Champions du Monde de Capoeira: Qui sont les Meilleurs?

La capoeira est un art martial afro-brésilien qui combine des éléments de lutte, de danse, d'acrobatie et de musique. Née de la résistance des esclaves au Brésil, elle est aujourd'hui pratiquée dans le monde entier. Cet article explore l'histoire de la capoeira, ses figures emblématiques et les champions qui ont marqué son évolution.

Mouvements de Capoeira

Mouvements de Capoeira

L'histoire de la Capoeira

Il est très difficile de décrire en détail la genèse de cet art martial puisqu’il est né dans la clandestinité et donc n’a laissé quasiment aucuns documents pour raconter son histoire. Certains voient la capoeira comme totalement africaine car tout ce qui la constitue existe, ou aurait existé, sous une certaine forme en Afrique.

D’autres pensent qu’elle est totalement brésilienne puisque née sur le territoire du Brésil bien qu’ayant pour créateurs des esclaves venant d’Afrique. Cependant la version la plus communément admise est qu’elle est inextricablement afro-brésilienne : pendant l’esclavage au Brésil dès le XVIème siècle, les portugais ont séparés et mélangés différentes tribus africaines pour diminuer les risques de révoltes, différentes populations se seraient retrouvés en contact et de ce regroupement hétéroclite serait né la première forme de capoeira, association de luttes et traditions africaines dans un contexte de société coloniale portugaise au Brésil.

La capoeira exprimerait une forme de rébellion contre la société esclavagiste, les premiers capoeiristes s’entrainaient à lutter en cachant leur art martial sous l’apparence d’un jeu ; ainsi quand les maîtres approchaient, le caractère martial était déguisé par la musique et les chants, le combat se transformait promptement en une sorte de danse qui trompait leur méfiance et leur empêchaient de voir caractère belliqueux de la capoeira.

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Elle aurait été aussi pratiquée dans les « quilombos », refuges secrets d’esclaves en fuite pour échapper à leur tortionnaires. Le plus connu, « O Quilombos dos Palmares » a tenu plus d’un siècle et a fait l’objet de nombreux chants et son représentant le plus célèbre, Zumbi Dos Palmares est une des figures de la résistance des esclaves africains. La capoeira traduirait également une forme de langage corporel : les premiers esclaves parlant différentes langues l’auraient créé également comme une sorte vecteur de communication entre les différentes cultures.

Ce sont les explications les plus souvent émises, de nombreux historiens ont cherchés à expliquer les circonstances de la naissance de la capoeira mais il semble impossible de le faire d’une manière formelle et tangible.

De mieux en mieux connue et définie au cours de l’histoire du Brésil, elle survivra jusqu’à l’indépendance du Brésil en 1822 et l’abolition (officielle) de l’esclavage en 1888 mais elle reste tout de même mal vue par l’autorité qui la considère comme dangereuse et l’interdit en créant dès 1890 un délit punissant ceux qui se rendent coupable de capoeiragem : la pratique de la capoeira.

Pratiquée notamment par les brigands et malfrats en tout genre, réunis en bandes rivales appelés maltas de capoeira, la capoeira se pratiquait clandestinement dans la rue et les « capoeiristas » ou « Capoeira » causaient des désordres car ils l’utilisèrent régulièrement pour régler leurs comptes dans des affrontements sanglants.

Dans les années 1930, Manuel dos Reis Machado plus connu comme Mestre Bimba fonde la première école de capoeira qu’il appelle le « Centro de Cultura Fisica e Capoeira Regional » à Salvador de Bahia et créé le style de capoeira que l’on nomme « Capoeira Regional ».

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Ce fait est singulier car à l’époque la capoeira ne s’apprend que dans la rue et dans le vif, s’entrainer à la capoeira dans une salle avec des entrainements codifiés ( dont notamment les fameuses huit séquences de Mestre Bimba ) était nouveau et préfigure des multiples académies qui vont se créer par la suite.

La capoeira regional se distingue de la capoeira traditionnelle car Mestre Bimba y intègrera des éléments de « Batuque », une lutte africaine que pratiquait son père, et d’autres éléments venus d’arts martiaux étrangers pour en faire une lutte différente de la capoeira traditionnelle.

Un de ses souhait est aussi de nettoyer l’image de la capoeira en la dissociant du banditisme et des problèmes de délinquance de la société brésilienne de l’époque. Pour cela, il n’accepte dans son académie que des individus pouvant certifier d’un travail honnête : ainsi la première génération d’élèves se trouvent être majoritairement des jeunes blancs aisés et de bonne famille ce qui à l’époque était une forme de respectabilité.

En 1952 il réussi à attirer l’attention du président brésilien de l’époque, Getulio Vargas, et fera une démonstration à la suite de laquelle le président affirmera que la capoeira est le « véritable sport national ».

L'histoire de la Capoeira, en 3 min

Le Système de Cordes

Avec l’essor de la capoeira, le Brésil a vu apparaître de nombreux groupes et vers 1970, un groupe qui souhaitait pratiquer la capoeira a créé un système de cordes à l’image des ceintures de couleur des arts martiaux asiatiques. Néanmoins, il n’y a pas d’uniformité entre les différents groupes de capoeira en ce qui concerne les couleurs des cordes. Chaque groupe a un classement de couleur qui lui est propre.

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La plupart du temps, la première corde est la blanche, qui représente la virginité et à qui on doit tout apprendre, mais parfois, cela peut être vert clair en signe d’un fruit qui n’a pas encore atteint maturité. Dans certains groupes la corde blanche est celle des «Maîtres» eux-mêmes.

Le Batizado marque l'entrée de l'élève débutant dans le monde de la Capoeira. C'est lors de cet événement que l'élève recevra sa première corde. C'est le grand MESTRE BIMBA (créateur de la Capoeira Régionale) qui fut le premier à organiser un baptême au sein de son académie à Salvador de Bahia. Pour Mestre Bimba, "batizar" un élève consistait à l'introduire face à un élève formé de l'Académie, dans une roda dont la cadence était dictée par le toque (rythme) " São Bento Grande" et à lui attribuer un surnom à la fin de celle-ci.

Une fois que tout le monde avait été baptisé, il y avait la fête des débutants. Le baptême est une fête pour tous les adeptes de la Capoeira. Il offre l'occasion de connaître des MESTRES (Maîtres) de Capoeira et des élèves d'autres académies /écoles. Il ouvre les portes au monde culturel brésilien., un monde qui ne se limite pas uniquement à des mouvements de Capoeira mais qui comporte de la musique et une véritable philosophie de vie.

Figures Emblématiques de la Capoeira

Mestre Bimba

Machado est né à Salvador en 1899; Le surnom de "Bimba" est venu en raison d'un pari entre sa mère et la sage-femme lors de sa naissance; sa mère a parié qu'il allait être une fille et le pari de la sage-femme, il serait un garçon. Il a commencé la capoeira apprend alors qu'il était âgé de 12 ans.

Mestre Bimba

Mestre Bimba

Zumbi Dos Palmares

Il semblerait qu'il soit né aux alentours de 1655 dans l'état d'Alagoas. Il passe alors des années à aider le père Antonio à la messe et à apprendre le portugais et le latin. Zumbi prend la tête de la résistance qui se met en place dès 1680. Avec le soutien d'une forte poignée d'insurgés, Zumbi résiste vaillamment durant une quinzaine d'années. Il devient une icône pour son propre peuple, et certains affirment qu'il est en partie humain et en partie habité par des esprits africains : des orixas.

C'est en1694 que les commandants Domingos Jorge Velho et Bernardo Vieira de Melo, appuyés d'une puissante artillerie, mènent un assaut destructeur sur les Palmares. Ce personnage reste une icône de la résistance anti-esclavagiste et anti-colonialiste, et un héros pour la communauté afro-brésilienne, le Brésil et l'Amérique latine en général.

Mestre Pastinha

Vicente Ferreira Pastinha, est né le 05 avril 1889 à Salvador, Mestre Pastinha a joué la capoeira pendant plus de 80 ans. Son père était espagnol et sa mère africaine. Il est petit garçon quand Mestre Benedito le voit une fois jouer et se bagarrer avec un garçon beaucoup plus fort que lui. Il dit à Pastinha que si il venait chez lui, il apprendrait à être "valioso". A 12 ans il part à l'école d'apprentissage des marins, il en sort à 20 ans.

Concernant la mauvaise réputation des capoeiristes d'antan il déclare: "tout ceci est le linge sale de l'histoire de la capoeira (répression de la Capoeira), mais le revolver est-il le le coupable des crimes qu'il réalise, et le couteau, les canons ? «Angola, capoeira, mãe! En 1941 fut crée le "Centro Esportivo de Capoeira Angola".

Les manuscrits du maître sont de cette époque, en 1949 le Ceca s'etablit dans la fabrique de Savonnette Sicool, dans l'endroit connut comme Bigode, dans le quartier de Brotas, c'est là que : "les premières chemises furent faites, au Bigode, de couleurs noires et jaunes". En 1969, le maitre pert definitivement la vue.

Champions du Monde de Capoeira

Mahrie Corbu

Voyager seule au Brésil, affronter les meilleurs du monde, tout donner dans la roda… et décrocher le titre ! C’est l’incroyable exploit réalisé par Mahrie Corbu, nouvelle championne du monde de capoeira. Mais derrière cette victoire, il y a des années de travail, une bonne dose de passion et une vision engagée de la discipline. Honnêtement, sur le moment, j’étais juste soulagée. La compétition avait pris beaucoup de retard, et avec le décalage horaire, il était deux heures du matin en heure française.

J’ai pris un coup de talon en plein dans les côtes, impossible de respirer. J’étais au sol, persuadée que j’avais une côte cassée. Puis j’ai vu les secouristes arriver avec une civière et là, j’ai compris : si je monte là-dessus, c’est fini pour moi. Alors je me suis relevée et j’ai continué.

Petite, je faisais de la boxe, mais mon coach n’était pas sérieux, alors j’ai arrêté. Avec ma mère, on a regardé les autres sports proposés près de chez moi, et elle m’a suggéré la capoeira. J’ai détesté. Trop compliqué, trop de coordination… Mais elle m’a obligée à continuer quelques cours. Le fait qu’il n’y ait pas de catégories, pas de limites. Peu importe ton âge, ton niveau, ton origine, la capoeira est pour tout le monde.

Attendre mon tour, c’est le plus stressant et le plus long. Mais dès que c’est à moi, je me laisse porter par la musique et le stress se transforme en adrénaline. Prendre confiance en moi. Petite, je voyais plein d’enfants hyper doués, et moi, j’avais du mal. Mais j’ai toujours entendu : Bon est celui qui s'entraîne. C’est ça le paradoxe : en capoeira, on joue plus qu’on ne combat.

Je m’entraîne déjà intensément toute l’année, donc avant une compétition, je ne change pas grand-chose. Je n’écoute que des enregistrements de roda. Je continue mes entraînements et je développe mon projet à Bordeaux. Je veux rendre la capoeira accessible à tous : crèches, écoles, centres sociaux, EHPAD, associations pour les demandeurs d’asile ou les personnes en situation de handicap etc. La capoeira est née de la lutte pour la liberté.

Arthur Brandão

D’origine brésilienne, Arthur Brandão est arrivé deuxième au championnat intervilles de capoeira en juin dernier, à Paris. « Je fais de la capoeira depuis que j’ai 5 ans. » Teint hâlé, cheveux bruns, Arthur Brandão baigne dans la culture brésilienne depuis tout petit. Ses parents sont tous les deux nés là-bas, et c’est son père, Marcelo Brandão, le « mestre » du grupo cultura de Capoeira.

À seulement 15 ans, Arthur est devenu vice-champion intervilles de capoeira. Les 16 et 17 juin derniers, à Élancourt en région Parisienne, le jeune lavallois a combattu d’autres capoeiristes lors d’une compétition nationale intervilles.C’est la troisième fois qu’il participait à ce championnat. , plaisante-t-il. Cette compétition se compose d’une catégorie « combat », où deux adversaires doivent s’affronter pendant une minute et d’un « jeu solitaire » : « Pendant 45 secondes, on doit faire le maximum d’acrobaties. , explique le jeune lavallois. Il a remporté la médaille de bronze de cette catégorie.

Pas toujours facile d’allier les études et le sport de haut niveau. Il s’entraîne six heures par semaine, sans compter son « entraînement personnel » . « Sans mentir, je ne suis pas un très bon élève » , confie-t-il. Il vient d’obtenir son brevet, et ira à l’Immaculé conception à la rentrée. Plus tard, il aimerait suivre les traces de son père, et devenir « mestre » de capoeira. « Ce sport allie la danse et le combat, mais aussi l’apprentissage du portugais. C’est toute une culture.

Pour partager cette passion, il va à la rencontre des autres groupes de capoeira de la région, lors d’organisation d’après-midi : « On essaye de se réunir le plus possible. » Ses racines, il les a aussi côtoyées lors d’un voyage au Brésil, il y a deux ans. Durant un mois, les capoeiristes du Grupo cultura de Capoeira ont visité le pays : « C’était incroyable, tous les jours on faisait de la capoeira ! » se remémore-t-il.

Autres Figures Importantes

Princesse Isabel

Isabelle du Brésil (Isabel do Brasil), princesse impériale du Brésil est née à Rio de Janeiro, au Brésil, le 29 juillet 1846 et est décédée au château d’Eu, en France, le 14 novembre 1921. Héritière du trône et trois fois régente du Brésil. La princesse Isabelle est prétendante au trône impérial après la chute de la monarchie.

Deuxième enfant de l’empereur Pierre II, la princesse Isabelle naît en 1846 au Palais de São-Cristóvão. Afin de préparer la princesse Isabelle à son rôle d’héritière du trône, Pierre II lui fait donner une éducation soignée. La princesse Isabelle doit assumer la régence à l’âge de 24 ans. Libérale, la princesse Isabelle soutient fermement les partisans de l’abolition de l’esclavage et appuie ainsi le combat de nombreux jeunes politiciens et artistes.

Le 30 juin 1887, la princesse Isabelle assume pour la troisième fois de sa vie la régence et décide très vite d’en terminer avec le régime esclavagiste. Le 13 mai 1888 ont lieu les derniers votes concernant l’abolition de l’esclavage. Certaine de sa victoire, la régente gagne Petropolis pour y signer la « Loi d’Or » (« Lei Aurea ») qui met fin à l’esclavage au Brésil. Un peu moins d’un an après l’abolition, la monarchie brésilienne s’écroule.

Inspirés par les radicaux positivistes et appuyés par les fazendeiros, les militaires déposent le cabinet du vicomte de Ouro Preto et installent une dictature républicaine dans le pays. Le matin du 17 novembre 1889, la princesse Isabelle et sa famille sont donc contraints de quitter secrètement le Brésil. Mais, avant de partir et pour répondre à la prophétie de Cotegipe, la princesse déclare : « si j’avais eu mille trônes, j’aurais donné mille trônes pour libérer les esclaves du Brésil » (« Mil tronos eu tivesse, mil tronos eu daria para libertar os escravos do Brasil »).

La Capoeira Aujourd'hui

La capoeira est bien plus qu'un simple art martial. C'est une discipline du corps et de l’esprit qui permet au pratiquant de se renforcer et de s’équilibrer mentalement et physiquement. Elle nous emmène dans un espace de liberté et d’accomplissement de soi. Les exercices font appel à un travail physique, mais aussi rythmique autour de la pratique du chant et des instruments de percussions.

Emmanuel Lacheret, capoeiriste et représentant du groupe brésilien de Mestre Ary Reza Brava et fondateur de Capueval, Académie équestre alliant cheval et capoeira, un concept unique en France, pratique la capoeira depuis 1992. II s’est formé à la source, auprès de différents maîtres et professeurs de capoeira, en France et mais aussi au Brésil à travers plusieurs longs séjours.

Manu Pensador, éducateur sportif capoeiriste au Monastère, s’attache à garder l’essence propre de cet art en restant proche des racines afro-brésiliennes et de son esprit, tout en cherchant à développer l’identité propre de chacun et de notre culture.

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