Les Candidatures de l'Afrique du Sud pour la Coupe du Monde de la FIFA

L'histoire des candidatures pour l'organisation de la Coupe du Monde de la FIFA est riche et complexe, marquée par des désistements, des votes serrés et des enjeux économiques considérables. Dès la création de la Coupe du Monde de football, plusieurs pays européens ont manifesté leur intérêt pour accueillir la première édition.

Dans le même temps, l'Afrique du Sud a également nourri l'ambition d'accueillir cet événement prestigieux. Cet article explore l'histoire des candidatures de l'Afrique du Sud, les défis économiques et sociaux liés à l'organisation de cet événement, et les retombées potentielles pour le pays.

L'Afrique du Sud n'organisera pas la Coupe du monde féminine 2027. La nation arc-en-ciel a retiré sa candidature afin de se concentrer sur l'édition 2031. Vendredi, l'Afrique du Sud a retiré sa candidature à l'organisation de la Coupe du monde féminine en 2027.

Cette annonce a été faite par la Fédération sud-africaine de football (SAFA), alors que la désignation du pays hôte devait avoir lieu le 17 mai 2024. L'Afrique du Sud faisait partie des quatre candidatures confirmées par la FIFA. D'autres propositions étaient étudiées, dont une candidature conjointe de la Belgique, de l'Allemagne et des Pays-Bas. Le Brésil souhaite également organiser le prochain Mondial féminin, tout comme le Mexique et les États-Unis, dans la foulée de l'édition masculine qui aura lieu dans ces deux pays à l'été 2026.

Du côté de l'Afrique du Sud, la nation arc-en-ciel n'a pas oublié pour autant ses rêves. Le pays souhaite plutôt se concentrer sur la présentation d'une candidature pour l'édition 2031 afin « que nous donnions le meilleur de nous-mêmes, plutôt que de faire une présentation précipitée », a déclaré la directrice générale de la SAFA Lydia Monyepao, sur le site officiel de la Fédération.

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L'Attribution de la Coupe du Monde 2010 à l'Afrique du Sud

Le 15 mai 2004, les 48 millions d'habitants d'Afrique du Sud ont explosé de joie en entendant le président de la FIFA, Sepp Blatter, prononcer le nom de leur pays à l'ouverture de l'enveloppe. A l’époque, le pays de Mandela comptait s’en sortir en construisant seulement deux nouveaux stades et espérait se tirer d’affaire avec un budget total de 230 millions d’euros (cinq fois moins que l’Allemagne en 2006), comme l’indiquait une étude du cabinet Grant Thornton financée par le gouvernement.

Hélas ! Au fil des ans, l’addition a grossi comme un éléphanteau du parc Kruger, jusqu’à devenir monstrueuse. En tout, c’est près de 4 milliards d’euros que l’Etat et les collectivités locales auront finalement engagés pour se préparer à la plus grande compétition du monde. Certes, le comité d’organisation, chargé de mettre en musique l’événement, va récupérer le produit de la vente des 3 millions de billets et recevoir une subvention de la Fifa, la Fédération internationale de football.

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Mais, comme ces recettes ne dépasseront pas 330 millions d’euros, ce sont les contribuables qui devront payer l’essentiel de la note. En France, une telle facture aurait été déjà difficile à avaler. Mais, dans un pays miné par le chômage (selon les syndicats, 40% des travailleurs sont sans emploi), le sida (plus d’un adulte sur 10 est séropositif) et l’extrême pauvreté (47% de la population vit avec moins de 1,5 euro par jour), qui plafonne au 121e rang mondial du classement du développement humain, le sacrifice va s’avérer bien plus lourd encore.

Sans doute certaines des dépenses engagées seront-elles très utiles pour l’avenir du pays. Depuis le 1er mai dernier, Durban dispose par exemple d’un aéroport international flambant neuf (800 millions d’euros), une nouvelle ligne de chemin de fer mettra bientôt Johannesburg à quarante-deux minutes de ­Pretoria, des routes ont été élar­gies et un service de bus performant a enfin été inauguré dans la capitale économique.

«Tout cela va changer la vie des gens», se réjouit Sibongile Mazibuko, de Johannesburg 2010. «Et contribuer à attirer chez nous de plus en plus d’hommes d’affaires», ajoute Sugen Pillay, le représentant de l’agence du tourisme sud-africaine, en se félicitant de la nouvelle image qu’offrira le pays aux caméras du monde entier. Au total, on peut estimer que les deux tiers des sommes dépensées l’ont été à bon escient.

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Mais, à côté de ces investissements indispensables, combien d’argent gaspillé ! «Dès l’annonce de la Coupe, les villes se sont lancées dans une folle ­surenchère : elles voulaient toutes avoir le plus bel écrin pour accueillir les matchs», admet un connaisseur du dossier. Résultat : au lieu d’en bâtir deux comme prévu, le pays a fait sortir de terre cinq nouveaux stades.

Coupe du monde 2030

La municipalité du Cap, par exemple, qui aurait très bien pu se contenter de rénover le sien, a préféré en bâtir un tout neuf pour recevoir chez elle une demi-finale. Coût de cette merveille : 440 millions d’euros - 80 millions de plus que le Stade de France ! Durban, la métropole côtière de l’Est, qui ne voulait pas être en reste, a lâché pour sa part 340 millions d’euros pour édifier son nouveau temple du foot (Moses Mabhida), et Johannesburg 330 millions pour reconstruire pratiquement de zéro son chaudron de Soccer City.

C’est dans ce joyau de 94 700 places que se dérouleront la ­finale ainsi que les cérémonies d’ouverture et de clôture (12 millions d’euros chacune). L’affluence moyenne aux matchs de football du Championnat sud-africain ne dépassant pas 8 000 spectateurs, cet équipement géant ne sera sans doute jamais rentabilisé. Pas plus que les neuf autres arènes de plus de 40 000 places que compte désormais le pays.

Pour se faire pardonner, la Fifa a ­certes prévu de financer vingt-sept petits terrains de football dans les campagnes et les banlieues défavorisées. Mais l’absurdité de cette politique de prestige n’en saute pas moins aux yeux. Avec ces millions, on aurait pu bâtir des centaines de milliers de maisons à bas coût et faire reculer les bidonvilles.

Ajoutons que cette inflation stadière a été gérée avec une grande désinvolture financière. Bon nombre de chantiers ont donné lieu à des accusations de corruption, en particulier à Nelspruit, où des intermédiaires se seraient rempli les poches à pleines mains. Partout ou presque, les dossiers ont été mal ficelés, les factures gonflées par les rallonges des sous-traitants et l’importation de matériaux à prix d’or.

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A Soccer City, par exemple, le long acheminement de l’immense toit fabriqué dans la lointaine Europe a, entre autres, fait déraper la facture d’un bon tiers. La municipalité a dû tailler dans ses dépenses sociales pour trouver les 100 mil­lions d’euros manquants…Passe encore si, comme l’espéraient les pouvoirs publics, l’événement avait fait faire un grand bond en avant à l’économie locale.

Mais, là encore, les promesses du cabinet Grant Thornton, qui pariait sur 9,3 milliards d’euros de retombées, semblent s’être - pour le moment du moins - un peu perdues dans les sables du Kalahari. Certes, entre 2004 et 2007, l’Afrique du Sud a engrangé des bénéfices de la préparation de l’événement.

Même si elle n’était pas toujours justifiée, la construction des stades a joué comme une sorte de plan de relance avant l’heure, si bien que la croissance a atteint 5% par an en moyenne dans la période, comme le rappelle Azar Jammine, directeur du cabinet d’études économiques Econometrix. Et que l’économie du pays a reculé d’à peine 1% l’an dernier, bien moins qu’on aurait pu le craindre.

Mais aucun miracle ne devrait se produire cette année : selon les dernières estimations, la compétition ne devrait booster la croissance que d’un minuscule 0,54%. Il faut dire que les visiteurs seront beaucoup moins nombreux qu’attendu. Après avoir longtemps dissimulé la vérité, l’agence du tourisme, qui annonçait imperturbablement un demi-million d’arrivants, ne table plus que sur 300 000, tout au plus.

Sans doute cette désertion s’explique-t-elle en partie par la crise financière, qui a tondu le pouvoir d’achat des Occidentaux, et par la baisse de l’euro face au rand, qui a renchéri d’autant la facture du voyage. Mais, à l’évidence, l’Afrique du Sud paie aussi le prix de sa désastreuse réputation d’insécurité - même si l’immense majorité des 20 000 meurtres perpétrés tous les ans le sont dans les bidonvilles noirs, où les voyageurs ne mettent jamais les pieds.

Pour tenter d’améliorer l’atmosphère, les vendeurs de rue, les mendiants et les SDF ont été discrètement, parfois violemment, incités à déguerpir des centres-villes. Mais cela n’a manifestement pas suffi à ­rassurer les touristes. La forte augmentation du prix des billets d’avion a achevé de les dégoûter. Face au tollé suscité par ces dérapages et à la désertion des salles d’embarquement, les compagnies ont certes accepté de remettre leurs tarifs à la normale. Mais trop tard, sans doute, pour inverser la tendance.

Moyennant quoi, ceux qui pensaient avoir trouvé le bon filon font grise mine, à l’image du réseau d’agences immobilières Seeff Properties. Emportés par l’enthousiasme, ses responsables avaient convaincu l’an dernier 4 500 Sud-Africains de louer leurs résidences secon­daires pendant le Mondial. Ils avaient même dépêché en Angleterre Gary Bailey, une star de football local et un ex de Manchester United, pour rameuter les touristes britanniques.

Peine perdue : presque deux tiers des maisons vont leur rester sur les bras. «Nos clients attendaient un beau bonus, ils sont déçus», confie Emarie Campbell, la directrice marketing du groupe, en accusant au passage Match, la société de services de la Fifa, d’avoir ­aggravé les choses. «Au lieu de se contenter de vendre des ­tickets d’entrée dans les stades et de nous laisser travailler, elle a proposé des packages avec transport et hébergement à des tarifs beaucoup trop élevés.»

De fait, pour se faire une petite gratte, Match, qui avait pré­réservé 80% des chambres de la chaîne hôtelière Protea, a revendu les nuitées 30% plus cher, selon les auteurs de «Player and Referee», un récent pamphlet contre la Fifa. Résultat : à peine un tiers des lits ­seront occupés.

Des bonnes affaires ? Les commerçants locaux en espéraient aussi. C’était sans compter sur les règles très strictes imposées au pays d’accueil par la Fifa. Interdiction absolue d’utiliser comme argument publicitaire toute formule faisant référence à la compétition, comme «Mondial», «Coupe du monde» ou «Afrique du Sud 2010» : la Fédé les réserve à sa poignée d’entreprises partenaires, qui ont accepté de lui payer le prix fort.

Là encore, l’espace sera réservé aux sociétés ayant payé leur dîme à la Fédération. «Depuis le début, on laisse volontairement les plus pauvres sur le bord de la route, alors que vendre de la nourriture ou encore des drapeaux est l’un de leurs gagne-pain, enrage Sam Khasibe, le président du Forum des commerçants informels sud-africains, qui représente une partie des 2 millions de petits vendeurs de rue.

Comme si tout cela ne suffisait pas, plus de la moitié des produits dérivés vendus pendant l’événement seront importés. A commencer par la mascotte du Mondial, Zakumi, fabriquée en Chine, alors que l’industrie textile sud-africaine se meurt… Le gouvernement avait promis des emplois à la pelle. Mais les 130 200 postes créés n’auront duré que le temps de construction des stades.

Défis et Préoccupations Liés à l'Organisation

A moins d'un an de sa Coupe du monde, l'Afrique du Sud continue de découvrir les aléas inhérents à l'organisation d'une telle compétition internationale. Et passé le succès de la Coupe des confédérations, répétition grandeur nature, les organisateurs retrouvent leur quotidien, et des problèmes très contemporains.

Ainsi, l'Afrique du Sud cherche d'une part des bénévoles, mais craint d'autre part que les supporteurs venus pour l'événement ne s'incrustent pour rester illégalement dans le pays. Une préoccupation devenue classique lors de chaque rendez-vous, et qui avait déjà conduit l'Allemagne à resserrer sa vigileance lors de son Mondial en 2006.

La FIFA a donc annoncé, lundi 20 juillet, son appel à candidature pour le recrutement des bénévoles qui aideront à la bonne organisation de la première Coupe du monde disputée sur le sol africain. Pour distribuer les quinze mille postes, la commission a précisé qu'elle recherchait 80 % de Sud-Africains, 10 % de natifs d'autres pays africains et 10 % du reste du monde.

Gianni Infantino

Des placeurs, des chauffeurs et des interprètes sont parmi les postes les plus demandés. Comme la Coupe des confédérations avait attiré un nombre de candidats beaucoup plus important que celui des personnes cherchées, les organisateurs ne s'inquiètent pas trop, et compte même sur quelque cent mille candidatures.

Mogashoa Nannekie, bénévole lors de la répétition générale remportée par le Brésil, met l'accent sur l'harmonie raciale que le tournoi a transmise : "Ce n'était pas important si l'on était xhosa, zoulou, afrikaans ou anglais. Nous faisions tous partie d'une seule équipe," a expliqué l'étudiante à l'agence AP.

La Question de l'Immigration Illégale

Ce qui tracasse beaucoup plus les autorités sud-africaines, c'est la question de l'immigration. Le pays annonce qu'il va dépenser près de 102 millions d'euros pour prévenir une hausse de l'immigration illégale, et que pour la première fois un visa spécial pour la Coupe du monde sera mis en place pour les supporteurs.

Pour l'obtenir, chaque visiteur devra présenter le billet de son match, en plus de l'adresse pendant son séjour en Afrique du Sud et du billet de retour. De plus, le gouvernement affirme que la police d'immigration n'hésitera pas à effectuer des contrôles pour vérifier les adresses données.

"Nous savons que l'Afrique du Sud est un pôle d'attraction pour la migration sur le continent," a constaté Morne Fourie, employé du service gouvernemental qui s'occupe de l'immigration, interrogé par l'agence AP. Après les émeutes contre les immigrés africains dans les bidonvilles d'Afrique du Sud en 2008, qui avaient fait soixante-dix morts et provoqué la fuite de milliers d'autres, le sujet reste très sensible, et le danger de voir éclater des incidents liés à cette question est bien réel.

La grande fête du football risque de ne pas l'être pour tout le monde.

Orientations Futures et Candidatures Multiples

Avec des matchs répartis entre Europe, Afrique et Amérique du Sud pour célébrer le centenaire de la Coupe du monde de football en 2030, Gianni Infantino s'offre une victoire auprès de tous les pays concernés.

Le patron de la FIFA signe également un coup tactique en vue de 2034. L'annonce surprise des pays hôtes de la Coupe du monde 2030 commence à faire parler, surtout du côté des supporters. Le dossier Maroc/Portugal/Espagne était le plus complet financièrement et au niveau de l'organisation pour l'édition 2030. Il n'y avait même pas débat pour des membres de la FIFA. L'alliance des trois pays sera quand même au centre du Mondial 2030 mais perd un peu de saveur sans les matchs d'ouverture.

Face à eux, l'Uruguay, l'Argentine, le Chili et le Paraguay s'étaient portés candidats pour recevoir toute la compétition. Finalement, l'Uruguay, l'Argentine et le Paraguay recevront les trois premiers matchs. Le Maroc, le Portugal et l'Espagne ne recevront donc pas de match d'ouverture. L'Espagne devrait normalement accueillir la finale, le Santiago Bernabeu fait figure de grandissime favori depuis plusieurs mois.

Peu de place pour une candidature surprise pour 2034. Mais cette manœuvre de partager ce Mondial 2030 entre trois continents réduit le nombre de pays pouvant postuler pour la suivante. L'annonce que seules les équipes de la confédération asiatique ou d'Océanie pouvaient postuler pour 2034 permet de faire le ménage, laissant la place totalement nette pour une candidature de l'Arabie Saoudite.

Le Royaume, d'habitude très discret en communication, s'est empressé de publier son acte de candidature. C'est aussi un choix politique de Gianni Infantino en essayant de répartir ce Mondial sur plusieurs continents, le président de la FIFA s'offre une victoire auprès de tous les pays concernés.

Le choix du pays hôte de l'édition 2034 sera connu l'année prochaine lors d'un vote des 211 pays membres de la FIFA, une décision rapide. Ce qui laisse aussi très peu de temps à une candidature surprise de se mettre en branle, personne du côté des instances ne pense possible l'arrivée d'une nouvelle candidature. Le process normal pour le choix du pays hôte de l'édition 2034 devait normalement se terminer en 2027.

Avec 48 équipes dans les prochaines éditions, un pays seul peut difficilement accueillir la compétition...

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