Le Bataillon de Joinville : Histoire d'une Pépinière de Champions

La France, terre de sport, possède une histoire riche et diversifiée, allant du rugby au football, en passant par le canoë-kayak, l'escrime, le handball et le vélo. Parmi les institutions qui ont marqué le paysage sportif français, le Bataillon de Joinville occupe une place particulière, bien que son histoire reste relativement méconnue. Cet article se propose de retracer l'histoire de ce bataillon, en mettant en lumière son rôle unique dans la formation des athlètes de haut niveau et son impact sur le sport français.

INSEP

INSEP, héritier du Bataillon de Joinville

Les Origines du Bataillon de Joinville

Le Bataillon de Joinville trouve ses racines dans l'École normale militaire de gymnastique de Joinville, créée en 1852. Cette institution avait pour vocation de former des cadres sportifs pour les armées et des moniteurs militaires de gymnastique. Au fil des années, elle a évolué pour devenir un véritable centre d'entraînement pour l'élite sportive française. L’ambition alors est de former des cadres sportifs pour les armées et des moniteurs militaires de gymnastique.

Niché à la Redoute de la Faisanderie - un ouvrage qui constituait la ceinture fortifiée de Paris, détruit pour faire place à l’autoroute de l’Est mais dont le porche a été déplacé et conservé à l’Insep, l’École normale militaire de gymnastique de Joinville a ouvert ses portes en 1852.

Après quelques années, le bataillon de soldats provenant de différentes unités militaires sportives s’établit dans le 12e arrondissement de Paris, dans la Redoute de Gravelle.

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En 1956, le Bataillon de Joinville est officiellement créé, dans les murs de l'ancienne école de Joinville-le-Pont. Cette unité de l'infanterie avait pour objectif d'optimiser l'entraînement des sportifs de haut niveau en âge de faire leur service militaire. Elle permettait ainsi d'éviter une rupture trop longue dans leur carrière sportive.

Le Bataillon de Joinville à Pau : Une Période Clé (1941-1966)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'École de Joinville, initialement basée à Joinville-le-Pont, est fermée en 1939. En 1941, elle décide de se délocaliser en zone libre, dans différents établissements civils et militaires. En raison de son histoire militaire et sportive, ainsi que de son climat doux, Pau est rapidement choisie pour accueillir une partie de l'institution.

Entre 1941 et 1966, l'École de Pau le Hameau accueille 380 athlètes venus de toute la France. Elle y forme des cadres de valeur, dont certains occupent des postes à responsabilité dans de nombreuses institutions et structures. Jean-Claude Raufaste, ancien sportif de haut niveau et auteur du livre "Joinville à Pau le Hameau 1941-1966", a consacré de nombreuses années de recherche à cette période. Il souligne que l'École de Joinville avait pour mission de former tous les militaires de son époque, à travers la pratique de l'escrime et des sports de combat, en lien avec l'armée. Elle formait également des civils, tels que des instituteurs.

C’est en résident de 1963 à 1966 sur le site de Pau le Hameau, celui-ci connaîtra également ses heures de célébrité.

Le Quotidien des Appelés au Bataillon de Joinville

Les jeunes sportifs de haut niveau qui intégraient le Bataillon de Joinville bénéficiaient d'un régime particulier par rapport aux autres appelés. Après une période de classes de trois mois, ils étaient "bichonnés", selon les termes de Jean-Claude Raufaste. Ils recevaient une double ration de nourriture et avaient la liberté de s'entraîner comme ils l'entendaient. Une section spécifique de cyclisme avait même été créée pour eux.

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Le but était d'en faire moins des futurs soldats que des champions. Ils passaient la semaine dans le bataillon et repartaient le week-end pour disputer des compétitions. Cette organisation leur permettait de concilier leurs obligations militaires et leur carrière sportive.

Le Bataillon de Joinville et la Ville de Pau

Le Bataillon de Joinville était étroitement lié à la ville de Pau et à ses habitants. Le colonel de Fornel, qui dirigeait le bataillon, a supervisé la construction du Stade du Hameau en 1949. Ce stade, initialement destiné aux entraînements des jeunes appelés sportifs, est devenu un lieu emblématique de la ville, accueillant notamment les matchs de rugby de la Section Paloise.

Il est intéressant de noter que ce sont les athlètes du Bataillon de Joinville qui ont construit le Stade du Hameau, à la pelle et à la pioche. Selon Jean-Claude Raufaste, tous les sportifs rêvaient de faire partie du Bataillon de Joinville. Les fédérations sportives n'étaient pas aussi bien organisées qu'aujourd'hui, et rejoindre ce bataillon permettait de s'entraîner dans de bonnes conditions, avec un cadre rigoureux. C'était un peu comme l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (INSEP) aujourd'hui.

Des Champions Formés au Bataillon de Joinville

Le Bataillon de Joinville a marqué son époque et a laissé un héritage durable dans le sport français. En près d'un demi-siècle, cette unité militaire a formé des milliers d'athlètes de haut niveau, dont certains sont devenus des légendes de leur discipline.

Parmi les noms les plus célèbres passés par le Bataillon de Joinville, on peut citer Jacques Anquetil, Jean Gachassin, Michel Platini, Yannick Noah, Ghani Yalouz, David Douillet, Jean-François Lamour, Florian Rousseau et Jean Galfione. Ces athlètes ont rapporté de nombreuses médailles olympiques, titres mondiaux et nationaux, contribuant ainsi au rayonnement du sport français à l'international.

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Le bataillon regroupe l’élite des sportifs français qui, obligés de faire leur service militaire, intègrent la structure pour éviter une trop longue coupure dans leur carrière. C’est ainsi que des grands noms du sport tel que Michel Platini, Bixente Lizarazu, Yannick Noah, ou encore Zinédine Zidane, y ont effectué une partie de leur circonscription.

Le Bataillon de Joinville a également joué un rôle important dans la promotion du sport militaire. Il a permis aux jeunes appelés de remplir leurs obligations militaires tout en continuant à s'entraîner régulièrement dans les meilleures conditions possibles. Il a ainsi contribué à renforcer les liens entre l'armée et le monde sportif.

Depuis 1896, date des premiers Jeux olympiques de l’ère moderne, plus de la moitié des médailles françaises remportées l’ont été par des athlètes militaires. Depuis sa création en 2014, l’Armée de champions a remporté 117 médailles aux Jeux olympiques : 45 or, 32 argent et 40 bronze.

Athlètes militaires

Athlètes militaires français

Les Jeux paralympiques débutent mercredi 28 août 2024 à Paris et parmi les athlètes figureront des militaires d'une unité particulière. Du côté des sportifs français, le bataillon de Joinville (Val-de-Marne) fait figure de véritable pépinière où les sportifs reçoivent une formation militaire tout en continuant leur pratique sportive à haut niveau.

A l'approche des Jeux olympiques de Paris 2024, le Bataillon de Joinville retrouve une place centrale dans le dispositif sportif français. Le ministère des Armées s'engage à soutenir les athlètes militaires dans leur préparation aux Jeux, en mettant à leur disposition des moyens humains et matériels.

De nombreux athlètes militaires devraient participer aux Jeux de Paris 2024, portant haut les couleurs de la France et de l'armée. Parmi eux, on peut citer Alain Bernard et Hugues Dubosc, deux nageurs de la gendarmerie nationale, Martin Fourcade, biathlète de l'armée de Terre, Clarisse Agbegnenou, judokate de la gendarmerie nationale, et Charline Picon, véliplanchiste de la marine nationale.

A l'origine des Jeux paralympiques, des vétérans de la Seconde guerre mondiale, lourdement blessés lors des combats. Aujourd’hui encore, les militaires tiennent une place de choix parmi les quelque 4 400 athlètes qui se disputeront l’or dès jeudi 29 août 2024.

La participation de ces athlètes aux Jeux de Paris 2024 est un hommage à l'histoire du Bataillon de Joinville et à son rôle dans le développement du sport français.

La Fin de la Consription et la Renaissance du Bataillon de Joinville

La loi de 1997 portant réforme du Service national a sonné le glas de la conscription et, avec elle, des activités du Bataillon de Joinville dans sa forme initiale. Avec la suspension du service militaire, le bataillon est dissous en 2002 après avoir accueilli près de 21 000 sportifs de haut niveau.

Cependant, l'histoire du Bataillon de Joinville ne s'arrête pas là. En 2014, il est reconstitué au sein du Centre national des sports de la défense (CNSD) à Fontainebleau. Créé en 1852 et dissous en 2002, il est reconstitué en 2014 au sein du Centre national des sports de la défense (CNSD) à Fontainebleau (Seine-et-Marne). En 1967, avec d’autres sections sportives de l’armée, la structure devient officiellement l’École interarmées des sports et s’installe à Fontainebleau.

Cette renaissance témoigne de l'attachement des Français à cette institution et de sa pertinence dans le paysage sportif contemporain. Le nouveau Bataillon de Joinville regroupe des athlètes valides et para-sports, dans différentes disciplines. Il continue de soutenir les sportifs de haut niveau dans leur préparation aux compétitions internationales, tout en perpétuant les valeurs de l'armée et du sport.

« Un moment extraordinaire de ma vie». C'est par ses mots que Robert Senesse raconte son expérience au sein du bataillon de Joinville. C'est par l'entremise de Pierre Conquet, ex-entraîneur de Carcassonne, que cet ancien troisième ligne, à l'âge de 18 ans, a rejoint ce bataillon tout en intégrant le Racing Club de France, en octobre 1967. «Nous ne faisions que du sport, avec des entraînements toute la journée», raconte Robert Senesse. Il se souvient de ses anciens camarades de chambrée, rugbymen au Racing, mais aussi un certain Patrick Malrieu, comme lui du Carcassonnais. « C'était vraiment un très très bon moment», se remémore cet ancien champion de France du 110 m haie. « Avec tous ces sportifs réunis, on a pu comparer nos façons de nous entraîner et améliorer nos performances», relève-t-il. Dans sa chambre, il se souvient de la présence d'Henri Pascarolo et de François Migulat, ex-pilotes de Formule 1. « Nous étions une grande famille», résume-t-il.

Joinville | ECPAD

Tableau des Athlètes Célèbres Passés par le Bataillon de Joinville

Nom Discipline Réalisations
Jacques Anquetil Cyclisme Multiples victoires dans le Tour de France
Michel Platini Football Ballon d'Or, Champion d'Europe
Zinédine Zidane Football Ballon d'Or, Champion du Monde
Yannick Noah Tennis Vainqueur de Roland-Garros
David Douillet Judo Multiples médailles olympiques et mondiales

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