16 Place de la Basse Vieille Tour, 76000 Rouen: Un Voyage à Travers l'Histoire

La place de la Basse Vieille Tour à Rouen, située au cœur de l'hyper-centre historique, est un lieu riche en histoire. Cet article explore les découvertes archéologiques récentes et le contexte historique de cette zone, en mettant en lumière les transformations urbaines qui ont façonné ce quartier au fil des siècles.

Place du Vieux Marché à Rouen

La Place du Vieux Marché à Rouen, un lieu emblématique de l'histoire de la ville.

Découvertes Archéologiques Récentes

Dans le cadre d’un programme d’enfouissement de conteneurs pour la récolte et le tri des déchets ménagers, La Communauté d’agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe (CREA) procède depuis l’automne 2013 à des travaux de terrassement sur plusieurs points de Rouen. Ils sont localisés sur la rive droite, dans l’hyper-centre historique qui correspond aux zones urbaines antiques, médiévales et moderne. Leurs emprises sont réduites, parfois limitées aux installations précédemment mises en place, mais atteignent des profondeurs souvent importantes dépassant les 3 m. S’agissant d’aménagements non soumis à autorisation d’urbanisme, la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Haute-Normandie (Drac) n’a pas été consultée préalablement à leur mise en place.

C’est par le truchement d’une découverte fortuite place Saint-Vivien en novembre 2013 (Bilan Scientifique de la région Haute-Normandie 2013, p. 85-87) que le Service régional d’archéologie (SRA) a été associé aux travaux et qu’un programme d’accompagnement avec une surveillance archéologique a été mis en place. Par cet accord informel avec la CREA, le SRA s’est assigné comme double objectif d’enregistrer l’altitude des niveaux archéologiques encore en place et de relever les coupes stratigraphiques des parois des excavations.

La surveillance a porté sur une excavation rectangulaire d’environ 10 m2 (2 x 5 m), implantée parallèlement au sud-ouest du bâtiment de l’actuelle Halle aux Toiles. Les terrassements réalisés à la pelle mécanique ont atteint la profondeur de 3,2 m, (3,8 m NGF) c’est à dire une altitude équivalente au lit moyen de la Seine (4 m sur la carte IGN) distante d’une centaine de mètres.

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Vestiges de Maçonneries

Deux maçonneries parallèles, dont une disparue, filant sous toute la longueur des parois nord et sud ont été observées. Pour le mur nord sont conservées 7 assises irrégulières, les deux assises supérieures étant plus épaisses. Les blocs sont liés au mortier et tirés au fer. Deux pieds-droits conservés sur quatre assises encadrent une voûte centrale en plein cintre et constituent le départ de deux voûtes latérales qui se développent vers l’est et l’ouest sous les bermes. L’ensemble repose sur un niveau argileux de couleur jaune à gris observé à 3 m de profondeur. Aucun élément archéologique datant n’y a été recueilli.

La paroi sud devait filer sur toute la longueur de l’excavation et fermer une cave située au sud, comme semblent l’attester les deux fantômes de voûtes en plein cintre dessinés par les niveaux de comblements de l’ancienne structure souterraine. L’unique vestige est un petit segment maçonné encore en place « sortant » de la berme orientale de l’excavation. Il est conservé sur moins d’un mètre de long et 7 assises qui présentent des traces d’arrachage côté ouest. Il repose sur le niveau argileux précédemment évoqué.

Les fantômes des voûtes observées sont décalés par rapport à celles de la paroi nord, indiquant deux ensembles distincts. Il est logiquement possible de déduire que l’espace délimité par les murs nord et sud correspondait à un couloir. L’ensemble de l’excavation était comblé de remblais datés par de la porcelaine blanche de la fin du xixe s. et du début du xxe s.

Contexte Historique du Quartier

Depuis la fin du Moyen Âge, le quartier de la Haute et Basse Vieille Tour séparé par la Halle sud, à l’emplacement de l’actuelle Halle aux Toiles, constituait le second pôle commerçant de la ville après celui de la place du Vieux marché. La Halle, édifiée dans le courant des xiiie et xive s., a bénéficié de plusieurs reconstructions en 1422, 1542 et 1743. À partir du xviie s., contre le mur sud, sont venus s’appuyer plusieurs immeubles sur cave avec échoppes en rez-de-chaussée. Nous en aurions rencontré les vestiges, enfouis lors les bombardements de la Seconde Guerre mondiale et les années de reconstruction.

La place Martin-Luther-King est située au sud-ouest de la ville médiévale de Rouen intra muros, dans l’ancien quartier des marchés qui se développe à partir de la seconde moitié du xiie s. La surveillance est localisée immédiatement au nord de l’actuel temple protestant Saint-Éloi (ancienne église paroissiale Saint-Eloy), classée monument historique le 22 juin 1911, plus précisément sur l’emprise de son cimetière nord.

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Les terrassements à la pelle mécanique qui ont bénéficié d’une surveillance archéologique, ont été réalisés selon un plan en « L » avec une paroi nord/sud large de 3 m, une longueur est/ouest de 5 m et un retour débordant de 1 m vers le temple. Le fond de fouille avoisine les 3,2 m. Les horizons stratigraphiques sont similaires sur les quatre parois jusqu’à une profondeur de 2,20 m (7,8 m NGF).

Découvertes Place Martin-Luther-King

Une demi-douzaine de gros blocs calcaires de calibre similaire, entre 0,50 et 0,70 m de diamètre, alignés et très sommairement équarris ont été dégagés en fond de fouille à une altitude de 7,8 m NGF, dans un niveau brun limoneux. Ils sont simplement juxtaposés sur deux rangées, sans mortier pour les maintenir, selon un axe nord/sud. Il n’est pas interdit de penser que d’autres pierres soient présentes sous la paroi ouest comme l’attesterait la découverte isolée d’un autre bloc qui se distingue toutefois des précédents par une face plane très grossièrement taillée. Une découverte similaire est relatée par Guy Dubois lors des opérations de fouille de 1969 sur l’actuelle gare routière à 150 m au sud-est de la place Martin-Luther-King.

Le nord de l’excavation est occupé par une maçonnerie interprétée comme la clôture du cimetière. Elle est conservée sur près de 1,30 m de hauteur avec une première assise à 7,95 m NGF. Le mur est construit en calcaire taillé à double appareil sur une largeur de 0,5 m. Les blocs de diverses dimensions sont liés avec un mortier jaune. Des petits silex sont ponctuellement utilisés en guise de blocage. Le parement présente ainsi un aspect peu soigné et a priori sans assises régulières. Il est orienté nord-est/sud-ouest, et se dirige vers l’entrée du temple de manière oblique.

Le niveau de sépultures en place est apparu entre 8,80 m et 7,80 m NGF. Aucun aménagement ni fosse sépulcrale ne signalent la présence des défunts. Tous les inhumés adoptent une même orientation tête à l’ouest, et en position dorsale. Entre 20 et 30 squelettes isolés les uns des autres et sans recoupements ont pu être observés. Les ossements bien conservés étaient pour la plupart entiers. Le niveau de sépultures se poursuit sous les parois est, ouest et sud de l’excavation.

Le niveau des sépultures en place était scellé par un remblai grisâtre épais d’une soixantaine de centimètres à 9,20 m NGF. Il était fortement induré et de composition hétérogène avec la présence de terre, de nombreux petits cailloux ainsi que d’abondantes traces de charbons de bois. Il contenait également, de manière erratique et ponctuelle, des restes osseux humains très fragmentés et un mobilier hétéroclite appartenant à une fourchette chronologique comprise entre les xvie-xviie s. et le début du xixe s. L’ensemble évoque une perturbation massive.

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En 1857, sur l’emprise de l’ancien cimetière, est aménagée une place publique. À cette occasion, est réalisé un nivellement du sol sur près d’un mètre. Les travaux occasionnent la découverte de « débris de squelettes humains, restes de l’ancien cimetière du moyen-âge » (Journal de Rouen, mercredi 25 août 1858) accréditant l’hypothèse que les niveaux supérieurs du cimetière, peut-être une première fois bouleversés par sa fermeture en 1782, ont été une seconde fois altérés par les travaux de 1858.

Rue de la Pie

La rue de la Pie est localisée à l’ouest de Rouen intra-muros, dans la première enceinte du xiie s., à l’angle sud-ouest de la place du Vieux Marché sur laquelle elle débouche. Les travaux de la CREA sont plus précisément implantés à hauteur du passage permettant d’accéder aux rues Thomas-Corneille et de Crosne vers le nord, contre l’immeuble édifié en 1976 à l’est et la maison natale du dramaturge Pierre Corneille classée MH le 13 février 1939, à l’ouest.

Les terrassements de 5 x 2,5 m, ont été exécutés jusqu’à 3,1 m de profondeur (8,9 m NGF). La partie supérieure de la stratigraphie est constituée des différents niveaux de préparation des voiries sur une épaisseur de 0,8 m. Ils recouvrent un remblai brun de terre à jardin agrémenté de quelques rares inclusions d’éléments de plâtre et cailloux sur 0,6 m. À partir de -1,40 m et sur une trentaine de centimètres, repose un niveau blanc pulvérulent composé de blocs de calcaires taillés, d’éclats et de poussière calcaires ainsi que de quelques fragments de tuiles, évoquant une démolition.

La bordure nord du creusement fournit l’essentiel des informations pour la compréhension de la mise en place des strates : sous les remblais a été observé à une profondeur de -1,8 m, un mur orienté est/ouest construit en blocs de calcaire taillés, conservé sur quatre assises recouvrant toute la longueur de la paroi. À l’ouest, il forme un retour vers le sud, marquant la limite de la structure directement creusée dans les limons bruns. À hauteur de sa moitié est, une interruption composée d’une unique assise de pierre formant un palier d’un mètre de large encadré par deux murs aux bords verticaux, évoque un passage vers un second espace situé plus au nord. Il est comblé par un remblai très instable, similaire à ceux déjà décrits.

L’existence d’une cave, détruite et comblée avec les gravats de l’immeuble qui la surplombait semble l’interprétation la plus plausible, mais l’absence de mobilier ne permet ni de dater la construction de la structure, ni l’époque de sa démolition, pas plus que son comblement. Les caractères architecturaux très banals ne signalent pas non plus une appartenance chronologique particulière si ce n’est à ceux prévalants entre les xve et xviiie s. Les matériaux sont similaires à de nombreuses autres caves mitoyennes décrites lors du recensement dressé pour la défense passive en 1938.

Par ailleurs, au 7 rue de la Pie lors d’une opération de fouille conduite par D. Pitte ont été observées des « caves construites vers la fin du xvie s. […] comblées au plus tard au xviiie s. ». Enfin, les extraits des registres du tabellionage de Rouen font remonter, sur le site, l’existence d’une maison à 1529. Elle est acquise en 1584 par Antoine Corneille, père du dramaturge Pierre et de son frère Thomas.

Événements et Actualités Culturelles

La Ville de Rouen propose régulièrement des événements culturels et des visites guidées pour explorer son riche patrimoine. Voici quelques exemples d'événements récents :

  • Visite guidée de la Halle aux Toiles : Une exploration de l'histoire et de l'architecture de ce lieu emblématique.
  • Visites guidées dans les coulisses d’une bibliothèque patrimoniale : Une opportunité rare de découvrir les collections et les réserves de la bibliothèque Villon.
  • Sur les traces de l'ancienne caserne des pompiers de Rouen : Une plongée dans l'histoire de la caserne Gambetta, avec des expositions et des rencontres avec d'anciens pompiers.
  • Visite du Gros Horloge : Une découverte du mécanisme et de l'histoire de ce monument emblématique de Rouen.

Tableau Récapitulatif des Découvertes Archéologiques

Lieu Nature des Découvertes Période Estimée
Halle aux Toiles Vestiges de maçonneries parallèles, cave Fin du xixe s. et début du xxe s.
Place Martin-Luther-King Blocs calcaires, clôture de cimetière, sépultures xiiie-xvie s.
Rue de la Pie Mur en blocs de calcaire, cave xve-xviiie s.

Ces découvertes archéologiques témoignent de la richesse historique et culturelle de Rouen, et soulignent l'importance de la préservation de son patrimoine urbain.

Pourquoi Rouen est la capitale historique de la Normandie ? - LMF5

Visite guidée de Rouen

Explorez le patrimoine de Rouen grâce aux visites guidées proposées par l'office de tourisme.

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