L'Histoire des Tifos au Parc Olympique Lyonnais: Des Bad Gones à Lyon 1950

L'histoire des supporters de l'Olympique Lyonnais est riche et passionnante, marquée par l'évolution des groupes de supporters, leurs actions mémorables et leur influence sur l'ambiance des stades. Cet article explore l'histoire des principaux groupes de supporters de l'OL, de la création des Bad Gones à l'émergence de Lyon 1950, en passant par les moments clés qui ont façonné leur identité.

Tifo des Bad Gones

Les Bad Gones: Pionniers du Supportérisme Lyonnais

À l'origine du mouvement ultra lyonnais se trouve le Kop Jean Bouin. Celui-ci regroupe les fans les plus turbulents de l'OL, au sein de la tribune Jean Bouin, alors que le club évolue en seconde division. Certains stades champêtres se souviennent encore certainement de ces visiteurs agités qui accompagnaient alors l'Olympique Lyonnais. Peu après la montée en D1 en 1989, le groupe abandonne la tribune Jean Bouin et ses bancs qui parfois volaient, pour le Virage Nord et ses grands espaces.

Le groupe est très hétérogène, d'un côté les «voyageurs» peu intéressés par les tifos, de l'autre des jeunes voulant s'inspirer du modèle italien. Mais ce n'est pas vraiment par les spectacles que le groupe s'illustre dans ces années là. Véritable territoire, le Virage Nord est un lieu de liberté très âprement défendu par ses occupants. On garde en mémoire quelques affrontements très violents avec les forces de l'ordre, lesquels furent parfois purement et simplement refoulés hors du virage.

Un célèbre Lyon-Caen en 1991 dégénérera en émeute au sein du virage puis se propagera dans les rues aux alentours. Résultat : hospitalisation pour une petite dizaine de CRS ! Les bagarres sont systématiques avec les rares supporters adverses qui viennent nous rendre visite.

Les services de police surveillent alors les agissements de ce que l'on nomme vite « les hooligans lyonnais ». Ils attendent la goutte d'eau qui fera déborder le vase. Celle-ci viendra de quelques jeunes, gravitant autour du groupe, lesquels déclencheront en septembre 1992, par un acte antisémite lamentable, une vague de répression musclée. Les inspecteurs en civil remplacent les CRS, la pression se fait plus forte et surtout, la réputation du Virage Nord prend un sacré coup : Gerland devient tout de suite beaucoup moins attractif.

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Beaucoup de parents interdisent à leurs enfants d'assister aux matchs et le groupe voit ses forces vives diminuer. Il faut attendre octobre 1995 pour qu'un nouvel événement important de la vie du groupe voit le jour. Cette fois, l'OL se déplace à la Lazio en Coupe de l'UEFA. 80 BG investissent les rues de Rome lors d'un déplacement qui restera dans les mémoires du groupe.

Passé du côté du Virage Sud le temps des travaux visant à remplacer notre Virage par une tribune flambante neuve pour accueillir la Coupe du Monde, le groupe n'est pas loin de la fin. En marge des rescapés Bad Gones, un kop très rajeuni subsiste malgré les pressions policières constantes. Un noyau s'organise pour faire revivre le groupe, sans grandes ambitions. Les débuts sont peu enthousiasmants ; notre virage ayant vu, à quelque chose près, sa population entièrement renouvelée. Les jeunes ne manifestent pas de réelle volonté à s'impliquer et le noyau dur ne s'intéresse guère à l'aspect tifo.

Pourtant, en reposant la bâche BG, les responsables du groupe désirent intégrer toutes les composantes BG (les Ultras, les hools, les anciens, les touristes). Finalement, quelques belles réalisations viennent récompenser le travail accompli. Lors de la saison 1998-1999, les Bad Gones se mobilisent pour d'inoubliables déplacements européens, notamment à Bruges et à Bologne.

En 1999-2000, le groupe compte 1 500 membres : ceci implique le besoin d'une nouvelle organisation et d'une rationalisation des activités. Cette évolution s'accompagne d'une difficile période de transition . Les anciens responsables ont déjà trop donné et la nouvelle génération peine à s'imposer : le groupe stagne. Les critiques quant à l'évolution du groupe ne facilitent pas les choses. Les Bad Gones peinent à se motiver pour les déplacements et l'ambiance à Gerland est souvent très décevante. Les résultats n'arrangent en rien la situation. En 2001, nombreux seront ceux qui préfèrent quitter définitivement le groupe, lequel fonctionne alors avec un effectif minimum.

Alors une nouvelle fois, les Bad Gones ne passent pas loin de la fin. La persévérance de certains paye enfin et les Bad Gones voient émerger une nouvelle génération capable de relancer le groupe. De nombreux jeunes s'investissent en faisant preuve de beaucoup d'envie et d'une mentalité authentique. Le stade de l'adolescence passé, le groupe est conscient qu'il évolue dans un milieu de moins en moins enclin à tolérer l'enthousiasme qui anime les groupes de supporters.

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La saison 2001-2002 est marquée par une grosse évolution, puisque l'ensemble des fans du Virage Nord est rassemblé sous la bâche KOP VIRAGE NORD. L'ampleur prise par le groupe encourage cette évolution. Le terme « Bad Gones » continue à désigner les plus actifs, les plus motivés et les plus fidèles membres du groupe. De bien belles réalisations au Virage Nord et des déplacements prometteurs accompagnent l'obtention, au bout du suspense, du premier titre de champion de France.

Si certains déplacements restent largement délaissés, d'autres mobilisent énormément, surtout en fin de saison : Auxerre, Strasbourg et Bordeaux notamment. L'ambiance à Gerland ne cesse de s'améliorer. Après de nombreuses saisons galères, le groupe attaque la saison 2002-2003 de manière beaucoup plus optimiste. Le 1er décembre, le groupe célèbre à Gerland ses 15 ans d'existence, à l'occasion de la réception de Strasbourg. Le tour de terrain qu'ont entrepris une trentaine de BG parmi les plus représentatifs et ce, avec une bâche historique, est conclut par l'allumage de plus de 50 torches puis par un magnifique tifo à base de voiles.

L'ANIMATION ENTIERE DES BAD GONES POUR LEUR 35 ANS ( ULTRAS LYON) INCROYABLE

L'Impact de Jean-Michel Aulas et l'Évolution du Groupe

Par ailleurs, la politique commerciale et le discours ultra-libéral de Jean-Michel Aulas continuent à porter ses fruits sur les résultats sportifs et économiques du club. Bien que conscient de sa réussite et reconnaissant pour le travail qu'a accompli le président de l'OL, le Kop Virage Nord veille toutefois à communiquer sur le regard qu'il porte sur le football contemporain et ne compte pas perdre son sens critique. Le même esprit anime le groupe vis-à-vis des résultats sportifs du club.

Quand les mauvais scores s'accumulent, comme en cette fin d'année 2002, le centre d'entraînement est visité par quelques dizaines de BG. Le groupe n'a pas perdu ses vieux réflexes. A ce titre, quelques déplacements offrent également de belles séquences de nostalgie aux plus anciens. Le second titre (2002-2003) est obtenu à Montpellier devant 5 000 Lyonnais enflammés.

Quelques jours après, Sonny Anderson annonce son départ. Comme Florent Laville, Alain Cavéglia, et Grégory Coupet, il appartient à ces joueurs qui, à leur manière, se sont affirmés comme de vrais compagnons de route pour le groupe. Au milieu des années 2000, les tifos ambitieux se succèdent et le groupe chargé de l'animation s'en donne à coeur joie, grâce à une implication croissante et à un savoir-faire s'améliorant année après année. D'inoubliables déplacements accompagnent les épopées européennes avec en point d'orgue, les 10 000 lyonnais à Milan pour le quart de finale de la Ligue des Champions en 2006.

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Durant les années 2000, le groupe ne cesse de prendre de l'ampleur et peut s'appuyer sur un large noyau de motivés. A Gerland, la folie est contagieuse et l'ensemble du stade est régulièrement porté par l'enthousiasme du virage Nord.

En 2007, les Bad Gones fêtent leurs 20 ans. Soirées, match entre BG en lever de rideau sur le terrain de Gerland, Sonny Anderson en tribune et animations diverses participent au plaisir de plusieurs générations de Bad Gones. L'évocation des souvenirs de chacun est l'occasion de mesurer le chemin parcouru, de Louhans-Cuiseaux à Madrid, de Brest à Munich. C'est l'occasion également de penser à ceux qui, trop nombreux, nous ont quittés.

Aujourd'hui, de nouveaux gones motivés s'impliquent et offrent l'espoir d'un bel avenir. Depuis plus de 20 ans, le groupe a su faire face aux difficultés. Il a été obligé de s'adapter à un environnement changeant (club, police, médias). Il a aussi naturellement évolué au gré des résultats du club.

Les Bad Gones et l'Olympique Lyonnais offrent en effet deux histoires intimement liées : JMA reprenant le club peu avant que les anciens créent les BG. Il n'est pas étonnant dès lors, que le groupe soit devenu un acteur à part entière du club. Un acteur légitime, souvent critique mais toujours fidèle.

Si quelques-uns ont regretté certaines évolutions du groupe, d'autres s'en sont félicité. Il reste que jamais les Bad Gones ne se seront reniés, ils ont simplement évolués : après l'adolescence, la maturité. Aujourd'hui, la fidélité des gones de la première heure ne peut qu'encourager les nouvelles générations à s'impliquer dans un groupe historique et atypique.

L'Émergence de Lyon 1950 et l'Animation du Virage Sud

Le mouvement ultra lyonnais compte parmi ses figures emblématiques le groupe Lyon 1950, qui anime le virage Sud du Groupama Stadium depuis plus d’une décennie. Avec ses 2 130 membres abonnés sur un total de 2 300 adhérents, cette formation de supporters passionnés représente aujourd’hui l’une des forces vives du kop lyonnais.

La saison 2024-2025 revêt une importance particulière puisqu’elle marque le 15e anniversaire du groupe, avec comme temps fort le match OL-Auxerre du 27 octobre 2024. Cette célébration s’inscrit dans la tradition du mouvement ultra européen, né à la fin des années 1960 en Italie avant de conquérir l’ensemble de l’Europe occidentale.

La naissance de Lyon 1950 remonte à la saison 2009-2010, dans un contexte bien différent de celui d’aujourd’hui. À cette époque, le groupe ne comptait que 160 membres cartés lors de la saison 2010-2011, une base de supporters encore modeste comparée aux effectifs actuels. Le bloc C attribué au groupe se révélait particulièrement exigu, limitant considérablement les possibilités d’animation et de déploiement des tifos spectaculaires qui caractérisent les groupes ultras confirmés.

Cette contrainte spatiale s’accompagnait d’un local inadapté qui compliquait énormément la préparation des animations visuelles si importantes dans la culture ultra. L’année 2012 marqua un tournant décisif dans l’histoire du groupe grâce au soutien de l’Olympique Lyonnais. Le club accorda l’accès au chapiteau de Gerland, cette grande tente qui accueillait habituellement les conférences de presse lors des rencontres de Ligue des Champions.

Le déménagement au Groupama Stadium constitua une révolution pour Lyon 1950 et l’ensemble des supporters lyonnais. L’installation dans le virage Sud de la nouvelle enceinte offrit des perspectives inédites de développement et d’expression pour le groupe. Cette expansion numérique transforma radicalement l’organisation interne du groupe. Le bureau dirigeant dut adapter ses méthodes de gestion pour encadrer efficacement cette communauté grandissante de passionnés de football.

Les 2 130 membres abonnés au stade représentent aujourd’hui un record pour le groupe, témoignant de l’attractivité croissante de Lyon 1950 auprès des supporters de l’OL. Cette base solide permet de déployer des tifos sur plusieurs milliers de mètres carrés, nécessitant des connaissances techniques pointues et une coordination exemplaire.

La saison 2024-2025 revêt une dimension historique particulière avec la célébration du 15e anniversaire de Lyon 1950. Les festivités s’étalent sur l’ensemble de la saison sportive, culminant avec le match officiel d’anniversaire face à Auxerre programmé le 27 octobre 2024 à 15h. Les préparatifs de cette célébration mobilisent l’ensemble du noyau dur du groupe, qualifié par ses membres de véritable « deuxième boulot » tant l’investissement personnel est conséquent.

Des sanctions avaient empêché Lyon 1950 de célébrer dignement le retour de la Coupe d’Europe lors du match contre l’Olympiakos. Le groupe compte bien se rattraper lors de la venue de Besiktas le 24 octobre, qui servira de répétition générale avant les festivités officielles.

Tifos Mémorables et Moments Clés

Les supporters de l'Olympique Lyonnais ont marqué l'histoire du club avec des tifos spectaculaires et des ambiances mémorables. Voici quelques exemples :

  • OL-Nice en Ligue 1 (28 mai 2005): Les Bad Gones mettent à l'honneur Paul Le Guen, entraîneur, et Yves Colleu, son adjoint.
  • OL-Real Madrid en Ligue des champions (13 septembre 2005): Les supporters lyonnais rappellent aux joueurs qu'« ici, la star c'est Lyon ».
  • OL-Strasbourg (2 décembre 2007): « Trois blasons et vingt ans de passion. » Belle soirée pour les 20 ans des Bad Gones, l'OL reçoit et bat Strasbourg à Gerland 5 à 0.
  • OL-Manchester United (20 février 2008): Le « diable rouge et bleu » affronte Manchester United à Gerland pour les 8es de finale de la Ligue des champions.
  • OL-Marseille (8 novembre 2009): Tifo inoubliable à Gerland avec Mario au volant de son kart rouge et bleu avant le mythique 5-5 face à l’Olympique Marseille.
  • OL-ASSE (30 mars 2014): Les Bad Gones exposent une fresque tout le long du virage nord à l'effigie des supporters lyonnais à l'occasion du derby.
  • OL-ASSE (19 avril 2015): Un tifo représentant Lyon et ses principaux monuments avant un derby face à l'ASSE qui se clôture avec un 2-2.
  • OL-Angers (9 mars 2017): Pour le match aller des 8es de finale de Ligue Europa, les Gones reçoivent l’AS Rome et les supporters sont là pour les accueillir : « Ave Lugdunum. » Victoire 4-2 dont trois buts de Tolisso, Fekir et Lacazette.
  • OL-Besiktas (13 avril 2017): Pour sa plus grosse confrontation depuis son arrivée à Décines, l’Olympique lyonnais reçoit le Besiktas lors du match aller en quart de finale de Ligue Europa. Avant le match, le KVN déploie un tifo représentant Laurent Mourguet, marionnettiste lyonnais et ses créations : Guignol et Gnafron, et enjoint le club « Inspirez-vous de Laurent Mourguet, faites le spectacle ! »

Ces exemples illustrent la créativité et la passion des supporters lyonnais, qui contribuent à l'ambiance unique des matchs de l'OL.
A l'occasion du 125ème derby de l'histoire entre l'Olympique Lyonnais et l'AS Saint-Etienne, les supporters avaient prévu une petite suprise pour l'entrée des joueurs sur la pelouse. Des drapeaux avaient été mis dans les tribunes latérales et les Bad Gones ont proposé un tifo avec inscrit "COMBATTRE ET VAINCRE AVEC HONNEUR ET FIERTE" et les Lyon 1950 "L'Amour pour mon groupe, de la haine pour mes ennemis".

L'ambiance était au rendez-vous lors du tout premier derby de l'histoire au Parc OL. Avant le coup d'envoi, les supporters olympiens avaient déjà mis une ambiance de feu en reprenant notamment le traditionnel "ahou" d'avant-match et en déployant deux magnifiques tifos à l'effigie des deux principaux groupes de supporters, les Bad Gones et Lyon 1950.

Tableau récapitulatif des groupes de supporters

Groupe de Supporters Année de Création Tribune Nombre de Membres (environ) Particularités
Bad Gones 1987 Virage Nord 6000+ Plus ancien groupe de supporters de l'OL
Lyon 1950 2009 Virage Sud 2300 Animation du virage Sud au Groupama Stadium
Tifo des supporters de l'OL

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