Histoire des Girondins, Tome 2 : Sommaire et Analyse

Le Tome 2 de l'Histoire des Girondins explore une période cruciale de la Révolution Française, marquée par des luttes intestines et des bouleversements politiques majeurs. Cet ouvrage, un monument de la science historique française, offre un aperçu détaillé des événements et des figures clés de cette époque.

Initialement, le président donne la parole à M. Marquette, dont la communication met en lumière le travail gigantesque qui a abouti à une collection apportant une contribution de choix à la science historique française. Cette communication est suivie d'un débat animé.

Les Archives Historiques de la Gironde

La création de la Société des Archives historiques de la Gironde est due à Jules Delpit, qui a également participé à la fondation de deux autres sociétés savantes girondines. En 1859, il créa la Société des Archives historiques de la Gironde, dont le but était de publier les pièces inédites relatives à l'histoire de la Gironde, afin de les sauvegarder et de les rendre accessibles aux spécialistes.

Jules Delpit avait une vision ambitieuse pour la nouvelle société : elle devait rechercher, transcrire, annoter et publier les documents inédits, généralement inconnus et dispersés, concernant la Gironde et tous les pays, personnages et événements qui avaient contribué à la formation du département de la Gironde. Ce programme dépassait largement le cadre local ou régional.

Jules Delpit marqua la société de sa vigoureuse impulsion jusqu'à sa mort en 1892. Philippe Tamizey de Larroque (1828-1898), l'ami et disciple de Jules Delpit, contribua grandement à la collection. Tout en collaborant à de nombreuses revues historiques parisiennes et provinciales, en participant activement à la fondation de la Société des bibliophiles de Guyenne et en assurant de nombreuses publications, dont celle de la Correspondance de Peiresc, Tamizey de Larroque fournit à lui seul plus de 200 pièces aux Archives historiques de la Gironde, soit plus du quart des documents publiés.

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Après Tamizey de Larroque, il convient de citer Henri Barckhausen (1834-1914), professeur éminent et l'un des fondateurs de la Faculté de Droit de Bordeaux. Il contribua activement à la vie savante bordelaise par son action et ses publications. Président de la Commission des archives municipales de Bordeaux, il en dirigea les travaux après Jules Delpit. Avec Reinhold Dezeimeris, il donna la réimpression de l'édition de 1580 des Essais de Montaigne dans le cadre de la Société des bibliophiles de Guyenne.

162 autres érudits participèrent à l'élaboration des Archives historiques de la Gironde, mais 70 % des documents publiés le furent par les 16 principaux collaborateurs de la collection.

De 1869 à 1932, les Archives historiques de la Gironde publièrent près de 8 000 pièces, en 58 volumes in-4° de 480 pages en moyenne. Ces documents provenaient des dépôts d'archives girondins, régionaux, parisiens et même étrangers, notamment britanniques, napolitains et russes. Les archives privées fournirent des documents exceptionnels, voire uniques, tel le cartulaire de La Réole.

Le premier conflit mondial et ses conséquences néfastes mirent fin à la collection. La structure et les goûts du public avaient changé, avec une désaffection croissante pour les collections de documents originaux au profit de la Revue historique de Bordeaux. La collection laissa derrière elle un intérêt scientifique de premier ordre.

Dans l'ensemble, le programme de la Société des Archives historiques de la Gironde était vaste, visant à enrichir la science historique française par la publication de documents rares et précieux.

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Contexte Politique et Social

À cette époque, les dangers de la patrie donnaient le peuple aux partis extrêmes, les uns dans le sens du jacobinisme, les autres dans l'esprit de la Gironde. La situation était soutenue par les journaux à la solde de Roland.

Danton et Robespierre se rencontrèrent à la table de Legendre, contraints et dans une observation taciturne. Danton, après une longue hésitation, se décidait pour les Girondins et allait écraser leurs ennemis.

« Tu es cet homme ! » dit Danton, qui délibère avec lui-même, voulant voir si le Girondin avait dans l'âme ce qu'il exprimait des lèvres. « Qui me l'a dit que je détestais Robespierre ? Ton intérêt. »

Danton bravait effrontément sa mauvaise renommée, donnant licence à l'abri du patriotisme. Son immoralité avait une cour et des courtisans. Westermann, Brune, Bazire, Camille Desmoulins s'asseyaient à sa table. Il passait des conjurations aux plaisirs, avec le caractère d'une orgie de patriotisme.

Lorànt Deutsch : "Girondins VS Montagnards pendant la Révolution française"

Après la mort de sa femme, Danton souffrait de son isolement. Mademoiselle Gély, d'une grande beauté, avait attiré ses regards et fixé son choix. Elle avait seize ans, et il songeait à l'épouser. Danton n'avait que trente-trois ans et aspirait à se refaire un bonheur conjugal.

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La conviction qu'il avait eue de l'impossibilité de sauver le roi poussa sa complaisance encore plus loin. Il songeait à sa nouvelle épouse et à ses enfants.

Miger partit. « Jeune femme, je les ai conservés pour te les rendre dans un moment extrême. » Cinquante louis furent donnés par madame Danton à son mari.

Tensions et Accusations

Lasource répéta le serment de mourir plutôt que de souffrir qu'aucun attentat fût commis contre la représentation nationale. Tous, à la Convention, jurèrent la mort du dictateur en regardant Danton.

Danton monta à la tribune : « Citoyens, est-ce le moment de nous livrer à des vengeances particulières, quand la patrie est en danger ? »

Danton accusait : « On m’accuse de vouloir être tribun militaire, dictateur, triumvir. On répand sur moi des flots d’injures et de calomnies. Mais ma vie entière est là pour répondre à mes dénonciateurs. »

Robespierre accusa Vergniaud et son parti, demandant leur jugement. Vergniaud s'indigna et demanda lui-même que Robespierre soit entendu.

Robespierre, lui, qui avait voulu fuir à Marseille, nous accuse d'avoir voté l'appel au peuple ? Nous sommes des modérés, des Feuillants ? Nous, modérés ! le 10 août, Robespierre, quand tu étais caché dans ta cave !

Danton se réveillant comme en sursaut : « Ah ! tu ne connais pas ma force. Je te répondrai, je prouverai tes crimes. »

« Aux armes ! disent-ils, aux armes ! nous sommes trahis ! » « C'est vrai ! » s'écrie Marat. « Eh bien ! que Marat soit mis en accusation. »

La Convention mit aux voix le lendemain l'accusation de Marat, et l'accusation fut repoussée par deux cent vingt voix contre quatre-vingt-douze. Nul n'osa porter la main sur l'idole du peuple. Danton se leva du milieu des membres proscrits : c'était Fonfrède. « Frappez, dit-il, vous m'avez oublié ! Insérez mon nom sur la liste glorieuse qu'on vient de vous présenter. »

Dans ce climat de suspicion et d'accusations mutuelles, la Révolution était à un point de bascule, où les idéaux et les réalités se heurtaient violemment.

Projet de Constitution

Condorcet rédigea une adresse à tous les peuples, servant de base à la nouvelle constitution. La constitution devait établir les droits légaux créés et garantis par la société. Elle révélait cependant la pensée du mouvement qui s'accomplissait.

La constitution de Condorcet prônait l'amour de la vérité sociale, du peuple, du genre humain. La constitution de Robespierre visait à l'unité humaine.

Robespierre demandait plus encore à l'égard de l'éducation publique, prônant le communisme des idées. Le travail, selon cette théorie, devait faire partie de l'éducation. La discipline avait quelque chose de lacédémonien.

Robespierre proposait une taxe proportionnelle, appelée taxe des enfants, et demandait que la nation prît soin des infirmes indigents, ce qui menait évidemment à la communauté des biens et à l'égalité des conditions.

La richesse entre les hommes devient une injustice ; car l'un crée et l'autre dépense. Il faut la même conscience, la même application au travail, la même vertu. Mais cette supposition est une chimère. La liberté ? C'est le service de chacun dans l'association générale. Si la propriété instituée ne nourrit pas celui qui ne possède rien, c'est une iniquité de toutes parts !

Il faut améliorer toujours, car la justice possible est la condition de la misérable sagesse humaine.

L'Exil Intérieur des Girondins

Entre le 2 juin 1793 et le début de thermidor an II (juillet 1794), les Girondins, expulsés de la Convention, deviennent les plus fameux damnés de la nation. Certains finissent sur l'échafaud, d'autres achèvent leur carrière politique et leur existence au terme d'une interminable errance dans l'ouest de la France.

Pendant ces longs mois, les fugitifs cherchent désespérément la République girondine, mais ils ne la trouvent nulle part. Ils sont ballottés de mésaventures en déceptions, se perdant dans des contrées hostiles qu'ils imaginaient pourtant civilisées par la Révolution. Sans cesse repoussés et dénoncés par des populations qu'ils pensaient acquises à leur cause, ils découvrent un peuple qui ne correspond pas du tout à leurs attentes.

Ce voyage subi constitue une occasion de réfléchir aux décalages entre l'espace rêvé par les républicains et le « pays réel », non seulement en 1793, mais aussi en 1821 et 1822, lorsque la publication de ces mémoires d'errance nourrit l'opposition.

Sur cent soixante-dix-huit ou cinquante-huit députés classés comme « Girondins », trente-deux, dont les principaux leaders, ainsi que les deux ministres Clavière et Lebrun, sont expulsés de la Convention et décrétés d'arrestation le 2 juin 1793. Certains restent à Paris en résidence surveillée, mais la plupart choisissent de s'échapper.

Contrairement à leurs collègues modérés, les Girondins fugitifs sont traités avec la plus grande sévérité : assimilés à des fuyards, déclarés traîtres à la patrie, ils sont mis hors-la-loi. Vingt et un d'entre eux sont exécutés à Paris le 31 octobre 1793. D'autres se suicident ou sont massacrés une fois découverts. Moins d'une dizaine d'entre eux trouvent des abris assez sûrs pour survivre.

Carte des départements fédéralistes en 1793

Carte des départements fédéralistes en 1793

Les stratégies divergent, mais la clandestinité guide les itinéraires. Beaucoup tentent de rejoindre famille, amis et clientèle politique dans leur « petite patrie » d'origine, tandis que d'autres rejoignent le mouvement « fédéraliste » à Caen. Les opposants aux Montagnards y ont constitué un Comité central de résistance et formé une armée de volontaires. De juin à décembre 1793, la troupe des Girondins s'engage sur les chemins de l'Ouest, puis recule et se débande au fur et à mesure des défaites des fédéralistes.

Après la défaite de leur armée et la mort de Marat, les réfugiés se désagrègent. Espérant réorganiser la résistance à Rennes, une vingtaine de députés partent de Caen, mais décident finalement de rejoindre la Gironde. Certains se séparent pour rejoindre Bordeaux par la mer. Là, aussitôt reconnus et dénoncés, plusieurs sont arrêtés. Les autres parviennent à se cacher et à partir de Brest un mois plus tard.

Depuis la fameuse journée du 2 juin, les Girondins en fuite ne se doutent pas qu'il est déjà trop tard. La Montagne a définitivement gagné la bataille.

NomSort
VergniaudExécuté à Paris
GensonnéExécuté à Paris
Madame RolandExécutée à Paris
PétionSuicide
BuzotSuicide
LouvetSurvécu

Tableau récapitulatif du sort de quelques Girondins

Les rescapés ne sont plus très nombreux. Ce qu'ils découvrent à Bordeaux les plonge dans l'effroi : le mouvement fédéraliste a échoué. La répression bat son plein. Désespérés, ils quittent la ville, se dispersent et décident de se cacher. Les autres sont progressivement arrêtés, se suicident, sont massacrés ou exécutés. La fin particulièrement pathétique de Barbaroux résume l'échec collectif des Girondins.

De Paris à Saint-Émilion, ce voyage s'apparente à une longue descente en enfer, qui s'achève dans le sombre univers des grottes de Saint-Émilion. L'exil des Girondins fait réfléchir sur le rôle d'échappatoire que joue la route de Paris à Bordeaux dans les moments de crise de la République.

La Désillusion Républicaine

Pendant l'été 1793, les proscrits prennent conscience de leurs idées reçues sur le peuple français, et en ressortent à jamais changés, abandonnant à regret les illusions politiques qu'ils nourrissaient jusqu'alors sur les populations rurales.

La confrontation entre les élites révolutionnaires et le peuple des campagnes révèle cruellement le fossé qui les sépare, ruinant les utopies politiques de l'unité de la nation. Le voyage contraint des Girondins dans la France de l'an II traduit un tel choc et se raconte sur le thème de la déception, voire de la peur et de la perte des utopies, dégradant la vision que ces hommes se font de la République et, surtout, du peuple.

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