Alors que le LOSC célèbre ses 80 ans, plongeons au cœur de l'histoire de ce club de football emblématique de Lille, officiellement né le 25 novembre 1944.
Le LOSC est né de la fusion de deux clubs voisins : l'Olympique lillois et le Sporting club fivois. Une décision d'abord symbolique avec un premier nom utilisé brièvement : le stade Lillois. Ce nom ne fera pas du tout l'unanimité.
C'est finalement deux mois plus tard que le nom définitif est trouvé : ce sera Lille Olympique Sporting Club, un parfait mélange des noms des deux anciens clubs. Une fusion sellée le 25 novembre 1944, marquant la naissance officielle du LOSC.
Pour fêter ces 80 ans, la ville de Lille s'est mise aux couleurs du LOSC. Et puis il y aura aussi un après-midi de fête au Stade Pierre Mauroy, le dimanche 24 novembre, à l'occasion du match contre Rennes en ligue 1. Le LOSC qui promet plein d'autres surprises d'ici là, elles seront dévoilée au fur et à mesure.
LOSC INSIDE I Les 80 ans avec nos anciens 🔥
La Domination du Football Français et les Périodes Difficiles
Ce tout nouveau club va dominer le football français d'après-guerre. Le LOSC accède au statut professionnel en 1945 et dès l'année suivante, le club - surnommé "la machine de guerre" par la presse - réussit le doublé, en remportant à la fois la coupe de France et le championnat.
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Un succès qui va perdurer : en 10 ans, le LOSC s'adjuge deux titres de champion de France et cinq coupes de France, notamment en 1948, les lillois gagnent la coupe en s'imposant 3 à 2, face à leurs voisins lensois.
Plombé par d'importantes dettes, le club va ensuite traverser une longue période difficile, avec plusieurs relégations en division 2. En 1980, le LOSC est repris par la mairie de Lille, et en 1999 il est finalement privatisé.
Côté sportif, les lillois sont promus en ligue 1 en l'an 2000, et ils s'y maintiennent depuis, tout en se qualifiant régulièrement pour les coupes d'Europe. En 2010-2011, ils réalisent le doublé : championnat et coupe de France.
Et 10 ans plus tard - en 2021, alors que la saison s'est jouée sans public en raison du Covid - l'équipe de Christophe Galtier est sacré championne de France pour la 4e fois, pour le plus grand bonheur des supporters qui envahissent les rues de Lille.
Titres Majeurs du LOSC
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| Compétition | Nombre de Titres | Années |
|---|---|---|
| Championnat de France | 4 | 1946, 1954, 2011, 2021 |
| Coupe de France | 5 | 1946, 1947, 1948, 1953, 1955 |
Les supporters célèbrent le titre de champion de France en 2021.
Être Lillois : Identité, Valeurs et Passion
À quelques jours du derby LOSC-RCL au Stade Pierre Mauroy, on a questionné les supporters sur leur identité de Lillois.
Dogues Virage Est : « Il n'y a pas de réponse toute faite à cette question.
Dogues de Paris : « Je dirais que c’est partager une passion commune, il y a 10 000 façons de vivre son identité lilloise. Certains de nos membres vont aller très souvent au stade, d’autres iront vivre les matchs dans un bar à Paris, tandis que d’autres auront juste envie de jouer au foot avec notre groupe. Mais on partage tous les mêmes valeurs. Quand on revient à Lille, on s’y sent bien. Tout est plus convivial, chaleureux, humain.
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Les Jumeaux : « Avec notre métier qui nous permet de voyager en France, on constate que beaucoup de gens sont fiers de leur région comme les Bretons, les Corses ou les Basques, notamment. À Lille, on a aussi un petit côté chauvin. On sait que notre région n’est pas la plus belle de France, mais ce n’est pas grave, le plus important, ce sont les gens. Et de ce côté-là, les Lillois sont sympas, généreux et fiers sans être prétentieux. Et puis la ville est belle. À taille humaine, on y mange bien. Gras mais bien. Tous les artistes vous le diront, quand tu viens jouer à Lille, le public est généreux.
Dogues de Paris : « La convivialité et la solidarité en premier lieu. Les Lillois ont cette capacité à être plus ouverts. Dans notre groupe, il y a plusieurs profils, des jeunes étudiants de passage à Paris, aux anciens qui étaient dans les tribunes de Grimonprez-Jooris il y a 30 ans. Nous avons cette capacité à nous mélanger, à être ouverts et à intégrer tout le monde.
Dogues Virage Est : « On parle du Nord comme terre de générosité. Pour nous, c'est une des plus importantes : la générosité dans l'envie, dans l'ambiance que l'on peut mettre en tribune, dans nos actions (pour mémoire 980 repas/petit-déj/panier repas avaient été distribués par les DVE durant le premier confinement) et c'est aussi ce que nous voulons voir des joueurs sur le terrain. Dans l’Histoire, Lille a toujours eu un côté rebelle.
Les Jumeaux : « La générosité, aller au combat, l’abnégation, le courage, l’esprit d’équipe. Ce n’est pas pour rien que notre symbole est le Dogue. C’est peut être issu de la mentalité de notre région, de notre ville.
Dogues Virage Est : « "Tout petit déjà mon père m'emmenait, à Grimonprez, du Virage Est pour toi mon cœur s'est enflammé, Lille OSC" Un des chants de la Tribune Nord qui donne un élément de réponse. C’est quelque chose qui se cultive avec les amis, la famille, mais je suis convaincu que nous y étions tous piqués avant d'aller au stade. Depuis 20 ans, les plus jeunes viennent davantage à Lille.
Les Jumeaux : « Notre père nous emmenait, mon frère et moi à Grimonprez-Jooris. Notre premier match, c’était en 1998, un Lille-Louhans Cuiseaux. Il devait y avoir 5 000 personnes au stade, on pouvait même faire des foot dans la tribune. Ce que j’ai d’abord aimé, c’est l’atmosphère plus que le match. L’odeur de la pelouse, des friteries autour du stade, le long du canal à Vauban… C’est d’abord tout ça qui forge ta passion. Quand j’étais petit, je jouais à Salomé, le village où vivait alors Grégory Wimbée.
Dogues de Paris : « C’est avant tout l’histoire d’une transmission. On reste pour toujours attaché aux choses vécues quand on était petit, qui nous ont donnés des étoiles dans les yeux. Cela a beau n’être qu’un match de foot tous les week-ends, ce n’est jamais la même chose, tu as toujours envie de revivre de grands moments. Et puis il y a les effets de générations. Dans notre groupe, on essaye de créer une dynamique collective.
Dogues de Paris : « De supporter un club qui se développe depuis 25 ans, qui se bat avec ses armes, sans être le plus populaire et soutenu de France, mais qui réussit à atteindre de très hauts niveaux, à réaliser de grandes performances.
Dogues Virage Est : « Nous sommes fiers du groupe aujourd'hui et du boulot réalisé par de nombreuses personnes pour arriver à ce résultat dans l’organisation, le matériel, les tifos, les projets sociaux, notre local associatif, l’ambiance, les déplacements… Autant de sujets où nous sommes au rendez-vous.
Les Jumeaux : « Nous sommes fiers de ne pas tomber dans cette facilité de supporter un top club européen, mais de rester fidèles au club de notre ville. Quand tu es de Lille, tu supportes le LOSC, pas un autre club. C’est comme si tu étais Français mais que tu soutenais une autre équipe nationale. Le LOSC n’est pas toujours en haut de l’affiche, mais il réalise régulièrement des performances. Et quand il gagne quelque chose, notre bonheur est décuplé.
Les supporters du LOSC sont connus pour leur fidélité et leur passion.
Le Derby, un Match à Part
Dogues Virage Est : « On va peut-être choquer certaines personnes, mais le RCL est indissociable du LOSC. Même si ces dernières années, nous n'y étions plus confrontés, il en va de la suprématie régionale, même si elle n’est plus à prouver depuis un long moment maintenant. Les palmarès des deux clubs parlent d’eux-mêmes. Au-delà de deux villes et deux mentalités totalement différentes, c'est l'essence même du derby, un rapport de force pour montrer notre suprématie régionale qui se joue. Les jeunes qui nous ont rejoints en tribune et qui n'avaient pas connu de derby sont bien mis au courant et les joueurs doivent l'être également. C’est le match le plus important de la saison qu'il ne faut surtout pas perdre.
Dogues de Paris : « D’abord parce que ça fait super longtemps qu’on n’a pas vécu le derby dans des conditions normales. On n’a pas pu assister au 7-0 de la saison dernière. C’est extrêmement frustrant. Je pense qu’il y a eu aussi un effet de génération. Les plus jeunes n’ont pas connu les derniers derbies. C’est important pour la culture collective de les faire perdurer. Que Lens soit revenu en Ligue 1, on va dire que c’est très bien, pour rattraper le temps perdu. Sur ces matchs, il n’y a pas le choix, un jeu de chambrage se met en place.
Les Jumeaux : « Il y a évidemment une dimension de suprématie régionale. On veut montrer que nous sommes toujours les leaders de la région. C’est le cas aujourd’hui, mais ça ne l’a pas toujours été. Quand j’étais plus jeune, j’étais en sport études foot à Billy-Montigny entouré de Lensois. Le RCL sortait d’un titre de champion, venait de battre Arsenal pendant que nous étions englués en D2. Je peux vous dire que je me suis fait énormément chambrer à cette époque. 25 ans plus tard, je n’ai plus de nouvelles de ces mêmes potes. Ah si, un peu au match aller. J’aime bien chambrer, ça fait partie du jeu.
Dogues de Paris : « Il n’y a pas besoin de dire quoi que ce soit aux supporters. Ce match est automatiquement au-dessus des autres dans la liste de ceux qu’on a envie de gagner.
Les Jumeaux : « On ne sera malheureusement pas au stade samedi, on joue au même moment, à Troyes. Si j’avais un message aux supporters lillois ? De leur dire de montrer à nos joueurs ce à quoi ressemble une atmosphère de derby. J’ai adoré l’ambiance face à Chelsea, j’avais rarement vu quelque chose d’aussi intense à Lille.
Dogues Virage Est : « Il n'y aura pas grand-chose à dire. Chaque Lillois avait déjà coché ce match dans l'agenda. La tribune sera pleine et il faut clairement que le stade réponde présent. Contre Chelsea, on a su montrer que l'on pouvait faire de grandes choses. Il faut le même état d’esprit samedi prochain. Reposez votre voix avant de façon à pouvoir tout donner pendant 90 minutes ! Il est temps de reprendre le chemin de l’Histoire : Lille dominant la région ! Allez Allez le Nord ! Allez Allez le LOSC !
«Ça, c’est Diego» : L'Hymne Inattendu du Vestiaire Lillois
Ce prénom, chanté dans vestiaire du Losc après chaque victoire, ne sert pas à rendre hommage à Maradona où à un membre de l’effectif nordiste. Non, si Diego est mis à l’honneur cette saison à Lille, c’est grâce au groupe La Synesia. Ce collectif de rap, issue de la région parisienne, a parmi ses fans un certain Mike Maignan.
Quand en début de saison, le gardien lillois balançait sur les réseaux sociaux des vidéos le voyant reprendre en dansant la chanson Diego, la connexion s’est faite rapidement avec les rappeurs. « Après avoir vu ses vidéos, j’ai contacté Mike Maignan via Instagram.
Vendredi 1er février, après le succès contre Nice (4-0), les membres de La Synesia ont même rejoint les joueurs dans le vestiaire, histoire d’entonner le tube ensemble pour la première fois.
« Ça nous faisait super plaisir de voir qu’ils reprenaient le titre à chaque victoire. Et Mike nous avait toujours demandé de venir chanter avec eux. Comme on n’avait pas de showcase le week-end dernier, on est allé à Lille. Là-bas, on nous a dit qu’on pouvait aller dans le vestiaire seulement s’ils gagnaient. Et ils en ont mis quatre ! », poursuit le rappeur.
Ironie de l’histoire, La Synesia n’en est pas à son premier hymne de footeux. Membre historique du groupe, Vegedream s’est lancé en solo et est vite passé à la postérité avec son Ramenez la coupe à la maison, tube emblématique des champions du monde 2018.
Peu de temps après cet immense tube, La Synesia a donc écrit Diego, l’histoire d’un ami imaginaire sur qui on peut toujours compter. Tourné à Saint-Denis, le clip a vite fait un carton grâce notamment à un petit pas de danse qui fait tout le charme de la chanson.
« Je pense que c’est grâce à ce pas que ça a bien marché. Dès que tu mets un pas facile à reproduire, tout le monde veut le faire », estime Laro.
La preuve, Mike Maignan vient de lancer un jeu-concours sur Instagram où il demande à ses abonnés de faire ce pas et de lui envoyer la vidéo.
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