L'histoire et le design des maillots des Steelers de la NFL

Le nom des Pittsburgh Steelers trouve ses racines dans l’histoire industrielle de Pittsburgh, ville connue comme l’une des capitales mondiales de l’acier. Fondée en 1933 par Art Rooney, la franchise portait initialement le nom des « Pittsburgh Pirates », un clin d’œil à l’équipe de baseball locale. Ce nom générique n’a pas marqué les esprits, et en 1940, une nouvelle identité fut envisagée pour refléter davantage la spécificité de la ville et de ses habitants.

Pittsburgh, au début du XXe siècle, était surnommée « Steel City » en raison de son industrie sidérurgique florissante. Ces entreprises employaient des milliers de travailleurs dans des aciéries bruyantes et fumantes qui dominaient alors le paysage urbain. C’est dans ce contexte qu’en 1940, un concours fut organisé pour choisir un nouveau nom pour l’équipe. Parmi les nombreuses suggestions, le terme « Steelers » fut retenu.

Proposé par Joseph F. Santoni, un habitant de Pittsburgh, ce nom rend hommage aux travailleurs de l’acier, véritables piliers de l’économie locale. L’équipe des Pittsburgh Steelers incarne ainsi, à travers son nom, un profond respect pour les travailleurs qui ont forgé l’économie américaine au cours du siècle dernier. Cette appellation est un hommage à la ténacité et au travail acharné, des valeurs que l’équipe s’efforce d’incarner à chaque match.

Lorsqu’ils adoptent le nom des « Steelers » en 1940, l’équipe ne possède pas encore son logo emblématique. Pour commémorer l’adoption de ce nouveau nom, Rooney reçoit une plaque ornée d’une image en forme de ballon de football rendant hommage à l’industrie sidérurgique de la ville, avec les mots « Pittsburgh Steelers Football Club » autour du bord. Bien que les logos d’équipes de la NFL n’existaient pas à cette époque, Rooney apprécia ce cadeau et aima son design. Ainsi, à partir de 1940, ce fut le premier logo identifiant les Steelers.

Alors que la NFL tentait de se tailler une part plus importante du marché des sports professionnels après la Seconde Guerre mondiale, les équipes explorèrent des moyens d’attirer davantage l’attention. Alors que Dan Rooney s’impliquait de plus en plus dans la franchise de son père à la fin des années 1950, il lança l’idée qui allait aboutir à un logo utilisé par les journaux pour embellir leur couverture de l’équipe.

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L’histoire du logo des Steelers changea définitivement en 1962 lorsque Rooney fut approché par Republic Steel, basé à Cleveland, qui lui proposa d’utiliser le Steelmark comme logo de casque. Le Steelmark est un symbole créé par l’American Iron and Steel Institute. Il se présente sous la forme d’un cercle entourant trois hypocycloïdes et le mot « Steel ».

Lorsque le premier lot de logos arriva, Rooney n’était pas certain qu’ils rendraient bien sur un casque doré uni. Le responsable de l’équipement, Jackie Hart, reçut pour instruction de ne les appliquer que d’un seul côté du casque pour un test visuel. Les Steelers adoptèrent par la suite des casques noirs, ce qui permit au logo de mieux ressortir sur un fond sombre. La dernière étape pour Rooney fut de demander à l’AISI la permission de remplacer le mot « Steel » par « Steelers ».

Pour les grandes occasions, les Steelers adoptent des logos commémoratifs. À l’occasion des 75 ans de la franchise, les Steelers dévoilent un logo intégrant leur design classique avec des ajouts dorés symbolisant la longévité et le succès. On y retrouve les hypocycloïdes et une mention de l’année de fondation, 1933, accompagnée de l’année 2007.

Le logo Wordmark des Steelers est minimaliste, se limitant au mot « Steelers » écrit dans une police sans-serif simple, déclinée en noir et en jaune. Cet aspect austère est volontaire, soulignant le pragmatisme et la robustesse associés à la ville de Pittsburgh.

Un uniforme à rayures horizontales, avec les numéros inscrits sur des panneaux rectangulaires, est également apparu lors de la saison 1933. L’équipe a adopté des uniformes plus standards pour la NFL en 1936, en ajoutant des rayures de type « Northwestern » sur les manches.

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Une exception notable à l’omission des rayures avant les années 1960 concerne la saison des « Steagles », où les Steelers avaient fusionné avec les Eagles pour des raisons financières. Peut-être les uniformes les plus célèbres (et controversés) jamais portés par les Steelers furent ceux de 1966. Dan Rooney a plus tard expliqué les véritables raisons derrière leur conception.

À l’époque, alors que son père dirigeait encore l’équipe et que les Packers de Green Bay, menés par Vince Lombardi, dominaient la NFL, le jeune Rooney (qui jouait un rôle encore modeste dans la franchise) ne voulait pas imiter les autres équipes de la ligue et souhaitait donner aux Steelers une apparence unique. Cette décision coïncidait avec le développement du « Triangle d’Or » dans le centre-ville de Pittsburgh dans les années 1960.

Après seulement deux ans avec les uniformes « Batman », les designs actuels furent introduits en 1968. Le casque est entièrement noir avec une bande dorée centrale et de petits numéros blancs placés sur le front. Contrairement à d’autres équipes ayant fait ce choix (Dallas lors des Super Bowls XIII et XXVII, et Washington au Super Bowl XVII), qui portent souvent du blanc à domicile, les Steelers suscitèrent des rumeurs concernant cette décision. Une autre explication venait de l’ancien entraîneur Bill Cowher, qui déclara que, puisqu’il ne s’agissait pas du Heinz Field, c’était un match à l’extérieur. Ce design est inspiré de la saison 1960.

Les pantalons sont blancs, ornés d’une large rayure dorée sur l’extérieur des jambes, encadrée de deux fines rayures noires. Les casques sont dorés avec le logo des Steelers sur le côté droit et une bande noire centrale allant de l’avant vers l’arrière. Ce casque reproduit celui porté en 1962, année où le logo actuel des Steelers apparut pour la première fois sur les casques.

Ces uniformes rétro, sans le patch du 75e anniversaire, devinrent officiellement les tenues alternatives de l’équipe à partir de la saison 2008. Ils sont principalement utilisés pour des matchs honorant les anciens joueurs de la franchise. 65 % des personnes interrogées dans le cadre d’un sondage ESPN ont déclaré qu’elles détestaient les uniformes rétro.

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Dans le cadre du programme NFL Color Rush, les Steelers portent désormais des uniformes noirs rétro basés sur le design porté par les équipes des années 1970. Les chiffres sont également dorés, bien qu’en police de caractères traditionnelle au lieu de Futura Condensed. Le pantalon est noir avec une épaisse bande dorée, l’inverse de leur pantalon doré normal.

Avant la saison 2007, les Steelers ont présenté Steely McBeam comme leur mascotte officielle dès la saison 2007. Il s’agit d’un ouvrier portant une cotte, une chemise à carreaux et un casque d’ouvrier métallurgiste. Dans le cadre des célébrations du 75e anniversaire de l’équipe, son nom a été sélectionné parmi 70 000 suggestions soumises par les fans de l’équipe. Diane Roles de Middlesex Township, a soumis le nom gagnant qui était censé représenter l’héritage industriel de Pittsburgh.

« Mc » souligne les racines irlandaises de la famille Rooney et « Beam » représente les poutres en acier produites à Pittsburgh. Steely McBeam est visible à tous les matchs à domicile et participe aux programmes caritatifs de l’équipe et à d’autres événements sponsorisés comme pour toutes les mascottes NFL. L’autographe de Steely est connu pour être dessiné avec un S surdimensionné et un L dessiné pour ressembler à une poutre d’acier.

En pleine guerre froide, alors que le rideau de fer divise le monde, une nouvelle muraille s’élève. Hissée par les hommes d’acier de Pittsburgh, elle barre l’accès à la endzone. Une barrière tout aussi hermétique. Tout aussi infranchissable. Tout aussi impitoyable. Derrière ce mur, se cachent quatre hommes, quatre géants, quatre titans : Joe Greene, L.C. Greenwood, Ernie Holmes et Dwight White. Ajoutez Mel Blount, Jack Ham et Jack Lambert, et la fine équipe est au complet.

Tous, firent partie à un moment ou à un autre du « Steel Curtain », un front four redoutable, clé de voute d’un rideau d’acier étanche qui fit de la défense des Steelers des années 1970 l’une des plus redoutables de l’histoire. Le point d’orgue : 1976. La meilleure escouade défensive que la NFL n’ait jamais portée? Probablement.

« Mean » Joe Greene, L.C. « Hollywood Bags » Greenwood, Ernie « Fats » Holmes et Dwight « Mad Dog » White. Des surnoms d’enfer et des physiques de buffles. Plus d’1m90 sous la toise et de 110 kilos sur la balance, tels est le minimum requis pour intégrer le rideau de fer version Pittsburgh Steelers. Des mastodontes qui forment la véritable colonne vertébrale d’une franchise qui fit sienne la décennie 70.

Super Bowls IX, X, XIII et XIV. Le compte est bon. De 1974 à 1979, emmenés par un quarterback tonsuré et portés par une défense de fer, une meute de loups affamés, les métallurgistes de Pennsylvanie s’offrent quatre bagues. Une razzia. Une dynastie.

Premier joueur drafté par Chuck Noll, Joe Greene, le vilain, va servir de socle à ce front four sans égal. « Les gars comme moi sont vraiment chanceux d’avoir joué au football. Le football était un exutoire, une libération. C’était génial de pouvoir frapper quelqu’un dans la tronche sans finir en prison. Je dis à mes potes qu’ils sont comme des rois. Ils peuvent botter des culs sans s’attirer d’ennuis. Dès son année de rookie, baladé par le virevoltant Fran Tarkenton, il perd patience et frappe le quarterback à retardement. « C’est comme ça que je joue au foot, » explique-t-il après la rencontre. Tout est dit. Joe « Mean » a un goût prononcé pour la castagne. Et sous l’uniforme des Steelers, il va mettre cette énergie rageuse au service de ses coéquipiers.

L.C. Greenwood est drafté la même année, en 69. Deux ans plus tard, Ernie Holmes et Dwight White quittent leurs universités texanes pour rejoindre le Three Rivers Stadium. Le quatuor est complet. Et il ne tarde pas à briller. Fumbles, sacks, bagues de champions, les quatre hommes multiplient les actions d’éclat et les récompenses.

En 74, lors du Super Bowl IX face aux Vikings de Tarkenton, Greenwood détourne trois passes du quarterback. Victime d’une pneumonie durant la semaine précédant le Super Bowl IX, Dwight “Mad Dog” White est cloué sur son lit d’hôpital. Pas de quoi l’empêcher de jouer pour autant. Remonté comme jamais, il ouvre le compteur de la rencontre en plaquant un Viking dans son propre en-but.

La défense des Steelers des 70’s, ça n’est pas seulement une histoire d’hommes, mais aussi de chiffres. En 73, elle concède 210 points, amasse 37 interceptions, recouvre 18 fumbles et marque trois fois. L’année suivante, elle n’encaisse que 189 points, intercepte 25 ballons, en recouvre 22 et score deux fois. En 1975, toujours plus imperméable, elle n’accorde que 162 unités et s’offre 37 turnovers. Puis vient 1976, l’année faste.

Si 74 est l’année du sacre, 76 reste dans les mémoires comme celle de l’apothéose, pour une défense au sommet de son art. Une domination jamais égalée. Malgré, l’échec en finale de conférence face aux Raiders de John Madden, l’escouade défensive a érigé un véritable rideau d’acier toute la saison, dégoûtant les adversaires. Si la défense de 1974 s’est distinguée comme la meilleure en termes de yards concédés, de turnovers provoqués, de sacks infligés et de plus faibles QB ratings pour les passeurs adverses, celle de 1976 s’impose dans un autre art : celui de réduire au silence (ou presque) les attaques.

51 points de moins dans la musette par rapport à la campagne 74, une moyenne de 9,88 points encaissés par match et surtout, seulement 28 petites unités concédées lors des neuf dernières rencontres de la saison. Après un début de saison chaotique (1-4) marqué par la perte de Terry Bradshaw sur blessure, la machine d’acier se met en branle. Oubliés les 31 points contre Oakland, les 30 contre New England et la piètre moyenne de 22 unités par match.

Lors de huit des neuf rencontres suivantes, la défense ne concède aucun touchdown. Trois semaines de suite, elle réduit ses adversaires au mutisme. 27-0 face aux Giants, 23-0 contre les Chargers et un succès 45-0 devant les Chiefs. Le coup du chapeau. Un exploit qu’elle réalisera lors de cinq rencontres cette saison là. Une moyenne incroyable de 3,1 points accordés par match. Face à eux, des adversaires affichant un pourcentage de victoire de 52,8%, histoire de donner encore plus d’ampleur à la performance.

Le moine Bradshaw retrouve le terrain, les Steelers sont injouables et, après une démonstration de force face à Baltimore (40-14), s’offrent un ticket pour la finale de conférence AFC. Un ticket perdant. Ils n’avaient encaissé que 28 points lors des neuf dernières rencontres de saison régulière, les Raiders leur en infligeront 24, en une partie. Privée de ses coureurs Franco Harris et Rocky Bleier, l’attaque patine, la défense s’épuise et Pittsburgh s’incline. Malgré ce revers, le rideau d’acier de 76 a inscrit son nom au grand Livre de la NFL.

L’énergie démoniaque qui anime le front four a contaminé tout le reste de la défense. « Steel Curtain » ne désigne plus seulement les quatre hommes forts de devant, mais toute une escouade, portée par la même détermination dévastatrice. En 1976, ils sont huit à décrocher leur billet pour Hawaï. Outre L.C. Greenwood et Joe Greene, les deux linebackers Jack Ham et Jack Lambert (couronné défenseur de l’année), les defensive backs J.T. Thomas, Glen Edwards, Mike Wagner et Mel Blount s’invitent également à la fête. Ernie Holmes, lui, n’est même pas convié à la petite sauterie hawaïenne.

« Ces vieilles défenses des Steelers étaient les meilleures, » reconnait John Madden dont les Raiders parvinrent à déjouer le rideau d’acier en 76.« Regardez juste les types qui ont joué dans ces défenses. Vous savez qu’ils étaient incroyables. Celui qui nous a toujours donné le plus de fil à retordre, c’était Ernie Holmes, et pourtant il ne serait même pas mentionné si vous parliez des meilleures défenses des Steelers.

Injouables. Incontournables. Infranchissables. Leur surnom de « Steel Curtain », ils le doivent à un concours organisé par une radio locale. L’objectif, trouver un petit nom pour cette défense qui terrifie la NFL. Habile référence au rideau de fer de Winston Churchill et à l’industrie de l’acier, véritable poumon économique de la région de Pittsburgh. Le « Rideau d’Acier » fait l’unanimité et 40 ans plus tard, colle toujours au casque des Steelers. Un véritable label.

De 1972 à 1979, les Steelers ne dérogent pas à leur réputation et ne quittent pas le top 10 des défenses de la ligue. À six reprises, ils se glissent sur le podium. Avant le début de la saison 78, le quartet se dissout. Ernie Holmes est envoyé à Tampa en échange de deux choix de fin de draft. La fin d’un cycle.

Ou presque. Les Steelers se sont trouvés une véritable identité. Celle d’une équipe qui aime défendre. Profondément. Le rideau d’acier est tombé, mais sa mémoire perdure. Mieux encore, cette nouvelle identité se transmet. Les Steelers de 2008 vont redonner un second souffle à la redoutable tradition défensive qui colle au casque de la franchise de Pittsburgh. James Farrior, LaMarr Woodley, Lawrence Timmons, Troy Polamalu, Brett Keisel, Larry Foote, James Harrison. De nouveaux noms, mais une même hargne, une même détermination, une même violence et en face, une même peur. Les Steelers et la défense, c’est une longue histoire d’amour. La clé du succès.

Steelers Uniform Evolution
Évolution des uniformes des Steelers au fil des ans

Les uniformes des Steelers en bref

Voici un aperçu des uniformes des Steelers à travers les décennies :

  • 1933: Uniforme à rayures horizontales.
  • 1936: Adoption d'uniformes plus standards avec des rayures de type « Northwestern » sur les manches.
  • 1966: Introduction des uniformes « Batman », considérés comme les plus célèbres et controversés.
  • 1968: Introduction des designs actuels avec un casque noir, une bande dorée centrale et des numéros blancs sur le front.
  • 2008: Les uniformes rétro deviennent officiellement les tenues alternatives de l’équipe.
  • NFL Color Rush: Uniformes noirs rétro basés sur le design des années 1970.
Steel Curtain

Voici un tableau récapitulatif des statistiques clés de la défense des Steelers dans les années 1970 :

AnnéePoints concédésInterceptionsFumbles recouvertsTouchdowns marqués
197321037183
197418925222
1975162N/AN/AN/A
1976Moins de 51 par rapport à 1974N/AN/AN/A

Les nouveaux uniformes des Steelers de Pittsburgh sont...

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