Joueurs de cricket devenus politiciens : Une transition marquante

La transition du sport à la politique est un phénomène observé à travers le monde, où des athlètes de haut niveau mettent à profit leur notoriété et leur expérience pour embrasser une carrière politique. Parmi ces figures marquantes, les joueurs de cricket devenus politiciens occupent une place particulière, notamment en Asie du Sud, où ce sport est une véritable passion nationale. Cet article explore le parcours de ces personnalités, en mettant en lumière leurs succès, leurs défis et leur impact sur la scène politique de leurs pays.

Imran Khan Coupe du Monde de Cricket 1992

Imran Khan tenant le trophée de la Coupe du Monde de Cricket en 1992. Source: Wikipédia

Imran Khan : Du cricket au pouvoir au Pakistan

Imran Khan est sans doute l'exemple le plus emblématique de cette transition réussie. Joueur de cricket polyvalent, un sport immensément populaire au Pakistan, il a été élu par des millions de personnes qui ont grandi en le regardant jouer et mener le pays à la victoire de la Coupe du monde en 1992. Sa carrière sportive a fait de lui une véritable star au Pakistan.

Après sa retraite sportive, celui qui admet n'avoir "jamais voté à une élection auparavant" fonde en avril 1996, son propre parti, Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI) (Mouvement pour la Justice), proche du nationalisme pakistanais. Entré dans la politique sur la pointe des pieds, il a occupé pendant des années le seul siège parlementaire du PTI.

Lorsqu'il arrive au pouvoir en 2018, M. Khan bénéficie d'un large soutien populaire en promettant de lutter contre la corruption et d'améliorer le sort des personnes pauvres dans ce pays de 220 millions d'habitants, en proie à de graves difficultés économiques. Avec son parti, il a mis fin à des décennies de domination du Parti du peuple pakistanais (PPP) et de la Ligue musulmane du Pakistan-N (PML-N), les deux grands partis pakistanais, habituellement en conflit, qui ont uni leurs forces pour l'évincer du pouvoir. Mais le parti s'est considérablement développé sous le gouvernement militaire du général Pervez Musharraf, devenant une véritable force lors des élections de 2013 avant de remporter la majorité cinq ans plus tard.

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Les défis de son mandat

M. Khan souhaitait faire du Pakistan un État-providence sur le modèle de l'âge d'or islamique, du VIIe au XIVe siècle, une période de prospérité culturelle, économique et scientifique dans le monde musulman. Il n'a cependant guère réussi à améliorer la situation financière du pays, l'inflation galopante, la dette écrasante et la faiblesse de la roupie sapant les réformes économiques. Sous son mandat, la sécurité s'est détériorée dans le pays, en particulier depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en août 2021. Mais le coup le plus dur porté à son leadership a été sa brouille avec les militaires, les faiseurs de roi du pays qui peuvent décider de l'ascension et de la chute d'un gouvernement.

Souvent décrit comme impulsif et effronté, M. Khan a souvent recours à des analogies avec le cricket pour décrire ses batailles politiques. En novembre, il accuse le Premier ministre Shehbaz Sharif et un officier supérieur de l'armée d'avoir comploté pour l'assassiner lors d'un meeting électoral où il avait été blessé par balle à une jambe. Mais la survie de son parti, le Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), demeure incertaine sans lui à la barre.

Ce fils d'une riche famille de Lahore, diplômé d'Oxford, marié trois fois après avoir entretenu pendant sa carrière sportive une réputation de play-boy, s'est aussi vu reprocher sa complaisance envers les religieux radicaux. Marié en troisièmes noces en 2018 avec Bushra Bibi, issue d'une famille conservatrice et qui porte le voile, il a défendu avec véhémence une loi controversée sur le blasphème.

Autres exemples de sportifs devenus politiciens

L'ancien joueur de cricket, Imran Khan, confirmé au poste de Premier ministre

Bien qu'Imran Khan soit l'exemple le plus médiatisé, d'autres sportifs ont également réussi leur transition vers la politique :

  • George Weah : Ancien attaquant du Paris Saint-Germain, il a été élu président du Liberia en 2018, après avoir échoué à deux reprises.
  • Vitali Klitschko : Moins d'un an après s'être retiré des rings, il a été élu maire de Kiev en 2014.
  • Kakhaber Kaladze : Vainqueur de deux Ligues des champions avec l'AC Milan, il a été élu maire de Tbilissi, en Géorgie, en 2017.
  • Mikhaïl Kavelachvili : Il est devenu président de la Géorgie en 2024.

Ces exemples illustrent la diversité des parcours et des motivations qui poussent les sportifs à s'engager en politique. Qu'il s'agisse de servir leur pays, de lutter contre la corruption ou de défendre des valeurs qui leur sont chères, ces anciens athlètes apportent une perspective unique et une énergie nouvelle à la vie politique.

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Narendra Modi

Narendra Modi au stade qui porte son nom à Ahmedabad. Source: Le Monde

Il est intéressant de noter que même des politiciens établis misent sur le sport pour consolider leur popularité. Comme l'illustre l'article du Monde sur Narendra Modi, le Premier ministre indien comptait sur une victoire de l’équipe nationale de cricket face à l’Australie en finale de la Coupe du monde, le 19 novembre, pour gonfler sa popularité à quelques mois des élections générales.

En conclusion, la transition du cricket à la politique, comme celle d'autres sports, témoigne de la capacité des athlètes à transcender leur domaine d'expertise et à s'investir dans la vie publique. Leur notoriété, leur discipline et leur esprit de compétition peuvent être des atouts précieux pour relever les défis politiques et contribuer au développement de leurs pays.

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