Le Fonds Européen et la Renaissance de Liverpool

Liverpool, la ville des docks « crasseux », a connu une transformation remarquable. Alors que le soleil illumine l’horizon, le Rotterdam s’apprête à quitter le Princes Dock, à Liverpool. De ce quai, sur le fleuve Mersey, les bateaux de croisière partent à destination des États-Unis, des îles britanniques ou de l’Irlande. Un soir d’un doux été indien, des badauds de tous âges, une famille venue en voiture avec leurs deux fillettes en pyjama, viennent assister au départ du navire alors que sur le quai, les haut-parleurs crachent tour à tour les paroles de Strawberry Fields Forever, puis de Let It Be, comme un au revoir. Les Beatles font toujours partie de l’ADN de Liverpool qui a célébré le 26 septembre 2019 le 50e anniversaire de la sortie de l’album Abbey Road. Ils sont présents partout.

Dans les années 1840, plus de 35 000 Irlandais fuyant la famine s’entassaient dans ses docks. La cité a été le théâtre de révoltes sociales, des émeutes de Toxteth entre la police et la population noire, des grèves et des violences lors de la fermeture de l’Albert Dock en 1972. Mais la transition a été longue et difficile.

Le plus grand port de l’Empire britannique, qui avait dû sa prospérité à l’esclavage et au commerce avec les colonies, a douloureusement périclité, perdant en dix ans (1972-1982) 80 000 emplois du fait de la fermeture des docks et du repli de 50 % de son secteur manufacturier. « Des années très noires », souligne Olivier Sykes, chercheur à l’université de Liverpool, spécialiste de l’urbanisme.

« Nous revenons de loin », reconnaît Claire McColgan, directrice de la culture et du tourisme au conseil municipal, installé dans l’immeuble de la Cunard, l’une des deux plus prestigieuses compagnies maritimes de la ville. « Qui aurait parié sur un changement possible. L’image de la ville était tellement négative dans l’esprit des Britanniques », poursuit-elle.

L’inimitié est forte encore entre les Liverpuldiens, ces « Scousers » (mangeurs de scouse, ragoût à base de pommes de terre, de viande salée et d’oignons, typique de Liverpool), et les « Anglais du Sud » considérés ici comme élitistes et égocentrés, méprisants vis-à-vis du Nord industrieux, selon l’écrivain Anthony Clavane. Politiquement aussi, le Nord et le Sud se sont toujours opposés, Liverpool se dressant contre le néolibéralisme thatchérien exercé à Londres.

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Dans les années 1980, Geoffrey Howe, l’un des principaux artisans de la politique économique de Margaret Thatcher, conseille à la Dame de fer d’abandonner la ville à son déclin. C’est Michael Heseltine, secrétaire à l’environnement, qui apporte une bouffée d’oxygène à Liverpool. Convaincu qu’il n’y a pas de fatalité au déclin, il décroche 100 millions de livres sterling (115 millions d’euros) de l’État pour revitaliser la ville où il sera considéré, bien que conservateur, en véritable héros.

La municipalité lui doit la rénovation de l’Albert Dock qui accueille en 1988, une antenne de la Tate Gallery. Une consécration culturelle inespérée pour cette cité ouvrière. Mais le vrai sauveur de Liverpool, c’est Bruxelles. Parce qu’elle figure au triste palmarès de région la plus pauvre d’Europe, elle se voit attribuer en 1994, 803 millions d’euros de fonds européens. Et ce n’est qu’un début. Suivront un pactole de 1 068 millions d’euros en 2000 puis 804 millions d’euros en 2007, qu’elle se partage avec la région du Nord-Ouest. Enfin, 517 millions d’euros supplémentaires lui ont été attribués entre 2014 et 2020.

« L’aide européenne a aidé la gouvernance de la ville. Elle a été fondamentale pour absorber les conséquences de la crise financière de 2008 », souligne Olivier Sykes. Avec audace, elle postule pour être désignée de capitale européenne de la culture, label qu’elle reçoit en 2008. Qui mieux que Liverpool où se sont croisés tant d’émigrants et d’immigrants pouvait répondre au thème choisi cette année-là : « Une ville à l’image du monde » ?

Elle réussit le premier test : Liverpool est la seule municipalité du Royaume-Uni à être nominée. « On n’osait pas y croire, mais on s’est dit pourquoi pas ? Peut-être avait-on notre chance ? », se souvient Claire McColgan. « Un sentiment de fierté s’est emparé de la ville, et le verdict est venu. Des supporteurs des Reds patientent devant le stade d’Anfield pour voir leur équipe jouer. Les fonds de l’Union européenne et du Royaume-Uni ont permis la rénovation de la cité, comme les docks, aujourd’hui l’épicentre de la ville. Et les investissements du secteur privé se sont peu à peu ajoutés, participant au « Liverpool ONE » : le réaménagement de 1 700 hectares de terrains inutilisés dans le centre-ville avec un centre commercial, une zone résidentielle et de loisirs.

« On assiste à un véritable changement de mentalité. Avant, les jeunes n’avaient qu’une envie, celle de partir. Aujourd’hui ils veulent rester. Ils sont fiers de l’image que leur renvoie la ville », se félicite Claire McColgan. « Certes, la culture n’a rien d’obligatoire, et pourtant elle est importante pour l’environnement de ceux qui vivent ici. Ça les rend heureux. »

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Si le tourisme a permis de multiplier les emplois, la formation professionnelle n’a pas encore atteint un niveau suffisant. « Les résultats scolaires se sont améliorés, mais ils restent en dessous de la moyenne nationale. Le secteur public compte encore pour un tiers des emplois, ce qui est lourd pour une ville », confie Paul Johnston du conseil municipal de Liverpool.

D’autant qu’avec la politique d’austérité du gouvernement conservateur ces dernières années, la mairie a perdu près des deux tiers de son budget. « Les communes pauvres comme Liverpool sont les plus frappées, observe Olivier Sykes. Alors, quand j’ai vu les résultats du référendum sur le Brexit en 2016, j’en avais les larmes aux yeux. »

Le 23 juin 2016, Liverpool a voté à 58,2 % pour rester dans l’Union européenne. Une démonstration de sa fidélité à celle qui l’a épaulée dans les moments critiques.

La ville a une tradition de résilience. Les « Scousers », les « mal-aimés » du Royaume, ont toujours été solidaires et ce, dans les pires moments de leur histoire. Ce 15 avril 1989, lorsque 96 supporteurs ont trouvé la mort dans une bousculade dans le stade de Hillsborough (à Sheffield) lors du match de foot entre Nottingham Forest et Liverpool FC, ils sont restés unis contre les accusations mensongères du quotidien populaire The Sun, qui avait accablé les supporteurs du Liverpool FC, les désignant comme les responsables de l’effondrement de la tribune. À tort, comme le montrera plus tard la justice britannique. Mais le mal était fait, et la rancune demeure tenace.

The Sun salissait ce que les Liverpuldiens vénèrent le plus : le football. Chaque match impliquant l’une des deux équipes, le Liverpool Football Club (les Reds) et l’Everton Football Club est une fête, une façon d’exprimer sa solidarité. « Le football fait partie du patrimoine de la ville et l’équipe des Reds est la plus populaire des équipes britanniques en Europe », ajoute Olivier Sykes. Icônes d’un romantisme universel, qui se traduit par cette chanson du kop (1) de Liverpool, devenue culte : « You’ll never walk alone » - « Tu ne marcheras jamais seul ».

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Grandeur et Déclin du Trafic Maritime

C’est au XVIIIe siècle que naît la prospérité de Liverpool, clé de voûte du pouvoir maritime de la Couronne britannique pendant deux siècles. Grâce à son port, la ville devient la capitale mondiale du commerce triangulaire avec l’ouest de l’Afrique où les marchands échangeaient leurs cargaisons contre des esclaves qu’ils exportaient ensuite vers le Nouveau Monde.

Entre 1835 et 1870, le trafic enregistré dans le port de Liverpool passe de 1,8 million de tonnes à 5,7 millions de tonnes. À la fin du XIXe siècle, alors que le déclin de la cité s’était déjà amorcé, un tiers des marchandises britanniques, soit un 1/7e du commerce mondial passait par ses docks.

En ce début 2023, Liverpool se prépare. Elle s’apprête à accueillir la phase finale de l’Eurovision du 9 au 13 mai et cela semble convenir à merveille à cette ville qui chérit sa culture et glorifie le groupe qui l’a aussi rendue célèbre : les Beatles. Ils sont partout ! Dans le ‘musée de Liverpool’, dans un autre musée qui leur est entièrement dédié ou encore au ‘British Music experience’.

Un seul lieu en Angleterre a obtenu le titre de capitale européenne de la culture depuis 1985. La ville de 500 000 habitants a donc beaucoup évolué. A tel point qu’elle a vu son port perdre le titre de site classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 2021.

Mais une chose reste sûre : elle ne voulait pas quitter l’Union européenne. Sa population compte une grande part d’Irlandais, tant qu’elle est parfois surnommée la “seconde capitale de l’Irlande”. Wendy Simon, qui a occupé le poste de maire par intérim quelques mois début 2021, considère même que « les liens vont se renforcer encore du fait du Brexit. » En attendant, les Scousers se préparent pour l’Eurovision, dont les billets ont été vendus en moins d’une heure.

Kate Forrester recule de quelques pas et montre du doigt différents bâtiments. « Là-bas se trouve le terminal des bateaux de croisière, qui a été payé en partie avec des fonds européens. Ici, c’est le musée de Liverpool, ouvert en 2011, qui a lui aussi bénéficié d’argent européen. Un peu plus loin, le musée de la Tate Liverpool, qui reçoit des financements européens pour ses expositions. » Le long de la rivière Mersey, la liste continue : projet après projet, les financements de l’UE sont partout, en finissant au grand centre des congrès flambant neuf.

« En traversant Liverpool, vous aurez du mal à trouver un endroit qui n’a pas reçu d’argent européen », continue Mme Forrester, une habitante de Liverpool de 28 ans qui milite pour Stronger in Europe, le groupe qui fait campagne pour rester dans l’UE.

Touchée de plein fouet dans les années 1980 par la désindustrialisation et le déclin du port, Liverpool renaît depuis une quinzaine d’années. La reconstruction la plus spectaculaire se trouve le long de la rivière, où les docks autrefois mal famés ont été transformés en centre culturel et touristique.

De 1994 à 2013, la ville a touché 1,9 milliard de livres (2,4 milliards d’euros) de Bruxelles, au titre des aides aux régions les plus pauvres. « Cet argent européen a ensuite fait boule de neige, attirant d’autres capitaux », explique Mme Forrester.

La désolation avait gagné Liverpool. Cette ville qui abritait 900.000 habitants au début du XXe siècle n'en comptait plus que 477.000 en 2000 après le déclin de son port et la désindustrialisation de ses quais. Le chômage, en hausse depuis le milieu des années 1950, avait atteint 25 % dans les quartiers les plus touchés par l'effondrement des activités maritimes au début des années 1960.

Aujourd'hui, la capitale du Merseyside renaît. Elle recense 482.000 citadins et le retour d'habitants qui l'avaient fuie se confirme avec la multiplication de projets autour du port : commerces, constructions de bureaux et logements, équipements culturels, universités et centres de recherches tels le Liverpool Science Park et le National Biomanufacturing Center. Cette résurrection s'ébauche en 1994.

Comparables à celles qui ont embrasé les cités de la région parisienne en décembre 2005, les émeutes des banlieues de Liverpool en 1981, en particulier dans le quartier de « Toxteth », ont réveillé le gouvernement britannique, qui lance en partenariat avec les cinq municipalités du Merseyside la « Merseyside Development Corporation » en 1985. Est alors défini un cadre pour le développement économique régional, subventions à l'appui. Largement soutenus par les subventions européennes, les premiers résultats sont visibles dix ans plus tard.

La région de Merseyside au nord-ouest de l'Angleterre et où vivent 1 million de personnes s'est en effet vu attribuer 700 millions d'euros par l'Union européenne pour mettre en oeuvre, durant la période 1994-1999, un premier programme baptisé « Objectif 1 ».

Renouvellement Urbain

Celui-ci a généré la création de 35.000 emplois. Une nouvelle enveloppe de 1,3 milliard d'euros est allouée pour 2000-2006 avec plus de 54.000 emplois à la clef, et la région attend une troisième subvention de 500 millions à investir d'ici à 2013.

Le total des investissements effectués dans la ville par les acteurs privés et publics est actuellement estimé à 4 milliards d'euros. Le taux de chômage est tombé à 5,6 %.

« Le changement de politique et l'Europe ont fait la différence », s'enthousiasme Flo Clucas, maire-adjointe de la ville pour le développement économique et les affaires européennes. Précédemment en charge du logement, cette élue a conduit une politique de rénovation urbaine imitée par d'autres villes anglaises et européennes.

Depuis les années 1920, la municipalité a construit et conservé en patrimoine 80.000 logements. Elle s'est engagée depuis 1995 au transfert de 60.000 de ces appartements à des associations de logement social qui en assurent la gestion et la rénovation avec un budget de 1,2 milliard d'euros sur quinze ans.

Parallèlement, la ville a mis en place en 1999 au sein de la structure Liverpool Vision un partenariat public-privé qui a permis de financer des réhabilitations en centre-ville. Elle a aussi fondé un « joint-venture » avec la société Inpartnership pour vendre des friches dans les quartiers en difficulté et utiliser le produit des droits à construire à la rénovation du bâti.

Autre grand programme mis en oeuvre : celui d'un des plus grands propriétaires de Londres à Mayfair, le groupe Grosvenor, qui lance le centre commercial Liverpool One et investit 1,4 milliard d'euros dans la réalisation de 130.000 m2 de grands magasins et boutiques. De même que Fondation Guggenheim de Bilbao a contribué à stimuler la reconquête économique de la ville et du pays Basque, les nombreux projets de Liverpool ont modifié l'image de ses docks et ouvert au commerce maritime de nouvelles clientèles.

Le programme Omnisport des Kingsdocks et son centre d'affaires d'une capacité de 12.000 sièges, financés à hauteur de 215 millions d'euros sur fonds publics, réanime aussi le coeur de ville. A moins de 2,5 heures de Londres par le train, Liverpool connaît aujourd'hui la plus forte croissance parmi les villes du Nord-Ouest. Avec 9 millions de visiteurs annuels, elle espère devenir une nouvelle destination touristique.

Elle vient d'être élue capitale européenne de la culture pour l'année 2008 devant douze autres villes britanniques. « Il y a bien plus que le foot et les Beatles à Liverpool », convainc Flo Clucas.

Parce qu’elle figure au triste palmarès de région la plus pauvre d’Europe, la cité ouvrière se voit attribuer en 1994, 803 millions d’euros de fonds européens. (...) Suivront un pactole de 1 068 millions d’euros en 2000 puis 804 millions d’euros en 2007, qu’elle partage avec la région du Nord-Ouest.

Anfield Road lors de la demi-finale retour de Coupe de la ligue anglaise le 6 février. Sur son rapport financier lié à la saison 2023-2024, publié ce vendredi, Liverpool a annoncé réaliser un chiffre record de revenus commerciaux (300 millions de livres sterling) mais également une perte de revenus globale.

La participation en Ligue Europe la saison précédente, et donc l'absence en Ligue des champions, a fait mal aux comptes de Liverpool. C'est en partie comme cela que les Reds ont justifié une perte avant impôts de 69 millions d'euros au terme de l'exercice 2023-2024, dans un rapport relayé sur leur site officiel ce vendredi.

En effet, si le chiffre d'affaires global des Reds a augmenté de plus de 24 millions d'euros pour atteindre les 743,50 millions d'euros, les recettes médiatiques ont chuté de 40 M€. Les coûts administratifs du club ont aussi augmenté de 46 M€, presque 727 millions d'euros au total, principalement à cause des salaires et autres frais de gestion.

Une augmentation quelque peu atténuée par l'ouverture de la nouvelle tribune d'Anfield, permettant de faire entrer 61 000 spectateurs dans l'enceinte et de récupérer quasiment 27 M€ supplémentaires de recettes. Le plus impressionnant reste la croissance significative des recettes commerciales, qui a atteint un résultat record de 373 millions d'euros.

« Gérer un club financièrement viable reste notre priorité et, avec l'augmentation continue des coûts, il est essentiel d'accroître les flux de revenus d'année en année pour maintenir la stabilité financière. Le succès de nos opérations commerciales, ainsi que l'ouverture de la nouvelle tribune d'Anfield Road, ont augmenté nos revenus au cours de cette période de référence, ce qui démontre notre volonté de continuer à concourir aux plus hauts niveaux du football masculin et féminin », a précisé la directrice financière de Liverpool, Jenny Beacham.

Largement leader de Premier League avec 13 points de plus que le dauphin Arsenal, et qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions où il affrontera le PSG, Liverpool vit une saison 2024-2025 historique, qui devrait lui permettre de présenter des résultats financiers plus positifs au terme de l'exercice en cours.

Liverpool accueille un nouvel investisseur sur les bords de la Mersey. Sous pavillon américain depuis 2010 avec FSG, Liverpool va percevoir entre 92 et 185 millions d’euros grâce à cette vente.

« Nous avons toujours déclaré que si un partenaire d’investissement approprié se présentait pour Liverpool, nous saisirions l’opportunité afin de garantir la résilience financière à long terme du club et sa croissance future, poursuit le fonds américain, présidé par l’homme d’affaires John Henry.

Plusieurs grands clubs du football européen sont parvenus dernièrement à attirer un fonds d’investissement en tant que nouvel actionnaire minoritaire. Une tendance qui pourrait rapidement se renforcer surtout si les pionniers parviennent à atteindre les rendements escomptés.

Vendre 12,5% des parts sociales du club contre un montant supérieur à 500 m€ : c’est la transaction qu’est parvenue à conclure QSI en fin d’année dernière en faisant entrer le fonds d’investissement américain Arctos Sports Partners au capital du Paris Saint-Germain. Une opération qui valorise ainsi le club de la capitale à plus de 4 Mds€.

Toutefois, QSI n’est pas le seul acteur à avoir réussi à céder une participation minoritaire dans un club de football européen à une valorisation élevée. Quelques semaines avant le PSG, c’était au tour de Liverpool FC d’annoncer l’entrée à son capital de Dynasty Equity. Bien que les détails de la transaction n’aient pas fuité, le fonds américain aurait déboursé un montant à hauteur de 200 m$ pour détenir une participation minoritaire dans le club de la Mersey. Enfin, juste avant Noël, c’était au tour de la famille Glazer d’annoncer un accord avec Sir Jim Ratcliffe concernant Manchester United.

Pourquoi ces investisseurs institutionnels sont-ils soudainement intéressés par une participation minoritaire au capital de grands clubs européens ? « C’est multifactoriel. Le phénomène est difficile à qualifier dans son entièreté. Car ce ne sont pas forcément les mêmes acteurs qui rentrent en tant que minoritaires dans les clubs de football. Il faut étudier ce phénomène au cas par cas et pas forcément de manière macro. Chaque investissement doit être épluché dans les moindres détails car les thèses sont souvent différentes » nous explique le Private Equity Vice President d’un fonds ayant réalisé quelques investissements dans le football européen mais préférant garder l’anonymat.

« Ce schéma d’investissement reposant sur un développement commercial futur est davantage l’apanage des plus grands clubs du football européen. En effet, seuls des clubs ayant atteint un certain standing semblent pouvoir satisfaire aux critères d’investissement d’un fonds de Private Equity en qualité d’actionnaire minoritaire. Une chose est sûre : cette entrée des investisseurs institutionnels - et notamment des fonds de Private Equity - dans le capital des organisations sportives en tant qu’actionnaires minoritaires est une tendance qui vient des Etats-Unis où le modèle semble particulièrement bien fonctionner.

Après la victoire de l’Ukraine au concours 2022 de l’Eurovision et devant l’impossibilité d’organiser l’édition 2023 dans le pays en guerre, c’est l’Angleterre qui a été choisie comme solution de repli et Liverpool désignée comme ville hôte. L’occasion de mettre un coup de projecteur sur une ville très intéressante et résolument tournée vers l’Irlande et l’UE.

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