Le football, bien que n'étant pas toujours la tasse de thé de tous, a une histoire riche et variée, même dans des endroits inattendus. Cet article explore l'histoire du football à Yverdon-les-Bains, en Suisse, en mettant en lumière des moments clés, des personnalités marquantes et l'impact culturel de ce sport.
Yverdon-les-Bains, Suisse
Lucien Favre : Un Entraîneur de Renom Formé à Yverdon
Pour qu’un Suisse, dont la carrière de joueur n’a guère débordé au-delà des frontières helvétiques, se voie un jour offrir l’honneur d’entraîner un club de Bundesliga, il doit d’abord se forger une solide réputation d’entraîneur à succès dans son pays. Lucien Favre est devenu l’un des meilleurs entraîneurs de la planète football avec une particularité, il a toujours su tirer le meilleur de chaque joueur rencontré. Son sens poussé du détail, le soin apporté à chaque geste, son travail méticuleux et son amour prononcé du beau jeu, couplé à une timidité et à une modestie devenus toutes deux légendaires, l’ont amené sur le banc de quelques-unes des plus belles adresses du continent, dont celui, bien sûr, du Borussia Dortmund mais également à Nice, Berlin, Mönchengladbach, Zürich sans oublier les clubs de ses débuts, Echallens et Yverdon-les-Bains.
Il existe des joueurs dont on sait d’emblée qu’ils seront, un jour ou l’autre, amenés à embrasser une carrière d’entraîneur. Le joueur Lucien Favre appartenait indubitablement à cette catégorie. Durant sa carrière, il évoquait même déjà l’éventualité de se reconvertir en entraîneur-joueur ou même d’investir l’argent gagné dans le football pour racheter un club où il aurait pu tout contrôler.
Lucien Favre a ainsi débuté sa carrière d’entraîneur à succès comme entraîneur adjoint en juniors, en 1991. Il avait tellement envie d’entraîner qu’il n’était pas question pour lui de se griller dans la profession en acceptant un premier mandat prématuré pour lequel il n’aurait pas été prêt. En 1993, à l’âge de 36 ans, Lucien Favre accepte son premier poste d’entraîneur, en prenant les rênes de l’équipe phare de sa région : le FC Echallens.
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Les Débuts à Echallens
Echallens c’est un gros bourg de quelques milliers d’habitants, le chef-lieu du Gros-de-Vaud, à trois kilomètres du village natal de Lucien, Saint-Barthélemy. Le club local, c’est le FC Echallens. Ses couleurs ? Le jaune (déjà…) et le vert. C’est un club familial, qui s’efforce de faire jouer au maximum les jeunes de la région et dont la plus grande ambition et fierté, c’est d’évoluer sans discontinuer depuis 1984 (!) dans la même catégorie de jeu : la première ligue, la troisième division suisse. A une exception près, nous y reviendrons.
Lucien Favre débarque donc à l’été 1993 dans ce petit milieu amateur. Avec ses idées, ses méthodes, ses habitudes, inspirées de sa longue carrière professionnelle. Forcément, au début, il a fallu faire quelques adaptations. Au niveau du jeu aussi, il a fallu quelques ajustements. Quand il passait ses diplômes d’entraîneur, le Vaudois est allé faire des stages auprès de Gux Roux à Auxerre, d’Ottmar Hitzfeld à Dortmund, d’Arsène Wenger à Arsenal et surtout de Johann Cruyff à Barcelone, son modèle.
Ses joueurs de l’époque se souviennent avoir parfois souffert pendant les entraînements dispensés par leur nouvel entraîneur. Mais tous ont reconnu qu’ils n’ont jamais autant appris et progressé que durant les deux années passées avec l’ancien international. On l’a dit, le modèle de Lucien Favre, c’était Johann Cruyff. C’était terriblement ambitieux de vouloir appliquer les préceptes du maître hollandais en troisième division helvétique.
Ascension et Dilemme
Après des débuts un peu chaotiques, le FC Echallens de Lucien Favre termine le championnat à la deuxième place, derrière les rugueux Haut-Valaisans de Naters, adepte d’un Kampffußball très germanique, mais devant les rivaux cantonaux de Renens et Nyon, disposant pourtant d’un budget et d’ambitions largement supérieurs. Sa deuxième place du groupe 1 permet donc au FC Echallens d’accéder à ces finales d’ascension. Au premier tour, l’adversaire est le vainqueur du groupe 2, le SV Lyss. Au match aller, aux Trois-Sapins, le EFC de Lucien Favre l’emporte 2-0 après un match parfaitement maîtrisé contre des Bernois pourtant donnés favoris.
Le match aller a lieu en terres schwytzoises et la science tactique de Lucien Favre y fait merveille. Le FC Echallens, grâce à sa circulation de balle, prive de ballon les individualités adverses qui finissent par s’époumoner à courir après un ballon insaisissable. A force, les buts tombent comme des fruits murs et Echallens crée la surprise en s’imposant 2-0 sur terrain adverse.
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Le favori est atomisé 4-0 par l’outsider Echallens qui est ainsi promu avec un score total de 6-0 sur l’ensemble des deux matchs ! C’est la seule et unique fois de son Histoire presque centenaire (le club a été fondé en 1921) que le FC Echallens accède à la deuxième division, la Ligue National B. La promotion est assortie d’un titre de champion de suisse amateurs et le rôle de Lucien Favre dans ce qui reste comme le plus grand triomphe de l’histoire du club est essentiel. Son premier succès pour sa première année d’expérience d’entraîneur chez les adultes !
Mais, la fête de l’ascension à peine terminée, les dirigeants du FC Echallens se sont retrouvés confrontés à un grand dilemme : la deuxième division suisse n’amène pas vraiment de recettes supplémentaires mais elle engendre des coûts beaucoup plus important. Le FC Echallens a donc décidé de tenter l’aventure sans mettre en péril ses finances, c’est à dire en faisant largement confiance aux joueurs qui avaient réussi la promotion, sans renforts étrangers et sans faire exploser le budget.
Dans ce contexte, le maintien relevait de la mission impossible pour le FC Echallens, avec une équipe purement amateur, sans renforts étrangers face à des adversaires professionnels ou semi-professionnels. Lucien Favre a néanmoins accepté de relever le défi mais y a mis une condition supplémentaire : pas question de renier les principes de jeu offensif qui avaient permis la promotion et de poser le bus devant le but face à des adversaires aux moyens largement supérieurs. Echallens allait aux casse-pipe mais il allait y aller sans pression mais surtout sans renoncer à ses principes de jeu.
Il y a même eu quelques matchs homériques, un derby perdu à Yverdon à la dernière minute 2-1 devant plus de 3000 spectateurs, des victoires de prestige contre des noms illustres du football suisse, ancien pensionnaires de l’élite, comme Chênois, Carouge, Delémont ou Bellinzone. Mais à l’impossible, nul n’est tenu : en fin de saison, le FC Echallens faisait bien partie des six relégués.
La Vaudois a décidé d’aller parfaire sa formation dans l’un de ses anciens clubs, comme joueur, Neuchâtel-Xamax. Il y occupa le poste de responsable de la formation. Il n’y restera que 18 mois car sa priorité, c’était de retrouver une équipe, de pouvoir vivre le quotidien du terrain et l’adrénaline des matchs tous les week-ends. C’est le FC Yverdon-Sport qui lui offrira une deuxième opportunité.
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Djibril Cissé : Une Star en Troisième Division Suisse
Après deux années sans jouer et la pose d'une prothèse de hanche, Djibril Cissé, trente-six ans, a retrouvé les terrains. À Yverdon-les-Bains, en Troisième Division suisse.
Djibril Cissé, vainqueur de la Ligue des champions avec Liverpool (2005), quarante et une sélections en équipe de France, a repris le fil de sa longue et tortueuse carrière, ici, au bord du lac de Neuchâtel, en Troisième Division suisse. Il râle toujours, c'est bon signe, et même ici, même à ce niveau, il ne semble pas là pour blaguer.
« La dernière fois, je l'ai sorti à la mi-temps parce qu'on avait deux matches dans la semaine, et il m'a fait la gueule, raconte Anthony Braizat, son entraîneur français. Mais bon, ce n'est pas un problème. Je suis là pour ça. Et puis, Djibril est vraiment un type super. » De ses coéquipiers, des jeunes du club ou des supporters reviennent les traditionnels échos d'un homme pas comme les autres qui chercherait à passer inaperçu.
« Il est comme les autres, et, surtout, il veut être comme les autres », insiste son coach.« Il a une aura internationale incroyable, c'est vraiment impressionnant. Mais c'est quelqu'un qui est très modeste, ajoute son président, Mario Di Pietrantonio, qui nourrit de grandes ambitions pour son club. Il porte les cônes s'il faut porter les cônes, il vient à la buvette comme tout le monde, il mange sa saucisse comme tout le monde après le match. » Il court cependant un peu moins que les autres, et beaucoup moins vite qu'avant, mais face au gardien, « en général, il ne se trompe pas », sourit François Marque, l'un de ses coéquipiers. Déjà cinq buts en cinq matches, la séduction opère, même si tout n'est pas revenu comme par enchantement, évidemment, après deux années d'inactivité.
La vraie question, c'est pourquoi ? Pourquoi Djibril Cissé est-il donc venu en Troisième Division suisse, à cet âge-là (36 ans), avec une hanche en plastique (*) et après avoir annoncé deux fois sa retraite sportive ? « C'est l'envie de revenir au jeu et l'amour du football, c'est aussi simple que cela », affirme-t-il, assis dans les tribunes d'un stade vieillot, qui sera bientôt rénové. Malgré ses appels du pied dans les médias, il n'y croyait plus.
« Ça s'est fait par hasard, raconte-t-il. Un ami, qui possède une marque de montres, m'a invité à un événement à Lausanne. Le président d'Yverdon, Mario, était là, on a bien accroché, et de fil en aiguille... Moi, j'aime bien cette expérience, je la vis bien, les gens sont cool. L'idée m'a plu. Et puis, ça me tenait à cœur de revenir sur les terrains. La Suisse, c'est sympa, j'ai des amis à Lausanne, la ville est cool, ça bouge bien et après deux ans sans jouer au foot, c'était le bon compromis, pas trop professionnel, pas trop amateur.
Lorsqu'on lui demande s'il est venu pour l'argent, Cissé rigole. « Pour l'argent ? En Troisième Division suisse ? Il faut être sérieux. Pour l'argent, je serais allé en Turquie, j'avais une proposition, en Chine, ou j'aurais continué mes activités de DJ. J'aurais fait plus d'argent en étant DJ. Non, j'avais juste envie de rejouer, c'est tout. Dans ma tête, je n'avais pas encore tourné la page. »
Il a trente-six ans et joue en D 3 suisse, l’équivalent, selon les estimations locales les plus optimistes, du National 2 français. Mais il n’affiche aucune aigreur. Juste un regret éternel, qu’il a ressassé mille fois : ne pas avoir inscrit cent buts en Ligue 1. Il restera bloqué à quatre-vingt-seize : « Ah ça ! c’est ma grande frustration, c’est clair, même si la pilule commence quand même à passer. Quand je pense à tout ce que j’ai vendangé à Auxerre. Si j’avais eu un pied gauche… Mais Guy Roux m’avait prévenu. Comme quoi, il connaissait son métier. »
Avec lui, il faut toujours se méfier, mais c’est donc à Yverdon, en Suisse, qu’il devrait tirer le rideau sur sa magnifique carrière, au printemps prochain ou au suivant. La Suisse, cet éloge de la lenteur, terre d’asile de Djibril Cissé, le dragster bourguignon. On aura tout vu.
Des sponsors, dont le président, qui a fait fortune dans l'immobilier, ont payé de leur poche pour offrir le buteur français à l'ancien club de Lucien Favre (1996-2000). Un sacré coup de pub et une histoire de gros sous ?
À l'écouter parler, on a envie d'épouser la thèse de la passion. Après tout, il ne manque pas de pistes pour envisager sa reconversion sereinement, entre sa marque de vêtements, ses activités de DJ ou les sollicitations médiatiques, qui ne manqueront pas d'affluer, surtout si l'affaire du chantage à la sextape est classée.
« C'est vrai que cette incapacité à passer à autre chose, ça fait un peu peur. Mais là, ça y est, je commence quand même un peu à me poser la question de ce que je vais faire après. J'arrêterai soit en fin de saison, soit en fin de saison prochaine si jamais tout le monde est content et veut continuer. C'est le grand max. Même pour ma santé. Doucement, je commence à réaliser que ça va vraiment être la fin et que ma passion, il va falloir que je la projette sur autre chose. J'ai commencé à entraîner les petits attaquants en moins de 13 et moins de 14, j'aime bien. C'est quelque chose que je peux envisager. Pas comme coach principal, mais faire des séances spécifiques et transmettre ce que Guy Roux m'a transmis, ce serait un bon plan. »
D'abord avec les jeunes, donc. « Et si ça fonctionne, aller un plus haut, peut-être. Ce serait malhonnête de ma part de tout garder et de ne pas partager avec les jeunes ce que j'ai appris. Le football, ç'a été ma vie, et rien ne prendra jamais la place du football.»
Djibril Cissé's 24 goals for Liverpool FC
Challenge League
Le Challenge League est un championnat semi-professionnel, second échelon du football suisse, créé en 1898.
La vingtième-troisième saison de la deuxième division suisse de football dans son système Challenge League a lieu du 25 juillet 2025 à mai 2026. Dix équipes, dont 1 du Liechtenstein, s'affrontent pour la première place pour l'élite, alors que la seconde est qualificative pour le match de play-off dans l'élite.
La dix-neuvième saison de la deuxième division suisse de football dans son système Challenge League a lieu du 23 juillet 2021 au 20 mai 2022. Dix équipes, dont 1 du Liechtenstein, s'affrontent pour la première place pour l'élite, alors que la seconde est qualificative pour le match de play-off dans l'élite.
La vingtième saison de la deuxième division suisse de football dans son système Challenge League a lieu du 15 juillet 2022 au 28 mai 2023. Dix équipes, dont 1 du Liechtenstein, s'affrontent pour la première place pour l'élite, alors que la seconde est qualificative pour le match de play-off dans l'élite.
La vingtième-et-unième saison de la deuxième division suisse de football dans son système Challenge League a lieu du 22 juillet 2023 au 20 mai 2024. Dix équipes, dont 1 du Liechtenstein, s'affrontent pour la première place pour l'élite, alors que la seconde est qualificative pour le match de play-off dans l'élite.
La vingtième-deuxième saison de la deuxième division suisse de football dans son système Challenge League a lieu du 19 juillet 2024 à mai 2025. Dix équipes, dont 1 du Liechtenstein, s'affrontent pour la première place pour l'élite, alors que la seconde est qualificative pour le match de play-off dans l'élite.
Autres compétitions
Le Campeonato Carioca de Futebol est une compétition annuelle de football regroupant les équipes de Rio de Janeiro. Inaugurée en 1906, elle est l'une des plus anciennes avec le championnat de Sao Paulo et de Bahia.
Le Championnat d'Europe de football espoirs est une compétition de football qui oppose les meilleures sélections nationales d'Europe des moins de 21 ans.
La Campeonato Sudamericano Femenino Copa América est une compétition de football réunissant les meilleures nations de l'Amérique du Sud, chez les femmes.
La Coupe de France de Football est une compétition annuelle de football en France.
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