Angers.

Ces deux clubs décidant de passer professionnels, il devient le porte-drapeau de l'Anjou-Basse-Loire en Division d'Honneur de l'Ouest, face aux redoutables équipes bretonnes. Tâche dont il se tire on ne peut mieux, remportant le titre de champion de l'Ouest en 46 et 47 !

Les années fastes en Championnat de France Amateur (CFA)

Il échoue à nouveau en 1949 et Camille Cottin part à Angers pour prendre en main les professionnels du S.C.O. : une de ses premières décisions sera de recruter le jeune nordiste Raymond Kopa ! Sous la conduite de Roger Mahé, le S.O.C. continue de disputer le haut de tableau de la D.H. et, enfin, après avoir remporté sa poule et battu l'A.S. Brestoise en finale, obtient son ticket pour le fameux C.F.A.

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Pour sa première saison, il réussit une formidable performance : placé devant la Berrichonne de Châteauroux et le stade Quimpérois, il n'est devancé que par les Girondins de Bordeaux ; de plus, il remporte la Coupe de l’Ouest en écrasant l’En-Avant de Guingamp par 4 à 0.

La saison 52-53 est encore plus remarquable : vainqueur de ses deux rivaux, le Stade Malherbe Caennais et le F.C. Tours (devant 7.476 spectateurs !), il termine premier de son groupe grâce à un jeu brillant et obtient de jouer la poule finale. Battu par Bordeaux (0-2 à domicile) puis à Draguignan (idem) et à Epinal (5-2), il se venge sur Sedan (5-1). Il empoche la Coupe de l’Anjou.

Confirmant qu'il est bien l'un des meilleurs clubs amateurs de France, le S.O.C. se classe deuxième en 1954, seulement devancé par Quevilly, qui finira champion de France. En Coupe de France, Subileau, Roperch, Mahé et consorts ne sont éliminés que par les professionnels de Troyes, avec l'honneur de jouer la rencontre à Marseille!

Revanche est prise en 1957 : vainqueur de leur groupe devant les Normands, les Choletais disputent la poule finale, quatre ans après leur première expérience. Ils sont d'abord accrochés par les Maubeugeois (1-1) puis battent Ruthénois (2-0) et Mulhousiens (5-4). Mais, mis en échec par les Bourguignons de Blanzy-&-Montceau (2-3), ils terminent à égalité de points avec les Maubeugeois qui sont déclarés champion de France.

Ce scénario à la fois palpitant et frustrant se renouvelle un an plus tard : à égalité de points avec les Quevillais et les Mulhousiens dans la poule finale, ils laissent à nouveau échapper le titre.

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Les moments difficiles et la renaissance

La décennie suivante est nettement moins glorieuse. Après deux saisons en demi-teinte, le S.O.C. finit dernier (17 défaites en 24 matches). En 1964, entraîné par l’ancien international Thadée Cisowski, il est quand même vice-champion de Division d'Honneur - mais à 11 points du Stade Lavallois qui sera vice-champion de France amateurs un an plus tard - et dispute un seizième de finale de Coupe de France contre les "pros" de Toulon.

En 1967, la création de la Ligue Atlantique de Football lui permet de rebondir. Alors qu'il s'engluait dans la D.H. de l'Ouest, le club du président Pelé devient le premier champion de D.H. de l'Atlantique en 67-68, et retrouve le C.F.A. sous la direction de René Gaulon. Il s'y classe 12ème et atteint à nouveau les seizièmes de finale de la Coupe de France.

Il faut attendre 1974-75 pour retrouver le S.O.C. aux avant-postes : les équipiers de Laguesse et Gouetcha, troisièmes derrière les réserves du F.C. Nantes et du S.C.O. Angers, gagnent leur billet pour la D2 ! Affectés au groupe A, ils ont alors affaire à forte partie avec les professionnels de Paris F.C., Rennes, Rouen, Sedan et Lorient.

Remontés à la 14ème place à trois journées de la fin, ils ratent le maintien d'un souffle : il aurait suffi d'un but de plus lors de l'ultime rencontre face à Lorient (2-0) pour marquer le bonus et arracher le maintien ! Le S.O.C. est donc relégué en D3 puis, trois ans plus tard, en D4 où Paul Jurilli parvient à le stabiliser.

En 1982, il retrouve la D3 dans le sillage de Concarneau, puis navigue plusieurs années dans le ventre mou, réalisant quelques percées en coupe de France, notamment l'élimination du S.C.O. Angers en 1988, grâce à un but de Bideau à la 120' ! Puis le club choletais traverse une période noire : face aux mauvais résultats, l'entraîneur Karim Ibrahim est remercié en janvier 1989 ; le club finit dernier et retourne en D4.

En novembre, c'est le dépôt de bilan : le club doit à l'URSSAF quatre années de cotisations sur les primes de matches, d'où un redressement de 800.000 francs et une dette totale de près d'un million et demi de francs. Heureusement, la Ville, garante, reprend l'encours. Le S.O.C. est sauvé et dispute les trente-deuxièmes de finale de la Coupe de France contre le F.C. Nantes (0-2 à Montaigu).

Vainqueur de la Coupe de l’Atlantique en 1991 et 1994, troisième du championnat en 1992, il termine premier de son groupe en 1993 et obtient ainsi le droit de disputer le nouveau championnat de National 2… qu'il finit dernier. Le voici relégué en National 3, où il se maintient durant huit saisons.

En 2001, il échoue à nouveau aux tirs au but face à La Roche-sur-Yon en trente-deuxième de finale de la Coupe de France. Miklos Bérès, qui fut le légendaire entraîneur d'Ancenis (32 saisons, D2 comprise), est limogé avant le terme de la saison.

L'année suivante, le S.O.C. finit 15ème, relégué en DH après 34 saisons passées dans les championnats nationaux. La chute n'est pas terminée : elle se prolonge encore d'une marche en 2004, avec la relégation en DSR, son plus bas niveau depuis 1937 ! Heureusement, le S.O.C. parvient à s'en extraire immédiatement.

Retour en National et défis récents

Après être remonté en D.H. puis en CFA2, le club choletais retrouve le Championnat de France amateur en 2015. Sa progression se poursuit et en 2017, finissant deuxième de son groupe derrière la réserve du Stade rennais, il accède pour la première fois au championnat National et parvient à se maintenir dans l'élite resserrée du football fédéral six fois de suite.

En 2024, il finit cependant dernier ; le propriétaire de la société sportive du SOC décidant de ne plus la soutenir, elle est mise en liquidation, entraînant la rétrogradation des équipes séniors au plus bas niveau régional et en- dessous. Et c'est bien le moins car Cholet, ville de football depuis près d'un siècle, mérite beaucoup mieux !

Les joueurs emblématiques du club

  • Jean-Claude Suaudeau : né à Cholet, il a joué au SOC dans les années 60 avant de rallier le FC Nantes. Il fut certainement le plus grand entraîneur du club nantais avec qui a il a remporté le titre de Champion de Franc en 1995. Il fut le cerveau et le metteur en scène du fameux « jeu à la nantaise ».
  • Simon Pouplin : né à Cholet, le gardien de but a fait ses classes au SOC jusqu’à ses 15 ans avant d’intégrer le centre de formation du Stade Rennais en 2000. Il garda les cages successivement de Rennes, Fribourg, Sochaux et Nice. Il compte également 1 sélection avec les Espoirs de l’équipe de France.
  • Charles Devineau : champion de France avec le FC Nantes (2001) et double vainqueur de la Coupe de France (1999 et 2000), international Espoirs à 7 reprises et auteur de 8 buts en 68 matchs de D1, l’ancien joueur du Stade Lavallois a terminé sa carrière au SOC (2006-2010) avant de prendre les rênes de l’équipe première entre 2011 et 2014.
  • Mehdi Leroy : international Espoirs à 2 reprises avec l’équipe de France, il a terminé sa carrière de footballeur au SOC avant de devenir éducateur des jeunes au club.

Le centenaire et l'ère Erisoglu

Le SO Cholet fête son centenaire en 2013 au Stade Pierre-Blouen avec tous les licenciés et anciens joueurs. Le président actuel du club, Benjamin Erisoglu, arrive à la présidence durant la saison 2014/2015. Le club monte dès la fin de saison en CFA, une première depuis 1994. À la fin de la saison 2016/2017, le SO Cholet remonte officiellement en National.

Arrivée à la présidence du SOC de BENJAMIN ÉRISOGLU. Équipe évoluant en CFA2 et accession en CFA au terme de la saison 2014-2015 en terminant 1er du classement. 16ème de finale de Coupe de France. Championnat de CFA, 5ème place. Développement du partenariat avec les entreprises du Choletais. Nouveau logo. Championnat de CFA et accession en National au terme de la saison 2016-2017 en terminant 2ème du classement. Maintien dans le Championnat National. Formation du 1er KOP officiel. Création de la SASP pour l’équipe 1. Début de championnat prometteur.

Les footballeurs du Club Olympique Choletais pendant la Première Guerre mondiale

Si le centenaire de la Première guerre mondiale est l’occasion de faire travailler les élèves sur des documents d’archives, encore faut-il trouver une entrée qui suscite l’intérêt de tous. Le thème du sport pendant la Grande Guerre à travers l’étude de l’impact du conflit sur une équipe de jeunes footballeurs a motivé quatre classes du collège Trémolières de Cholet (deux classes de 6ème et deux classes de 4ème). Les résultats des recherches ont dépassé les attentes et ont permis de reconstituer le parcours des footballeurs du club Olympique Choletais pendant la Première Guerre mondiale.

La nouvelle équipe du Club Olympique Choletais compte dans ses rangs plusieurs footballeurs qui ont quitté l’équipe de football de la Jeune France, celle des Enfants de Cholet mais aussi des soldats du 77ème régiment d’infanterie de Cholet. Des sportifs jeunes, bien entraînés et qui sont bien sûr tous mobilisés.

Les premiers combats sont tout de suite très meurtriers et les footballeurs ne sont pas épargnés. C’est le cas de Louis Fabre, mort le 20 août 1914 à Nomeny-Lixières en Meurthe et Moselle. Auguste Sibileau meurt le 27 septembre à Sept-Saulx dans la Marne. Les élèves ont constaté que les footballeurs avaient combattu sur les principaux lieux de bataille de la Première Guerre mondiale (La Marne, La Belgique, Verdun, La Somme, Le Chemin des Dames, la Grèce ...). Aucun des footballeurs de cette première équipe de Cholet ne sort indemne de ce conflit.

Cinq d’entre eux meurent (Louis Fabre, Auguste Sibileau, Marcel Brien, Pierre Blouen et Charles Vigan) et tous sont blessés au moins une fois. Victor Simon, gardien de but, a contracté la tuberculose pendant la guerre et meurt en 1923. Un article de 1919 souligne la présence à un match de football de Camille Brégeon et de Raoul Brun mais probablement diminués par leurs blessures, on ne les retrouve plus par la suite sur les feuilles de matchs.

L’étude d’articles de presse a permis aux élèves de constater que pendant le conflit, des matchs de football se jouent toujours à Cholet. Les compétitions reprennent. Le plus souvent, ces matchs sont au profit d’une œuvre de bienfaisance et la recette est reversée au profit des blessés ou des réfugiés. Le 30 janvier 1916, une partie de la recette est destinée « au ballon du soldat ». Une œuvre qui finance l’achat de ballons de football pour les envoyer aux soldats car les prix ont flambé. Une hausse de 700 % calculée en cours de Mathématiques par les élèves.

Les élèves ne se sont pas contentés de rédiger le portrait des footballeurs. Ils ont réfléchi sur la sociologie de ces derniers : aucun d’entre eux n’était un paysan ou un tisserand dans une région rurale et d’industrie textile. Les footballeurs appartenaient plutôt à une petite bourgeoisie avec un niveau d’éducation plutôt élevé. Huit d’entre eux étaient d’anciens élèves du collège communal de Cholet.

Ce travail a reçu en janvier 2015 le label national de la mission du Centenaire après avoir précédemment reçu le label académique. Le livre numérique [3] résumant le parcours de cette équipe de footballeurs a reçu à Strasbourg en juin 2015 le premier prix du concours d’histoire Eustory.

Depuis 1929, le stade de Cholet porte le nom de Pierre Blouen capitaine et fondateur du Club Olympique Choletais mais rien ne permettait de savoir qui il était. Le 2 mai 2016, un match de football a eu lieu à Péronne entre des élèves et des professionnels du tourisme à la mémoire de Pierre Blouen, mort le 12 août 1916 lors de la bataille de la Somme.

Chronologie du Stade Olympique Choletais

Voici une chronologie des moments clés de l'histoire du SOC:

Année Événement
1913 Naissance du Club Olympique Choletais, COC
1919 1/4 de finale de Coupe de France
1929 1ère participation au championnat de DH (Grand ouest)
1933 32ème de finale de Coupe de France
1943 Nom du Club des Antennes Choletaises, CAC
1945 Nom du Stade Olympique Choletais, SOC
1946-1958 Champion de l’Ouest, championnat CFA (plusieurs fois)
1952-1954 Vainqueur de la Coupe de l’Ouest
1974-1975 Accession en D2 et unique saison à ce niveau
2015-2016 Montée en CFA
2017-2020 Montée et maintien en Championnat National

Le SO Cholet, avec son histoire riche et ses moments de gloire, continue d'inspirer les passionnés de football à Cholet et au-delà.

🎥 𝗥𝗲𝗱 𝗦𝘁𝗮𝗿 𝗙𝗖 - 𝗦𝗢 𝗖𝗵𝗼𝗹𝗲𝘁 : La victoire des Rouge et Noir en vidéo ! 🔴⚫

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