Que ce soit sur les parquets ou en dehors, Dennis Rodman était un personnage à part entière dans les années 80 à 90 et il est toujours aussi déjanté aujourd’hui. Coupes de cheveux colorées, piercings et tatouages en abondance, virée à Las Vegas en pleine saison régulière, amitié rocambolesque avec le chef d’état de la Corée du Nord Kim Jong II, émissions de télé-réalité, mariages très courts et aventures avec des personnalités célèbres… La liste est très longue et non exhaustive. Mais ce n’est pas de ça dont nous allons parler aujourd’hui concernant le quintuple champion NBA (deux fois avec les Pistons en 1989 et 1990, et trois fois avec les Bulls en 1996, 1997 et 1998).
Aujourd’hui, nous allons raconter le jour où Dennis Rodman s’est pointé à une séance de dédicaces… en robe de mariée, pour son autobiographie « Bad as I wanna be », en français « Plus méchant, tu meurs », parue en 1996.
En 1996 Dennis Rodman famously announced he was marrying himself. He was paid $10m by the wedding dress designer for the stunt!
Un beau jour de 1996, alors que la dynastie des Bulls bat son plein, Rodman se rend dans un Barnes & Noble (une librairie américaine) à New York pour y faire signer son récent ouvrage. Mais le Ver a pris soin de s’y rendre vêtu d’une robe de mariée et tracté par un carrosse, on comprend mieux tout d’un coup. Une idée qu’il a tiré d’un certain Howard Stern qui a fait la même chose pour la parution de l’un de ses livres.
Dennis Rodman a ensuite annoncé être bisexuel et vouloir « se marier avec lui-même ». Son orientation sexuelle qu’il qualifie de « libre » prend d’ailleurs une certaine place dans cette autobiographie, alors qu’à l’époque ce sujet est encore plus tabou qu’aujourd’hui.
Pour anecdote, Rodman a touché 10 millions de dollars de la part du designer de la robe (qui a été fabriquée en France) pour l’étrenner sur la 5ème Avenue de la Big Apple. De plus, c’est une façon pour le joueur d’extérioriser une facette de sa personnalité, dont il a peut-être manqué dans sa jeunesse, lorsque l’on sait que sa mère l’a mis à la porte à 18 ans, ayant même changé les serrures pour être sûre que l’enfant terrible ne revienne pas.
Dennis Rodman a également contribué à démocratiser le fait de s’assumer comme on est, et de ne pas se soucier du regard des autres. Dennis Rodman inspire au-delà du basket et même plus globalement dans la culture. Lui qui est bien plus qu’un simple basketteur retraité, il est un véritable personnage de la culture populaire, quasiment une rockstar. Le fait de faire la promotion de son bouquin en robe de mariée a beaucoup fait réagir, et c’était probablement son but.
Rodman en robe de mariée pour la promotion de son autobiographie.
La vie amoureuse de Rodman
Par le passé, le DPOY 1990 et 1991 s’est marié 3 fois. La première fois en 92 avec Annie Bakes, avec qui il a un enfant, la deuxième fois en 1998 avec la star Carmen Electra, et la troisième fois avec Michelle Moyer, avec qui il a eu deux enfants en 2003. Il a également eu une liaison avec Madonna.
Au début des années 2000, Madonna épousait Guy Ritchie, après un premier mariage avec Sean Penn. Quelques mois plus tard naissait leur fils Rocco Ritchie, qui n'est autre que le sosie du producteur américain. Il s'agit du deuxième enfant de Madonna, après Lourdes Leon, fruit de son amour avec le coach sportif Carlos Leon. Six ans après la naissance de Rocco, le couple adoptait le petit David Banda, né au Malawi. Mais en 2008, le couple médiatisé mettait un point final à leur mariage. S'ensuivent de longs conflits publics sur la garde de leur fils Rocco Ritchie.
Aujourd'hui, Rocco Ritchie est âgé de 25 ans et a troqué son job de livreur à domicile pour vivre de sa passion pour l'art. Le jeune homme devenu peintre a d'ailleurs fait sa première exposition à l'âge de 18 ans. Cette semaine, Rocco Ritchie était sous le feu des projecteurs lors de l’exposition londonienne Talk Is Cheap. L'occasion pour lui de convier ses deux parents, Madonna et Guy Ritchie, qui ne sont pas apparus publiquement ensemble depuis 2008.
Dans un post Instagram publié ce lundi 15 décembre, Rocco Ritchie a partagé une photo historique de ses parents et lui. En légende, on peut lire ces quelques mots : "Je suis fier d'être qui je suis, mais encore plus fier d'avoir mes deux parents réunis pour me soutenir". Derrière lui, on devine deux de ses peintures : un portrait d'un homme et celui d'une femme, tous deux assis sur une chaise.
Madonna et Guy Ritchie, qui n'ont visiblement pas voulu faire de photo en duo, ont tout de même posé seuls avec leur fils. D'ailleurs, la chanteuse comme le réalisateur sont venus accompagnés de leur amoureux respectif.
Dennis Rodman’s Funniest And Wildest Moments
Rodman, un personnage hors du commun
Vingt ans pile après son dernier tour de piste en NBA (12 matches) aux Mavericks de Dallas, les excès et les frasques de Dennis le fêtard invétéré ont presque fait oublier les exploits du phénoménal basketteur Rodman. Le carton de The Last Dance, le documentaire diffusé sur Netflix au printemps, a eu le mérite de réactiver l'intérêt pour un personnage absolument à part dans le sport. Il y vole presque la vedette à Michael Jordan, le héros de cette série sur la saison 1997-1998 de Chicago, celle du deuxième « Three Peat » des Bulls (trois titres en trois ans, après le premier entre 1991 et 1993). Le docu s'est chargé de rappeler au monde la place fondamentale de Rodman dans cet accomplissement.
C'est aussi, et surtout, sa personnalité excentrique et hypersensible, qui en a fait un personnage hors du commun. Et ce dès ses années de gloire.
« Les gens le perçoivent comme un homme extravagant et cinglé », observe AJ Bright, l'un de ses managers. « Il n'est vraiment pas comme ça, sauf quand il sort et quand il boit. Sinon, c'est quelqu'un d'extrêmement introverti et très intelligent. C'est un incompris », précise-t-il. Un grand timide planqué derrière des lunettes noires qu'il porte toujours en public.
Sa retraite sportive depuis vingt ans a pris la forme d'une bringue permanente. Une routine pour déguiser l'ennui d'une vie, suggère-t-il. Mais l'ancien athlète, né en 1961, flirte avec l'âge de la retraite tout court désormais.
« Il a beaucoup levé le pied... C'est ce qu'il m'a dit en tout cas », note Elaine Lancaster, célèbre drag-queen de Miami et amie de trente ans qui lui peint encore les ongles. « Dennis vous dit parfois qu'il a arrêté de boire alors que ce n'est pas le cas. Il n'a jamais pris la moindre drogue depuis que je le connais mais il boit avec excès et l'alcool est une forme de drogue ». Elle n'est pas pour autant inquiète au vu d'analyses de sang apparemment irréprochables. « Et puis c'est une sex-machine. Il adore faire l'amour. Ça le maintient en forme. »
Joueur, il avait l'habitude de s'entraîner à n'importe quelle heure en entrant dans la première salle de gym qu'il trouvait. Aujourd'hui, il s'impose toujours deux sessions de sport quotidiennes. « C'est une anomalie. C'est fou d'avoir autant d'énergie », s'étonne AJ Bright.
Rodman a l'habitude de monnayer ses apparitions publiques comme la signature d'autographes. « On n'essaie pas de le contrôler. Ça ne marche pas. Peut-être qu'il va disparaître pendant deux jours mais il revient quand il est prêt. »
La carrière de Rodman
Champion aux côtés de « His Airness », après l'avoir déjà été deux fois en 1989 et 1990 avec les Detroit Pistons, ce joueur aux qualités défensives uniques a marqué toute une génération de fans de basket. En 2000, dernier tour de piste de 12 matches aux Dallas Mavericks. Une brouille avec le président de la franchise, Mark Cuban, mettra un terme à sa carrière.
Rodman est aussi un habitué des scandales, excentrique, plus grand que la vie. On pourrait s'attendre à ce qu'un tel livre vire a l'autopromotion paillettes, du "shocking" juste pour vendre ( la couverture et le titre font un peu peur à ce niveau-là ), et bien non. Il parle de son enfance dans les quartiers noirs et pauvres de Dallas. Il raconte comment, parce qu'il est doué au basket, il sera envoyé au collège pour y intégrer une équipe. Il parle de son amitié avec un gamin blanc qui le fera vivre au sein de sa famille -des fermiers avec qui il habitera pendant quatre ans, une expérience décisive sur le plan humain. Il aborde son divorce, les relations avec sa fille, son aventure avec Madonna.
Le style est rude, il a une grande gueule mais même quand il agace -se plaignant de son petit salaire !- il en profite pour marquer des points. Il dénonce la NBA qui vire plus à un cirque, du sport business où des joueurs, même rookies, sont payés plusieurs dizaines de millions de dollars juste pour faire un show -dunks etc...-, vision réductrice du basket. Il tape contre l'homophobie hypocrite qui règne dans le sport de haut niveau -même si lui-même n'est pas gay-, contre les drogues et, aussi, les préjugés racistes ( on se souvient de ses propos sur Larry Bird : "joueur surestimé parce que blanc" ). Bref : il ne parle pas seulement de lui-même mais va au-delà pour donner une certaine idée du basketball.
Rodman, un diplomate improbable ?
L'ancien Piston a proposé ses services à la NBA en début de saison lors des tensions entre la Ligue et la Chine. « Je connais deux ou trois choses en matière de diplomatie. Réservez-moi un billet pour Shanghai ».
Dennis, le diplomate ? Un autre chapitre de ses trépidantes aventures, dont on connaît surtout l'épisode nord-coréen et son improbable affection pour le « dirigeant suprême » Kim Jong-un. Même s'il n'a plus remis les pieds à Pyongyang depuis trois ans (Washington interdit aux Américains de s'y rendre), il parle encore souvent de Kim, son « ami ». Il a même « prié » pour lui quand des rumeurs alarmantes sur l'état de santé du leader nord-coréen ont circulé au printemps.
Comment est née cette improbable connexion ? En 2013, Vice organise un voyage en Corée du Nord. Malin, le média sait que le leader suprême, élevé en Suisse, adore les Bulls et emmène Rodman dans ses bagages. Bien accueilli, Rodman noue des liens avec Kim Jong-un, qu'il décrit comme un « grand gamin » différent de ses tyranniques père et grand-père.
Rodman et Kim Jong-un : une amitié improbable.
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