L'histoire du Football Club Sochaux-Montbéliard : Une Passion Inébranlable

Pour de nombreux supporters, le Football Club Sochaux-Montbéliard (FCSM) représente bien plus qu'une simple équipe de football. C'est une passion, un lien social et un attachement profond à l'histoire et aux valeurs du club. L'histoire du club est riche en émotions, en moments de gloire et en périodes difficiles, mais la flamme de la passion est toujours restée vive dans le cœur des supporters.

Supporters du FC Sochaux

Une Passion Familiale et Régionale

Pour Bertrand, « il n'y a qu'un club, c'est Sochaux ». Rapidement gagné par la passion du club régional, il se crée des souvenirs dans le vieux Bonal, avec ses tribunes non couvertes et le public qui se déplaçait à la mi-temps pour suivre le changement de côté de l'équipe jaune et bleu… ce qui causait souvent des problèmes, l'une des tribunes offrant moins de places que l'autre ! Autre temps, autres règles de sécurité. Lui fréquente surtout la tribune Pesages et ses places debout devant la tribune Forges.

En 1981, il a 8 ans : trop petit lui dit-on, il est déçu de ne pas pouvoir accompagner son père et son grand frère au stade, où se joue un match de Coupe UEFA. Mais en guise de consolation, son paternel lui rapporte une écharpe. Son père l'accompagne, mais n'aime que modérément le football. En revanche, son oncle Christian l'a activement contaminé du virus sochalien.

1987-88 sera sa « saison charnière » comme il le dit, celle qui par son caractère extraordinaire fera définitivement de lui un mordu des Lionceaux. De ses yeux d'adolescent, il regarde la bande à Paille, Baždarević et consorts survoler la Division 2. « C'était incroyable pour les amoureux de foot. En allant au stade, la question n'était pas de savoir s'ils allaient gagner, mais de combien de buts ils l'emporteraient. C'était trop beau !

La Formation : Une Fierté Sochalienne

Pour Bertrand, Sochaux, c'est avant tout un rapport à la formation. De tout temps, il a ressenti la fierté de voir éclore à un niveau supérieur des talents maison nommés au fil des générations Genghini, Paille et Sauzée, Martin et Boudebouz, Thuram. Il voit dans cette ascension régulière de jeunes joueurs ni plus ni moins qu'une seconde vision du foot, une alternative à celle de l'intérêt pour les clubs à gros moyens.

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Il sait que s'il fait le compte, il a vécu davantage de saisons « galère » que de bonnes années. A Sochaux, dit-il, on ne gagnera sans doute jamais la Ligue des Champions.

Des Noms Marquants et des Souvenirs Inoubliables

Au fil du temps, les noms marquants se sont accumulés. De sa saison fétiche 1987-88, il ressort Philippe Morin. Puis il ne met que quelques dixièmes de secondes à citer Teddy Richert.

🇫🇷 L'histoire du FC SOCHAUX MONTBELIARD 🟡🔵

Il garde des souvenirs forts des grandes rencontres de l'histoire récente du FCSM.

Sa première finale au stade de France, la lourde défaite en 2003 face à Monaco, est un « traumatisme ». L'année suivante, alors en déplacement, c'est dans un bar du Puy-de-Dôme qu'il voit les Lionceaux prendre leur revanche sur la Coupe de la Ligue : il se revoit hurler de joie, seul footeux et encore plus seul Sochalien au milieu de regards pour le moins incrédules... En 2007, il confie à son frère le soin de leur trouver des places au Stade de France pour la finale contre Marseille.

A la sortie du RER, il remarque que tous les supporters sochaliens se dirigent à gauche, tandis qu'eux doivent aller à droite. Bertrand garde le souvenir d'un contact très bon enfant. Bien entendu, les chambrages vont bon train, surtout à chaque but olympien. Ou encore à l'entrée des équipes, quand leurs voisins comparent le tifo sochalien au leur : « Qu'est-ce que c'est, c'est un pin's ? » Cela dit, le stress change de camp au moment des tirs au but.

Il y a aussi des défaites mémorables. La défaite causant la descente en Ligue 2, contre Évian en 2014, fut d'autant plus cruelle après le plaisir inespéré d'avoir pu obtenir une place au dernier moment.

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Le Cataclysme de 2023 et le Retour à la Vie

Dans un passé plus récent, le retour du FCSM dans son antre, pour le premier match à domicile 2023-24, a aussi livré à Bertrand son lot d'émotions, de celles qu'on n'oublie pas. Dans un Bonal à la ferveur presque bizarre vu la défaite 0-3 imposée par GOAL FC, il s'écoute répéter avec émotion, comme pour s'en convaincre : « On est là. L'impression de retour à la vie qu'il éprouve ce soir-là fait suite au cataclysme de l'été 2023.

Quand le verdict de la DNCG tombe, Bertrand ne s'y attend pas. Les Lionceaux sortent alors d'une « fin de saison pourrie », mais la prise de conscience générale lui donnait l'espoir de voir le tir corrigé pour l'exercice suivant. Puis, soudain, il lit des alertes en cascade sur son téléphone. Avec sa fille, qui l'accompagne depuis quelques temps au stade, ils commencent à se dire que « c'est foutu ».

Supporters du FC Sochaux

Ils se rendent ensemble à Bonal le 14 juillet, pour pouvoir échanger avec d'autres supporters. Bertrand voit des hommes parfois plus âgés que lui pleurer : « A côté de nous, il y avait deux frères quinquagénaires, totalement effondrés. Ils sont restés assis tout le long de la manifestation et ont dû vider au moins deux paquets de mouchoirs.

Sociochaux : Un Engagement Commun

Bertrand était pourtant conscient du danger qui pesait sur le club. Il a d'ailleurs adhéré à Sociochaux dès sa création, en 2018. Mais la violence de son angoisse jusqu'au miracle du sauvetage est révélatrice : le club est bien plus important dans sa vie qu'il ne le pensait jusque-là. Il doit bien se l'avouer quand sa femme décèle une réelle baisse de moral ; pourtant, il parle assez peu...

En fait, son rapport au FCSM ne se limite pas à venir au stade. Bien entendu, il aime le football, ses aspects techniques, tactiques. Mais autre chose se joue, sur le terrain des valeurs, du lien social. Quand est lancé l'appel de fonds des Sociochaux dont l'ampleur l'étonne encore aujourd'hui, il appelle tous ses proches.

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Ce sont pour la plupart des gens originaires de la région, mais tous ne sont pas footeux et ne connaissent pas la situation : pourtant, plusieurs se décident à participer car, lui répondent-ils, « ça ne peut pas s'arrêter ». Pour Bertrand, cela montre qu'il ne s'agit pas uniquement de football… Lui n'a pas hésité longtemps à répondre à l'appel de fonds, puisqu'il est le socio n°135.

« Sociochaux a été monté en prévision de ce moment-là. Participer, c'était juste valider en 2023 mon engagement pris en 2018. Rejoignant un propos récent de Jean-Claude Plessis (lors de la rencontre entre dirigeants et socios le 13 avril 2024 à la MALS de Sochaux), il estime que peu de clubs pourraient reproduire ce qu'a fait le FCSM pour se sauver, 5 ou 6 en France tout au plus.

Il faut une histoire longue, un noyau uni de supporters, des valeurs suffisamment fortes, un capital sympathie important… Il faut aussi les bonnes personnes : « ce qu'ont fait Jean-Claude Plessis et Pierre Wantiez, c'est tout simplement fou. Leur énergie, leur carnet d'adresses, leur connaissance du milieu du foot sur tous les aspects est unique. Ne les oublions jamais.

Confiance et Prudence pour l'Avenir

Désormais, il regarde l'avenir avec plus de confiance. Il a bien été surpris par le départ de Pierre Wantiez. D'une manière générale cependant, les dirigeants semblent vouloir s'inscrire dans la durée, en sachant déléguer la direction opérationnelle aux personnes compétentes. Et le projet économique tient la route : on n'est plus sous la houlette de l'un de ces dirigeants qui brûlent de l'argent qu'ils n'ont pas, et qui mettent en péril chaque année un nombre grandissant de clubs.

Il admet par ailleurs que si ces questions l'intéressent forcément en tant que supporter, il n'est pas en capacité de maîtriser tous les ressorts des décisions prises, alors il va laisser faire et observer. Avec un œil attentif bien sûr car à Sochaux, sourit-il en coin, on a appris à être prudent.

D'un point de vue sportif, il observe attentivement le changement d'entraîneur. Oswald Tanchot a été l'homme de la situation au début, mais pour Bertrand, son départ devait être acté dans son esprit dès le début de 2024 : il a joué le jeu, mais quelque chose dans sa situation ne lui allait plus.

Il réserve son dernier mot à la TNS, qui a fait « un travail louable » cette année pour offrir à Bonal la meilleure ambiance qu'il ait connue. Il a en mémoire bon nombre de soirées ternes par le passé, où l'on entendait plutôt des sifflets que des encouragements.

Philippe Morin : Un Nom Gravé dans l'Histoire du Club

Parmi les noms qui ont marqué l'histoire du FCSM, Philippe Morin occupe une place spéciale. Repéré par le Stade rennais au Stade briochin, Philippe Morin arrive au club en 1980. Rapidement, cet attaquant se fait une place dans l'effectif professionnel, devenant l'une des possibilités qui s'offre à son entraîneur Pierre Garcia pour occuper l'aile droite. Après avoir joué irrégulièrement durant deux saisons, il fait totalement son trou en 1982-1983, année lors de laquelle il joue un rôle prépondérant dans la montée en D1.

En concurrence avec quelques recrues, et notamment avec le Polonais Mazur, Philippe Morin voit son temps de jeu diminuer en 1984-1985, avant qu'il ne retrouve sa place l'année suivante après un retour en D2. Une performance qui sonne néanmoins son départ du club. Il reste alors en D2 en rejoignant le Racing Paris, puis s'épanouit avec Sochaux. Dans le Doubs, il joue durant plusieurs saisons en Division 1, et dispute la finale de la Coupe de France en 1988.

Philippe Morin

Brice Morin : Une Nouvelle Génération au Service du Club

Après 9 saisons passées à l’ES Thaon, Brice Morin, 28 ans, formé à l’INF Clairefontaine puis à l’ESTAC Troyes, a rejoint cet été le FC Sochaux-Montbéliard. Il cumulait les casquettes de gardien, coach des U18 et entraîneur des portiers de l’ES Thaon depuis 2015 et intervenait auprès des gardiens vosgiens pour le District. Il n’a pas hésité quand cette opportunité s’est présentée, malgré le flou qui règne sur la situation économique du FC Sochaux-Montbéliard, en Ligue 2 depuis 2014.

Brice Morin a en charge les gardiens de but sur la partie de la préformation, à partir des U14, tout ce qui est foot à 11, jusqu’à l’équipe réserve avec un suivi hebdomadaire assez fort. Il occupe également un rôle d’adjoint d’Omar Daf sur la réserve, ce qui lui permet de coacher un peu aussi, en prenant les échauffements notamment.

Pour l’instant, ça se passe très bien, j’ai en charge les gardiens de but sur la partie de la préformation, à partir des U14, tout ce qui est foot à 11, jusqu’à l’équipe réserve avec un suivi hebdomadaire assez fort. J’occupe également un rôle d’adjoint d’Omar Daf sur la réserve, ce qui me permet de coacher un peu aussi, en prenant les échauffements notamment.

Les Stars du Sochaux 2004

En 2001, après deux saisons en D2, Sochaux remonte en Ligue 1. Emmenés par son duo de choc Benoît Pedretti et Pierre-Alain Frau, les Francs-Comtois finiront à deux reprises 5e de l’élite en 2003 et 2004. Lors de cette dernière saison de Pedretti à Montbéliard, le club va même remporter la Coupe de la ligue contre Nantes, à l’issue d’une séance de penalties légendaire, marquée par la panenka de Landreau arrêtée par le portier sochalien, Teddy Richert. Dans cette équipe figure également un futur international français, Jérémy Mathieu.

Les stars du Sochaux 2004
Jérémy Mathieu, Benoît Pedretti et Pierre-Alain Frau

Benoît Pedretti, capitaine de cette équipe de Sochaux, y dispute même ces premiers matchs européens en Coupe UEFA (ex-Ligue Europa). La même année, son coéquipier Pierre-Alain Frau (PAF), également formé à Sochaux réalise sa saison de Ligue 1 la plus prolifique de sa carrière avec 17 buts. Cette saison lui ouvrira même les portes de l’équipe de France, mais il ne disputera pas le moindre match. A contrario, Pedretti était un milieu régulièrement appelé chez les Bleus de Jacques Santini (22 sélections). Les deux joueurs partiront l’année suivante dans les deux Olympiques. Pedretti choisira l’OM et Frau l’OL.

Coupe de France 2007

Passées majoritairement dans le bas du ventre-mou, ces années sochaliennes ont été marquées par la victoire en finale de la Coupe de France 2007. Dans l’effectif, deux attaquants animeront la Ligue 1 des années suivantes. Les deux, Jérémy Ménez et Mevlut Erdinç ont d’ailleurs signé leur premier contrat professionnel ensemble, en 2005. L’international turc deviendra titulaire à la pointe de l’attaque montbéliarde deux ans plus tard, mais non sans succès. Plus étonnant, Ivan Perisic a été post-formé au FC Sochaux.

Marvin Martin

C’était clairement sa saison. Avec son Ryad Boudebouz, son compère du milieu de terrain, Marvin Martin a illuminé la saison de Sochaux et a offert un espoir à tous les suiveurs de l’Equipe de France. Avec 17 passes décisives, il termine meilleur passeur de Ligue 1 à seulement deux unités de Messi et de Nani. Il est également nommé parmi les Espoirs de la saison aux Trophées UNFP. Rentré à la 76e minute face à l’Ukraine (1-1), il inscrit, lors de sa première sélection, un doublé et délivre une passe décisive à Younès Kaboul pour porter le score à 4-1. Le lendemain de cette rencontre, le journal Le Parisien titrera cette Une restée mythique « Est-il le nouveau Zidane ? ».

Autres Joueurs Marquants

D’autres noms marquants du football français des dernières années ont effectué leurs gammes dans le Doubs. C’est notamment le cas deux finalistes de la dernière Coupe du monde. D’ailleurs lors de l’année 2017, il a croisé la route d’Ibrahima Konaté.

Le FC Sochaux-Montbéliard, malgré les difficultés rencontrées, reste un club emblématique du football français, riche d'une histoire et d'une passion que partagent ses nombreux supporters.

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