L’équipe de France de basketball a marqué l'histoire par ses performances et ses moments de gloire. Des Jeux Olympiques à l'Eurobasket, en passant par des confrontations mémorables avec la Dream Team américaine, cet article retrace le parcours passionnant du basket français.
Les Débuts et les Premiers Championnats
La naissance de la Fédération Française de Basket-Ball en 1932, son adhésion à la Fédération internationale de Basket-Ball (FIBB qui deviendra FIBA en 1935) et sa reconnaissance par le Conseil National des Sports en 1934 vont permettre d’avoir un cadre juridique et une structure permettant l’organisation d’une équipe officielle internationale.
Les matchs internationaux, c’est bien beau, mais alors que les féminines ont déjà les médailles autour du coup, qu’attendent les garçons pour se mesurer aux autres nations du basket en compétition ? La réponse n’arrive en 1935 avec le championnat d’Europe, dont nos Eurobasket sont les dignes héritiers.
La compétition a lieu à Genève et porte d’ailleurs le nom de Championnat d’Europe de Genève. Notre premier groupe porte les noms de Hell, Rudler, Roland, Flouret, Boël, Rouga, Cohu et Hemmerlin. Ils sont la première équipe de France à jouer une compétition.
Les Jeux Olympiques de Berlin 1936
1936 est une année marquante pour le sport. Dans un monde de plus en plus tournée vers le fascisme, la haine et le sentiment de supériorité, le sport va une nouvelle fois jouer son rôle symbolique d’union des peuples. Car cette année-là, c’est bien dans le repère du nazisme que les athlètes doivent se jeter.
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Sur ce terrain extérieur à Berlin en 1936, les bleus auront l’honneur de jouer devant James Naismith en personne ! Ces hommes portent du numéro 3 au numéro 16, ils s’appellent Prud’homme, Boel, Onimus, Rudler, Hell, Thezé, Caqué, Flouet, Etienne, Carrier, Cohu, Couturier, Fontaine et Leclere.
Mais fort heureusement, un autre homme posera son regard sur eux : James Naismith lui-même viendra voir jouer les basketteurs français durant le tournoi.
Hélas, la campagne olympique sera brève : défaite contre l’Estonie 29-34, puis contre la Chine, 38-45. Le créateur du basket nous fera l’honneur commenter le jeu français de l’époque : « La formule française est incontestablement plaisante, mais pas suffisamment structurée pour espérer rivaliser avec la méthode américaine. »
L'Ère Moderne et les Défis
Après une longue période sans participation aux compétitions majeures, l'équipe de France revient sur le devant de la scène à partir des années 2000. Cependant, des difficultés persistent, notamment sur le plan mental et physique.
Aujourd’hui, alors que le basket français célèbre son jour de gloire, son plus retentissant exploit, sur un plan sportif et médiatique, remettre en vitrine ses « vieilles histoires » paraît indécent.
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Les Jeux Olympiques de Sydney 2000 : Une Épopée Mémorable
Aux Jeux Olympiques de Sydney, l'équipe de France a réalisé un parcours exceptionnel, culminant avec une médaille d'argent historique. En finale, les Bleus ont affronté la Dream Team américaine, tenant tête à leurs adversaires jusqu'aux dernières minutes.
Nous sommes le vendredi 29 septembre 2000 et on vient de vivre quelque chose d’irréel : la France est en finale des Jeux Olympiques après avoir passé 24 points (76-52) aux Australiens qui se croyaient à l’abri d’une telle tornade dans leur SuperDome.
Ce n’est pas un scénario de fiction. C’est la belle histoire vue par des millions de gens, de toute la planète, en direct de la télévision. Nous étions dans la tribune de presse.
Sydney 2000, 20 ans après...
En cette première mi-temps face à l’Australie, la France a joué sur un petit nuage rose. Tout était fluide, facile, sublime, forcément sublime. Tout, ou presque, rentrait comme dans un film de Walt Disney. 18 sur 33 aux tirs. 5 sur 9 à 3 pts ! 13 points pour Sciarra, 8 pour Rigaudeau libéré de la mène pour se consacrer à l’offensive. Autant pour Weis, enfin à son niveau espéré. Et 14 points dans la vue aux Australiens qui, déjà, hissaient le drapeau blanc. Et en seconde mi-temps, la France n’a pas fait de prisonniers.
La finale a donc changé cette vision restrictive de la formidable aventure olympique des Bleus. On n’avait tous qu’une peur, joueurs sans doute compris : que les Américains, alertés par la résistance des Partisans lituaniens, blessés dans leur ego surdimensionné, envoient les chars pour mater les Français et prouver, dans un bain de sang, que c’était bien eux qui gouvernaient d’une main de fer la planète basket.
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A 4’26’’ très exactement de la clôture de cette finale, la France se rapprocha à 4 points des Américains sur un panier primé de Rigaudeau (76-72). Il n’y eut pas de suite à cette ultime offensive, pas de tremblement de terre. Force est restée à la loi américaine, cette fois encore. Mais les Bleus ont gagné définitivement le respect des vainqueurs.
« Ce n’était pas un jour à la plage, » concédera Rudy Tomjanovich, le coach américain. « Nous avons eu à nous battre contre une bonne équipe, à gagner, et c’est très satisfaisant. »
L'Eurobasket 2013 : Le Sacre Européen
L'Eurobasket 2013 marque un tournant majeur dans l'histoire du basket français. Après des années de frustration, l'équipe de France remporte le titre européen, portée par une génération exceptionnelle de joueurs.
On ne va pas se mentir, en 2000 la France commence à entendre parler d’un tout jeune crack au poste 1 mais sort surtout d’une sacrée période de vache maigre.
Moins de pression dans les pneus peut-être, mais lors de la phase de poule les hommes de Jean-Pierre de Vincenzi n’y sont pas ou du moins pas assez.
Cinq jours plus tard ? Makan Dioumassi a lessivé Steve Nash et le Canada, Fred Weis a dominé Luc Longley et l’Australie, et la France rejoint… Team USA en Finale, pour une revanche mais surtout pour le feu d’artifice foufou d’une quinzaine magique.
Septembre 2001, les basketteuses françaises sont au sommet de l’Europe avant même… de disputer cet Euro à domicile.
2005, et le dernier pont entre la génération Sydney et la génération Zadar, épopée qui pourrait d’ailleurs très bien faire partie de ce mini-dossier des réussites françaises.
Coup dans l’eau deux ans plus tôt en Suède, et débuts… ratés lors de cet Euro serbe, avec deux défaites face à la Grèce et la Slovénie en poule, deux défaites qui nous obligent à jouer un barrage bouillant à Novi Sad contre… la Serbie. Aïe.
Un match sous tension devant une salle pleine évidemment, un match lors duquel les Bleus ne mèneront jamais, ou du moins jamais jusqu’au milieu du dernier quart.
Huit ans après le titre de 2001, l’Equipe de France de Pierre Vincent se pointe en Lettonie sans trop de certitudes et les matchs de poule confirment les doutes.
Là, on entre clairement dans le scénario type compte de fée. Des filles qui débarquent à Londres des lumières plein les yeux, et qui vont très vite comprendre que, tant qu’à faire, elles sont grandement capables de gagner des matchs.
Deux défaites face au Brésil et à l’Espagne, une win au couteau contre les Serbes grâce à un monstrueux Joffrey Lauvergne et une autre pas vraiment folle contre l’Iran, puis une victoire plus utile que rassurant en quarts contre la Croatie.
Pourquoi ? Parce que si l’Equipe de France est championne d’Europe en titre, elle se pointe surtout en Espagne privée de Tony Parker et Nando De Colo, elle se pointe sans trop le dire en Espagne pour préparer au mieux l’Euro qui se déroulera l’année suivante en France.
Fort dommage pour eux, puisque les hommes de Vincent Collet vont ce jour-là sortir l’un des matchs les plus solides qui soit. Rudy Gobert est impérial et se découvre au monde en dominant la raquette espagnole avec 13 rebonds et 4 contres, Florent Pietrus réveille tout le monde en dégommant Sergio Llull, puis Thomas Heurtel fait naître l’une des expressions les plus iconiques du basket français en rentrant un tir énorme en fin de match.
Les Confrontations avec la Team USA
Les matchs entre la France et les États-Unis ont souvent été des moments clés de l'histoire du basket français. Si les Américains ont longtemps dominé, les Bleus ont su rivaliser et même s'imposer, marquant ainsi leur progression sur la scène internationale.
Pour la neuvième fois, la France et les États-Unis se rencontrent aux Jeux Olympiques masculins, et pour la quatrième fois, ce match se déroule en finale de la compétition. Une longue histoire, qui reflète également l’évolution du basket français.
Lourde défaite, mais match symbolique pour les Bleus, la première finale de son histoire, peu importe la compétition.
A partir de 1963, c’est la traversée du désert. Plus de Coupe du Monde ou de Jeux Olympiques jusqu’en 1984.
Avec un score de 57-25 à la mi-temps, il n’y avait aucun espoir de voir un retour miraculeux des Bleus qui s’inclinent 120-62.
Pourtant, les Bleus parviennent à vaincre les Canadiens avec une prestation défensive remarquable sur Steve Nash.
Cette équipe américaine n’est visiblement pas aussi invincible que celle des années précédentes.
Comme attendu, les américains, menés par Vince Carter, dominent la première mi-temps. Avec 32-46 après 20 minutes, tout le monde se prépare à une nouvelle démonstration de la part des stars NBA.
Victoire 75-85 de la Team USA. La France s’incline, mais n’a pas à avoir honte après un tel parcours et une telle finale, un match inattendu, et le point d’orgue du basket français à cette époque.
Finaliste de l’EuroBasket 2011, cette équipe de France semble se rapprocher de son apogée et veut obtenir une nouvelle médaille.
La France a de plus en plus de joueurs qui s’imposent en NBA, mais est encore loin d’être au même niveau que les américains.
Les tricolores prendront enfin leur revanche l’année suivante en remportant l’EuroBasket 2013, le premier trophée majeur du basket français.
Alors que les deux équipes sont déjà qualifiées pour les quarts, Tony est mis au repos à cause d’une blessure à l’orteil.
Si le banc a eu du mal à suivre, les Bleus n’ont jamais laissé les Américains s’envoler pendant la première mi-temps.
Après un EuroBasket 2017 décevant, la France se relance en 2019 lors de la Coupe du Monde avec la nouvelle génération.
Avec Rudy Gobert, Nando et Evan Fournier, les Bleus battent enfin les États-Unis en compétition officielle, les éliminant en quart de finale.
Avec Damian Lillard et Bam Adebayo qui mène les troupes avec respectivement à 9 et 10 points à la mi-temps, la Team USA mène à la pause 35-45.
Fournier (12 points en première période) et Gobert (9 points, 7 rebonds à la pause) ne lâchaient rien et maintenaient les Bleus dans le match.
Les deux équipes étaient au coude à coude. Dans le money time, les Américains, portés par un excellent Jrue Holiday (18 points, 7 rebonds en sortie de banc) et une défense à la hauteur repassent devant.
De Colo plante deux lancers francs pour donner quatre points d’avance aux Bleus à 20 secondes du coup de sifflet final.
Victoire 83-76. Pour la deuxième rencontre consécutive, la France a battu les américains en compétition officielle.
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