Commençons par une petite précision qui a son importance : je préfère la série Pro Evolution Soccer (PES) à FIFA. PES étant absent sur Switch, je cherche un jeu de foot complet et intéressant pour jouer un peu partout. Avec FIFA 19, on a affaire à un très beau paquet cadeau pour les fans de foot, renfermant une version nomade assez honnête intégrant la majorité des features des versions PC et consoles. Sur ce point, on peut remarquer qu'EA a fait des progrès certains depuis FIFA 18.
Mais malheureusement, cette nouvelle itération reste une version tronquée et à moitié cuite du jeu tel qu'il est possible d'y jouer sur consoles de salon et les puristes pourraient ne pas la porter dans leurs coeurs.
FIFA 19 vs FIFA 20 - Comparaison Nintendo Switch
Les Absences Notables
Pour commencer avec les choses qui fâchent, non, le très attrayant mode Aventure dans lequel on incarne le footballeur Alex Hunter n'est toujours pas présent. Ce manquement est principalement lié à l'absence du moteur graphique Frostbite utilisé depuis quelques années sur les versions consoles de salon. Si vous souhaitiez vous plonger dans l'histoire très hollywoodienne de cette future star du ballon rond, c'est un peu râpé.
Poursuivons ensuite sur un mode qui me laisse relativement froid, le fameux mode FIFA Ultimate Team ou FUT pour les intimes. Si vous aimez dépenser de l'argent réel pour obtenir aléatoirement des cartes de footballeurs façon Panini à intégrer dans votre équipe (on ne vous juge pas), ce mode devenu incontournable est bien présent. Mais là encore, le mode n'est pas comparable à son homologue PS4 ou Xbox One.
Les Ajouts et Améliorations
Concernant les ajouts de cette nouvelle itération, vous avez probablement entendu qu'elle disposait dorénavant de la licence de l'UEFA Champions League qui était détenue depuis de longues années par le concurrent PES. Il sera donc possible de refaire ce tournoi prestigieux en retrouvant l'enrobage visuel et sonore officiel de la compétition avec sa fameuse musique et ses overlays.
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Une option assez sympa qui renforce l'immersion mais l'impact n'est probablement pas aussi important que l'espérait EA puisque ce ne sera certainement pas un des modes les plus joués par la plupart des fans de FIFA.
Le Mode Carrière
Pour les joueurs solo allergiques à FUT, c'est avant tout le mode Carrière qui constitue le coeur de cette version Switch. Il se révèle assez satisfaisant, malgré un système de recherche un peu limité qui rend l'identification et la localisation de nouveaux joueurs assez pénible et frustrante.
Pourtant cette année, les rendus graphiques des stars du ballon rond sont encore plus soignés: la mèche de l'avatar de Neymar semble encore plus soignée que la réelle, et le gel de Cristiano bouge moins qu'en réalité. Sauf que pour le réalisme on repassera.
Gameplay et Sensations Manettes en Main
Mais ce qui compte le plus avec cette version Switch de FIFA 19 est bien entendu le gameplay et les sensations manettes en main. Sur ce point, c'est plutôt correct. Le framerate est fluide et stable, et les contrôles sont bien réactifs bien que l'on vous conseille d'y jouer avec un Pro Controller, bien plus précis que les Joy-Cons.
Certes, il en est de même pour tous les jeux dépendant de contrôles analogiques. Reste néanmoins qu'il est plus délicat de jouer en mode nomade que devant votre TV, équipé d'une manette optionnelle et onéreuse.
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Sur le terrain, le gameplay est fluide mais aussi quelque peu unidimensionnel. FIFA 19 sur Switch épouse clairement cette tendance actuelle de la passe en retrait, au point qu'il est bien plus difficile de jouer un football plus direct et rythmé. Si on trouve bien de nouvelles améliorations comme de nouvelles animations de tir et une I.A améliorée, le tout parait encore un peu trop rigide.
Cela est possiblement dû au fait que cette version Switch est dotée d'une technologie plus ancienne que ses homologues PS4 et Xbox One.
Les Modes de Jeu Alternatifs
Un mode se propose de supprimer les fautes et les cartons jaunes ou rouge, avis aux tacleurs fous, ce mode est pour vous. Un autre vous propose de compter double les buts inscrits de frappes en dehors de la surface. Ensuite vous pouvez opter pour un mode qui ne comptabilise que les buts inscrits en reprise de volée ou tête. Enfin vous pouvez tenter de rééquilibrer le rapport de force en optant pour le mode survie: un de vos joueurs est exclu aléatoirement dès que vous marquez.
Petit détail qui a son importance à l'heure du chambrage: vous pourrez conservez l'historique de vos victoires ou défaites face à vos amis.
Immersion et Réalisme
Les développeurs d'EA Sports ont aussi grandement amélioré l'immersion du joueur lors d'un match. Quand vous jouez au Parc des Princes, si vous tendez l'oreille, vous entendrez des "Paris est magique", "Ici c'est Paris" et les traditionnels chants de supporters. Glaçant de réalisme. Parfois vous pouvez même apercevoir les tifos dans les stades.
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Une grande marche pour Fifa 19 gâchée... Rares sont les commentaires propres à cette édition et pour le joueur régulier, on reconnaît ceux de la version précédente. Mais plus que sur le fond où ceux-ci lassent à force de répétition, c'est souvent qu'ils tombent pour l'instant à côté et dans le mauvais timing.
Ainsi si vous égalisez, parfois le jeu commentera une égalisation. Ou citera un mauvais buteur... Cela ne fait pas très fini ni professionnel comparé au travail de fourmi réalisé par EA pour augmenter l'immersivité visuelle et auditive des joueurs.
Forces et Faiblesses
Ainsi Fifa 19 améliore encore grandement ses points forts (réalisme graphique et droits) tout en conservant les défauts d'un jeu tourné vers le grand public et les scores de baby-foot.
Ajoutez enfin le mode carrière et, petite nouveauté, la possibilité de jouer un match « sans règle » ou avec des règles alternatives. Plus d’arbitre pour vous sortir des rouges au moindre petit tacle par derrière effectué par le dernier défenseur, ou même la possibilité de varier les règles, comme l’excellente idée de faire compter pour deux tout but marqué en dehors de la surface.
Au niveau réalisme, on repassera, mais le résultat reste quand même sympa à voir et à jouer.
Graphiquement parlant, il y a plus de gestes techniques, les animations sont plus réalistes et fluides, mais le jeu reste lent… on a un peu l’impression d’avoir un troupeau de veaux sur la pelouse. Il manque ce côté athlétique et surtout la variété des compétences athlétiques des joueurs.
Améliorations du Gameplay
Convenons tout de même que Fifa a un peu réduit la facilité pour attaquer dans sa dernière mouture. Ainsi le jeu peut s'avérer souvent moins rapide qu'auparavant et plus laborieux. La faute à une bataille au milieu de terrain qui a gagné en intensité.
Cette année, le football de FIFA est plus physique, la force joue un rôle beaucoup plus important, la gestion des collisions est beaucoup plus réaliste et les joueurs se battent vraiment pour le ballon. Les gardiens de but sont aussi moins imbattables sur les tirs en dehors de la surface et notamment les coups-francs. Ils ne sont pas aussi invincibles que les années précédentes.
Bien qu'elle ait introduit un rythme plus lent dans FIFA 18, la nouvelle version permet enfin d'atteindre cet objectif en renforçant la réactivité des joueurs. Petite nouveauté sur le terrain, FIFA 19 propose maintenant des options pour les stratèges en herbe en leur permettant par exemple de déterminer le nombre de joueurs qu’ils veulent voir monter sur les corners ou de décider du positionnement de leurs libéros.
Le Mode Carrière : Une Stagnation Déplorable
Malheureusement, c'est à peu près tout ce qu'il y a de nouveau dans le mode Carrière. Et c’est bien là le coeur du problème. Le mode Carrière est censé être le mode solo le plus abouti de FIFA, car au final, c’est aussi son pilier historique, mais cela fait des années qu’il stagne dans un marasme dont personne ne veut le sortir.
Le problème, c’est que cela commence à faire tâche auprès des vieux de la vieille et les rides du mode commencent à vraiment se voir : sérieusement, on a cru halluciner quand on a retrouvé dans cette mouture de FIFA les mêmes erreurs de traduction que l’an passé. On a eu l’impression d’un vieux copier-coller tout pourri du mode de l’an passé, juste histoire de dire que le mode était encore là.
Cependant, messieurs d’EA, si vous n’en avez plus rien à foutre du mode carrière, lancez donc votre foutu FUT en jeu gratuit à télécharger, gardez la même monétisation et ne faites plus de jeu FIFA.
Le Mode Coup d'Envoi : Fun et Arcade
Néanmoins, tout n’est pas noir. Le mode Coup d'envoi est un tout nouveau mode hors ligne sur lequel EA s'est concentré cette année, avec quelques nouveaux sous-modes intéressants qui permettent de vivre avec des potes une expérience vraiment fun ou arcade. Par exemple, vous pouvez désactiver les fautes et les hors-jeu. Vous pouvez aussi activer un mode Battle Royale (oui oui, vous ne rêvez pas) dont le principe est vraiment rigolo : chaque but marqué entraîne l’expulsion du buteur. Vous pouvez aussi déterminer avant le début du match que seuls comptent les buts aériens, marqués de la tête ou sur une reprise de volée.
C’est du grand n’importe quoi, mais c’est vraiment très drôle !
La Version Switch : Un Portage Imparfait
Note : On a eu l’occasion de tester le jeu sur Switch, parce qu’on voulait facepalm comme les collègues qui ont testé la mouture 18 ont pu le faire. Force fut de constater que le jeu stagne et ne parvient pas à corriger complètement le tir par rapport à la précédente mouture : par exemple, pour on ne sait trop quelle raison, là où les autres supports avaient des gardiens divins, ceux de la version Switch sont de véritables passoires.
De même, les possibilités tactiques sont extrêmement limitées sur la portable de Nintendo et, surtout, on ne sait vraiment pourquoi, on n'a absolument jamais l’impression ou la sensation de jouer au football. Peut-être est-ce en raison de ce sentiment général de jouer à un jeu d’arcade ? Franchement, on a l’impression de se retrouver sur Nintendo World Cup par moments.
Mais bon, le jeu propose quand même les bases de ce qui fait un FIFA et a clairement soigné son aspect technique en proposant cette année un framerate stable et des graphismes sensiblement affinés (allez pas regarder de trop près le public ou les joueurs de seconde zone, par contre, hein).
La version Switch propose aussi certaines nouveautés des autres versions avec notamment la LdC et le mode Coup d’Envoi, mais est amputée par exemple de The Journey ou des Division Rivals sur FUT (petit rappel au passage : le online de la Switch est devenu payant).
Alors, est-ce qu’on jouerait à FIFA 19 sur Switch plutôt qu’un autre ? Ben, le problème, c’est que si vous voulez jouer à un jeu de foot sur cette console, FIFA est votre seul choix. Il fait le boulot, mais il souffre très clairement de la comparaison avec ses frangins sur PC ou consoles de salon. À prendre si vous n’avez VRAIMENT pas d’autres choix.
FIFA Ultimate Team : Le Cœur de l'Expérience
FIFA Ultimate Team… Que dire. C’est devenu le coeur de l’expérience FIFA, pour le meilleur et pour le pire. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, le mode de jeu est sans aucun doute plus populaire que jamais et offre chaque semaine un petit quelque chose pour attirer les joueurs, en faisant un élément vital de l’expérience de FIFA 19 sur le long terme.
Le principal ajout sur FUT cette année est un nouveau mode nommé Division Rivals, qui remplace le défunt mode Saisons en ligne. C'est un autre moyen, plus court, de se qualifier pour l'événement du week-end des champions de FUT.
À part ça, FUT reste FUT, fidèle à lui-même, avec les mêmes soucis que le jeu de base, ses joueurs complètement craqués, ses millions d’euros de revenus, mais surtout ses nouveautés tout au long de l’année, avec de nouvelles cartes injectées chaque semaine dans les packs que les joueurs s’arrachent et des versions spéciales qui atteignent des prix fous.
The Journey : La Conclusion de l'Histoire d'Alex Hunter
La troisième année de The Journey marque aussi la fin de l'histoire d'Alex Hunter, avec un petit twist relativement intéressant puisque son voyage sera marqué par la possibilité de prendre les commandes de sa soeur et de son meilleur ennemi-devenu-ami Danny Williams avec une incidence bien plus notable cette année sur l’histoire de chacun des personnages.
Vous pouvez changer de personnage quand bon vous semble, faire progresser son histoire, passer à l’histoire d’un autre : bien évidemment, vous verrez très rapidement qu’il y a plus ou moins un ordre établi pour vivre une histoire commune cohérente, mais vous êtes le seul maître à bord. Les histoires sont fort différentes, avec des enjeux bien distincts.
Par exemple (et non, ce n’est pas un spoiler, on le sait depuis l’E3), Alex devra s’imposer dans un Real Madrid en quête d’une nouvelle Ligue des Champions quand Danny devra lui… décider quelle publicité il veut tourner pour devenir une star locale.
On dira ce qu’on voudra de ce mode de jeu, mais c’est pour être honnête la principale raison qui nous faisait attendre avec impatience la sortie de ce nouvel opus.
Détails et Manquements
Au niveau des détails qui nous ont chagriné, on a par exemple noté à nos dépens quelques manquement aux règlements des compétitions. Par exemple, on n'a pas pu faire rentrer un quatrième joueur frais dans le cadre d’une prolongation. Alors, on n’a peut-être pas trouvé l’option pour dans les menus, c’est peut-être un réglage qui ne nous a pas sauté aux yeux, mais cette règle officielle ne devrait-elle pas être appliquée par défaut ?
Autre détail un peu bête et pourtant pas si difficile à mettre en place : tous les marchés de transfert se finissent à la même date, alors même que les riches Anglais ferment leur marché dès début août.
Ce sont des détails, certes, mais quand on insiste lourdement sur le sens du détail dans le rendu des joueurs ou de la physique du ballon comme peut le faire FIFA, ce serait peut-être bien de faire en sorte que les détails les plus bêtes comme les règles de base du sport que vous numérisez soient respectées.
Conclusion
L’un dans l’autre, on ne peut pas dire que EA n’écoute pas les remarques de ses joueurs. FIFA 19 est beaucoup plus réactif sur le terrain que l'an dernier et continue sur la lancée des améliorations proposées dans FIFA 18. Cependant, on ne peut pas s’empêcher de remarquer que certaines des grosses nouveautés demandent encore bien plus de travail pour vraiment atteindre leur but, on pense notamment aux plans de jeu.
L'absence de changement dans le mode Carrière et dans les Clubs Pros est par contre terriblement frustrante, parce que cela fait quelques éditions que c’est le cas et que les modes de jeu historiques ne sont plus à la hauteur de ce qu’ils devraient être. Heureusement, FIFA 19 a des acquis solides sur lesquels se reposer : The Journey revient pour vous proposer de vous occuper quelques heures avec non pas un, mais trois personnages jouables, FUT, quoiqu’on en dise ou qu’on pense de la monétisation du mode, est un sacré morcif qui vous invitera régulièrement à revenir pour proposer des nouveautés.
Pour sa première incursion sur Nintendo Switch l'année passée, la saga FIFA était proposée un peu au rabais, sans quelques fonctionnalités comme le mode Aventure, mais surtout sans le Frostbite Engine. À l'occasion d'une interview avec Dream Team, le site spécialisé dans le football de The Sun, Andrei Lazarescu, producteur de la mise à jour FIFA Coupe du Monde pour FIFA 18, a évoqué la version Switch de FIFA 19.
Il a ainsi parlé des performances graphiques des jeux sur Switch : alors que FIFA 18 tournait sous un moteur maison, sa suite continuera d'utiliser cette technologie et non le Frosbite Engine des PS4, Xbox One et PC. Pour ce qui est du moteur de jeu sur Switch, il a été amélioré depuis sa précédente mouture, « l'objectif n'ayant jamais été d'avoir un moteur à utilisation unique » auquel le studio ne toucherait plus.
Pour résumer, FIFA 19 sur Switch sera moins beau que sur PS4, Xbox One et PC, mais plus beau que FIFA 18 sur la même console. Les jeux Fifa constituent une institution pour les amateurs de football qui attendent chaque année le nouvel opus.
C’est sûrement le point où le jeu a fait le plus de progrès par rapport à l’an passé, la réalisation générale s’est affinée et fait honneur à la Switch. Mieux vaut s’abstenir de jouer avec les Joy-Con qui procurent une jouabilité imprécise à certains moments. Le gameplay n’a pas bougé d’un iota par rapport à la version précédente et s’accompagne toujours de situations confuses : gardiens à la ramasse, collisions entre joueurs.
Si on peut souligner la volonté des développeurs d’avoir proposé un jeu plus abouti graphiquement, force est de constater que dans le fond, le jeu a peu changé et comporte les mêmes défauts que l’an passé.
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