Arsène Wenger et l'OGC Nice : Une Influence Continue

Manager légendaire d'Arsenal pendant 22 ans, Arsène Wenger est l'un des entraîneurs les plus respectés et adulés en Europe. Il est celui qui a fait exploser plusieurs légendes du football, comme Thierry Henry, Patrick Vieira, Cesc Fabregas ou encore Dennis Bergkamp. Vainqueur de 21 trophées au cours de sa carrière de coach, Arsène Wenger s'est éloigné du banc d'entraîneur depuis 2018 et son départ des Gunners. Désormais en place en tant que directeur du développement du football mondial à la FIFA, l'Alsacien reste tout de même proche du football.

Sans club depuis son départ d'Arsenal en 2018, Arsène Wenger a fait part à de nombreuses reprises, de son souhait de revenir dans le football. Si ses prises de positions sont souvent critiquées, Arsène Wenger est un entraîneur très souvent sollicité lors des périodes de mercato.

Le Soutien à Patrick Vieira

Patrick Vieira découvre peu à peu ce qu’est le métier d’entraîneur au haut niveau. Après deux expériences à Manchester City (avec les moins de 21 ans) et à New York City, l’ancien milieu des Bleus a découvert les bancs de Ligue 1 en 2018 du côté de Nice avec qui il a effectué deux bonnes premières saisons (7e puis 5e de Ligue 1). Cependant la troisième fut moins bonne et l’ancien Gunner fut licencié en décembre dernier à cause de résultats insatisfaisants.

Après s’être fait virer de Nice, Patrick Vieira a pu échanger avec son ancien manager à Arsenal, Arsène Wenger. Pour sa première période compliquée dans le costume d’entraîneur, Vieira a pu compter sur le soutien de son ancien coach, Arsène Wenger, comme il l'explique pour L'Équipe : « J’ai eu Arsène au téléphone. Et l’une des premières phrases qu’il a prononcées, c’est : ‘Tu n’es jamais un vrai entraîneur tant que tu ne t’es pas fait virer ».

Vieira a confié que la discussion avec son ex-coach a été très constructive : « On a discuté de comment il m’avait perçu de l’extérieur. Ça a été des discussions très constructives, comme toujours avec Arsène. Quand on se lance dans ce métier-là, il faut accepter l’idée qu’on va se faire virer à un moment ou à un autre. J’aurais préféré que ce soit un peu plus tard mais c’est arrivé, et ce qui est important pour moi, et j’en ai la certitude aujourd’hui, c’est que cette expérience m’a rendu et me rendra meilleur comme entraîneur. »

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Ces propos ont dû conforter le néo-entraîneur qui déclare : « Je suis convaincu que je suis fait pour ça ». Patrick Vieira connait actuellement sa première longue coupure en tant que manager. L’intéressé vit cependant cette période sereinement, et il n’est pas du tout dégoûté par le métier.

Vieira profite de son repos forcé, mais rester les bras croisés ne l’enthousiasme pas plus que cela. Il veut retrouver un banc « au plus vite », tout en étant sûr que le projet qu’on lui proposera sera le bon et bâti sur la durée : « Quand on regarde bien ma carrière, les choix je les ai toujours faits pour durer. J'ai une certitude sur ce que j'ai envie de faire et la qualité d'entraîneur que je peux être. Oui, il y a eu des opportunités mais je sais que ce n'était pas le moment. Repartir tout de suite n'aurait pas eu de sens. Ce sentiment de revanche n'était pas le bon ressort. »

Pour rappel, c’est Adrian Ursea qui a remplacé Vieira sur le banc des Aiglons. Le technicien franco-roumain s’en sort plutôt bien puisque les Azuréens sont actuellement 9es au classement et sans défaite depuis 6 matches en championnat.

Arsène Wenger : Le rituel de course à pied derrière sa masterclass à Arsenal

Wenger, un Directeur Sportif pour Nice ?

Cet été, l'OGC Nice a vu son entraîneur déserter la Côte d'Azur pour rejoindre le PSG. Mais Christophe Galtier n'a pas été le seul à partir du Gym puisque Julien Fournier, le directeur sportif des Aiglons a également quitté le club. Pendant un temps, les rumeurs laissaient présager que Iain Moody, l’ancien directeur sportif de Crystal Palace, allait le remplacer. Actuellement, ce poste est toujours vacant. Officieusement, sa venue pourrait permettre de démarrer une collaboration.

Lucien Favre avait « vendu la mèche » en conférence de presse la semaine passée. Ce jeudi, Arsène Wenger, ancien manager iconique d’Arsenal, était en visite de courtoisie dans le vaisseau rouge et noir. Accueilli par Dave Brailsford (Directeur INEOS Sport), il a fait le tour des bureaux, échangé aimablement avec les salariés, et observé la séance matinale des Aiglons. Après l’entraînement des Aiglons, Arsène Wenger a également eu le plaisir de déjeuner en compagnie de Dave Brailsford et Lucien Favre.

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« J’ai découvert le centre d’entraînement que je ne connaissais pas et j’ai beaucoup aimé, a salué l’Alsacien. On voit que Nice grandit. Ça se vérifie dans les conditions de travail ou dans l’état d’esprit à l’intérieur du club. Il y a la volonté de pousser plus haut. Je pense que le propriétaire possède une ambition à long terme et vise palier par palier. C’est pour ça que je crois que Nice est bien structuré, avec un bon effectif et des bonnes conditions de travail.

Arsène Wenger à l'OGC Nice

Retrouvailles avec Aaron Ramsey

Tout, et notamment une recrue galloise qu’il a eu sous ses ordres durant de longues saisons chez les Gunners et qu’il a retrouvé sur le terrain du centre d’entrainement du Gym ce jeudi matin : « Je connais bien Aaron (Ramsey), c’est un joueur qui va apporter un plus. Il a été un peu perturbé par des blessures en Italie. Il faut lui laisser le temps, physiquement, de revenir à son meilleur niveau. Il est créatif, finisseur, il a le timing pour aller dans la surface au bon moment. Il a aussi une forme de confiance en lui qui peut aider l’équipe à grandir.

En visite ce jeudi à Nice, Arsène Wenger a fait un crochet par le centre d'entraînement des Aiglons. L'occasion pour lui de retrouver Aaron Ramsey, qu'il a dirigé à Arsenal. Le technicien français a dit tout le bien qu'il pensait du Gallois lors d'un entretien au site officiel de l'OGCN. «Aaron va apporter un plus. Il a été un peu perturbé par des blessures en Italie. Il faut lui laisser le temps, physiquement, de revenir à son meilleur niveau. Il est créatif, finisseur. Il a le timing pour aller dans la surface au bon moment. Il a aussi une forme de confiance en lui qui peut aider l’équipe à grandir. Il a joué énormément de grands matchs, je pense qu’il peut amener aussi beaucoup à l’équipe à travers son expérience et son ambition». Ramsey a été buteur lors de la première journée de L1 face à Toulouse (1-1).

L'Expérience Japonaise et son Impact

« Ce n’est pas Arsène Wenger qui est venu me chercher pour aller au Japon, c’est moi qui l’ai appelé. J’ai toujours été attiré par l’Asie et j’ai plusieurs fois songé à aller sur ce continent. Un jour, mon frère Franck me dit : « T’as vu que Wenger est parti au Japon ? » J’ai téléphoné de suite à Arsène et lui ai demandé comment il avait fait pour débarquer à Nagoya. Il m’a répondu : « Pourquoi tu me demandes ? » Je lui ai expliqué que j’avais toujours eu envie de vivre une expérience en Asie et il m’a simplement dit : « Si ça t’intéresse, tu m’intéresses ! » C’est comme ça que je suis parti. » Ancien international français et pilier de l’AS Monaco au début des années 90, Gérald Passi a eu la chance d’accompagner Arsène Wenger lors de son escale de 18 mois au Japon.

Fraîchement limogé de l’AS Monaco après huit saisons brillantes - champion 1988, Coupe de France 1991, finale de Coupe des coupes 1992 -, mais un début de saison raté, l’Alsacien est approché par Nagoya l’hiver suivant. Début 1995, il débarque en J-League à la tête d’un club de bas de tableau. Passi se souvient d’un football à construire : « Quand on est arrivé, le football japonais était très naïf et bon enfant, avec une perception du football uniquement comme un jeu. La J-League existait depuis trois ans, les clubs ne descendaient pas… Tout était un peu rose, et nous, on arrivait d’un football où la nécessité du résultat était omniprésente. »

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Pour Arsène Wenger, plusieurs difficultés se présentent : la barrière de la langue, le choc culturel, et la faiblesse tactique de ses ouailles. Pour ce qui concerne le terrain. Car en dehors, où les francophones passent beaucoup de temps à discuter ensemble « car sinon on ne parlait à personne » , Gérald Passi se souvient de quelques situations cocasses, notamment au tout début de l’aventure : « Aussi bizarre que cela puisse paraître, les Japonais ont le regard tourné vers les États-Unis, donc quand ils organisent quelque chose, ils font une sorte de show à l’américaine. Ils ont fait la présentation de l’équipe dans un énorme amphithéâtre en plein été. Il faisait super chaud, ils nous ont donné une coupe avec une boisson dedans. On attendait, on avait soif, alors on a commencé à boire, et à peine on a mis le verre à la bouche qu’on a senti un gros malaise.

Équipe de bas de tableau à son arrivée, Nagoya tutoie les sommets rapidement sous la houlette du coach français : 4e de la première phase de la J-League, ses hommes frôlent la victoire lors de la seconde, « à un match près contre notre rival direct » se souvient Passi. « Au début, on était vraiment dans les bases du football. Wenger a amené une organisation solide rapidement et, avec une équipe qui avait fini en bas de tableau, plus l’apport de Durix, le Brésilien Torres et moi, il a failli être champion. »

Le Nagoya de Wenger ne remporte pas le championnat, mais s’adjuge la Coupe de l’Empereur, tout en développant un projet de jeu, « de passes courtes et tourné vers l’avant, agréable à regarder pour les spectateurs, mais aussi à mettre en place pour les joueurs » se souvient Tetsuo Nakanishi, milieu de terrain et interprète à l’occasion pour le technicien français.

Au moment de son départ pour Arsenal, 18 mois après son arrivée surprise, Arsène Wenger a le droit de faire un discours d’adieux dans le stade de Nagoya. Ovationné, l’Alsacien s’exprime en japonais, à l’exception du « thank you very much » final, et s’offre un tour d’honneur digne des plus belles histoires d’amour footballistiques. Preuve qu’il n’est pas parti comme un voleur, son ancien club termine la saison beau deuxième, et la plupart des observateurs locaux voient en lui l’inspiration du jeu court des Blue Samouraïs de l’équipe nationale.

« A posteriori, j’ai réalisé à quel point Wenger avait été bon, car il devait s’exprimer via un interprète. Il pensait en français, s’exprimait en anglais, et son traducteur transmettait en japonais aux joueurs. Au fur et à mesure, il a réussi à combler les difficultés de communication, car l’interprète n’avait pas forcément énormément de connaissances en football, donc parfois, il interprétait à sa manière les consignes. Déjà qu’il y a des incompréhensions quand on parle entre francophones, alors là… »

Pour Gérald Passi, la réussite de Wenger au Japon, c’est celle de l’intelligence et de l’ouverture d’esprit. De retour à Nagoya à l’été 2013 pour un amical entre Grampus Eight et Arsenal, Wenger a eu la joie d’une nouvelle ovation du stade et d’une banderole « Welcome Home Bengeru » , Bengeru étant la prononciation japonaise de son patronyme.

« Ce fut un changement bienvenu dans ma vie, une expérience fantastique. Cela m’a profondément transformé, ma vision de la vie a changé au Japon. Cela a été une expérience très profonde et positive. C’était sûrement un peu fou à ce moment de décider d’y aller, mais je suis reconnaissant de cet instant de folie » , estimait Arsène Wenger il y a un an à propos de son choix de carrière japonais.

Cette théorie, qui voit en l’étape Nagoya un parcours initiatique salvateur pour l’Alsacien, Gérald Passi y croit dur comme fer : « Ce séjour au Japon a été un tournant dans sa carrière. Il est parti dans un pays qui est complètement différent, pour moi c’est une autre planète. Il a su s’adapter, faire passer ses messages et il a progressé. »

Le principal point d’amélioration selon l’ancien milieu de terrain reconverti recruteur à l’OGC Nice, c’est l’approche psychologique. « À Monaco, il était directif, imposait des contraintes et était exigeant. Il n’a pas pu le mettre en place au Japon, car il a senti qu’il fallait lâcher du lest, il n’avait pas la maîtrise de la culture et de la langue locales. »

Résultat, l’entraîneur apprend à s’adapter aux spécificités de chaque individu, à faire confiance aussi, à ne pas vouloir tout contrôler. « Il n’a pas tout lâché, mais il a appris à mettre en avant ses joueurs, les valoriser, alors qu’avant, à Monaco, il ne parlait que du collectif. » À Nagoya, Wenger a donc préparé son arrivée à Arsenal, de son propre aveu « car il a désormais la capacité à prendre de la distance » . Pour Passi, l’ancien entraîneur de Monaco a tout simplement passé un palier psychologique au Japon.

Tout en ayant une expérience de l’engouement poussé à son paroxysme, selon le témoignage de son ancien milieu de terrain : « L’ambiance était extraordinaire, chaque match, c’était la Coupe d’Europe. Il y avait 30 caméras, des sollicitations de partout, un engouement incroyable avec des stades dont tous les billets avaient été vendus pour les deux saisons à venir.

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