La Coupe du Monde de Football 2010, organisée en Afrique du Sud, a été un événement historique et mémorable. Cet article explore le déroulement de la compétition, les moments clés, les controverses et les résultats marquants, en mettant en lumière le sacre de l'Espagne.
Tirage au sort et Groupes
La France a la main heureuse ! L'équipe de Raymond Domenech aura pour adversaire direct l'Afrique du sud, l'Uruguay et le Mexique. Une poule de qualification pour les 8e de finale de la coupe du monde 2010 relativement facile si on la compare notamment au groupe qui opposera le Brésil, la Corée du Nord, la Côte d'Ivoire et le Portugal, d'ores et déjà qualifié, de "groupe de la mort".
PAYS-BAS / ESPAGNE | COUPE DU MONDE 2010 - FINALE | RÉSUMÉ (VF)
Réactions au Tirage
Raymond Domenech : "On tombe sur le pays qui reçoit, c'est jamais facile, on va jouer à l'extérieur. On n'est jamais soulagé quand on n'a pas fini les matches. Les groupes sont équilibrés. Il n'y a pas vraiment de groupe de la mort cette fois-ci. On avait aussi déjà joué les Uruguayens et les Mexicains avant 2006. (...) L'objectif de toutes les équipes ici c'est de gagner la Coupe du monde, il y a trente-deux équipes qui rêvent d'être championnes du monde", commente le sélectionneur de l'équipe de France.
Escalettes : "En ce qui concerne les tirages, le jour où ça sort, on ne sait pas si c'est un bon ou mauvais tirage mais il aurait pu y avoir un groupe de la mort pour la France. Ce sera un groupe ouvert et équilibré avec l'Afrique du Sud, transcendé par son public, par tout un peuple, le Mexique avec ses techniciens et des Uruguayens coriaces. On a notre chance", estime le président de la fédération française de football.
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Eric Abidal : "C'est un groupe différent des autres, mais il faut faire attention aux surprises, parce que lors des qualifications on voyait l'équipe de France loin devant tout le monde et au final on est passé par les barrages. Il faut être simplement conscient de la qualité du groupe et jouer les matchs les uns après les autres. L'objectif du groupe c'est de pouvoir aller en finale et de la gagner.
Sydney Govou : "C'est un groupe qui est à notre portée. Lors du déroulement du tirage, j'ai entendu deux-trois groupes sur lesquels on aurait pu tomber, beaucoup plus relevés. On ne va pas se le cacher, nous avons eu un tirage favorable, mais un match ne se joue pas à grand-chose, il va falloir qu'on soit au top. L'Afrique du Sud est chez elle, il y a une grosse attente, ça fera un gros match. Je serais très fier d'y participer", a déclaré l'attaquant de l'équipe de France surRTL.
UruguayDiego Perez : "C'est la France? C'est bien. On les connaît. On a déjà joué contre eux en 2002 (nul 0-0 et exclusion de Thierry Henry, ndlr). On verra comment cela se passe. Ce sera très intéressant. Mais au Mondial, tous les matches sont difficiles. Quant à l'Afrique du sud, c'est le pays organisateur. Cela va être dur.
Sebastian Bauza : "Avec l'Afrique du Sud, le Mexique et la France, ce n'est pas un groupe facile. En général, le premier tour est très relevé. L'Afrique du Sud est le pays organisateur, la France, pas besoin de la présenter et le Mexique a eu du mal à se qualifier, mais c'est un poids lourd", commente le président de la Fédération uruguayenne.
MexiqueRicardo Pelaez : "Le match d'ouverture face à l'Afrique du Sud est une nouvelle merveilleuse, nous serons les premiers à jouer, et les premiers à gagner", déclare l'attaquant de l'équipe mexicaine lors du Mondial-1998.
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Manuel Lapuente : "C'est un rival (l'Uruguay) que nous pouvons battre. Le Mexique est le numéro 3 en Amérique derrière l'Argentine et le Brésil", commente l'entraîneur de l'équipe nationale au Mondial-1998.
La Finale : Pays-Bas contre Espagne
La finale de la Coupe du Monde 2010, opposant les Pays-Bas à l'Espagne, a été un événement mémorable, riche en émotions et en controverses. L'Espagne est devenue la huitième Nation à remporter la compétition suprême. Qui l’eut cru quand la Roja s’était inclinée lors de son premier match de poules face à la Suisse (0-1) ?
Le Contexte de la Finale
C’était la finale rêvée, opposant l’Espagne, championne d’Europe en titre, à l’inspiration barcelonaise renforcée par quelques Madrilènes, aux Pays-Bas de Bert van Marwijk, dont le jeu organisé en 4-2-3-1 a fait merveille tout au long de la compétition. La finale : Pays-Bas - Espagne (0-1, a.p.).
Le Déroulement du Match
Pourtant, sur le terrain, le spectacle tant espéré n’a pas franchement été au rendez-vous. Tétanisés par l’enjeu, les joueurs n’ont pas exprimé leur pleine mesure. L’image qu’on retiendra principalement du temps réglementaire restera l’attentat pied levé de De Jong sur le torse de Xabi Alonso, le milieu batave n’ayant écopé que d’un simple carton jaune.
Le jeu s’est, en réalité, animé lors de la prolongation où les Espagnols ont pris un ascendant avec trois grosses opportunités au cours de la première période de Fabregas (95e), Iniesta (98e) puis Navas (101e). Après l’exclusion de Heitinga (109e), les Pays-Bas ont fini par céder sur une reprise du droit d’Iniesta, libre de tout marquage au deuxième poteau (1-0, 116e).
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Pour la première finale de Coupe du Monde depuis 1994 sans Zidane ou le brésilien Ronaldo (sur le terrain ou le banc), l’affiche était alléchante : Hollande - Espagne. Le résultat fut beaucoup plus brouillon. Et même un peu sale. Aussi, la grosse histoire de la première demi-heure, ce sont les décisions de l’arbitre, les fautes, les high kicks et les simulations. Les deux équipes commettent des erreurs inhabituelles pour elles en début de rencontre, la tension sans doute.
D’abord, une énorme erreur de Busquets récupéré, heureusement pour le catalan, par Kuyt… Puis c’est Villa, qui foire complètement sa reprise au second poteau. Et après les maladresses, les coups. Quatre jaunes tombent très rapidement des poches de l’arbitre (Ramos, Puyol, Van Persie, Van Bommel), Monsieur Webb à haut débit. Puis c’est De Jong qui échappe de peu au rouge, pour un push kick dans la poitrine de Xavi Alonso ; au final, une finale avec plus d’arrêts de jeu que de jeu. Les Pays-Bas ont réussi leur entreprise, salir le match.
Après l’orage, ce sont d’ailleurs eux qui sont le mieux dans cette rencontre. Robben a le talent de Cristiano Ronaldo mais l’intelligence de jeu un peu suspecte, c’est dommage, avec un talent pareil, il devrait planer au-dessus du lot. Sneijder, en revanche, est d’une intelligence rare. Il voit plus vite, gagne du temps, et distille les ouvertures lumineuses. Mais la plus belle action orange est involontaire. Sur un coup franc depuis son camp, De Jong veut rendre la balle à l’Espagne et manque de tromper Casillas. De peu, on est passé à côté d’un moment totalement mythique.
Ensuite, les erreurs reprennent. Sur un corner à la rémoise, Mathijsen rate la balle. Busquets rate une nouvelle relance. Puis c’est le retour des fautes. Et les Hollandais commencent à prendre beaucoup de risques, mais à ce jeu-là le vice de Van Bommel confine au génie. L’Espagne reprend un peu ses esprits, et le jeu à son compte. Elle joue plus haut, et mieux. En phase offensive, Busquets vient s’intercaler entre les deux centraux, les latéraux montent en écartent à mort, Xavi descend, Iniesta et Pedro proposent et la balle commence à prendre de la vitesse.
Mais sur un contre orange, c’est Robben qui dépasse tout le monde. Le décalage crée, Arjen passe à Sneijder, mais sa passe est trop molle, un peu comme s’il n’aimait pas faire des passes et se débarrassait du ballon à contre-coeur. Ensuite, le match se résume à une succession de ratés dans le dernier geste et de complaintes auprès de l’arbitre. On comprend mieux pourquoi il s’agit d’une finale de losers. Tour à tour, Robben, Villa, Iniesta se plantent au moment du dernier geste. Faces à face ratés ou dribbles de trop, les attaquants n’arrivent pas à marquer, comme perturbés par l’enjeu. Bien sîr, les fautes continuent. Iniesta échappe de peu au rouge, puis c’est Robben qui vient se plaindre auprès de l’homme en noir. Si M.Webb est le maître des arbitres (d’ailleurs on l’appelle le webmaster), cette rencontre devient de plus en plus dure à arbitrer, entre les simulations d’Iniesta et de Robben, les coups de Van Bommel et les gémissements de Busquets.
D’ailleurs, en prolongations (il était écrit que ce match allait finir en prolongations), Heitinga se fait exclure pour un deuxième jaune, sur un beau plongeon d’Iniesta. Le petit barcelonais est d’ailleurs l’homme de la rencontre puisqu’il inscrit à la 117è le but de la délivrance pour l’Espagne d’une volée smashée - à noter que sur l’action précédente, le coup franc de Sneijder détourné par Fabgreas et Casillas donnent lieu à un … six mètres. Comme avec Barcelone contre Chelsea. L’Espagne gagne donc sa première Coupe du Monde. Un succès, après le dernier Euro, qui ressemble définitivement à celui de la France en 98. Mieux vaut tard que jamais.
Controverses et Arbitrage
La finale de la Coupe du monde 2010 entre les Pays-Bas et l'Espagne restera dans l'histoire. Avec 14 avertissements (9 pour les Pays-Bas, 5 pour l’Espagne) et un rouge, elle est à ce jour la plus brutale, loin devant celles des éditions 1986 (6 jaunes) ou 1990 (4 jaunes et 2 rouges). On peut l'interpréter de deux façons : le jeu rugueux des Bataves ou le manque de maîtrise d'Howard Webb.
Pour Bert van Marwijck, c'est tout vu. Le sélectionneur néerlandais a chargé sans hésiter l'arbitre anglais de la rencontre. "Je ne pense pas que l'arbitre ait bien contrôlé le match", estime-t-il. Et il en rajoute une couche : "Si vous regardez son comportement ce soir, je pense que le premier match entre la Suisse et l'Espagne a une influence sur lui." Pour mémoire, Webb avait dirigé le premier match des Espagnols. Ceux-ci avaient perdu face aux Helvètes (0-1).
Dirk Kuyt va même plus loin. Pour lui, c'est à cause l'homme en noir que les Pays-Bas ont raté le sacre pour troisième fois après les échecs de 1974 et 1978. "Nous sommes en colère parce que nous étions tout près. Il ne faut jamais accuser les autres, parce qu'à la fin, chacun est le seul responsable de sa propre performance, mais l'arbitre était légèrement plus pour eux que pour nous, accuse l'attaquant de Liverpool. C'est ce qui nous a coûté la Coupe, en fin de compte".
L'objet de la discorde : sur le but d'Andres Iniesta, "l'attaquant se trouve en position hors-jeu sanctionnable au début de la phase (sur un premier centre de Fernando Torres, ndlr)" estime Kuyt.
De son côté, Bert Van Marwijck s'appuie sur un autre fait de match, quelques minutes plus tôt, pour fustiger M. Webb : "Il aurait dû nous donner un corner à la fin du match et donner un deuxième carton jaune à un Espagnol qu'il aurait dû exclure." Sur ce point difficile de lui donner tort. Sur l’action qui a précédé le but espagnol, un coup franc de Weisley Sneijder, en prolongation, Howard Webb n'a pas vu que le ballon avait été dévié par le mur (115e). "C'est une erreur incompréhensible de l'arbitre", dénonce de Jong. "Tout le monde dans le stade a pu voir qu'il y avait corner et non coup de pied de but. Et dans la foulée nous prenons le but", renchérit Joris Matijsen.
Le hic dans l’histoire, c’est que les Néerlandais sont muets sur leur propre comportement, souvent à la limite de l'agression. En première période, Mark Van Bommel puis Nigel De Jong auraient sans doute mérité l'expulsion. Le premier pour un tacle par derrière sur Iniesta (22e). Le second pour une semelle en pleine poitrine de Xabi Alonso (28e). En d'autres termes, les Pays-Bas auraient pu (ou auraient dû) se retrouver à 10, voire à 9, avant même la demi-heure de jeu. Il a fallu attendre la 109e minute pour que Heitinga soit expulsé.
"Les Espagnols aussi ont commis de grosses fautes." C'est la réponse de Bert Van Marwijck. Un peu court... Les Oranje auront récolté 23 cartons jaunes en Afrique du Sud, égalant ainsi le total d’une équipe lors d’une Coupe du Monde : l’Argentine en 1990. Par ailleurs, il n’y avait pas autant de cartons en Coupe du monde depuis un match de 2006 entre le Portugal et… les Pays-Bas.
Le sélectionneur avoue néanmoins que cette entreprise de démolition du milieu de terrain espagnol était le fruit d'une stratégie. "Ce n'est pas notre style de commettre toutes ces fautes. Mais c'était une finale", concède Van Marwijck. "Nous voulions jouer un beau football mais il y avait une grosse équipe en face, explique encore le beau-père de Van Bommel. Mais je le répète les deux équipes ont commises des fautes. Même si ce n'était pas ce que les gens espéraient pour une finale, il y avait de l'intensité."
Statistiques Clés
L'Espagne a marqué seulement 8 buts lors de ce Mondial, un record de faiblesse pour un champion du monde.
| Équipe | Cartons Jaunes | Cartons Rouges |
|---|---|---|
| Pays-Bas | 9 | 1 |
| Espagne | 5 | 0 |
Parcours des Équipes
- Espagne: Championne d'Europe en 2008, l'Espagne a surmonté une défaite initiale contre la Suisse pour remporter son premier titre mondial.
- Pays-Bas: Les Pays-Bas ont atteint la finale avec un jeu solide, mais ont été incapables de vaincre l'Espagne en prolongation.
Johan Cruyff, lui, a dû détourner les yeux... Au moins Van Marwijck reconnaît-il que "la meilleure équipe a gagné". Même si son plan a failli marcher. "Nous étions proches des penalties. Nous étions si proches", regrette-t-il alors qu'il dresse un constat lucide : "Robben a eu deux grosses occasions. Mais l'Espagne en a eu plus". Pour Mathijsen, les Oranje devaient d'ailleurs s'en prendre "aussi" à eux-mêmes. "Pour devenir champion du monde, il y a des occasions qu'il faut concrétiser", a assumé le défenseur du HSV Hambourg à propos de ces deux occasions gâchées par Arjen Robben. Une preuve de fair-play un peu tardive.
L'Espagne est sacrée championne du monde pour la première fois de son histoire, après un match haché mais pour le moins intense, et réalise le doublé Euro - Coupe du monde.
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