La Coupe du Monde de football 2002, co-organisée par la Corée du Sud et le Japon, restera un souvenir amer pour les supporters français. Les Bleus, auréolés de leur titre de champions du monde en 1998 et de leur victoire à l'Euro 2000, abordaient la compétition avec le statut de grands favoris. Cependant, leur parcours fut une véritable descente aux enfers, marquée par des contre-performances et une élimination dès le premier tour.
Carte des qualifications pour la Coupe du Monde 2002.
Un Contexte Favorable Illusoire
Depuis son triomphe de 1998, l'équipe de France a brillamment remporté l'Euro 2000. Patrick Vieira, capitaine d'Arsenal, se voyait considéré comme le meilleur milieu de terrain défensif de la planète. Les Bleus, entraînés par Roger Lemerre qui a succédé à Aimé Jacquet après la victoire de 1998 et dont le nouveau capitaine est Marcel Desailly, qui a pris la suite de son ami Didier Deschamps après l'Euro 2000, demeuraient les grands favoris de la compétition.
Cependant, des nuages se profilaient à l'horizon. Robert Pires, victime d'une grave blessure en mars, était forfait. De plus, lors du dernier match de préparation, Zinédine Zidane s'est blessé à la cuisse, le rendant indisponible pour les deux premières rencontres.
Le Match d'Ouverture : La Défaite Face au Sénégal
En match d'ouverture, au Séoul World Cup Stadium, la France affronta le Sénégal devant 62 561 spectateurs. Si David Trezeguet tira sur le poteau en début de rencontre, le Sénégalais Bouba Diop trompa Fabien Barthez à la trentième minute. Jamais les Bleus ne parvinrent à égaliser. Ce premier match s'acheva donc sur une immense surprise : la défaite des champions du monde.
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Match France-Sénégal en 2002.
Le Nul Face à l'Uruguay
Le 6 juin à Busan, la France fut tenue en échec par l'Uruguay (0-0), Fabien Barthez réalisant des prouesses face aux attaquants de la Celeste, ce qui permit aux Bleus de conserver un espoir de qualification.
Le Match Décisif : La Défaite Face au Danemark
Le 11 juin à Incheon, les données étaient limpides : une victoire de la France contre le Danemark par deux buts d'écart, et l'aventure continuait ; tout autre résultat condamnait les Bleus à un retour précipité. Malgré la rentrée de Zinédine Zidane, jamais les Français ne semblèrent en mesure de tenir leur pari : le Danemark s'imposa 2 buts à 0, et se qualifia, dans ce groupe A, pour les huitièmes de finale, en compagnie du Sénégal.
Aucune victoire, aucun but marqué, une élimination dès le premier tour : jamais un champion en titre n'avait présenté un bilan aussi médiocre.
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Analyse Tactique et Erreurs de Lemerre
Selon Halilhodzic, deux joueurs ne devaient surtout pas se blesser, deux qui devaient être à leur maximum, si les Français voulaient conserver leur titre de champion du Monde. Le système de jeu adopté par Lemerre restait immuable : un 4-2-3-1. Dans la ligne intermédiaire, Vieira joua les trois matches, flanqué de Petit, qui, en raison d’une suspension, due à deux avertissements, dut laisser Makélélé jouer le dernier.
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Offensivement, il fallait remplacer Zidane contre le Sénégal et l’Uruguay : ce fut Youri Djorkaeff qui dut s’y coller tout seul pour le premier match, alors qu’il n’a jamais été un meneur de jeu, mais un passeur-scoreur ; il est logiquement fait appel à Johann Micoud pour le match suivant, mais il faillit à sa tâche. Zidane reprit la direction des opérations pour le dernier match, contre le Danemark : mais il n’était qu’à 50 % de ses moyens et déçut, lui aussi.
L’équipe de France était très dépendante de son meneur de jeu, ce n’est pas historiquement nouveau, elle l’était déjà de Kopa, puis de Platini. Sur le papier, l'attaque était brillante, étincelante : Henry, Trezeguet, Cissé. Mais il s’agissait de buteurs réclamant d’être servis ou lancés, pas de joueurs capables de se créer eux-mêmes leurs occasions de but.
Lemerre résuma le choix tactique des Sénégalais (entraînés par un Français, Bruno Metsu) : « Ils avaient leur gardien et neuf joueurs devant lui. » Les adversaires des Bleus les craignaient tellement qu’ils ont choisi de ne pas jouer, de fermer les espaces en massant le maximum de joueurs dans les 20 à 25 derniers mètres, de presser haut, obligeant les Français à développer un jeu latéral et à procéder, de guerre lasse, par des centres inopérants. Le défi consistait à mettre de la vitesse dans le jeu, à perforer et casser les lignes, mais les vieux grognards alignés par Lemerre ne le pouvaient pas.
Face au Danemark, bien que les Danois aient toujours eu une réputation offensive, le scénario du match fut hélas le même que celui des deux précédents. Possession 55%, 6 tirs cadrés (pour 0 but) contre 2 seulement aux Danois (pour 2 buts !), 2 tirs sur la barre (Desailly et Trezeguet), un total de 451 passes à 262, bref du déjà-vu. Les Bleus semblaient émoussés physiquement, fatigués, moralement touchés, aussi. Le pressing était mou et trop bas, le rythme de jeu lent, les latéraux montaient peu, le jeu manquait dramatiquement de profondeur, et du reste Trezeguet, contrairement à Cissé, n’était pas adapté au jeu en profondeur, il lui fallait du jeu placé, mais il était isolé en pointe.
Lemerre aurait-il pu redresser la barre ? Fallait-il innover ? Sans doute, dès après le match perdu contre le Sénégal, car il était évident que les autres adversaires allaient imiter son choix tactique d’antijeu. Mais Lemerre le pouvait-il ? Il avait laissé à la maison trop des jeunes joueurs qui avaient apporté leur sang neuf lors de la Coupe des Confédérations, préféré un Micoud à Eric Carrière, passeur hors-pair, à la Griezmann, fluidifiant le jeu, et capable de marquer, pour pouvoir faire du coaching comme en 2000.
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Tableau des Matchs de la France
| Date | Adversaire | Résultat |
|---|---|---|
| 31 mai | Sénégal | 0-1 |
| 6 juin | Uruguay | 0-0 |
| 11 juin | Danemark | 0-2 |
Conséquences et Répercussions
Avec l’élimination conjointe au premier tour du Portugal et surtout de l’Argentine, autre méga favori, les Bleus pouvaient se prévaloir de l’excuse recevable d’avoir disputé cette Coupe du monde vite rebaptisée « le Mondial de la fatigue ». À Paris, la classe politique prit acte de cet échec prématuré qui froissa quelque peu le prestige français à l’international et qui affligea la nation d’une sacrée gueule de bois.
La FFF attendait que Roger Lemerre démissionne de lui-même. Sauf que Roger ne voulait pas ! Le 6 juillet, Claude Simonet prononça son éviction ubuesque. Roger Lemerre n’est ni limogé ni licencié. Il a tout simplement « accepté d’être déchargé de sa mission »!
Réactions Boursières et Publicitaires
Comme lors des deux premiers matchs, l'action TF1 a accusé le coup pendant la rencontre opposant la France au Danemark hier : un trou d'air au moment du deuxième but danois et une baisse de 2,5 % au coup de sifflet final. Mais une fois ces mauvaises nouvelles connues, le titre, loin de s'effondrer, s'est même offert une superbe hausse de 4,77 %, à 31,40 euros en clôture !
L'élimination de l'équipe de France va pénaliser le chiffre d'affaires publicitaire pour le deuxième trimestre, le surplus attendu de recettes issues de la Coupe du monde se tarissant automatiquement, et déjà certains analystes ont revu à la baisse leurs prévisions.
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