La Ligue des Champions 2004-2005 a été une saison mémorable, marquée par des surprises et des confrontations passionnantes. Parmi les rencontres les plus spectaculaires, The Guardian a réalisé un classement des dix plus marquantes, parmi lesquelles figure la finale épique entre le Milan AC et Liverpool.
Schéma de la finale de la Ligue des Champions 2005 entre Liverpool et Milan AC
Un match d'anthologie : Milan AC - Liverpool (3-3, victoire aux tirs au but)
Le 25 mai 2005, Liverpool remportait la plus épique des finales de Ligue des champions en remontant un handicap de trois buts face au Milan AC, avant de s’imposer aux tirs au but (3-3, 2-3 TAB). Menés 3-0 à la mi-temps par les Rossoneri, les Reds ont finalement réussi à remporter le match aux tirs au but après avoir réalisé l'exploit de remonter ces trois buts.
Les Milanais de Carlo Ancelotti avaient pourtant réalisé une première mi-temps parfaite, avant d’être défaits par un changement tactique payant de la part de Rafael Benitez. Les deux équipes débutaient en 4-4-2. Les Milanais choisissaient un milieu en losange avec Andrea Pirlo à sa base, et Kaka en meneur de jeu. Gennaro Gattuso et Clarence Seedorf opérant en position centrale. Les Reds alignaient une formation en 4-4-1-1. Harry Kewell était la seule surprise de la composition anglaise.
Évidemment, le plan de Liverpool était obsolète à partir du moment où Paolo Maldini ouvrait le score, dès la 52e seconde de jeu, suite à une faute commise… sur Kaka. La première implication du Brésilien dans une mi-temps qu’il éclaboussait de son talent. Peu après une situation confuse, dans laquelle Milan échappait à un penalty suite à une main de Nesta, Pirlo coupait le milieu Alonso - Gerrard d’une passe vers Kaka. Le Brésilien servait Shevchenko, dont le centre est repris victorieusement par Crespo.
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Au cours de cette première période totalement à l'avantage du Milan AC, l'attaquant argentin Hernán Crespo signe un doublé. Tout d'abord, sur un service dans la surface d’Andreï Chevtchenko, il pousse la balle au fond des filets de Jerzy Dudek pour le but du 2-0. Juste avant la mi-temps, Ricardo Kaká adresse depuis la ligne médiane une passe en profondeur à ras de terre bluffante de précision, que même le tacle en extension désespéré de Jamie Carragher ne peut contrer. Parfaitement servi, Crespo se retrouve seul face au portier polonais de Liverpool. Il pique son ballon de l'extérieur du pied droit et lobe Dudek, surpris. Serein, le Milan retourne aux vestiaires avec trois buts d'avance.
La remontée spectaculaire de Liverpool
En deuxième période, Liverpool était face à une tâche impossible : remonter trois buts à une équipe tactiquement et techniquement supérieure. Mais les Reds allaient bénéficier d’un coup de pouce du destin. Suite à la blessure de Steve Finnan, Rafael Benitez avait désormais non pas une mais deux raisons de bouleverser ses plans. Le coach espagnol passait sa formation en 3-4-2-1. Entré en jeu, Dietmar Hamann avait pour charge d’annihiler la menace Kaka, aux côtés de Xabi Alonso.
Coupable d’une certaine nonchalance en première mi-temps, où trop souvent il essayait de feinter Milan d’une passe impossible, Steven Gerrard était métamorphosé au retour des vestiaires. De plus, avec un entre-jeu plus compact, et l’apport de Vladimir Smicer, Liverpool pouvait bénéficier d’un meilleur allant offensif sur les côtés. Ce qui était d’ailleurs renforcé par le manque de largeur des Italiens qui, comme nous l’indiquions, ne bénéficiaient pas d’ailiers.
Sans doute inspirés du « We can win » lancé par Steven Gerrard au moment d'entamer la deuxième période, Smicer, Xabi Alonso et leur capitaine ont offert à leur entraîneur, Rafa Benitez le plus beau des cadeaux. À la 54e minute, John Arne Riise décoche un centre vers le point de penalty où l’attend le capitaine des Reds. Seul joueur à s’élever dans les airs pour jouer le ballon, sa tête décroisée trouve le petit filet gauche de Dida, qui finit à genoux devant son poteau. C’est le début de l’historique remontée au score de Liverpool, qui raflera sa cinquième C1 à l’issue des tirs au but.
Une centaine de secondes plus tard, et Milan pouvait cette fois vraiment s’inquiéter, et ne s'en prendre qu’à lui-même. Alors que Kaka semblait refaire ses lacets, Xabi Alonso avait toute latitude pour transmettre le cuir à Hamann, qui décalait Vladimir Smicer. Clarence Seedorf voyait le danger arriver, mais il était trop tard. Le Tchèque justifiait son dépassement de fonction par une grosse frappe sur laquelle Dida n’était pas exempt de tout reproche.
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Alors que Kaka semblait refaire ses lacets, Xabi Alonso avait toute latitude pour transmettre le cuir à Hamann, qui décalait Vladimir Smicer. Clarence Seedorf voyait le danger arriver, mais il était trop tard. Le Tchèque justifiait son dépassement de fonction par une grosse frappe sur laquelle Dida n’était pas exempt de tout reproche.
À l'heure de jeu, Xabi Alonso voit son penalty repoussé par Dida, mais l'Espagnol suit bien et égalise.
La combinaison de ces deux facteurs offrait aux Reds le souffle d’espoir qui leur manquait. Cafu ne se montrait pas assez offensif sur John Arne Riise, qui pouvait s’y reprendre à deux fois pour centrer vers… Gerrard, oublié par la défense transalpine. 3-1.
La séance de tirs au but
La séance de tirs au but pouvait commencer. Et comme cette finale n’était plus à un rebondissement près, Milan tirait en premier, et devant son virage de supporters de surcroît. Heureusement pour Liverpool, Serginho expédiait le ballon dans le Bosphore pour laisser les Scousers prendre l’avantage dans la séance par Hamann. Ce n’était pas un hasard. Le staff de Rafael Benitez avait étudié les tireurs de penalty milanais, et indiqué à Dudek le côté du but que ces derniers favorisaient.
Jerzy Dudek réussit un arrêt absolument improbable face à la gâchette Andreï Shevchenko. Celui-ci devient le héros final de la séance de tirs au but, en s'opposant à Pirlo puis encore Shevchenko, dégoûté.
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Pour sa première saison après avoir succédé à Gérard Houllier sur le banc, Rafael Benitez s'ancre d'ores et déjà dans la légende du club. Depuis, le fameux hymne You'll Never Walk Alone prend encore plus d'ampleur.
La cinquième LdC de Liverpool et le deuxième trophée européen pour l'Espagnol après la coupe UEFA remportée en 2004 avec Valence.
Autres moments clés de la Ligue des Champions 2004-2005
- Chelsea - FC Barcelone 4-2 (1/8 finale retour) : Les Blues de Chelsea vont en dix minutes faire exploser le Barça de Ronaldinho. Grâce à des buts d'Eidur Gudjohnsen, Frank Lampard et de Damien Duff, les protégés de José Mourinho ont prouvé que l'équipe londonienne n'était pas qu'une machine à défendre. Si le doublé de Ronnie a permis aux Catalans de se croire sortis d'affaire, le coup de tête de John Terry à un quart d'heure de la fin a anéanti les espoirs de sacre des Blaugrana qui se rattraperont l'année suivante.
- Chelsea - Liverpool 4-4 (¼ finale retour) : Les deux buts en dix minutes de Fabio Aurelio et Xabi Alonso ont laissé penser que Liverpool allait rééditer l'exploit de 2005. Mais dans ce match complètement fou, la tête de Dirk Kuyt pour donner l'avantage aux siens (3-4) à moins de dix minutes de la fin bouleversait la donne avant que Frank Lampard ne mette fin aux espoirs des supporters adverses croyant au miracle.
Voici comment Liverpool a remonté un handicap de trois buts, en six minutes, en finale de Ligue des champions face à la meilleure équipe d’Europe. En changeant de formation, Rafael Benitez a injecté du dynamisme offensif à ses Scousers, incarné par Steven Gerrard.
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