La Ligue des champions oppose souvent des équipes aux philosophies différentes, notamment en termes d'âge des joueurs. La confrontation entre la Juventus et Monaco illustre parfaitement ce contraste, mettant en lumière l'importance de l'expérience face à la fougue de la jeunesse.
Le petit surnom de la Juventus, c'est la Vecchia Signora, la "Vieille Dame" en français mais elle doit plus ses succès en Ligue des champions, vieux messieurs (pour des footballeurs) qu'elle les doit. Son arrière-garde - Gianluigi Buffon et ses 39 printemps dans les buts, Andrea Barzagli (36 ans), Giorgi Chiellini (32 ans) et le jeunot Leonardo Bonnucci (30 ans) en défense - n'a encaissé que deux buts en 11 matchs de Ligue des champions cette saison, un record. Et aucun contre Monaco lors du match aller (0-2), avant le retour au Juventus Stadium mardi 9 mai.
Le trio défensif de la Juventus Chiellini-Bonnucci-Barzagli compte presque 100 ans à eux trois. Les défenseurs Giorgio Chiellini et Leonardo Bonucci fêtent leur succès à Monaco, en demi-finale de la Ligue des champions, le 3 mai 2017.
D'un côté, Monaco possède la plus jeune équipe du plateau de la compétition (25,28 ans de moyenne d'âge selon les chiffres de l'UEFA), de l'autre la Juve a la plus vieille (29,55 ans). Face à des équipes joueuses, Manchester City puis le Borussia Dortmund, l'équipe de Leonardo Jardim a planté trois buts à chaque match en 8e puis en quart de finale. L'incroyable Kylian Mbappé (18 buts sur ses 18 derniers matches à 18 ans) en a claqué 5 à lui seul. Devant, Monaco fait également peur par le renaissant Radamel Falcao (31 ans) et les créatifs Bernardo Silva et Thomas Lemar. C'est désormais à une défense de fer qu'ils doivent s'attaquer.
La Juve vient de passer 180 minutes sans encaisser le moindre but face au Barça de Lionel Messi, Luis Suarez ou Neymar. Buffon va jouer son 150e match européen, Mbappé son 8e. Cette solidité est incarnée par trois hommes, le gardien Gianluigi Buffon et les défenseurs centraux Leonardo Bonucci et Giorgio Chiellini. Une autre BBC, moins connue du grand public que la triplette offensive du Real Madrid composée de Karim Benzema-Gareth Bale-Cristiano Ronaldo mais ô combien précieuse. Le premier, 39 ans, 149 matches européens au compteur, avait déjà joué la Coupe du monde en France lorsque Mbappé (7 matches de Coupe d'Europe) est né. Piliers de la Juve et de la Squadra Azzura, Chiellini (32 ans) et Bonucci (30 ans), eux, se comprennent les yeux fermés. Devant, le quintuple champion d'Italie en Italie possède de belles armes, avec les Argentins Gonzalo Higuain dans l'axe et Paulo Dybala en soutien. Le doublé de ce dernier face au FC Barcelone est encore dans toutes les mémoires.
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L'Observatoire du football, dans une récente étude, insistait sur le cercle vicieux de l'expérience : pour aller loin en C1, il faut avoir des joueurs qui comptent beaucoup d'expérience dans l'épreuve. Autre clé du succès : la stabilité. "Si on analyse les grandes équipes de ces dernières années, elles ont toutes un point en commun : une assise défensive qui ne bouge pas", insiste Francesco Pavon, ex-défenseur (remplaçant) du Real Madrid, dans So Foot.
En 2008, le milieu brésilien Kaka pointait justement, avant un huitième de finale contre Arsenal, l'importance d'avoir de la bouteille : "Les gens résument ce match à une opposition entre une équipe vieillissante et une bande de jeunots. C'est une façon de voir les choses assez juste, car notre équipe a 32 ans de moyenne d'âge. Mais ça ne veut pas dire qu'on va souffrir contre eux.
On rétorque aux tenants du jeunisme qui se pâment devant les cavalcades des arrières latéraux monégasques qu'afficher une trentaine d'années au compteur n'empêche par de fournir des efforts sur le terrain. Les succès répétés du Real Madrid, vainqueur en 2014 et 2016, et bien parti pour accéder à la finale cette année après sa démonstration contre son voisin de l'Atletico (3-0 à l'aller), tiennent autant aux exploits de Cristiano Ronaldo qu'à la stabilité de son effectif. Le club merengue a su recruter vite et bien : le pilier de la défense centrale Sergio Ramos est arrivé au club en 2005, le latéral brésilien Marcelo en 2006, le Portugais Pepe en 2007, le tricolore Raphaël Varane les a rejoints en 2011, tandis que Daniel Carvajal a été formé au club.
Seule... l'inévitable Juventus peut dire mieux, avec 10 ans de bons et loyaux services pour ses papys flingueurs. "Je ne veux pas paraître présomptueux, mais nous formons la meilleure défense du monde, fanfaronne Bonnucci, cité par Goal.com.
La Ligue des champions n’est pas destinée aux poètes et autres doux rêveurs. Elle ne l’a jamais vraiment été, au fond. Et la Juventus Turin, d’une précision clinique qui n’a d’égale que sa maitrise absolue des débats, est brutalement venue le rappeler à l’Association Sportive de Monaco au terme d’une soirée qu’il ne faudra surtout pas oublier. Parce qu’il y a une manche retour et que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir même face à cette Vieille Dame qui recule éternellement l’âge de sa retraite. Parce qu’il y aura aussi un après 20016/2017 et que cette ASM, à défaut d’avoir tout la vie devant elle, a un avenir, à condition que les vautours du mercato ne viennent pas se servir dans ses rangs dès cet été.
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L’ASM a du chemin. Finalement, on n’a rien appris qu’on ne savait pas déjà, mercredi soir. La Juventus avait l’expérience pour elle. Elle l’a fait parler. Au coup d’envoi, le onze monégasque culminait à 25 ans de moyenne d’âge. Soit un peu plus de cinq ans de moins que les Turinois. Une différence abyssale. Et ça s’est vu. Aucun des héros rouge et blanc, de Falcao à Glik, n’avait disputé de demie de Ligue des champions de leur vie. Vous savez quoi ? Je vous le donne en mille : ça s’est vu, aussi.
C’est vrai, il arrive que la jeunesse et l’inexpérience triomphent. L’Ajax Amsterdam l’a prouvé en d’autres temps. Avec deux bonnes décennies de recul et au vu des carrières de chacun de ses membres, on sait pourquoi cette équipe a terrassé l’AC Milan en 1995, armée de bébés et de deux nounous nommées Danny Blind et Frank Rijkaard. L’Association Sportive de Monaco, aussi exaltante et emballante soit-elle, n’en est pas là. Désormais, elle le sait.
Leonardo Jardim a sans doute beaucoup appris, lui aussi, face à Massimiliano Allegri. Le Portugais retiendra de cette soirée que son alter ego italien lui a joué un mauvais tour en sortant la Juventus Turin de sa zone de confort, plongeant illico presto Monaco dans l’inconfort. Pourtant sûr de la force de son 4-2-3-1 dont l’efficacité n’est plus à démontrer, Allegri a ressorti de sa poche le 3-5-2 cher à son prédécesseur. Sur les côtés, Dani Alves et Alex Sandro ont étiré l’aire de jeu de Louis-II comme pas permis et fait perdre leurs repères aux Azuréens.
Comment Allegri a-t-il procédé ? On ne peut pas dire qu’il a joué sur la profondeur de son effectif et tout bouleversé. Il a simplement aligné un joueur que l’on n’imaginait pas voir sur le pré mercredi soir : Andrea Barzagli. Une forme d’audace. Celle-là même dont Monaco, une fois n’est pas coutume, a manqué mercredi. Du haut de ses 35 ans, Barzagli n’a pas dépareillé avec la paire Chiellini - Bonnucci qu’il connait par cœur. Et, lui aussi, a donné la leçon à la jeunesse monégasque dont on espère qu’elle aura beaucoup appris.
Haletant. Stressant. Frustrant. Dans une très belle ambiance au Stade Louis-II, le quart de finale retour de Ligue des champions Monaco-Juventus (0-0) a tenu toutes ses promesses. Les hommes de Leonardo Jardim, bien plus entreprenants, n’ont pourtant pas réussi à remonter leur retard concédé au match aller (0-1). Et c’est peu dire qu’ils peuvent nourrir de sacrés regrets. Si l’ASM s’est montrée dangereuse à plusieurs reprises, elle n’a jamais su trouver la faille. Dans une première période où Barzagli a failli marquer contre son camp sur un centre en retrait de Bernardo Silva (15e) - dont c’était la première titularisation en C1 -, ni Kondogbia (5e, 20e) ni Moutinho (28e) n’ont su tromper Buffon. En seconde mi-temps, Monaco, avec Berbatov à la place de Toulalan, a encore eu des opportunités. Mais Evra a dégagé en catastrophe (50e) et Buffon a réalisé une superbe sortie devant les pieds du Bulgare (55e). La Juve aurait pu marquer par Tévez. Mais l’Argentin a raté de peu le cadre (45e), avant d’être oublié sur un contre par Morata (58e).
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Malgré les encouragements du Prince Albert, debout sur la plupart des actions en seconde période, Monaco n’est pas devenue, depuis sa finale en 2004, la deuxième équipe française à atteindre les demies de l’épreuve après Lyon en 2010.
Treize ans après l’épopée de l’AS Monaco de Didier Deschamps en Ligue des champions, l’histoire se répète et le club de la Principauté va vivre la 4e demi-finale de C1 de son histoire. Mais pour les anciens de l'ASM, la tâche ne s’annonce pas aisée face à la Juve au stade Louis II ce mercredi (20h45). Ils avaient réussi à faire tomber les galactiques du Real Madrid en quart de finale de la Ligue des champions en 2004. Flavio Roma, Ludovic Giuly, Fernando Morientes et consorts s’étaient en effet offert un exploit avec Monaco au stade Louis II face aux Casillas, Roberto Carlos, Zidane, Figo, Ronaldo et autre Raùl. Treize ans après donc, les héritiers du Rocher arriveront-ils à créer la surprise face à la Juventus Turin, pour se hisser comme leurs aînés en finale de la C1 ?
Un défi de taille pour les jeunes joueurs de Leonardo Jardim, dont le onze de départ devrait atteindre une moyenne d’âge de 25 ans au coup d’envoi (26 si Nabil Dirar est préféré à Djibril Sidibé), contre 29 pour la Juventus Turin. L’expérience, qui plus est du très haut niveau, un facteur qui jouera forcément en faveur du club italien selon Flavio Roma, interrogé par RMC Sport: "C’est difficile à jouer parce qu’ils ont une équipe d’expérience. Ils ont tous déjà fait une finale de Ligue des champions, d’Euro voir de coupe du monde comme Buffon", note en effet l’ancien portier monégasque.
"C’est une équipe d’expérience, qui, sur les deux matchs est capables de bien gérer. C’est une grosse équipe, c’est un peu comme rencontrer le Real Madrid. C’est une équipe italienne, moi je peux le dire ! C’est vraiment difficile de les jouer parce que des fois, ces équipes ne jouent pas bien, ne font pas bien jouer leur adversaire et à la fin ils regardent que le résultat. Et ils le font bien", explique ensuite celui qui était de l’aventure en 2004, et qui idolâtre par ailleurs Gianluigi Buffon, qu’il considère comme "le Messi des gardiens".
L’atout numéro un de la Juve ? La défense évidemment, chose qui n’a pas échappé à Gaël Givet, lui aussi lancé par Didier Deschamps à Monaco lors de l’épopée rouge et blanche: "C’est vrai qu’ils sont impressionnants, moi je me régale avec la Juventus, voilà des guerriers, des Chiellini, des Bonucci, des Barzagli, c’est des mecs comme Glik, des défenseurs, des purs et durs qui adorent ça, donc ça va être un beau duel. Ça va être le feu contre la glace", imagine ainsi celui qui évolue actuellement avec l’équipe de DHR de l’ASM avec Ludovic Giuly notamment.
Un gros morceau attend donc Leonardo Jardim et ses hommes, même si on a vu le week-end dernier notamment, que la Vieille Dame pouvait être accrochée, avec un match nul concédé contre l’Atalanta Bergame (2-2).
Comme chaque année, la Gazzetta Dello Sport a détaillé l'âge moyen des 20 clubs de Serie A pour la saison 2022-2023. Quel gros club italien a l'effectif le plus jeune ? 90min fait le point. Depuis plusieurs saisons, le championnat italien tente de se rajeunir. Cette saison, la moyenne d'âge en Serie A est de 26 ans et 241 jours. Seule la Liga a un championnat avec un âge moyen plus élevé parmi les cinq grands championnats européens (27 ans et 133 jours). Pour la deuxième année consécutive, Milan a l'effectif le plus jeune parmi les gros clubs (25 ans et 9 mois). Le Napoli est deuxième (26 ans et 3 mois) et la Juventus troisième malgré son mercato avec des joueurs confirmés (27 ans et 2 mois). La Roma (27 ans et 7 mois), la Lazio (28 ans et 3 mois) et l'Inter (29 ans et 1 mois) ferment la marche. L'effectif de Simone Inzaghi est le plus âgé parmi les favoris.
Voici un tableau récapitulatif de l'âge moyen des équipes de Serie A pour la saison 2022-2023 :
| Club | Âge Moyen |
|---|---|
| Lecce | 24 ans et 3 mois |
| Torino | 25 ans et 3 mois |
| Empoli | 25 ans et 3 mois |
| Spezia | 25 ans et 8 mois |
| Milan | 25 ans et 9 mois |
| Sassuolo | 25 ans et 11 mois |
| Napoli | 26 ans et 3 mois |
| Fiorentina | 26 ans et 4 mois |
| Atalanta | 26 ans et 4 mois |
| Udinese | 26 ans et 5 mois |
| Hellas Verone | 26 ans et 5 mois |
| Cremonese | 26 ans et 5 mois |
| Monza | 26 ans et 9 mois |
| Juventus | 27 ans et 2 mois |
| Salernitana | 27 ans et 5 mois |
| Bologne | 27 ans et 5 mois |
| AS Roma | 27 ans et 8 mois |
| Lazio | 28 ans et 3 mois |
| Inter | 29 ans et 1 mois |
| Sampdoria | 29 ans et 1 mois |
L'exploit serait immense. Dernier représentant de la France en finale de Ligue des champions en 2004 (défaite 3-0 face au FC Porto de José Mourinho), Monaco va tenter de devenir le premier club de L1 à faire tomber la Juventus Turin en matches aller-retour en Coupe d'Europe. Bordeaux, le PSG ou Lyon se sont toujours cassés les dents sur la "Vieille Dame". La première manche est prévue ce mercredi 3 mai (20h45) en Principauté, parallèlement au débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle en France. Ces retrouvailles après le quart de finale remporté sur le fil par les Transalpins en 2015 (1-0 à Turin, 0-0 à Louis-II) sont placées sous le signe des oppositions.
Tactical Analysis: Juventus' possession play vs. Monaco
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