Décès tragique du skieur de l'équipe de France, David Poisson

La terrible nouvelle d'une disparition a frappé le monde du ski. David Poisson est mort, un lundi, en exerçant sa passion. Le ski français est en deuil : David Poisson (35 ans), membre de l'équipe de descente, est décédé accidentellement à la suite d'une chute.

Le Français a perdu la vie alors qu'il s'entrainait avec l'équipe de France de vitesse du côté de Nakiska, dans l'ouest canadien. La nouvelle est tombée en début de soirée en France, annoncée par la Fédération Française de ski.

Le 13 novembre 2017, le champion de Peisey-Nancroix d’Annecy préparait l’hiver avec l’équipe de France de vitesse à Nakiska (Canada), où il perd un ski à 100 km/h avant de traverser les filets de protection et de percuter un arbre. David Poisson n’avait que 35 ans.

Mort de David Poisson : le monde du ski en deuil

Circonstances du décès

Les circonstances de l’accident mortel dont a été victime David Poisson commencent à se préciser. En milieu de journée ce mardi, la Fédération Française de Ski (FFS) indique dans un communiqué que le skieur "aurait chuté lourdement après avoir perdu un ski lors de la séance d’entrainement partagée avec d’autres nations qui s’est déroulée hier (lundi) à Nakiska au Canada".

Sans le confirmer officiellement, la FFS évoque l’hypothèse selon laquelle, après sa chute, "il aurait percuté un arbre après avoir traversé les filets de sécurité". Tué sur le coup, il n’y a pas eu de transfert à l’hôpital.

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Une enquête devrait être ouverte par la police canadienne. Un médecin légiste canadien a été chargé de déterminer les causes et les circonstances de la mort de David Poisson. Des policiers de la Gendarmerie royale canadienne (GRC) se sont rendus sur le site de l'accident pour prendre des mesures et des photographies, afin de faciliter la tâche dudit médecin.

Ils n'interviendront dans le dossier que s'il y a des éléments de nature criminelle ayant conduit au décès, par exemple une négligence ou un manquement en matière de sécurité.

Ce mardi matin, Le directeur Technique National de la FFS et le patron des équipes des France masculine de ski ont quitté la France pour rejoindre le reste du groupe vitesse au Canada. "Fabien Saguez et David Chastan, ont décollé ce matin à destination de Nakiska pour être présents pour ses camarades de l’Equipe de France, précise le communiqué de la Fédération Française de Ski.

La FFS précise également qu’elle prendra "toutes les dispositions pour assurer le soutien nécessaire aux athlètes et membres de l’encadrement". La mort de David Poisson intervient dix jours avant la première épreuve de descente de la coupe du monde.

«Dévastés par cette nouvelle, Michel Vion, Président, Fabien Saguez, Directeur Technique National et l'ensemble de l'encadrement sportif et du personnel administratif de la Fédération, s'associent à la douleur de ses proches dans ces moments particulièrement difficiles», écrit-elle dans son communiqué.

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David Poisson

Hommages et réactions

Agé de 35 ans, David Poisson s'apprêtait à entamer sa treizième saison sur le grand cirque blanc quand un accident, dont les circonstances ne sont pas encore connues, a fauché celui qu'on surnommait "Kaillou".

Surnommé «Kaillou» («Ça vient de Poisson-Poiscaille-Poiscaillou-Caillou», expliquait-il lui-même), le skieur de Peisey-Nancroix (Savoie) était l'un des vétérans de cette équipe de France, un personnage incontournable malgré une carrière mouvementée et perturbée par les blessures.

Il y a quinze jours, David Poisson avait eu le malheur de perdre son père. Joint dans la soirée, Gauthier de Tessières était, comme ceux qui l'ont côtoyé, très attristé par la nouvelle. "Je suis dévasté, nous a-t-il confié, touché. Après le décès de son papa, c'est au tour de David. Je pense à ses potes du groupe, à sa maman, sa femme et son fils. Kaillou était adoré de tous. C'était un coéquipier exemplaire avec une personnalité très attachante."

Sur la piste, David Poisson était aussi à part. "Il était toujours le premier à s'élancer à l'entraînement, peu importe les conditions. Il donnait des conseils aux plus jeunes. J'ai vécu un grand moment en 2013 avec lui (ndlr : De Tessières avait été médaillé d'argent aux Mondiaux de Schladming en Super-G) et cela restera gravé dans ma mémoire.

Le 25/11/2017, un hommage public en présence du corps de David Poisson a été rendu dimanche 26 novembre à Peisey-Nancroix (Savoie), le village du skieur décédé le 13 novembre dernier. Il est demandé à chacun de se munir d'un caillou afin de constituer un cairn géant sur place.

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Carrière de David Poisson

David Poisson a connu une carrière mouvementée et marquée par des blessures à répétition. Un premier coup d’arrêt, une blessure au genou, l'avait notamment privé de Jeux Olympiques à Turin. Pas le dernier. Son dos, aussi, lui jouera un sale tour après les JO de Vancouver en 2010. Des Jeux où il s’illustrera en prenant la 7e place de la descente.

Il lui faudra finalement attendre 2013 avant la récompense tant espérée. A Schladming, le skieur de Peisey-Vallandry décroche une médaille de bronze en descente, la première pour le camp tricolore dans la discipline depuis un certain Luc Alphand. Du bronze au goût d’or.

Enfin épargné par les blessures, Poisson réussit alors sa meilleure année (13e à Bormio, 9e à Wengen, 4e à Kitzbühel). Cette médaille, il l'accompagnera d'une réaction désarmante et tellement attachante. "La médaille va probablement m'apporter plein de choses, mais pour l'instant, je suis un peu perdu. Je suis un peu plus stressé par ce qui arrive maintenant, que par la course en elle-même", expliquait-il alors, sincère.

Deux ans plus tard, il allait décrocher son seul podium en Coupe du monde, à Santa Caterina.

Certaines [blessures] survenues parce que ce dur au mal n'avait pas l'habitude de calculer et le payait parfois par des chutes spectaculaires. En 2005, à Bormio, pour ses premiers Mondiaux à 22 ans, Poisson avait pourtant eu tout bon et terminé neuvième en descente comme en super-G.

Une promesse partiellement confirmée dans la suite d'une carrière dont le fait d'armes restera cette médaille de bronze décrochée aux Championnats du monde 2013 de Schladming derrière deux poids lourds de la vitesse, Aksel Lund Svindal et Dominik Paris.

Quelques semaines plus tôt, ce skieur au physique de talonneur (1,72m ; 89 kg) avait fini au pied du podium à Kitzbühel, comme s'il maîtrisait mieux les élans de son gros coeur. «Les galères te servent à un moment, confiait-t-il après sa médaille mondiale. À trente ans, la folie, tu l'as laissée de côté. (...) On me dit : “Cette médaille, tu la mérites'' mais tout le monde la mérite», ajoutait-il, fidèle à son personnage attachant.

Deux ans plus tard, il se classait troisième de la descente de Santa Caterina, seul podium de Coupe du monde de sa carrière. Il était depuis mars 2016 père d'un petit garçon. Deux semaines avant ce tragique accident, David Poisson avait perdu son père, emporté par le cancer.

Palmarès de David Poisson
Année Événement Résultat
2013 Championnats du monde de Schladming Médaille de bronze en descente
2015 Coupe du monde de Santa Caterina 3ème en descente
2010 Jeux Olympiques de Vancouver 7ème en descente

Autres disparitions dans le monde du ski français

Ce jeudi, le monde du sport a appris avec stupéfaction la tragique disparition de Margot Simond. La jeune femme de 18 ans, championne de France de slalom junior, a été victime d’une chute lors d’un entraînement à Val d’Isère (Savoie). Cette disparition s’ajoute à la triste liste des skieurs et skieuses français victimes de leur passion.

Tous les passionnés de neige se souviennent du sourire de Régine Cavagnoud. De 1999 à 2001, la skieuse de La Clusaz enchante les supporters du ski hexagonal en tenant tête notamment aux stars Janica Kostelić et Renate Götschl.

Détentrice du globe du super-G et championne du monde de la discipline en 2001, elle disparaît à 31 ans le 31 octobre de la même année, deux jours après avoir heurté un entraîneur allemand lors d’un entraînement de descente sur le glacier du Pitztal en Autriche. Dans sa carrière, Régine Cavagnoud a totalisé 199 départs en Coupe du monde, pour 8 victoires et 23 podiums.

Plus près de nous, David Poisson laisse aussi un souvenir impérissable. Également spécialiste de Super G et de descente, il arrache en 2013 le bronze dans la descente des Championnats du monde à Schladming (Autriche), une première dans la discipline depuis Luc Alphand… 17 ans auparavant.

D’autres athlètes français, moins célèbres, ont donné leur vie à la montagne. On peut citer Adèle Milloz, spécialiste de ski-alpinisme, championne du Monde en sprint et en individuel en 2017, disparue à seulement 26 ans dans le massif du Mont-Blanc en 2022.

Michel Bozon, lui, n’a que 20 ans lorsqu’il se tue à Megève en 1970 lors d’une épreuve de descente de la Coupe du monde. Après sa mort, des modifications sont apportées pour améliorer la sécurité. Cinq ans plus tard, la veille du critérium de la première neige à Tignes, Michel Dujon essaie un nouveau matériel et se tue en percutant un pylône de téléski.

Esteban Olivero, grand espoir de 22 ans de la course en montagne, disparaît dans la nuit du 22 au 23 décembre 2023, après une sortie en ski de randonnée.

Il arrive heureusement que l’issue de certains accidents, malgré leur gravité, ne soit pas fatale. Cyprien Sarrazin a vu la mort de près en décembre dernier à Bormio (Italie). Il a débuté il y a une semaine sa rééducation et ne sait pas s’il reviendra un jour à la compétition.

Depuis 1959, moins d’une vingtaine d’athlètes, toutes nationalités confondues, sont décédées sur les pistes de ski. La jeune espoir italienne Matilde Lorenzi, qui a chuté le 29 octobre (même jour que Régine Cavagnoud…) dernier était la dernière en date.

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