C'est une question qui revient sans cesse dans le monde de la NBA. Alors que la bataille des playoffs s'apprête à débuter, avec le "fameux" play-in en guise d'apéritif, la saison régulière et ses 82 matches imposent un véritable marathon avant que la course au titre ne débute. Pour certains, c'est trop et anachronique.
Steve Kerr, le coach des Golden State Warriors, est de ceux-là. Il milite fermement pour une réforme du calendrier. "Je suis inquiet parce que je pense que nous en demandons trop à nos joueurs", avait-il expliqué. "Le jeu n'a jamais été aussi difficile et intense au plus haut niveau, match après match, soir après soir. Nous devons prendre ça en compte. Nous avons tous besoin de réfléchir à ce sujet, aucun doute là-dessus."
LeBron James, Steve Kerr et Steph Curry
Les Tentatives de Raccourcissement Avortées
En 2014, la NBA avait testé le raccourcissement des matches lors de la pré-saison. Les rencontres ne duraient plus que 11 minutes par quart-temps au lieu de 12, soit un gain de quatre minutes (44 au lieu de 48) sur l'ensemble de la rencontre. Si un tel principe était étendu à la saison régulière, celle-ci durerait toujours 82 matches, mais avec une économie substantielle en nombre de minutes sur l'ensemble de la campagne. Mais jamais ce pas n'a été franchi.
Une telle solution ne convainc de toute façon pas grand-monde. LeBron James avait réagi à une telle possibilité : "Ce n'est pas une question de nombre de minutes, mais de nombre de matches. Les minutes, on s'en fout. On peut jouer 50 minutes s'il faut. Mais nous, en tant que joueurs, nous disputons beaucoup trop de matches. 82 matches dans la saison, c'est vraiment beaucoup."
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Dirk Nowitzki avait abondé dans le sens de LeBron James. "Je pense que nous n'avons pas besoin de 82 matches pour déterminer quelles sont les huit meilleures équipes de chaque conférence. Tout ça pourrait aller beaucoup plus vite", avait jugé l'Allemand. Ce à quoi Michael Jordan avait répondu en marquant son désaccord : "J'adore ces deux gars, mais en tant que propriétaire qui a pratiqué ce sport, je peux dire que j'adorais jouer. Si je n'avais pas disputé 82 matches, j'aurais de toute façon joué quand même ailleurs, rien que pour l'amour du jeu. En tant que joueur, je n'ai jamais considéré que les 82 matches étaient un problème."
L'Évolution du Jeu et l'Impact sur les Joueurs
Mais les temps changent, le jeu aussi, plaide Steve Kerr. "Quand je jouais, il n'était pas nécessaire de courir à 9 mètres pour couvrir un tireur", estime le head coach de la franchise de San Francisco. "Maintenant, c'est indispensable. À l'époque, on jouait sur un très petit périmètre. Aujourd'hui, c'est un grand cercle large, et il faut couvrir tout le terrain. Tout le monde joue plus vite. Les chiffres montrent que nos joueurs parcourent bien plus de terrain qu'il y a 15 ou 20 ans. C'est facile à vérifier. C'est, je pense, une information importante. Cela correspond à ce que nous observons sur le terrain."
Selon une étude auprès des joueurs ayant disputé au moins une fois le All Star Game, le nombre de matches manqués en moyenne chaque saison par le gratin de la Ligue était situé autour de 10 rencontres par an dans les années 80. Dans les années 90 ? Toujours une dizaine. Aujourd'hui ? La statistique s'établit juste en-dessous de… 24 matches dans les années 2020. Une explosion de matches manqués, soit pour cause de blessure ou… pour prévenir d'éventuelles blessures.
Joueurs NBA au repos
Le système actuel repose donc sur une forme d'hypocrisie : la Ligue refuse de réduire le nombre de matches. Les entraîneurs, les staffs, les joueurs, les franchises dans leur ensemble le contournent donc en minimisant le nombre de jours d'activité. Consciente du problème, la NBA a réagi en imposant de nouvelles règles depuis la saison 2023-2024. Elle interdit notamment aux équipes de mettre leurs joueurs au repos hors blessure avérée lors des matches diffusés à l'échelle nationale. Et il faut disputer au moins 65 rencontres pour être éligible aux récompenses de fin de saison, comme le titre de MVP.
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L'Argent : Le Nerf de la Guerre
En 2014, Nowitzki ne s'était pas trompé en prédisant que même si beaucoup de joueurs souhaitaient un raccourcissement de la saison régulière, il ne verrait pas ça de son vivant, pour des raisons économiques. "S'ils pensent que c'est la solution on peut en discuter", avait prévenu Jordan avec sa casquette de propriétaire des Hornets. "Mais cela génèrerait moins d'argent, pour tout le monde. Sont-ils prêts à renoncer à une partie de leurs revenus pour jouer moins de matches ? C'est la grande question, car vous ne pouvez pas avoir autant d'argent avec moins de matches."
L'argent est et restera le nerf de la guerre. En juin 2024, la NBA a finalisé un nouvel accord pour ses droits TV à hauteur de 76 milliards de dollars sur 11 ans. Un contrat en or, 2,5 fois plus élevé que le précédent, avec un nombre plus important de diffuseurs, notamment Amazon, entré dans la danse. "C'est juste une question d'argent, admet Steve Kerr. Nous devons jouer moins de matches. Tout le monde le sait. Mais oui, c'est une question d'argent. Combien les différentes parties concernées sont-elles prêtes à perdre ?"
Les diffuseurs, à l'image de NBC, pèsent lourd en NBA
L'Oeil sur la NFL
En dehors de la dimension économique, mais celle-ci reste de loin la plus importante dans le contexte actuel, les arguments pour le maintien à 82 matches s'amenuisent. Pour beaucoup, cela frise l'anachronisme. La NBA garde toujours un œil sur sa grande sœur du football, la NFL, plus puissante, plus riche et plus populaire. La force narrative de la NFL tient en grande partie à la brièveté de sa saison régulière, ramassée sur quatre mois et 17 matches (une semaine a été ajoutée il y a peu) avant les playoffs en janvier et le Super Bowl le premier dimanche de février. Ainsi, chaque match est un évènement et pèse sur le destin des équipes et de l'ensemble de la saison.
"De toute façon, personne ne s'intéresse à la NBA avant le mois de janvier. Avant ça, tout le monde n'en a que pour la NFL", résume le journaliste vedette de ESPN Colin Cowherd. Forcément réducteur et provocateur, mais la NFL phagocyte effectivement l'attention et l'intérêt sur la fin de l'année civile. Au point que la NBA, écrasée, a déjà dû renoncer à une de ses institutions, la journée de Thanksgiving, au mois de novembre, depuis que la NFL a décidé de diffuser non plus une mais trois rencontres ce jour-là. La NBA, elle, fait désormais relâche et s'occupe de sa dinde.
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Vers un Régime Minceur pour la NBA ?
Alors, à combien de matches la NBA pourrait-elle descendre pour s'offrir un régime minceur devenu pour beaucoup nécessaire voire indispensable ? 72, disent certains. Une soixantaine, plaident les plus révolutionnaires. La Ligue est arcboutée depuis 1967, l'année de son expansion, sur ses 82 matches. Il est délicat d'aller contre ses traditions. Ne retenez pas votre souffle, de toute façon. Fort de son nouveau contrat lucratif, la NBA ne reviendra probablement pas à court terme sur son schéma historique. Mais le débat n'a pas fini de prospérer, soyez-en sûrs.
Fonctionnement de la Saison Régulière
Chaque équipe dispute donc 82 matches, répartis comme suit :
- Quatre matches face aux quatre autres équipes de leur division (16).
- Quatre matches face à six autres équipes de leur conférence (24).
- Trois matches face à quatre autres équipes de leur conférence (12).
- Chaque équipe affronte toutes les équipes de la conférence opposée deux fois.
Si vous suivez la NBA, vous avez sûrement remarqué que le calendrier est intense. Entre la saison régulière, le Play-In et les playoffs, le total peut varier pour chaque équipe.
Ce format n’est pas dû au hasard. Il permet d’assurer un équilibre géographique et sportif. Cette longue phase sert de classement général pour déterminer qui aura le droit de rêver au titre.
Innovations Récentes dans le Calendrier NBA
La NBA ajuste régulièrement son calendrier pour répondre aux exigences sportives, médiatiques et logistiques. Depuis 2023, une innovation majeure a été introduite : la NBA Cup. Autre évolution notable : le Play-In Tournament. Mis en place définitivement depuis 2021, il détermine les 7ᵉ et 8ᵉ qualifiés de chaque conférence via un mini-tournoi entre les équipes classées de la 7ᵉ à la 10ᵉ place.
Impact Environnemental et Initiatives Écologiques
En 2019, la NBA était la ligue la plus polluante des 4 ligues majeures américaines (NFL, NHL, NBA et MLB). En 2022, la NBA a réduit de 5% la distance totale des voyages en avion de ses équipes. Cela a permis d’économiser 90 000 kilomètres en avion.
La NBA a élaboré le programme NBA Green pour traiter spécialement les enjeux environnementaux. Sa principale action est la mise en place de la « NBA Green Week », basée sur le principe des 3 R : réduction, réutilisation, recyclage.
Tableau Récapitulatif des Événements et Phases de la Saison NBA
| Phase/Événement | Période | Description |
|---|---|---|
| Pré-saison | Début octobre | Matchs amicaux pour préparer la saison régulière. |
| Saison régulière | Octobre à avril | Chaque équipe joue 82 matchs, dont la moitié à domicile. |
| NBA Cup | Novembre à décembre | Tournoi intégré au calendrier, avec des matchs comptant pour la saison régulière. |
| All-Star Week-end | Février | Événement festif avec un match d'exhibition et divers concours. |
| Play-In Tournament | Avril | Mini-tournoi pour déterminer les 7ème et 8ème qualifiés pour les playoffs. |
| Playoffs | Mi-avril à fin juin | Les 16 meilleures équipes s'affrontent dans des matchs à élimination directe. |
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