Geneviève Asse, figure éminente de la scène artistique française de l’après-guerre, est une artiste peintre et graveuse bretonne, née à Vannes en 1923 et décédée à Paris le 11 août 2021. Elle est notamment connue pour le bleu Asse, une utilisation particulière du bleu dans ses monochromes.
« J’ai toujours pensé qu’il me fallait être heureuse avec le monde que j’avais en moi. Cela fut mon privilège et ma force. Le Vide. » - Geneviève Asse.
Toute sa vie, elle a mené sa quête solitaire, toujours en marge des écoles, creusant ce chemin intime et universel. L’œuvre de Geneviève Asse est une ouverture progressive, un passage lent d’un monde minuscule vers l’espace infini, une recherche tâtonnante, empirique, qui nous mène à la Lumière, une transition d’un monde d’objets tangibles à la dissolution de tout dans l’univers impalpable. Et c’est enfin une introduction à l’éternité du bleu.
Figure majeure de la peinture française, présente dans d'importantes collections publiques et privées, françaises et internationales, Geneviève Asse s'est éteinte à Paris en 2021. Ne se réclamant d’aucune école, étrangère aux courants et aux modes, Geneviève Asse a pratiqué la peinture, le dessin et la gravure.
Jeunesse et Formation
La famille de Geneviève Asse plonge ses racines en profondeur dans la région de Vannes, où elle est née elle-même en 1923, avec son frère jumeau, Michel. Les deux enfants n’ont jamais connu leur père, parti avant leur naissance.
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La prime jeunesse de Geneviève Asse ressemble à un roman rousseauiste : elle et son frère sont élevés à l’écart de tout, dans une grande demeure dotée d’une vaste bibliothèque, au cœur d’une nature magnifique, en bord de mer, par leur grand-mère, ancienne directrice d’école, incroyante, jugée à la fois « rouge » et originale par sa famille et par le voisinage. Grande humaniste, féministe, elle lit Rousseau et Montaigne, et leur enseigne les savoirs scolaires nécessaires, tout en les laissant vagabonder à leur guise au dehors. Grâce à cette éducation « libérale », Geneviève Asse, enfant, fait la rencontre de la nature, qui devient son royaume.
Avec son frère, elle court la campagne, la côte, va se baigner. La mer est omniprésente. Ils vivent au cœur d’une campagne encore « à l’ancienne », ancrée dans le XIXe siècle, avec ses chemins de terre, ses charrettes, son agriculture pas encore mécanisée. Geneviève Asse décrit son enfance : « J’avais un frère jumeau, Michel, nous étions très seuls. Le silence autour de nous me rendit observatrice. J’étais émerveillée par les choses les plus simples. La nature était plus près de moi que les jouets que l’on m’avait offerts. Je crois que tout ceci me mena à la peinture. Je m’en suis rendue compte lorsque j’ai eu quatorze, quinze ans.
Geneviève et Michel ont dix ans lorsque leur mère les fait venir auprès d’elle, à Paris. Malgré le changement total d’environnement, les enfants continuent de courir le monde et apprivoisent Paris. Par chance, leur petit appartement, au 69 rue de la Tombe-Issoire, se trouve à côté de la Villa Seurat et du parc Montsouris, qui devient leur nouveau terrain de jeu. Avec son frère, Geneviève s’amuse aussi beaucoup dans la rue, jusqu’au jour où une peintresse se plaint : le vacarme des enfants la dérange. Il s’agit de Maria Helena Vieira da Silva.
À l’école, rêveuse, Geneviève ne force pas son talent ; quant à ses camarades de classe, elle ne semble pas réellement s’intéresser à eux. Très vite, elle découvre le Louvre et, à douze ou treize ans, elle connaît déjà bien le musée. Elle rencontre Chardin, découvre les natures mortes. Cela la fascine : ses premières œuvres seront des natures mortes.
Sa mère l’emmène visiter l’Exposition internationale de 1937, où elle voit pour la première fois les toiles de Robert et Sonia Delaunay et les grands décors de Raoul Dufy ; elle voyage également avec ses enfants et leur fait découvrir d’autres grands musées à l’étranger. Plus le temps passe, et plus elle a envie de peindre.
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La directrice de son lycée la pousse en ce sens, et la jeune bachelière s’inscrit à l’École des arts décoratifs : « Ce fut mon premier contact avec la vie dans un atelier ; il y avait des modèles, on faisait des dessins d’après nature, des plâtres, des études documentaires : j’apprenais la perspective. »
Elle commence à peindre dans un petit bureau sans chauffage de la maison d’édition du futur mari de sa mère, aux éditions Delalain, qui publient des manuels scolaires. Elle fréquente aussi les cafés et fait connaissance avec un groupe de jeunes artistes, élèves de l’Académie de la Grande Chaumière, qui l’invitent à partager leur atelier : c’est le groupe de l’Échelle, qui doit son nom au fait qu’il faut monter à une échelle pour accéder à l’atelier !
Sur les conseils du peintre Othon Friesz, lui-même enseignant à la Grande Chaumière, Geneviève Asse se joint à eux, même si elle demeure en marge du groupe : « On y installait des natures mortes que chacun interprétait à son idée. Moi, dans un coin, j’organisais autre chose avec des boîtes : je fabriquais mon monde, on me laissait tranquille. Les artistes y venaient à leur guise : j’étais très assidue. Dans le quartier on rencontrait Zadkine, André Marchand, Tal-Coat et sa femme Broncia, Grüber, etc., et on visitait les galeries.
Les Débuts de sa Carrière Artistique
Ses premières toiles sont exposées au Salon des artistes de moins de trente ans, où elle est remarquée par Jean Bauret, industriel du textile et grand collectionneur. Il l’invite chez lui et elle rencontre là-bas d’autres artistes, comme Nicolas de Staël et Vassili Kandinsky, mais aussi des musiciens, des écrivains, dont Samuel Beckett qui deviendra son ami. Jean Bauret est sans doute le premier à la soutenir, en dehors de ses enseignants - soutien dont elle jouira pendant très longtemps.
Parallèlement à l’apprentissage des techniques artistiques, Geneviève Asse découvre l’engagement politique. C’est la guerre, et Paris est occupé. Dès le début de ses études, la jeune peintresse s’inscrit à l’UNEF, syndicat étudiant très engagé à gauche. Sa vie a déjà commencé à basculer lors de l’exode, où elle a été confrontée à la guerre et à la mort.
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Engagement pendant la Seconde Guerre Mondiale
Et plutôt que de fermer les yeux sur le monde pour se replier sur son univers intérieur, Geneviève Asse décide, fin 1943, de s’engager dans les FFI avec son frère. Dès que Paris est libéré, elle s’inscrit à la Croix Rouge pour devenir conductrice-ambulancière dans l’armée française. Pendant deux ans, elle ne peindra pas.
Fin 1944, elle est intégrée à la 1ere DB de l’armée d’Afrique, et participe à la campagne d’Alsace et d’Allemagne, puis part en Tchécoslovaquie. Elle est sans doute la seule artiste au milieu de femmes issues de tous les milieux, aux origines géographiques très différentes comme le Maroc, l’Algérie et Madagascar.
Geneviève Asse a déjà une sorte de lien profond avec la guerre et l’idée qu’il faut se battre ne lui est pas étrangère, car son jeune oncle, Robert, qui vivait aussi au Bonnervo lorsqu’elle y était enfant, avait combattu durant la première Guerre Mondiale, dont il était revenu complètement traumatisé. La liberté étant le socle de l’éducation et sans doute de la personnalité de Geneviève Asse, il est naturel qu’elle veuille la défendre : « J’avais en moi une révolte contre le racisme, l’injustice, la défaite de 40.
Sa voiture est l’une des premières à franchir le Rhin. Après, la découverte de l’Allemagne, de Berlin, des effroyables destructions encore fumantes, elle arrive à Baden-Baden, où elle séjourne dans un grand hôtel récemment évacué par les Nazis, et se trouve confrontée avec horreur aux traces de la torture et des expériences médicales pratiquées sur des femmes. Puis viennent les camps.
Un jour, on demande des volontaires pour aller chercher des Français juifs au camp de Terezin, non loin de Prague. Geneviève Asse et Suzanne, son équipière, répondent à l’appel. Elles franchissent les lignes russes, s’avèrent obligées, malgré elles, de livrer des ouvrier.es ukrainien.nes en échange des déportés… Dilemme déchirant, qui la marquera profondément. En Tchécoslovaquie, elle découvre aussi les femmes au crâne rasé, ce qui la glace tout autant.
Lorsqu’elle arrive à Terezin avec ses compagnons, elle découvre une vision digne de l’enfer de Dante. C’est le début d’un véritable cauchemar. « La guerre était une chose, ce camp en fut une autre. Nous y vîmes les baraquements, le four crématoire, la cendre.
Plusieurs aller-retour jusqu’à Strasbourg seront nécessaires pour évacuer tous les déportés, squelettiques, en haillons, rongés par dysenterie. Jusqu’au jour où un jeune Tchèque lui dit en français : « Savez-vous qu’un grand poète de votre pays, Robert Desnos, est mort ici il y a quelques jours ? » Geneviève Asse a connu Desnos, ils ont bu ensemble des cafés au Flore, à Saint-Germain-des-Prés. Elle est bouleversée.
« Le jeune Tchèque me mena jusqu’au baraquement et me fit entrer dans la baraque de Desnos. Les murs étaient noirâtres et il y avait une paillasse retournée. Après la liberté de l’enfance, la beauté de la nature, sorte d’Éden de pureté, c’est l’expérience du mal ultime, la confrontation à l’enfermement, à la souffrance absolue.
Le Retour à la Peinture et les Années Difficiles
Juste avant de partir avec les FFI, Geneviève Asse s’est inscrite à l’école du Louvre. Elle est heureuse de reprendre son activité de peintresse, mais jamais plus elle ne retrouvera la camaraderie et la fraternité qu’elle a connues en cette période sombre. Les années qui suivent sont dures financièrement : elle n’a pas un sou, participe à des salons où elle vend des petits formats, travaille pour le textile, la mode, gagne à peine de quoi s’acheter son matériel de peinture, comme Bernard Buffet à la même époque : « Je ne pouvais pas m’offrir un grand nombre de couleurs, ce qui faisait que parfois je peignais avec deux tubes, un noir, un blanc, et un peu d’ocre : j’achetais les tubes au compte-gouttes. Cela m’allait ; j’étais obligée de rechercher sobrement, avec un contenu intérieur, et d’être simple.
Geneviève Asse vit dans des hôtels de Saint-Germain-des-Prés. Mais loin du tumulte de ces années de fête et de folie, elle reste enfermée dans sa chambre, cellule monacale à laquelle se résume son univers pictural. Limitée dans l’espace, elle représente tout ce qu’elle a sous la main : boîtes, fenêtres, portes, meubles, bouteilles, et encore des boîtes. Quand on regarde ces natures mortes du début, on sent déjà en germe ce dépouillement qui sera la marque de ses œuvres les plus abouties, leurs lignes verticales et horizontales semblent annoncer celles de ses grands tableaux abstraits.
Les années 1950 sont celles où peu à peu les objets se dépouillent, pour devenir de plus en plus abstraits, jusqu’à disparaître. Après avoir montré un intérêt pour le cubisme, elle s’en détourne.
Parallèlement, au cours des années 1950, beaucoup de choses se passent dans la carrière de Geneviève Asse : la première exposition en solo en 1954 ; des expositions collectives à l’étranger parmi les « Jeunes peintres français », en Allemagne, au Japon et en Italie ; un achat par l’État français en 1955. Elle découvre à la même époque la pointe sèche et s’initie à la gravure, médium qu’elle n’abandonnera plus jamais et qui compte pour elle autant que la peinture : « Avec la gravure, je me suis sentie complètement à mon aise. C’est une écriture que je manie facilement.
L'Abstraction et la Découverte du Bleu
À partir de 1960, elle entre en abstraction. Ce sont sans doute ses séjours sur la Méditerranée, à la fin des années 1950, qui la font basculer vers la lumière pure, où se dissolvent définitivement les formes. Cézanne aussi l’inspire.
Au départ, il y a le blanc, ou plutôt « les » blancs, car jamais les toiles de Geneviève Asse ne sont monochromes, mais toujours pleines de nuances, de plus en plus subtiles. Le blanc, c’est la lumière pure. Plus besoin des objets, qui disparaissent peu à peu. « Lorsque l’objet était présent, la transparence m’intéressait plus que tout. C’est peut-être par elle que j’ai acquis la lumière. La lumière m’a envahie, se propageant sur les grandes toiles blanches qui furent exposées à Paris en 1961.
Les années 1960 sont aussi celles du retour en Bretagne, de la rencontre avec Giorgio Morandi en Italie, et d’un voyage à Londres où elle découvre Turner, dont les lumières brumeuses font écho aux siennes. En 1961, elle fait la connaissance de la poétesse Silvia Baron Supervielle, fraîchement arrivée d’Argentine, dont la présence sera décisive tout au long de sa vie. C’est à cette époque également qu’elle commence à illustrer des livres, dont les poèmes de Pierre Lecuire, avec qui elle fera six recueils. Elle aime cet exercice qui est une sorte de réponse d’une écriture à une autre, puisque pour elle, la gravure est une forme d’écriture. Elle illustre ainsi de nombreux livres, notamment de Charles Juliet, une traduction de Jorge Luis Borges par Silvia Baron Supervielle, un recueil de ses poèmes à elle, et sans doute le plus important, Abandonné de Samuel Beckett, aux éditions de Minuit.
Beckett rend en effet régulièrement visite à Geneviève Asse dans son atelier du boulevard Blanqui. Et c’est vrai que Geneviève Asse travaille sans filet. Elle suit son instinct, toujours en marge des cercles artistiques, des mouvements, elle avance seule dans la lumière, œuvrant avec la matière, mariant les couleurs, dans toute leur subtilité, et elle ne revient jamais en arrière - il n’est pas de repenti possible avec elle. En fait, c’est comme si elle répondait à une architecture invisible qu’elle discerne à travers la transparence des aplats. Pour elle, peindre est une aventure sans cesse recommencée, les toiles se répondent, se succèdent, il y a des séries, des accidents, et des hasards. Comme lorsqu’en 1967, quand elle acquiert chez un marchand des châssis ronds, commandés initialement par le peintre Ellsworth Kelly, finalement reparti aux États-Unis sans les avoir utilisées.
Qu’ils soient petits ou grand, carrés ou rectangulaires, les formats aussi influent sur l’œuvre. Et Geneviève Asse aime à changer de format, de supports, passer du tout petit à la très grande toile, mais aussi peindre à l’huile sur du papier, plus souple.
Arrive 1970. Geneviève Asse est reconnue internationalement. Les journaux regorgent d’articles sur elle : on la classe dans « l’école de Paris ». La lumière transcende ses toiles. Elle expose partout, en collectif ou en solo. L’État achète ses œuvres. On lui commande des vitraux. Mais les années 1970 comptent avant tout pour une autre raison : ce sont ces années qui voient l’entrée du bleu dans sa peinture. Et ça, c’est une révolution.
« Cette couleur est venue spontanément à moi. Il y a toujours eu du bleu dans ma peinture, mais il a grandi à partir des années 70. Il est venu me chercher, puis s’est graduellement répandu. D’abord ce fut des bleus de toutes sortes, ensuite un bleu différencié qui m’appartient vraiment, je crois. Petit à petit, j’ai trouvé mon bleu.
Peu à peu, au fil des années 1970, les autres couleurs disparaissent. À partir de 1980, il n’y a plus que le bleu. Mais encore une fois, les toiles de Geneviève Asse ne sont jamais ni monochromes, ni uniformes. L’idée de la fenêtre ou de la porte, déjà présente dans les années 1...
Le "Bleu Asse"
Au fil des années, les toiles bleues ont créé un vocabulaire propre, et le Bleu Asse peut aujourd’hui être défini, tant il est unique, à la manière du Bleu IKB d'Yves Klein ou du Noir de Pierre Soulages. C’est un bleu qui nous rappelle celui de l’océan ou bien du ciel ou peut-être les deux à la fois… Un bleu qui nous rappelle la Bretagne d’où la peintre Geneviève Asse est originaire. On se laisse porter par l’abstraction de ses œuvres qui sont toutes une invitation à la méditation.
Qu’est-ce que ce bleu Asse ? Il est bien difficile à définir. À la différence d’Yves Klein, il ne s’agit pas d’un bleu saturé ni surtout immuable. Car ce sont surtout les multiples nuances qui comptent, et font que tout en étant chaque fois différent, il reste cependant reconnaissable : « C’est un bleu qui contient une sorte d’humidité, de gris aussi, un mélange entre du cobalt et de l’outremer, une petite pointe de noir, de blanc… » (« Jours et nuits de Geneviève Asse », le-beau-vice.blogspot.com)
D’où vient un tel bleu ? La question pourrait paraître déplacée. Car pourquoi faudrait-il qu’il ait une origine iconique ? Geneviève Asse fait partie des artistes pour qui la nature a toujours été une source d’inspiration. Dans de petits carnets qui ne la quittaient pas, elle consignait tout ce qu’elle voyait autour d’elle : fleurs, plantes, même les mauvaises herbes. Aussi n’est-il pas étonnant qu’elle ait commencé par peindre des natures mortes.
Que cette contemplation de la nature soit une source, elle en convient volontiers : « Dans mon enfance, j’ai observé beaucoup la nature et peut-être que j’ai pris cette nourriture-là » (M. Bodet, « Portrait de G. Asse », journal télévisé Rennes soir, 2004). Le terme de nourriture est tout à fait significatif.
Nombreux sont les artistes qui se sont en effet opposés à l’art abstrait où ils voyaient une perte de contact avec la réalité qui est pour eux un moteur. Aussi, le bleu a-t-il sûrement à voir avec sa région bretonne, même si Geneviève Asse a aussi admiré de beaux bleus en Grèce. Après tout, Yves Klein liait aussi son goût du bleu au ciel de Nice.
Principales Expositions
- 1954 : Première exposition à la galerie Michel Warren, Paris.
- 1968 : Exposition rétrospective au musée de Reims.
- 1971 : Exposition au Centre national d’art contemporain, Paris.
- 1978 : Exposition de son œuvre gravé au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.
- 1987 : Exposition au musée Cantini à Marseille.
- 1988 : Rétrospective au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.
- 2009-2010 : Rétrospective, musée des beaux-arts de Rouen.
- 2013 : « Peintures », musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris.
- 2015 : Exposition au musée des beaux-arts de Lyon.
Distinctions
- Grand-croix de la Légion d'honneur
- Commandeur de l’ordre national du Mérite
- Croix de guerre 39-45
- Commandeur des Arts et des Lettres
Chronologie
| Année | Événement |
|---|---|
| 1923 | Naissance à Vannes (Morbihan). |
| 1932 | Après le divorce de ses parents, à dix ans, Geneviève et Michel, son frère jumeau, rejoignent leur mère à Paris. |
| 1940-42 | Étude à l’École Nationale des Arts décoratifs. Elle s’inscrit à l’UNEF. Découvre Chardin et Cézanne au Musée du Louvre. |
| 1943-44 | Geneviève Asse vit à Montparnasse. |
| 1944 | Elle rejoint son frère chez les FFI. S’engage dans la lère DB comme conductrice ambulancière, participe aux campagnes d’Alsace et d’Allemagne, et sera volontaire pour l’évacuation des juifs français du camp de Terezin (Tchécoslovaquie). |
| 1946 | Décès de sa grand-mère. De retour à Paris, le peintre habite dans différents hôtels de Saint-Germain-des-Prés, et dessine pour les maisons de tissus Bianchini-Ferrier, Flachard, Paquin, et pour le collectionneur et ami Jean Bauret. Chez lui, elle fait la connaissance de Beckett, Charchoune, Lanskoy, Poliakoff, de Staël, Bram et Geer van Velde. En 1946 et 1947, elle expose au salon d’Automne. |
| 1950 | Elle installe son atelier boulevard Blanqui, dans un local des Éditions Delalain. |
| 1954 | Elle rencontre le poète et éditeur Pierre Lecuire, qui lui achète des toiles et l’intéresse à la gravure. |
| 1957 | Le peintre travaille aux environs de Saint-Tropez, dans un petit cabanon face à la Treille Muscate, où avait séjourné Colette. |
| 1960 | Grandes toiles blanches « irisées de lumière ». |
| 1961 | Exposition à Milan, Galerie Lorenzelli. À cette occasion, elle rencontre à Bologne Giorgio Morandi. Les voyages ne l’empêchent pas de retourner très souvent en Bretagne. |
| 1963-1964 | Elle se rend à Londres, où elle admire les tableaux de Turner. Exposition de groupe à la Galerie Krugier et Cie, à Genève, où elle exposera de manière suivie jusqu’en 1983. |
| 1965 | Elle traverse l’Espagne et le Portugal. Au Musée du Prado, elle découvre les peintures de Zurbaran, Velázquez et Goya. Se rend à Oslo, où le Kunstnernes Hus présente une importante exposition de ses œuvres. |
| 1970 | Exposition personnelle au Centre National des Arts Plastiques, rue Berryer à Paris, réalisée par Germain Viatte. |
| 1972 | Un grand nombre de ses gravures sont acquises par la Bibliothèque Nationale. La Ligne blanche intérieure de 1971 entre dans les collections du Musée National d’Art Moderne. Geneviève Asse illustre et édite Abandonné, un texte inédit de Samuel Beckett. |
| 1973 | Le Centre National d’Art Contemporain consacre une exposition au poète et éditeur Pierre Lecuire avec lequel Geneviève Asse collabore régulièrement. Y sont présentés, les livres L’Air, Les Litres, Hommage à Morandi, etc... |
| 1975 | Exposition personnelle au Château de Ratilly, organisée par Jeanne et Norbert Pierlot, le catalogue comprend un texte de Jean Leymarie. Elle compose et illustre le livre Les Fenêtres, poèmes de Silvia Baron-Supervielle. |
| 1977 | Le Cabinet des Estampes du Musée d’Art et d’Histoire de Genève présente la totalité de son œuvre gravé. |
| 1978 | L’exposition de son œuvre gravé complet est reprise au Musée d’art moderne de la ville de Paris par Daniel Marchesseau qui en est le commissaire. Geneviève Asse donne une centaine de ses gravures et la totalité de ses livres à la Bibliothèque Nationale. La Manufacture des Gobelins tisse une tapisserie «Ouverture II», à partir d’un carton de l’artiste. La Manufacture de Sèvres réalise plusieurs de ses projets en porcelaine. |
| 1979 | Voyage au Venezuela tandis qu’une exposition personnelle comprenant des peintures et des œuvres sur papier est présentée à la Fondation Eugenio Mendoza à Caracas. |
| 1982 | Elle illustre le livre Ici en deux, avec les poèmes d’André du Bouchet, édité par Jacques Quentin à Genève. |
| 1987 | Germain Viatte, directeur des Musées de Marseille organise une exposition intitulée Geneviève Asse : peintures 1980-1987 au Musée Cantini. Elle entre à la galerie Claude Bernard où elle expose en 1989. |
| 1993 | Voyage au Maroc. |
| 1995 | Le Musée des beaux-arts de Rennes, le Frac Bretagne et le Musée de Bourg-en-Bresse s’associent pour présenter ses peintures de 1943 à 1995, particulièrement les grandes toiles bleues des années 1970 à 1995. |
| 2009-2010 | Rétrospective, musée des beaux-arts de Rouen |
| 2013 | « Peintures », musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris |
| 2014 | Geneviève Asse est élevée au grade de grand-croix de la Légion d'honneur. |
| 2015 | Exposition au musée des beaux-arts de Lyon. |
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