Neymar et le drapeau algérien : Explication et contexte

L'incident impliquant Neymar et un drapeau algérien a suscité diverses réactions et discussions. Pour comprendre pleinement cette situation, il est essentiel de considérer plusieurs éléments contextuels et les réactions qu'elle a engendrées.

Drapeau Algérie

Le drapeau algérien.

Retour triomphal de Neymar à Santos

Bravant la pluie, des milliers de supporteurs ont acclamé vendredi la star Neymar pour son retour au Santos, le club brésilien qui l’a formé, près de douze ans après son départ pour le football européen. « C’est un sauvetage pour moi, un bonheur, un sauvetage footballistique, car cela fait longtemps que je n’ai pas joué, cela fait longtemps que je ne fais pas ce que j’aime le plus au monde, qui est jouer au football », a-t-il déclaré par la suite lors d’une conférence de presse. L’idole des foules a tenu parole à 22H53 GMT, effectuant une entrée triomphale sur la pelouse du Vila Belmiro. Auparavant, plusieurs autres stars du ballon rond - Luis Suárez, Marta, Vinícius Jr, Rodrygo - lui avaient souhaité bonne chance dans des vidéos diffusées sur les écrans du stade.

« Olé, olé, ola, Neymar », a scandé la « torcida », toute vêtue de blanc et de noir. Neymar a répondu en parcourant le terrain, en distribuant des accolades à ses proches et en embrassant l’écusson du club où Pelé a joué une grande partie de sa carrière (1956-1974). « Nous avons vécu de nombreux beaux moments ici. Je suis sûr que nous avons encore beaucoup de choses à vivre », a-t-il affirmé. Dès le matin, des dizaines de fans s’étaient rassemblés à l’extérieur du stade dans l’attente du « Prince », comme « Ney » a été surnommé à son retour à la maison. Selon l’entraîneur d’Al-Hilal, Jorge Jesus, le joueur n’était pas au niveau de ses coéquipiers, après une grave blessure au genou gauche en octobre 2023, deux mois après son arrivée en Arabie saoudite.

A cause de cette blessure et d’autres problèmes physiques, Neymar n’a disputé que sept matchs en 17 mois, le dernier en novembre. « Physiquement, je vais beaucoup mieux. Je ne suis pas encore à cent pour cent, j’ai besoin de minutes, de matchs, car les entraînements ne suffisent pas pour être en bonne forme physique.

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Arbitrage et Polémiques en Ligue 1

Lundi, lors de sa traditionnelle analyse des décisions prises lors du week-end de Ligue 1, La direction de l’arbitrage de la FFF s’est notamment penchée sur la semelle d’ Anthony Rouault sur Khalis Merah lors de Rennes-OL. Une analyse qui ne devrait pas calmer Matthieu Louis-Jean et l’OL. Dimanche soir, le directeur technique du club rhodanien s’était emporté après la défaite à Rennes (3-1), pestant notamment sur la non-expulsion d’Anthony Rouault, coupable d’une semelle sur Khalis Merah (à la 18e de jeu) : « On n’a pas d’explication. On essaye d’en avoir. La VAR, qu’est-ce qu’elle fait ? C’est Mme Frappart qui était à la VAR, comment elle peut ne pas appeler M. Buquet ? » avait pesté le dirigeant.

Lundi, la direction technique de l’arbitrage de la FFF est revenue sur les décisions prises durant la rencontre, estimant l’expulsion de Tyler Morton (à la 75e) justifiée. Mais elle a aussi, et surtout, estimé qu’Anthony Rouault, auteur du but égalisateur pour Rennes dans la foulée (à la 79e), aurait dû expulsé. Confirmant une erreur d’arbitrage de M.Buquet, elle a noté que « l’intervention de l’assistance vidéo était attendue » et que « le joueur fautif aurait dû être exclu ». « La faute commise par le joueur rennais est réalisée à l’aide d’une semelle qui vient directement impacter la face externe du mollet droit du joueur lyonnais, avec une intensité qui se déplace ensuite sur le haut de la cheville de ce dernier. Ce geste sanctionnable met clairement en danger l’intégrité physique de la victime ».

Dans la vidéo publiée par la direction de l’arbitrage de la FFF, on entend également Stéphanie Frappart, chargée de l’arbitrage vidéo, intervenir concernant cette action vraiment polémique : « C’est haut mais ça ne reste pas, ça glisse », a ainsi prononcé Mme Frappart, dans une phrase qui est depuis devenue virale sur les réseaux sociaux. Pas sûr, encore une fois, que l’OL apprécie cette analyse et il ne serait pas étonnant que le club rhodanien ne communique possiblement sur le sujet dans les prochaines heures.

Identité et Football : Une Expression Complexe

Les manifestations identitaires exacerbées, souvent observées lors de célébrations sportives impliquant des équipes nationales, reflètent des dynamiques sociales complexes. Ces événements ne sont pas simplement des expressions de joie, mais aussi des manifestations de malaises sociaux et de quêtes identitaires profondes. Abderrahim Bourkia, journaliste et sociologue, souligne que ces manifestations sont l’expression d’un malaise s’exprimant par le biais du foot.

Pour les personnes d’origine immigrée, le football peut devenir un puissant catalyseur d’identité sociale et personnelle. Une victoire de l’équipe nationale de leur pays d’origine offre une occasion de s’exprimer, de montrer leur identité et de répondre aux sentiments de marginalisation ou de mépris qu’ils peuvent ressentir. Ces manifestations permettent de se projeter positivement, en mettant en avant des exemples de réussite issus de leur communauté.

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En France, comme en Belgique ou en Espagne, les personnes issues de l’immigration peuvent se sentir prises entre deux identités, n’étant pleinement reconnues ni dans leur pays d’accueil ni dans leur pays d’origine. Ce double malaise alimente un besoin constant de réaffirmer leur identité, que ce soit à travers la culture, l’art ou le sport. Les violences qui peuvent parfois émailler ces célébrations sont souvent l’expression d’un sentiment de frustration et de colère face à l’exclusion et au manque de perspectives.

Supporters Algérie

Supporters algériens célébrant une victoire de leur équipe.

Réflexions sur l'histoire coloniale

L’histoire coloniale entre la France et l’Algérie joue également un rôle important dans ces dynamiques. L’image de l’oppresseur et de l’opprimé est toujours présente dans les esprits, exacerbée par une construction collective d’un certain nationalisme. Il est essentiel de se réconcilier avec ce passé douloureux et de ne pas laisser les populistes exploiter ce malaise à des fins politiques. Un travail de mémoire et de réconciliation est nécessaire pour tourner la page et construire un avenir commun, basé sur le respect et la compréhension mutuelle.

Football et Identité Juive : Ajax et Tottenham

Les équipes, qui se retrouvent en demi-finales retour de Ligue des champions, cultivent une même identité juive qui trouve ses racines dans les communautés de Londres et Amsterdam. Les « Super Joden » (super-juifs) contre la « Yid Army » (l’armée des Youpins). Ou l’histoire juive de deux clubs juifs malgré eux. Celle de l’Ajax Amsterdam et de Tottenham, qui se retrouvent mercredi en demi-finales de la Ligue des champions. Deux clubs qui cultivent la même idée du beau jeu sur le terrain, mais aussi une identité juive portée en tribunes par leurs supporteurs.

Une identité commune qui s’est forgée dans les années 1970 avec la montée du hooliganisme et la structuration des premiers groupes ultras, mais qui trouve des racines bien plus profondes, accompagnant l’histoire des communautés juives à Londres et à Amsterdam. Comme lors du match aller, en Angleterre, il ne sera donc pas étonnant de voir dans la Johann Cruyff Arena des drapeaux israéliens, de croiser des fans arborant fièrement un tatouage représentant l’étoile de David, ou d’entendre des « Qui ne saute pas n’est pas juif ! ». Les supporteurs des deux clubs entretiennent ce symbolisme bien qu’ils n’aient, dans leur grande majorité, aucun lien avec le judaïsme, et qu’ils peineraient, pour la plupart, à placer Tel-Aviv sur une carte.

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« Tottenham et l’Ajax sont deux clubs non juifs, mais installés dans des quartiers qui comptaient de nombreux juifs, explique au Monde Simon Kupper, correspondant du Financial Times à Paris et auteur d’Ajax, the Dutch, the War, un ouvrage qui retrace l’histoire du club d’Amsterdam. Les juifs ont utilisé ces clubs pour s’intégrer dans la société. Etre fan de Tottenham ou de l’Ajax était aussi une manière de devenir londonien ou amstellodamois. »

Amsterdam : La Jérusalem de l'Ouest

Amsterdam a longtemps compté la plus importante communauté juive en Europe, à tel point que la ville, qui compte 80 000 juifs sur les 140 000 présents dans le pays avant la seconde guerre mondiale, est surnommée la « Jérusalem de l’Ouest. » L’Ajax Amsterdam, fondé en 1900, n’est encore qu’un club amateurs. Mais l’ancienne enceinte du club, le stade De Meer, est proche du Jodenbuurt, le quartier juif d’Amsterdam, à l’est de la ville. Les Juifs se mettent alors à supporter naturellement cette équipe : « dans le stade, il y avait un mélange entre juif et “goyim”, et tout se passait très bien jusqu’à la guerre », poursuit Simon Kuper. La seconde guerre mondiale marque un tournant.

L’Ajax navigue en zone grise et le club compte dans ses rangs aussi bien de « féroces collaborateurs qui n’ont pas hésité à dénoncer des juifs », que de résistants qui, au contraire, ont aidé à « les cacher ou à s’échapper », explique le journaliste. « On ne peut pas dire que le club a été pro- ou antijuifs. Il y avait des situations humaines très complexes à appréhender. » 80 % des juifs vivant aux Pays-Bas, sous occupation allemande, ont été tués. Le pays comme le club, dont les tribunes sont désertées, peinent à se relever. Il faut attendre les années 1960 pour voir des « survivants se concentrer autour de l’Ajax ».

Joueurs, dirigeants et sponsors juifs participent à la structuration du club, à commencer par Jaap van Prag, nommé président en 1965, et qui choisira comme entraîneur de l’équipe un certain Rinus Michels, grand architecte du « football total ». A l’époque, deux joueurs de cette équipe mythique symbolisée par Johann Cruyff sont juifs : Bennie Muller et Sjaak Swart. Ce dernier, surnommé « Mister Ajax », détient encore le record de nombre de matchs joués avec le club. Salo Muller, qui a, plus tard, contraint la compagnie ferroviaire néerlandaise à verser des indemnisations aux survivants de la déportation vers les camps nazis ou à leurs descendants, devient, quant à lui, à la fois le masseur, le soigneur, l’intendant et le confident de l’équipe. L’Ajax Amsterdam se révèle aux yeux du monde du football et renforce aussi son image de « club juif ».

Tottenham : Un Club Ouvert aux Communautés Étrangères

L’explication est similaire pour le club Tottenham, crée en 1882. Des millions de juifs fuient les pogroms en Russie à la fin du XIXe siècle et nombreux trouvent refuge à Londres, dans l’est de la ville. S’ils auraient du théoriquement supporter West Ham plutôt que Tottenham, situé dans le nord de Londres, c’est bien vers les Spurs qu’ils se tournent. « West Ham était situé dans le quartier des docks, on y travaillait aussi le fer. Les juifs, eux, travaillaient dans un autre domaine d’activité, majoritairement dans le textile. West Ham était donc un club pour les dockers, pas pour les tailleurs juifs, explique Anthony Clavane, auteur de l’ouvrage Does your Rabbi know you’re here ?, un livre sur l’histoire et l’impact de la communauté juive au sein du football anglais. Tottenham était un club plus ouvert que West Ham pour les communautés étrangères. Il était simple de se rendre au stade en tramway et, avec le temps, de nombreux juifs se sont aussi installés au nord. Ils se sont donc mis à supporter Tottenham. »

Et ce n’est qu’après la première guerre mondiale que les juifs - ceux de la seconde génération, nés en Angleterre - commencent à investir massivement les travées du stade. « Avant la guerre, la majorité des membres de la communauté juive était très pieuse. Ils ne jouaient pas au foot et n’allaient pas au stade pendant shabbat [vendredi et samedi]. Après la guerre, les juifs sont devenus plus séculiers, moins pratiquants », explique Anthony Clavane. Cette adhésion n’est pas forcément bien vue par les dirigeants de l’époque. Le stade de Tottenham, White Hart Lane, accueille même en 1935 le infamous game entre l’Angleterre et l’Allemagne, marqué par les saluts nazis des joueurs allemands. Il faudra d’ailleurs attendre 1982 pour qu’un président juif, Irving Scholar, prenne les manettes des Spurs.

Supporters Tottenham

Supporters de Tottenham.

Réappropriation et Défis

Pour l’Ajax comme pour Tottenham, ce n’est véritablement qu’à partir des années 70 et 80 que les supporteurs commencent à revendiquer cette identité juive et à manier les symboles israélites dans leur stade. Une période qui marque la structuration des groupes ultras mais aussi la montée du hooliganisme. « Une sombre période pour le foot en Angleterre », juge Anthony Clavane, mais qui sera suivie dans de nombreux pays européens. Racisme et antisémitisme sont monnaie courante et les supporteurs des deux clubs, identifiés comme juifs, en sont les principales victimes.

En Angleterre, certains fans de Chelsea, et d’autres clubs rivaux des Spurs, commencent ainsi à utiliser le terme antisémite de « Yids » pour nommer les supporteurs de Tottenham. Ces derniers « décident alors de se réapproprier ce mot et de l’utiliser positivement », explique Anthony Clavane. « We are the Yids ! » est repris par les supporteurs de Tottenham. Aux Pays-Bas, les supporteurs de Feyenord et du PSV Eindhoven notamment, les principaux rivaux de l’Ajax, se mettent à entonner de longs sifflements - « sssssssss », en référence au bruit du gaz dans les camps d’extermination. En réaction, les membres du F-side, principal groupe ultra de l’Ajax Amsterdam, fondé en 1976, se bardent de symboles juifs.

Face à la recrudescence d’insultes antisémites, les dirigeants des deux clubs souhaitent effacer, ou du moins gommer, l’identité juive affichée par leurs supporteurs. En 2005, le président de l’Ajax, John Jaakke, tente bien de bannir cette étiquette de « club juif », dans le but de « ne plus donner de prétexte » aux injures antisémites. Du côté de Tottenham, « la position du club est aussi floue que celle des Anglais sur le Brexit », s’amuse Anthony Clavane, qui estime toutefois « que les dirigeants ne souhaitent pas rentrer en conflit avec leurs supporteurs sur cette question. »

Ils ont toutefois lancé une consultation en 2014 auprès de leurs supporteurs sur l’emploi du pudiquement nommé « Y- word ». Résultat sans appel : 74 % des répondants, juifs comme non-juifs, n’estiment pas ce terme offensant et avalisent son utilisation. Ils ne s’en priveront pas à la Johann Cruyff d’Amsterdam face à leurs « frères » de l’Ajax.

Le Spectacle du Football Universitaire Américain

Le football universitaire américain offre un spectacle unique, différent de celui du football professionnel. L'expérience d'assister à un match de basketball universitaire à New York révèle des aspects culturels et sociaux intéressants. Les fans se rassemblent en famille ou entre amis, créant une atmosphère conviviale et respectueuse. Bien que l'intensité du soutien varie, l'accent est mis sur l'appréciation du jeu et l'encouragement des jeunes athlètes.

Les rituels, tels que les fanfares universitaires et les mascottes, ajoutent une dimension festive à l'événement. Contrairement aux ambiances parfois survoltées des matchs européens, le football universitaire américain privilégie un environnement plus familial et éducatif. Les valeurs de fair-play et de camaraderie sont mises en avant, faisant de chaque match une célébration du sport et de l'esprit communautaire.

Scènes de joie à Rabat : les joueurs algériens à la rencontre des supporters 🇩🇿

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