L’Olympique Gymnaste Club de Nice, plus communément appelé OGC Nice, est un club historique du football français et une des équipes sportives phares de la région Sud. Fondé en 1904, le club a fêté ses 120 ans en 2024. L'OGC Nice, fondé le 9 juillet 1904 (section football 1908), est un club historique du football français. Son histoire est marquée par des périodes de succès, notamment dans les années 1950, et par des victoires mémorables en Coupe de France. Retour sur cinq dates marquantes de l’histoire des « Aiglons ».
Les premières années et la professionnalisation
L’OGC Nice naît le 9 juillet 1904, sous le nom de Gymnaste Club de Nice. Le Gymnaste Club de Nice était un club omnisports avec pour ambition de former les jeunes dans les exercices athlétiques et sportifs. C'est donc la véritable date de naissance du club. Le 6 Juillet 1908 le club se divise en deux, la section boules garde le nom, les autres sections deviennent le Gymnaste Amateur Club de Nice et une section football est enfin créée. Elle jouera son premier match le 29 novembre en battant 6-0 le Stade Niçois.
Au fil des années, le Gymnaste Club ajoute plusieurs sections sportives et devient un club respecté dans la région. Le 6 Octobre 1910, les deux entités du club se regroupent sous l’ancien nom de Gymnaste Club de Nice. En début de saison 1913-14, une mini poule (Prix Espérance) est organisée entre 3 clubs de 2ème série. Les 2 premiers (US Antiboise, GCN) montent en 1ère série. Malheureusement la guerre 14-18 éclate et le GCN est mis en sommeil suite à la mobilisation de ses adhérents.
Le plus ancien club de football de la région, le Football Vélo Club de Nice (né en 1899 et jouant en rouge et noir) devient en novembre 1912 le Football Club Libertas, puis en mai 1913 le Football Athlétic Club de Nice. En mai 1919, il fusionne avec le Gallia Sports de Nice pour former le Gallia Football Athlétic Club. Les premières couleurs (bleu et noir) laissent place en 1919 au rouge et au noir, qui sont toujours aujourd’hui les couleurs emblématiques du club.
Le 22 décembre 1924, le GCN devient l'Olympique Gymnaste Club de Nice. Le mot « olympique » sera ajouté au nom du club en 1924, dans un contexte d’effervescence lié aux Jeux de Paris organisés la même année. Le mot Olympique est à la mode, puisque les Jeux du même nom viennent de se dérouler en France. Le club s'illustre sur le plan national en 1931 et 1932, parvenant à chaque fois en ½ finale de la Coupe de France. En 1932, l’OGC Nice intègre le championnat professionnel de football français, tout juste lancé.
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Cette première saison est constituée de 2 groupes de 10 équipes. L'OGC Nice finit 7ème et conserve sa place en Division 1 (les 7 premiers de chaque groupe sont qualifiés). La deuxième saison sera moins glorieuse. Alors que l'élite a été reformée pour passer à une poule unique de quatorze équipes, l'OGC Nice finit treizième. Le club aurait dû être relégué en Division 2 mais la Commission du Championnat lui retire sa licence pro ! À nouveau admis en Division 2 lors de la saison 1935-36, il y reste jusqu'en 1939. La deuxième guerre mondiale éclate et va empêcher pendant 6 ans l’organisation des championnats nationaux.
Le 15 juin 1943 le professionnalisme est remplacé par des équipes « fédérales », sorte de sélections régionales. L’OGC Nice devient partie de l'équipe fédérale Nice-Côte d'Azur. Le 18 août 1943, la section amateur fusionne avec Les Sportmen de Nice et devient l’OGC Nice-Sportmen. A nouveau ½ finaliste de la Coupe en 1945, le club intègre la nouvelle division 2 reconstituée pour la saison 1945-46.
Les Années Glorieuses et les Victoires en Coupe de France
L’OGC Nice et la Coupe de France est une histoire à éclipses qui atteint son apogée dans les années 1950. Une décennie durant laquelle le club azuréen domine le football français, raflant quatre championnats et deux trophées Charles-Simon (1952, 1954), épreuve dont il atteint deux fois les demi-finales (1955, 1957) et trois fois les quarts (1951, 1953, 1956) sur la période. Nice réalise la plus belle saison de son histoire en réalisant le doublé Coupe de France - Championnat en 1952. Déjà champion la saison précédente, le « Gym » devient la première équipe de l’histoire du football professionnel français à être championne de France deux années d’affilée. Dans les années suivantes, le club ajoutera deux Championnats (1956 et 1959) et une Coupe de France (1954) à son armoire à trophées.
Coupe de France 1952: Une Promenade de Santé
Le Nice d’avant-guerre n’y était pas parvenu, échouant à trois reprises en demi-finales devant le Club Français en 1931 (6-1), le RC Roubaix en 1932 (3-0) et le RC Paris en 1945 (2-1). Celui du début des années 1950 y parvient avec la manière, dans une finale où le jeu a primé sur l’enjeu entre des Niçois leaders du championnat et leurs dauphins des Girondins de Bordeaux. Trois buts en trois minutes des Azuréens Victor Nuremberg et Luis Carniglia, entrecoupés par celui du Bordelais Henri Baillot, ont donné le tempo. Nice a viré en tête à la mi-temps, s’est fait reprendre peu avant l’heure de jeu avant de s’échapper pour remporter l’une des finales les plus offensives et prolifiques de la Coupe.
Équipe de l'OGC Nice victorieuse de la Coupe de France 1952
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Faits et chiffres de la finale de 1952
- Première finale télévisée, alors que le parc français ne dépasse pas les 40 000 postes.
- Deuxième total de buts inscrits en finale, derrière Toulouse FC-Angers SCO 1957 (6-3).
- Doublé Coupe-championnat pour Nice, l’un des douze clubs à l’avoir réussi (record AS Saint-Étienne et Paris Saint-Germain, quatre fois).
Fiche technique
- 35e édition : dimanche 4 mai 1952 au stade Olympique Yves-du-Manoir de Colombes (61 485 spectateurs).
- OGC Nice (D1)-FC Girondins de Bordeaux (D1) 5-3
- Arbitre : Jacques Devillers
- Buts : Victor Nurenberg (10e), Luis Carniglia (12e), Jean Belver (32e), Abdelaziz Ben Tifour (61e), Georges Césari (65e) pour Nice ; Henri Baillot (11e, 55e), Edouard Kargu (40e) pour Bordeaux.
- OGC Nice : Marcel Domingo - Mohamed Firoud, Guy Poitevin Hector César Gonzalès - Antoine Bonifaci, Jean Belver (cap) - Victor Nurenberg, Luis Carniglia - Jean Courteaux, Georges Césari, Abdelaziz Ben Tifour. Entraîneur : Numa Andoire.
- FC Girondins de Bordeaux : Christian Villenave - Guy Meinieu, Manuel Garriga, Jean Swiatek (cap) - René Gallice, Joop de Kubber - René Persillon, André Doye - Henri Baillot, Edouard Kargu, Lambertus de Harder. Entraîneur : André Gérard.
Coupe de France 1954: Le Sacre Méditerranéen
Sorti en quart-de-finale en 1953, un Gym revanchard retrouve le stade Olympique de Colombes la saison suivante face à l’Olympique de Marseille, pour un dernier acte « avé l’assent ». En face, l’OM se présente fort de ses six titres et deux finales perdues dans les années 1920 à 1940, porté par son buteur suédois Gunnar Andersson, son compatriote du même prénom patron de la défense Johansson et sa « Perle noire » Larbi Ben Barek. Mais comme deux ans auparavant, Nurenberg et Carniglia vont placer Nice sur orbite dès les dix premières minutes. L’avant-centre marseillais Andersson justifie sa réputation et redonne espoir à l’OM en deuxième mi-temps, avant une fin de match étouffante où les Aiglons vont se battre bec et serres pour préserver leur succès. À l’image dans les deux dernières minutes du retourné sur sa ligne d’Hector Gonzales pour sortir un tir de Roger Scotti.
L'OGC Nice remporte la Coupe de France 1954 face à l'Olympique de Marseille.
Faits et chiffres de la finale de 1954
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- Deux matches joués en 16e de finale par l’OGCN, tenu en échec au premier par le CS Blénod (DH) avant de gagner le second.
- Scenario identique en quart-de-finale contre leur adversaire de la finale 1952, le FC Girondins de Bordeaux.
- Just Fontaine passeur décisif sur le premier but niçois, pour décrocher la première de ses deux Coupes de France (seconde avec Reims en 1958).
Fiche technique
- 37e édition : dimanche 23 mai 1954 au stade Olympique Yves-du-Manoir de Colombes (46 803 spectateurs).
- OGC Nice (D1)-Olympique de Marseille (D1) 2-1
- Arbitre : Edouard Harzic
- Buts : Victor Nurenberg (6e), Luis Carniglia (11e) pour Nice ; Gunnar Andersson (55e) pour Marseille.
- OGC Nice : Babkin Hairabedian - Mokhtar Ben Nacef, Guy Poitevin, Hector César Gonzalès - Antoine Cuissard (cap), Abderrahman Mahjoub - Joseph Ujlaki, Emile Antonio, Luis Carniglia, Just Fontaine, Victor Nurenberg. Entraîneur : George William Berry.
- Olympique de Marseille : Pierre Angel (cap) - Maurice Gransart, Gunnar Johansson, Abdelsalem Ben Miloud - Barthélémy Mesas, Gabriel Rossi - Larbi Ben Barek, Roger Scotti - Jean Palluch, Gunnar Andersson, François Mercurio. Entraîneur : Henri Roessler.
La victoire en Coupe de France 1997: Un Renouveau Éphémère
Après deux éliminations en demi-finale par les Girondins de Bordeaux en 1955 et le FC Toulouse en 1957, les résultats sont maigres en Coupe pour les Niçois, hormis une finale perdue en 1978, et une présence dans le dernier carré en 1988. Jusqu’à la parenthèse enchantée de 1997 ouverte par la grâce des deux héros de la finale : le gardien Bruno Valencony et le défenseur néerlandais Arjan Vermeulen. Après des années difficiles, et en attente d’un trophée depuis près de 40 ans, les 8000 Niçois présents au Parc des Princes pour la finale de la Coupe de France exultent. En battant Guingamp, les Aiglons s’offrent leur 3e Coupe de France.
Présent pour la première fois en finale, l’EA de Guingamp va donner du fil à retordre aux Niçois, répliquant à l’ouverture du score de Youssef Salimi par Nicolas Laspalles. Après une prolongation platonique, le sort de la rencontre va se décider aux tirs au but, une première depuis 1988. Un exercice dans lequel Valencony brille et que Vermeulen conclut pour apporter à Nice le dernier titre de son histoire jusqu’ici. Ce succès ramène Nice en Coupe d’Europe, vingt ans après sa dernière participation. Victoire aux tirs au but : maigre rayon de soleil dans une saison terrible, signée par la relégation en fin de saison. Le club mettra 6 ans à retrouver la première division. Malheureusement, la saison en championnat se termine mal et le club descend en deuxième division.
Bruno Valencony, gardien de l'OGC Nice, héros de la finale de 1997
Faits et chiffres de la finale de 1997
- Dernière finale au Parc des Princes, la vingt-cinquième disputée dans cette enceinte qui cède la place au Stade de France.
- Décision aux tirs au but pour la troisième fois depuis la première en 1982, avant trois autres en 2001, 2007 et 2019.
- Le vainqueur est relégué en Division 2 en fin de saison, comme l’AS Saint-Étienne (1962), le RC Strasbourg (2001) et le FC Lorient (2002).
Fiche technique
- 80e édition : samedi 10 mai 1997 au Parc des Princes de Paris (44 131 spectateurs).
- OGC Nice (D1)-EA de Guingamp (D1) 1-1 (1-1), 4 tab 3
- Arbitre : Alain Sars
- Buts : Youssef Salimi (21e) pour Nice ; Nicolas Laspalles (78e) pour Guingamp.
- Tirs au but : Roberto Onorati, Thierry De Neef, Frédéric Tatarian, Louis Gomis (raté), Arjan Vermeulen pour Nice ; Stéphane Carnot (raté), Yannick Baret, Christophe Horlaville, Jean-Luc Vannuchi, Claude Michel (raté) pour Guingamp.
- OGC Nice : Bruno Valencony - Henri Savini (Thierry Crétier, 77e), Youssef Salimi, Frédéric Tatarian, Olivier Fugen (Arjan Vermeulen, 91e) - Luis Gomis, Roberto Onorati, Frédéric Gioria (cap) - Thierry De Neef, Andrzej Kubica, Mohammed Chaouch (James Debbah, 83e). Entraîneur : Silvester Takac.
- EA de Guingamp : Angelo Hugues - Jérôme Foulon (Jean-Luc Vannuchi, 101e), Marek Jozwiak, Gheorghe Mihali, Nicolas Laspalles - Richard Lecomte (cap, Stéphane Carnot, 51e), Claude Michel, Charles-Edouard Coridon - Yannick Baret, Daniel Moreira (Christophe Horlaville, 64e), Christopher Wreh. Entraîneur : Francis Smerecki.
Autres Finales et Parcours en Coupe de France
L'OGC Nice a également connu d'autres moments importants en Coupe de France, notamment une finale perdue en 1978 contre le Nancy de Michel Platini.
Finale de 1978: Défaite Face au Nancy de Platini
La formation du capitaine Jean-Marc Guillou, forte de ses internationaux tricolores Dominique Baratelli, Roger Jouve, Jean-Noël Huck et yougoslaves Josip Katalinski et Nenad Bjekovic, a les faveurs des pronostics. En face, les deux sélections de Carlos Curbelo et les huit d’Olivier Rouyer seraient de peu de poids si l’on n’y ajoutait les quatorze capes d’une future star, qui va donner à l’AS Nancy-Lorraine le seul trophée Charles-Simon de son histoire. Sur un centre de Francisco Rubio, Michel Platini, dos au but dans la surface, élimine deux défenseurs et trompe Baratelli d’un plat du pied.
Période Récente et Défis Actuels
Le club change de dimension sous l'impulsion de dirigeants comme Jean-Pierre Rivère. Il quitte les installations devenues obsolètes du stade du Ray et déménage vers le stade de l'Allianz Riviera. Après 86 ans, l’OGC Nice quitte le stade du Ray, enceinte mythique, après un match disputé contre Montpellier dans une ambiance inoubliable. Direction l'Allianz Riviera et ses 35000 places, écrin de modernité devant propulser le club dans une nouvelle dimension.
Les années suivantes sont couronnées de succès : le club décroche plusieurs fois la qualification en Coupe d’Europe et finit même sur le podium en 2017, pour la première fois depuis les années 1970. Deux ans plus tard, le club est racheté par le groupe britannique Ineos.
L’OGC Nice s’enfonce dans la crise. Après 6 défaites d’affilée et des violences visant des joueurs au retour de Lorient le 30 novembre, le club affiche une perte nette de 26,67 millions d’euros sur la saison 2023-24 et attend toujours un repreneur. À Nice, la chute s’accélère depuis novembre : 6 défaites consécutives toutes compétitions, une 10e place en Ligue 1 avec 17 points et -7, et un bilan européen à 0 point après 5 journées, sur fond de 17 matchs continentaux sans victoire.
Le 30 novembre 2025, après Lorient (1-3), Terem Moffi, Jérémié Boga et Florian Maurice sont pris à partie au retour du bus. Le 30 novembre, au retour du déplacement à Lorient (1-3), Terem Moffi et Jérémié Boga sont pris à partie, tout comme Florian Maurice. Les deux joueurs déposent plainte contre X et se retrouvent en arrêt : Moffi jusqu’au 4 décembre 2025, Boga jusqu’au 5 décembre 2025. Le parquet ouvre une enquête pour violences aggravées, avec des auditions annoncées en cours. Nice enchaîne 6 défaites consécutives toutes compétitions depuis novembre 2025 et pointe au 10e rang de Ligue 1 avec 17 points et -7. Le 21 novembre 2025, la débâcle contre Marseille (1-5) devant 27 089 spectateurs reste l’un des marqueurs de la période. Sur la scène européenne, le club n’a pris aucun point après 5 journées de Ligue Europa, prolongeant une série de 17 matchs sans victoire en compétition continentale.
L’OGC Nice affiche une perte nette de 26,67 millions d’euros sur la saison 2023-24, soit une réduction de 58,4% par rapport aux 64,17 millions d’euros de la saison précédente. Le chiffre d’affaires atteint 101,219 millions d’euros en 2023-24, en hausse de 48,4%, dans un contexte évoquant notamment le partenariat Robinhood. La masse salariale est indiquée à 93,01 millions d’euros en 2024, soit 62% du budget, tandis que le budget 2025-26 est estimé entre 140 et 150 millions d’euros. Propriétaire via INEOS depuis 2019, Jim Ratcliffe est décrit comme désengagé, avec une priorité donnée à Manchester United et un jugement évoquant un Nice « niveau insuffisant ».
En août 2025, INEOS procède à une recapitalisation de 60 millions d’euros, présentée comme destinée à satisfaire les exigences DNCG et UEFA. Le club est mis en vente via un mandat confié à Lazard depuis 2025, sur une valorisation avancée à 250 millions d’euros, sans repreneur réellement engagé malgré des rumeurs d’intérêt saoudien (PIF) restées sans suite.
C'est un des clubs historiques du football français, qui a connu des titres dans les années 50, des moments de grâce (mais sans titres) dans les années 70, des heures sombres dans les années 80 avant de ressusciter et de grandir continuellement, pour jouer les premiers rangs aujourd'hui.
Le parcours de l'OGC Nice en Coupe de France 2021-2022
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