L'Histoire Fascinante du Bouclier de Brennus

Le Bouclier de Brennus consacre depuis 1911 le champion de France de rugby à 15. La Fédération française remet également un bouclier similaire, moins prestigieux, au club vainqueur du Pro D2, la deuxième division.

À la surprise générale, le club de l'US Montauban a remporté ce trophée au printemps 2025. L'équipe du Tarn-et-Garonne le garde pendant un an et décide d'en faire profiter l'ensemble du département. Samedi 20 septembre, l'US Montauban confie le bouclier à la Chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne pour la foire "Bienvenue à la campagne" de Montbeton. Le trophée se retrouve dans la ferme de Bexianis, au stand de fruits et légumes.

Mais dans la soirée, au moment de le mettre à l’abri, plus aucune trace du précieux trophée, rapportent nos confrères de La Dépêche. Le quotidien raconte que les organisateurs croient d'abord à une boutade. Ils comprennent finalement que le précieux sésame a été subtilisé. Ils contactent les gendarmes de la brigade de Montech. Le vaste site, ouvert au public et sans caméras de surveillance, complique le travail des enquêteurs.

Questionné par le journal local, le président de la Chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne Jean-Philippe Viguié se dit "dégoûté". Il ne cache pas son amertume : "On l’avait en exposition, c’était une superbe fête. Le bouclier est un beau symbole, il représente des valeurs de combativité et de solidarité qui nous sont chères. Quelqu’un gâche la fête… On ne comprend pas ce qu’il s’est passé, le bouclier était en lieu sûr.

Lorsqu’ils pénétreront dans l’arène du Stade de France, peu avant 20 h 45 ce dimanche, Clermontois et Toulonnais n’auront d’yeux que pour lui. Pas pour Emmanuel Macron, le nouveau président de la République, mais pour ce vénérable Bouclier de Brennus, remis à l’équipe victorieuse de la finale du Top 14.

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Certains osent lui donner une petite tape ou le caressent du bout des doigts, en passant. Un geste sacrilège, allez savoir, tant le Bouclier de Brennus est le réceptacle de toutes les superstitions. Il est posé là, fièrement, à la sortie du tunnel, tel une œuvre d’art. C’est d’ailleurs une œuvre d’art.

Ce Bouclier, on lui a tout fait… Ce Bouclier est insubmersible. Il a été récupéré un jour dans la Rade de Toulon. Il en a vu des vertes, des pas mûres et des plus impudiques. On lui a tout fait comme s’il sortait de « La Guerre des boutons ». On raconte qu’il aurait servi à transporter des glorieux centurions tombés au combat de la quatrième mi-temps. Qu’il aurait fait office de paddle-board ou de plumard. Ou d’hydrospeed, de skate, de luge, de comptoir.

« Moi, sourit Jamie Cudmore, vainqueur du championnat 2010 avec l’ASM, je l’ai amené dans mon village, près de Clermont. Il y a passé quelques jours. Tout le monde venait le toucher, se prendre en photo avec lui. »

« Pour un Canadien comme moi, ce Bouclier au départ n’évoque absolument rien, insiste Cudmore, dont le livre « Présumé coupable » vient de sortir aux éditions Marabout. Plus jeune, la seule chose qui me parlait, c’était le Tournoi des 5 Nations que je regardais à la télé avec mon père.

D’autres n’ont pas eu cette chance. « Je connais un paquet de grands internationaux qui échangeraient leurs sélections contre un titre du championnat de France, soutient Jérôme Thion, sacré avec Biarritz en 2005 et 2006. Ce Bouclier, c’est le truc ultime. » Le deuxième ligne basque, reconverti comme consultant sur Eurosport, pense à un autre Biarrot, Serge Blanco, « seulement » finaliste en 1992.

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Pas plus que d’autres monstres sacrés d’Ovalie comme Jean-Pierre Rives (finaliste 1980), Pierre Albaladejo (trois finales perdues avec Dax !), Lionel Nallet et Philippe Saint-André qui, eux, n’ont même jamais disputé de finale. La liste est loin d’être exhaustive.

« C’est même pire que ça pour moi, sourit l’ancien troisième ligne de l’ASM et des Bleus. J’ai joué cinq grandes finales et je n’en ai gagné aucune… Deux perdues avec Clermont, mais aussi une de Coupe d’Europe avec Brive, une de Challenge européen avec les London Irish et la finale de la Coupe du monde en 1999. » Résultat : Magne n’a pas de palmarès.

« Si, corrige le joueur aux 90 sélections, plusieurs fois vainqueur du Tournoi des 6 Nations j’ai été champion de France junior avec Dax… » Sinon, ça va ? « Vous savez, il faut relativiser. Je me suis toujours dit que j’avais le sentiment d’avoir tout mis en place pour aller au bout.

Celle de ne jamais avoir pu soulever ce satané Bout de Bois. Ce qui n’est pas, au demeurant, un exercice de tout repos. Le bougre pèse sa vingtaine de kilos, avec cette plaque de cuivre vissée comme un astre sur lequel s’égrène la longue liste des vainqueurs depuis 1892.

« C’est justement pour cette raison que ce Bouclier est un objet de vénération, décrit Pierre Rabadan, vainqueur à quatre reprises avec le Stade Français. Tu sens que ce machin a traversé les époques. De 1915 à 1919, puis de 1940 à 1942, le Bouclier a observé un sommeil forcé. Mais il ne dormait que d’un œil.

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« Toute l’Ovalie y est culturellement attachée, reprend Rabadan, ancien troisième ligne, devenu conseiller sports d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris. Au Stade Français, quand les joueurs étrangers débarquaient chez nous, ils avaient du mal à saisir. Il est de toute façon unique. Et pas peu fier de l’être avec son mètre de haut et ses 75 centimètres de largeur.

« Il renvoie à l’enfance, à nos débuts à l’école de rugby, propose Cédric Heymans, double champion de France avec Toulouse en 2008 et 2011. Moi, j’ai débuté à cinq ans et je me souviens des images des capitaines levant ce truc.

C’est dans ce village aux portes de Brive que l’ailier, quadruple lauréat de la Coupe d’Europe, a mis un point d’honneur à balader le Bouclier après son premier triomphe toulousain. « Il n’y a rien de plus émouvant. Tu reviens dans le village où tout a débuté, où tu t’es formé. Comme l’expose le consultant du Canal Rugby Club, au micro dimanche soir pour la finale Clermont - Toulon, le Bouclier de Brennus fédère. Parce qu’il est à la fois différent des autres trophées décernés dans les sports collectifs et parce qu’il crée du lien.

« En quatrième série, tu joues aussi pour aller chercher un Bouclier, éclaire Jérôme Thion.

Romain Ntamack avance à pas de géant. Avec ce niveau d’exigence que lui-même va désormais se fixer. Comme le rappelait dans nos colonnes, son père Emile : « Il a eu la chance de gagner très tôt le bouclier de Brennus. »

Un exemple ? Celui de… l’exemplaire Jerome Kaino : « C’est un monument. Il n’a pas besoin de beaucoup parler pour donner l’exemple. Ce sera son dernier match européen.

Oui mais un poids qui n’est pas une barrière ou un frein. Pas question de le vivre comme ça : « C’est juste un clin d’œil de plus à l’histoire du club et de notre famille. Il me laisse vivre ma finale comme je le sens. En plus, ce n’est pas le genre à faire l’ancien et dire ce qu’il faut faire ou pas faire. Je sais qu’il faudra juste prendre tout ce qu’il y a à prendre. Un paquet de joueurs est quasiment né dans ce club. Accrocher une étoile serait quelque chose de fort pour le groupe.

Bouclier de Brennus

Le Bouclier de Brennus est bien plus qu'un simple trophée sportif. C'est un symbole culturel fort, ancré dans l'histoire du rugby français et porteur de valeurs de combativité, de solidarité et de fierté régionale.

Origines et Histoire Ancienne de la Gaule

Pour comprendre l'importance du nom "Brennus" associé à ce bouclier, il est essentiel de se plonger dans l'histoire de la Gaule indépendante.

Carte de la Gaule

Au second siècle avant notre ère, la Gaule passait pour un des pays les plus peuplés du monde. Les citoyens des villes grecques disaient alors de leurs patries qu'elles se mouraient faute d'hommes et ils pensaient en même temps des tribus gauloises qu'elles souffraient d'un excès de multitude.

Ce qui est l'impression ordinaire que les invasions laissent à leurs victimes. A ces vagues hyperboles les érudits modernes ont substitué des tableaux et des statistiques : s'aidant des chiffres d'effectifs militaires conservés dans les récits anciens, ils ont évalué en nombres la population de la Gaule; et ils l'ont fixée fort bas, bien au-dessous de ce qu'elle est maintenant et de ce qu'elle a jamais été, à moins de dix millions, c'est-à-dire tout au plus au sixième des êtres qui vivent aujourd'hui entre le Rhin et les Pyrénées.

Entre ces deux frontières, ce n'étaient certes pas des myriades infinies d'hommes qui naissaient sans cesse, pareilles à la multitude grouillante de la Chine des grands fleuves; mais les tribus n'y vivaient pas cependant en de rares petites troupes disséminées dans des clairières ou des oasis, comme les indigènes des forêts ou des déserts africains.

L'immensité des espaces sylvestres et marécageux n'était pas, en ce temps-là et sous ce climat salubre, un obstacle à la vie humaine : les bois et les palus avaient leurs habitants à demeure ; Gaulois ou Ligures étaient moins sensibles que nous au froid, à la fraîcheur ou au brouillard; et, comme ils redoutaient surtout la chaleur, ils ne fuyaient pas le contact des terres humides et ombragées.

Que de ruines de cette époque ne trouve-t-on pas dans des régions que les époques suivantes ont à demi désertées, jadis foyers d'habitation constante, aujourd'hui lieux de rendez-vous temporaires : la cime glaciale du mont Beuvray, le Larzac infertile et les Causses pierreuses, les marais du Médoc et les sables des dunes, terres vouées d'ordinaire à la solitude, sont pleines des souvenirs et des produits d'autrefois.

La Gaule put livrer des armées aussi nombreuses que celles que la France produisit dans les temps de levées en masse ou de conscription sévère : en 52, tout à la fin d'une longue campagne précédée de six ans de guerre, César aura encore à combattre 338 000 Gaulois, sortis presque tous des terres comprises entre la Garonne, les Cévennes, la Somme et la Marne.

Quand César pénétra au nord de la Marne, il fut effrayé du nombre de guerriers que produisait chaque peuple : le Beauvaisis à lui seul, dont la superficie était de moins de 600 000 hectares, pouvait lui en opposer 100 000, ce qui suppose une population totale de 400 000 hommes, chiffre actuel de celle du pays. Une armée de 296 000 soldats fut mise sur pied entre la Meuse, l'Aisne et la Seine, et il était facile de la renforcer.

Brennus : Un Nom Lié à la Victoire Gauloise

Le nom de Brennus évoque une figure historique majeure de la Gaule. En 390 avant J.-C., Brennus, chef gaulois, mena ses troupes à une victoire éclatante sur les Romains lors de la bataille de l'Allia. Cette victoire permit aux Gaulois de piller Rome, un événement marquant de l'histoire romaine.

Brennus

Les Gaulois, conduits par leur grand brenn (Brennus), remportent une éclatante victoire sur les Romains. Prise et pillage de Rome. Le Capitole, assiégé, est sauvé d'une surprise de nuit, grâce aux cris des oies sacrées qui donnent l'éveil. Le brenn consent à évacuer Rome moyennant le paiement d'une forte rançon ; peu après, le dictateur Camille force par les armes les Gaulois à quitter également le territoire de la République.

Les Invasions Barbares et la Bataille de Châlons

Vers 400, les invasions barbares marquent un tournant dans l'histoire de la Gaule. Les peuples barbares, longtemps contenus par la puissance romaine, franchissent le Rhin et s'étendent dans toute la Gaule. Les diverses tribus des Francs s'établissent entre le Rhin et la mer du Nord.

En 451, à l'approche de l'invasion d'Attila, roi des Huns, tous les peuples de la Gaule se réunissent sous le commandement du général romain Aetius. Attila est défait dans une grande bataille, dite aussi des Champs catalauniques ; il évacue la Gaule. Dans cette bataille, les Francs étaient commandés par leur chef Merowig ou Mérovée, qui a donné son nom à la première dynastie de nos rois.

Clovis et la Fin de la Domination Romaine

En 486, Chlodowig ou Clovis, petit-fils et deuxième successeur de Mérovée, bat et tue Syagrius, deuxième successeur d'Aetius, et met fin à la domination romaine dans la Gaule.

En 496, Clovis bat les Alamans qui, voulant leur part du territoire gallo-romain, avaient franchi le Rhin et empiétaient sur les tribus alliées aux Francs. A la suite de celle victoire, le roi franc se fait baptiser à Reims par l'évêque saint Rémy ; il y gagne l'appui du tout-puissant clergé gallo-romain.

Le Memento Chronologique de l'Histoire Militaire de la France

Le Memento chronologique de l'histoire militaire de la France offre un aperçu des événements militaires qui ont marqué l'histoire de la France, de l'époque gauloise à la fin du XIXe siècle.

Cet ouvrage, divisé en trois parties, présente une chronologie détaillée des batailles, sièges et traités qui ont façonné le territoire et l'identité de la France. La première partie couvre la période allant jusqu'à la Révolution française, tandis que la deuxième partie se concentre sur les événements de 1789 à 1892, à l'exception de la guerre de 1870-1871, qui fait l'objet de la troisième partie.

Ce memento est conçu pour offrir aux lecteurs un outil pratique et accessible pour se familiariser avec l'histoire militaire de la France. Les notices explicatives qui accompagnent chaque événement permettent de mieux comprendre les causes, les acteurs et les conséquences de ces conflits.

Herder et la Philosophie de l'Histoire

L’édition des Idées pour une philosophie de l’histoire de l’humanité de Herder, cherchait à éclaircir ce que j’appelle la « naturalisation de l’histoire ». C’est cette naturalisation qui constitue la notion directrice de l’œuvre dans sa totalité, et ceci malgré ses dimensions plus que amples ; elle donne, en liant l’histoire de l’homme à sa base naturelle, l’empreinte caractéristique de la philosophie de l’histoire herdérienne et lui assure sa position singulière dans l’évolution de cette discipline.

Pendant sa jeunesse, Herder avait recopié une phrase en français, d’origine inconnue, que l’on considéra toujours comme une des idées de base de sa philosophie de l’histoire : « L’univers, pour qui sauroit l’embrasser d’un seul point de vue, ne seroit qu’un fait unique et une grande vérité. » La phrase est de Diderot, dans le Discours préliminaire de l’Encyclopédie ; cette identification de la source permet de mieux reconstituer les déplacements conceptuels qui conduisirent Herder à une naturalisation de l’histoire.

Alors que, face à cette nouvelle discipline philosophique, ses contemporains adoptaient une attitude de refus, ou hésitante, Herder avait repris d’abord la distinction introduite par Johann Martin Chladenius entre l’« histoire » comme telle et les procédures de l’« historiographie ». La première, la somme totale des événements historiques, reste en conséquence objectivement inaccessible. L’« historiographie », quant à elle, est liée au point de vue subjectif de l’observateur et à sa connaissance partielle des événements.

C’est par l’analogie entre le monde poétique de Shakespeare et le livre de la création - éblouissant tous les deux, à première vue, le regard de l’observateur par la multitude de ce qui y arrive - que la notion du « point de vue » devient si cruciale pour le dessein d’une philosophie de l’histoire, qui embrasse, à la fois, le monde physique et le monde moral.

Au moment de la publication de l’Encyclopédie, l’« histoire » proprement dite semble n’être rien de plus que l’expression de la mémoire humaine. Ses sujets et ses disciplines sont d’abord « les faits qui sont de Dieu » de l’Histoire sacrée, ensuite les faits « qui sont de l’homme » de l’Histoire civile, et, enfin, ceux « qui sont de la nature » et qui forment l’Histoire naturelle.

Ainsi donc, l’époque de la mathématique et des grands systèmes philosophiques appartient au passé, l’anthropodicée des lumières ayant besoin d’un élargissement de la recherche dans des domaines qui semblent hors de prise pour les démonstrations formelles. Car le « réel » et le « raisonné » ne coïncident plus ; et le « possible » dépasse les frontières de ce qui peut être démontré ou même imaginé. Ces nouveaux domaines sont, selon Diderot, la physique expérimentale, l’esthétique et - enfin - le monde moral, qui intègre dans son champ de recherche soit l’ethnographie, comme histoire naturelle et géographique de l’homme, soit l’histoire, comme récit des expériences que l’homme ait fait sur lui-même, dans les différents états du développement de son esprit et de ses capacités techniques et culturelles.

Cependant, un coup d’œil, même rapide, sur quelques œuvres qui envisagent une philosophie de l’histoire, nous fait remarquer que les contemporains de Herder se voyaient confrontés à nombre de problèmes touchant le fondement de cette discipline.

Bouclier de Brennus

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