Dans un contexte de réduction des coûts dans l’industrie automobile, Stellantis fait preuve de l’agilité d'une start-up pour optimiser ses investissements. Pour accueillir la nouvelle plateforme STLA Médium, qui produira la CR3 électrique et multi-énergies, remplaçante du C5 Aircross de Citroën, Stellantis a optimisé ses investissements tout en s'engageant dans une démarche éco-responsable.
Carlos Tavares, PDG de Stellantis, était en visite sur le site de La Janais, à Chartres-de-Bretagne, près de Rennes, lundi 18 novembre 2024.
Grâce à un investissement maîtrisé de 160 millions d'euros, le constructeur a pu intégrer la nouvelle plateforme multi-énergies STLA Médium à l’usine de Rennes-La Janais. Pour produire ce futur véhicule, Stellantis a investi 160 millions d’euros dans son site breton, notamment dans un nouvel atelier de ferrage, qui, grâce à ses innovations, est désormais considéré comme l’un des plus performants d’Europe.
Dans le langage de l’entreprise on appelle ça « une opportunité industrielle ». Le constructeur automobile franco-italo-américain (Citroën, Peugeot, Fiat, Chrysler, Opel, Jeep…) a déplacé 380 robots d’une de ses lignes de production à Sochaux (Doubs) - qui allait s’arrêter - pour les rapatrier à Rennes. Un déménagement XXL.
Afin d'optimiser cet investissement, les équipes ont utilisé le concept de « Carry Over », ce qui a permis de réutiliser, dans la mesure du possible, des équipements existants. Ainsi, 65 % des robots et équipements présents dans ce nouvel atelier sont des robots reconditionnés. Parmi ceux-ci, 4 000 robots ont été transférés depuis l'usine de Sochaux, provenant de l’ancienne ligne de production de la 3008.
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« En quelques jours, les robots ont été démontés et chargés dans des camions. Il a fallu 183 poids lourds, pendant une dizaine de jours, pour tout ramener en Bretagne », sourit Jean-Philippe Pérennès.
Ce nouvel atelier permettra la mise en place automatique des portes avant et arrière sur la caisse du véhicule, une première dans notre outil industriel français. Cette innovation, mise en place en Bretagne, est déjà en phase de test sur la ligne actuelle de production du C5 Aircross. L'atelier disposera de trois nouveaux systèmes de contrôle laser intégrant l’intelligence artificielle, afin d’assurer une qualité optimale et une meilleure réactivité.
Stellantis, constructeur socialement responsable, a anticipé les effets de la transition énergétique en attribuant à chaque site français une activité liée à la mobilité électrique. Avec la production de la CR3 à Rennes, tous les sites français d'assemblage de Stellantis intègrent désormais un véhicule électrique dans leur plan de production.
« L'usine de Rennes est la première en France à être alimentée par une chaufferie biomasse, ce qui permet de réduire de 30 % ses émissions de CO2, soit 6 000 tonnes par an, l'équivalent de 3 000 logements », a souligné Carlos Tavares. « Par ailleurs, un parc photovoltaïque de 12 hectares est en cours de développement, couvrant 24 % de la consommation énergétique du site.
Bien que l'avenir du site rennais soit assuré jusqu'en 2028, ce qui est rassurant pour les salariés, Carlos Tavares souligne que la production de véhicules reste tributaire de la demande en fin de chaîne. « Concernant les garanties, il est important de rappeler qu'elles n'existent pas dans le monde industriel occidental actuel, explique Carlos Tavares. Par exemple, l’activité de l’usine de Rennes dépendra du succès commercial de la future C5 Aircross. Je suis convaincu de son attractivité, de sa plateforme performante, de son habitabilité, de son infotainment et de sa qualité globale. Cependant, garantir son succès est impossible. Il serait intellectuellement malhonnête de prétendre le contraire. Le succès d’un modèle dépend de son attractivité, de son positionnement prix, de sa qualité, et de notre capacité à répondre aux attentes du marché ». C'est dit.
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Il y a quelques années encore, l'avenir de l'usine était incertain, mais aujourd'hui, il est garanti jusqu'en 2028, voire au-delà. « À ce jour, en France, nous n’avons pas de problème d’affectation des véhicules jusqu’à 2028 au minimum, voire pour la plupart des cas jusqu’à 2030 ou 2032, a déclaré le dirigeant à cette occasion. Nous savons précisément où nous allons, et les organisations syndicales connaissent également ces projets.
Pour rappel, l'usine de Rennes emploie 2 000 salariés et a annoncé la mise en place d'une organisation temporaire en une seule équipe à partir du 1er janvier 2025.
Le site de Sochaux qui a fait jusqu'à 265 hectares, a perdu un tiers de sa superficie. Les 3008 et 5008, SUV stars de Peugeot, sont désormais fabriqués sur une unique ligne de montage, au lieu de deux auparavant, et à raison de 60 véhicules par heure. Un petit bâtiment tout en hauteur abrite un nouveau bijou à 8 millions d'euros, le "transtockeur": un entrepôt complètement automatisé, pouvant stocker et décharger jusqu'à 4.500 palettes, inspiré des systèmes qu'utilisent Carrefour ou Amazon. "L’innovation va être de relier le transtockeur à la ligne automatisée de production, avec ces robots.
Stellantis, qui a fait preuve d'une santé financière éclatante depuis sa création, s'est engagé à baisser de 40% ses coûts de production. L’emploi en a fait les frais. Premier site industriel de France jusqu'en 2013, Sochaux a vu ses effectifs divisés par deux en dix ans, notamment du côté des cols blancs, via plusieurs plans de départs volontaires. Jérôme Broussard, délégué syndical CGT, regrette des suppressions de postes "catastrophiques" pour la Franche-Comté. Et "on ne sait pas quand ça va s'arrêter", s'inquiète-t-il. "Les conditions de travail sont très difficiles, la cadence est élevée. Malgré la crise des semi-conducteurs, on pousse la machine à fond avec des rythmes de travail très soutenus. Le directeur de l'usine, Christophe Montavon, assure de son côté que "la décroissance forte qu'on a connue ces dernières années est révolue".
Impacts et Perspectives
Le syndicat FO par la voix d’Eric Peultier dénonce une conséquence forcément sur l’emploi.
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« Par ailleurs, un parc photovoltaïque de 12 hectares est en cours de développement, couvrant 24 % de la consommation énergétique du site.
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