Stade Jean Bouin : Histoire et Évolution d'un Complexe Sportif Parisien

Situé à deux pas du Parc des Princes, le stade Jean Bouin est un complexe sportif parisien avec une histoire riche et diversifiée. Bien que moins connu que d'autres enceintes sportives de la capitale, il a joué un rôle important dans le paysage sportif français depuis sa création. Découvrons ensemble son histoire, son évolution et son importance actuelle.

Vue extérieure du Stade Jean Bouin

Vue extérieure du Stade Jean Bouin.

Les Origines et l'Inauguration

En 1926, le Cercle Athlétique de la Société Générale (CASG) inaugure le Stade Jean Bouin en remplacement de son ancien terrain situé sur les actuels courts de Roland Garros. Le club, fondé en 1903, s’installe dès 1907 sur un terrain au milieu des serres de la ville de Paris. Ce nouveau terrain est situé Porte Molitor.

Les 2 et 3 octobre 1926, le nouveau terrain du CASG est inauguré et prend le nom de Jean Bouin. La première journée d’inauguration est dédiée au football avec la réception de l’Olympique de Marseille. Le lendemain, la section rugby affronte une sélection d’Armagnac-Bigorre. Le nouveau stade est confié au club par concession régie par une convention signée pour 40 ans.

Qui était Jean Bouin ?

Depuis sa naissance en 1916, ce complexe sportif porte le nom d'un athlète français historique de la course de fond. De son nom complet Alexandre François Etienne Jean Bouin, ce Marseillais a notamment décroché une médaille d'argent aux Jeux olympiques d'été de 1912, sur 5.000 mètres. Il a également remporté trois fois de suite le Cross des nations, ancien championnat du monde de la discipline. Alors qu'il domine son sport, Jean Bouin est appelé en tant que soldat de 2e classe le 2 août 1914, pour participer à la Première Guerre mondiale.

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« Jean Bouin, comme Roland Garros, a un nom connu de tout le monde, mais personne ne connaît vraiment le personnage. » Michel Merckel, historien ayant travaillé sur les liens entre la Grande Guerre 14-18 et le sport, connaît bien l’histoire de Jean Bouin et la raison pour laquelle, de Cholet à Marseille, en passant par les alentours du Parc des Princes ou Angers, on trouve des stades en son honneur un peu partout. « Jean Bouin est un symbole. Dans l’imaginaire français, il a une place à part. » Une place partagée aux côtés de Roland Garros, notamment, dès la couverture de l’hebdomadaire La Vie au grand air début 1914. Une place légèrement oubliée par le temps, alors que le coureur a eu une place dans le panthéon national des grands sportifs, et est de ces figures qui traversent les régionalismes et les amours locaux. Cette place lui permet d’avoir le deuxième nom le plus répandu en France pour une enceinte sportive derrière Louison Bobet, même si Michel Merckel admet ne pas pouvoir estimer le nombre exact, une tâche « trop difficile » .

Si Jean Bouin est un sportif reconnu, c’est évidemment pour ses performances athlétiques. Très rapidement, le natif de Marseille fait montre de ses qualités en endurance. Il fait du cross et de l’heure ses grandes spécialités à la course à pied. En 1911, il établit le record mondial du 10 000 mètres, puis deux ans plus tard celui de l’heure. C’est ainsi le premier Français à se montrer plus rapide que les autres. « C’est l’une des facettes de la popularité de Jean Bouin en France. On l’adulait pour ses performances. » Son grand rendez-vous a lieu un an après, pour les Jeux olympiques. Cette défaite est, des mots de Michel Merckel, « une déchirure pour lui comme pour les Français » . Jean Bouin, au caractère bien trempé, a du mal à se remettre de cette défaite, qu’il analyse comme une erreur tactique de sa part. Dans Le Petit Provençal, il estime qu’étant « plus sprinter que Kolehmainen, (il) aurai(t) dû le laisser mener de bout en bout et attendre les derniers mètres pour faire (s)on effort. » Il repart toutefois de plus belle dans l’objectif de gagner enfin de l’or la fois suivante et épate par sa régularité, son entraînement étudié avec soin et sa capacité à prédire ses performances.

La guerre est constitutive du parcours de Jean Bouin. Dès sa formation de jeune sportif, elle entre en ligne de compte. « Pour la IIIe République naissante, le sport est un moyen de lutter contre ce qui a provoqué la défaite de 1870. Par rapport aux Allemands, les Français étaient en retard physiquement. Il faut notamment des soldats endurants. » La scolarité et l’encadrement de la jeunesse servent à améliorer les performances sportives. Jean Bouin et sa capacité à courir encore et toujours correspondent parfaitement à cette recherche. Le peuple de France l’adule pour cela. Il retrouve de sa puissance et de sa vigueur à travers lui. En 1910, il est appelé pour son service militaire et intègre la 15e compagnie du 141e régiment d’infanterie à Nice. « Le général Gallieni veut le préserver, mais lui, il y va. Il est dans cet esprit de Marseillaise,« Allons enfants de la patrie / le jour de gloire est arrivé. » » Il demande même à être en première ligne et meurt « sous les tirs de l’artillerie française » dès septembre 1914. Le 29 septembre 1914, dans la Meuse.

La nouvelle laisse pour le peuple « des regrets, notamment à cause de cette deuxième place d’Helsinki. En 1920, un Français gagne aux JO, grâce aussi à l’héritage de Jean Bouin. C’est lui qui entre dans le patrimoine sportif français et devient célèbre, contrairement à Lucie Bréard, la premièrerecordwomande l’athlétisme français. Jean Bouin est resté comme la figure véritable de la France et du sport en France. On est resté sur le perdant. » Selon Michel Merckel, « son corps n’a jamais été retrouvé » . Mais il a des stades en son nom. De Marseille à Paris.

Évolution et Transformations du Stade

En 1968, le stade subit à nouveau des travaux et le complexe global comprend depuis un gymnase, un terrain de hockey sur gazon et une quinzaine de courts de tennis, dont dix en terre battue. La physionomie de Jean Bouin est subitement modifiée en 1968, date des travaux de construction du boulevard périphérique qui entraînent la refonte du stade (ainsi que celle du Parc des Princes). Une nouvelle tribune est ainsi construite en lieu et place des anciens gradins découverts, tandis qu’un nouveau bâtiment est aménagé afin d’accueillir un club-house et les bureaux du club.

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En 1975, l’enceinte se dote d’un gymnase, tandis qu’une nouvelle piste d’athlétisme en Résisport est inaugurée en 1982. Les grandes réunions d’athlétisme font ainsi leur retour à Jean Bouin, notamment le Meeting de Paris sponsorisé par BNP. Le 13 juillet 1985, Sergueï Bubka devient le premier homme à franchir à Jean Bouin la barre symbolique des 6 mètres.

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Rénovation et Modernisation

L’extension de Jean Bouin est officialisée le 12 février 2007 par le vote du Conseil de Paris qui donne un avis favorable (80 voix pour, 59 contre) à l’agrandissement du Stade Jean Bouin à 20 000 places. Les travaux ne débutent qu’à l’été 2010. Le 30 août 2013, le nouveau Jean Bouin ouvre enfin ses portes à l’occasion de la réception de Biarritz en Top 14.

La fine résille qui enveloppe le stade, lui donnant cette impression de légèreté, est réalisée en béton fibré. Les hauteurs variables du stade permettent de limiter l’impact sur les vues des riverains. Le stade s'est également doté de panneaux solaires, permettant d'assurer sa consommation énergétique en éclairage mais aussi d'un système de récupération de l'eau de pluie permettant une autonomie complète en ce qui concerne l'arrosage de sa pelouse.

Jean Bouin dispose de 20 000 places assises et couvertes pour une meilleure convivialité pendant les événements (15 500 places disponibles lors des matchs du Stade Français Paris pour la saison 2018-2019), de 30 loges privatives, 12 salons collectifs et 1 000 places au cœur des Halles de Paris.

Utilisation et Événements

Le stade Jean Bouin disposait également d’installations pour pratiquer l’athlétisme jusqu’en 2013 et accueillait notamment le meeting d’athlétisme de Paris jusqu’au début des années 1990. Le stade fut également utilisé (de 1983 à 1993) pour quelques finales du Casque d’Or (championnat de France de football américain). Depuis 2016, le stade accueille la plateforme d’innovation sportive « Le Tremplin » et son incubateur de startups.

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Lors de la saison 2016-2017, le club de football du Red Star FC y joua ses rencontres à domicile. Depuis la saison 2018-2019, la section féminine du Paris Saint-Germain y élit également domicile.

Le Stade Français et Jean Bouin

Président depuis 1992 d’un Stade Français anonyme en Deuxième Division, il fusionne en 1995 le club avec le CASG, alors en Groupe B. Après deux montées successives, le Stade Français CASG rejoint l’élite en 1997. D’importants travaux de rénovation de Jean Bouin sont dès lors entrepris. Les travaux s’achèvent en 1999, entre-temps, Max Guazini avait réussi son pari sportif en faisant sacré son club champion de France en 1998.

La maison du Stade Français Paris est aujourd'hui à la pointe de la technologique avec des panneaux solaires permettent de couvrir les besoins liés à l’éclairage, des matériaux économes en énergie carbone et la récupération de l'eau de pluie utilisée pour arroser la pelouse.

Le Stade Français est chez lui à Jean-Bouin. Largement rénové en 2013, le club de rugby parisien bénéficie aujourd’hui d’une location exclusive, actée par une "convention d’occupation du domaine public" accordée par la mairie de Paris, signée en 2019 et ce pour une durée de dix ans. De ce fait, jusqu’en 2029 et contre une redevance annuelle, le Stade Français en a la gestion.

Le Paris FC à Jean Bouin

À partir de la saison 2025-2026, Paris comptera, avec le Paris Saint-Germain, un deuxième club de football en première division : le Paris FC. Après dix-huit années passées au stade Charléty, le Paris FC a annoncé rejoindre, à compter de la saison 2025-2026, une autre enceinte de la capitale : le stade Jean-Bouin.

Avec la montée du Paris FC en Ligue 1, la capitale française va se doter d'un derby opposant deux équipes dont les stades seront séparés par quelques mètres à peine, puisque le PFC va déménager au stade Jean-Bouin, voisin du Parc des Princes et du PSG. Le PSG et le Paris FC seront voisins, leur stade respectif n'étant distant que de 34 mètres.

Les Défis du Partage

Avant même la nouvelle d’un prochain rachat par la famille Arnault et le groupe Red Bull, le président du Paris FC Pierre Ferracci ne s’en n’était pas caché. Lors d’une interview donnée au Figaro au mois de mai dernier, il avait ouvertement ambitionné de quitter le stade Charlety. "On a commencé il y a quelques semaines à discuter avec le Stade Français pour jouer à Jean-Bouin à partir de la saison 2025-2026. Je pense qu’on peut faire un binôme intéressant avec le Stade Français à côté du Parc des Princes".

Pour autant, les questions autour de ce déménagement vers cette enceinte de 20.000 places ne manquent pas. Et peuvent poser problème. RMC Sport détaille les points qui pourraient compliquer une telle opération.

  • La commercialisation et l'image: Pas évident dès lors pour le Paris FC de s’approprier ponctuellement l’endroit pour développer sa marque commerciale.
  • La pelouse: Actuellement synthétique, il faudrait "absolument la changer" selon le président du Paris FC Pierre Ferracci.
  • L'utilisation du terrain: Durant la semaine, l’association du Stade Français (la section amateur, jeunes et féminines) utilise le terrain de Jean-Bouin pour s’entraîner.
  • La programmation des matchs: Trois clubs professionnels se partageraient alors l’espace du Parc des Princes et du Stade Jean-Bouin le week-end.

Tableau Récapitulatif du Stade Jean Bouin

Caractéristique Détails
Nom complet Stade Jean Bouin
Localisation Paris, France
Inauguration 1926
Rénovation 2013
Capacité 20 000 places
Clubs résidents Stade Français Paris (rugby), Paris Saint-Germain féminines (football), Paris FC (à partir de 2025)
Particularités Panneaux solaires, récupération de l'eau de pluie

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