Le Sommet des Dieux : Histoire Vraie et Quête Existentielle

Le film d'animation Le Sommet des Dieux (2021), issu d’un manga, est un exemple intéressant à étudier ; sa création pouvant être envisagée dans un double va-et-vient entre film et manga avec en creux une recherche historique. Ce film franco-luxembourgeois réalisé par Patrick Imbert raconte le lien passionnel entre l’homme et la montagne, l’aventure humaine, le dépassement de soi, la conquête du « presque impossible » dans des conditions extrêmes.

Le Sommet des Dieux Affiche

À Katmandou, un reporter japonais du nom de Fukamachi croit reconnaître Habu Jôji, un alpiniste disparu depuis quelques années, tenant entre ses mains un appareil photo qui pourrait avoir appartenu à George Mallory, décédé en 1924 lors de sa tentative d’ascension de l’Everest. Fukamachi se lance alors à la recherche de Habu.

Adaptation française d’un manga de Jirô Taniguchi, Le Sommet des Dieux est un film d’animation de toute beauté. Son esthétique est inspirée du manga d’origine mais le réalisateur se l’est complètement appropriée. L’histoire est passionnante, le scénario haletant, en particulier tout le long de la montée vers le sommet de l’Everest.

Avant d'être un long-métrage d'animation, Le Sommet des Dieux est un manga de Jirô Taniguchi, lui-même adapté du roman du même nom de Baku Yumemakura. L'histoire nous entraîne en 1994, lorsque le personnage de Fukamachi, un reporter, pense reconnaître entre les mains du célèbre alpiniste Habu Jôji l'appareil photo de l'alpiniste britannique George Mallory. Les images qu'il contient pourraient permettre de prouver que l'alpiniste anglais et son partenaire Andrew Irvine ont bien été les premiers hommes à gravir l'Everest le 8 juin 1924.

L'histoire se penche également sur la compétition amicale entre Habu Jôji et Hase Tsuneo, inspirée de la rivalité qui existait dans la réalité entre l’alpiniste japonais Tsuneo Hasegawa et l’alpiniste français Ivano Ghirardini. A travers le personnage de Hase Tsuneo, c'est la figure du célèbre alpiniste japonais Tsuneo Hasegawa qu'il faut voir. Son parcours est gratifié de nombreuses réussites en solitaire ainsi que de plusieurs records, traduisant la performance du sportif.

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L'Inspiration Derrière le Personnage de Habu Jôji

Habu Jôji est l'alpiniste star du Sommet des Dieux. Personnage à la fois ombrageux, talentueux et maudit, il est un personnage de fiction. Il est cependant inspiré d'un véritable alpiniste japonais, Yasuo Kato, qui présente de nombreuses similitudes avec Habu.

Il y a beaucoup de Yasuo Kato en Habu. Kato a été le premier alpiniste a avoir grimpé l'Everest au cours de trois saisons différentes. Il meurt après avoir atteint le sommet lors de sa tentative hivernale en décembre 1982. Il était seul au sommet complètement épuisé et il échangeait par radio avec son équipe. La ressemblance va encore plus loin. Lors de l'ascension des Grandes Jorasses dans les Alpes, Habu perd deux doigts à cause de gelures.

George Mallory et Andrew Irvine-Everest 1924 la dernière ascension

La Quête de la Vérité et du Sens

Au début des années 90 à Katmandou, le reporter japonais Fukamachi croit reconnaître Habu Jôji, alpiniste mystérieux disparu depuis des années. Double stupéfaction : il semble tenir entre ses mains un appareil photo susceptible de changer l’histoire de l’alpinisme.

Ce célèbre petit Kodak pourrait en effet être celui de George Mallory et Andrew Irvine - retrouvés morts à quelques mètres du sommet de l’Everest en 1924. Si une photo prouve qu’ils ont atteint le toit du monde, ils seraient alors les premiers, vingt neuf ans avant l’expédition victorieuse - et tant attendue - d'Edmund Hillary et Tensing Norgay. Le journaliste se lance alors corps et âme sur les traces de Habu.

Habu et Fukamachi

L’appareil est sous la neige avec Mallory, et Habu, tout le monde s’en fout! (…) Retourne plutôt à ce que tu sais faire : des belles photos. Fukamachi est malgré tout persuadé que ce qui l’anime est la course au scoop. La médaille d’or. Sa rencontre avec Habu va néanmoins lui permettre de réaliser qu’il fait fausse route. La vie ne se résume pas à une simple accroche dans un magazine. Trop simple.

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La fascination pour la montagne est ainsi représentée, au-delà de la performance sportive et de la reconnaissance médiatique, comme une ascèse personnelle apportant un sentiment d’accomplissement au risque de la mort. La figure solaire de Fukamashi constitue un contrepoint lumineux au personnage sombre et torturé d’Habu, dont les doigts amputés matérialisent le prix de son combat sans fin avec la montagne.

Le Mystère de l'Appareil Photo de Mallory

Synopsis: George Mallory et son compagnon Andrew Irvine sont-ils les premiers hommes à avoir atteint le sommet de l’Everest, ce 8 juin 1924 ? Seul le petit Kodak Vest Pocket avec lequel ils devaient se photographier sur le toit du monde pourrait livrer la vérité.

Soixante-dix ans plus tard, à Katmandou, Fukamachi, jeune reporter japonais en mal de scoop, pense reconnaître cet appareil entre les mains du mystérieux Habu Jôji, grimpeur proscrit que l’on pensait disparu depuis des années. Cette rencontre va conduire Fukamachi dans un monde d’alpinistes dévorés par la passion, assoiffés de conquêtes impossibles, et l’attirer peu à peu lui aussi vers le sommet des dieux.

Au début du film, Fukamachi découvre au gré d'une rencontre fortuite à Katmandou que l'appareil photo de George Mallory a été trouvé par Habu Jôji. En interrogeant l'alpiniste japonais à la fin de son enquête, il apprend que Habu est entré en possession de l'appareil photo en tombant sur le cadavre congelé de George Mallory sur les pentes sommitales de l'Everest.

Si le corps de Mallory a bien découvert en 1999 à 8 290 mètres par une expédition, son appareil photo n'a jamais été mis à jour. Des experts de chez Kodak avaient cependant estimé qu'en cas de découverte d'un des appareils photo avec sa pellicule, ils seraient en mesure de la développer de manière à produire des images de qualité "imprimable".

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L'Ascension Comme Métaphore de la Vie

L’ascension d’une montagne comme l’Everest est bien une marche, même si elle se vit dans des conditions extrêmes. Cette marche particulière revêt alors une portée existentielle où l’ascension devient comme une métaphore de la vie. Pourquoi vouloir défier les éléments naturels, monter toujours plus haut, dans des conditions toujours plus difficiles ? Pourquoi… sinon pour se sentir vivre, au risque de mourir ?

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