Le conseil municipal de Liverpool a connu des transformations significatives au fil des décennies, passant d'une administration traditionnelle à un modèle plus innovant et axé sur le service aux citoyens. Cet article explore le fonctionnement du conseil municipal, en mettant en lumière des initiatives clés et leur impact sur la ville.
Liverpool Direct : Une Révolution dans les Services Municipaux
Liverpool Direct est une entreprise mixte qui s'est montée entre le conseil municipal et le géant des télécoms BT, qui apporte son savoir-faire technologique. Plus qu'une réforme, cette initiative unique au Royaume-Uni constitue une véritable révolution.
Le « call center », fondé en 2002, vend ses services à d'autres municipalités, voire au secteur privé. Avec ses murs aux couleurs printanières, son mobilier moderne, ses néons, son essaim d'opérateurs téléphoniques et son panneau lumineux sur lequel défilent des chiffres de couleur verte, la salle a tout d'un centre de renseignements par téléphone traditionnel. À une exception près, au lieu d'utiliser une main d'œuvre souvent à temps partiel, Liverpool Direct n'emploie que des employés municipaux à plein temps.
Fonctionnement et Objectifs
"Bonjour. Ici Liverpool Direct. Je m'appelle Bill. Comment puis-je vous aider ?" Ce standard centralise tous les appels à la mairie des usagers de cette métropole d'un demi-million d'âmes. La formation des quelque 850 agents est très poussée (huit semaines au lieu des deux semaines habituelles) en raison du large éventail de problèmes à traiter : voirie, véhicules abandonnés ou simples renseignements touristiques.
Parallèlement, une dizaine de points d'accueil ont été ouverts au public pour les dossiers plus personnels, difficiles à négocier au téléphone. Fonctionnant sur un modèle identique, un département séparé est chargé des problèmes sociaux les plus aigus, comme par exemple les appels au secours de femmes battues ou d'enfants maltraités.
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Selon le directeur général du projet, David McEhonney, Liverpool Direct a permis d'améliorer la collecte des impôts municipaux ou d'accélérer l'examen des demandes d'aide sociale. "Nous avons mis fin au système de sous-traitance qui transférait les questions urgentes à d'autres. Les économies réalisées nous ont permis de baisser l'impôt local tout en améliorant la productivité au profit d'administrés considérés désormais comme des clients".
D'après Mike Storey, le leader du conseil municipal, « pour se développer, notre ville doit attirer des entreprises. Si elle ne peut pas créer directement des emplois, la mairie peut créer un environnement favorable aux affaires. Mais pour cela, il faut montrer l'exemple par une bonne gestion des services municipaux. » Auparavant, l'annuaire officiel de la municipalité comprenait, au bas mot, un millier de numéros téléphoniques différents. À l'écouter, ses administrés ne sont plus obligés de trouver leur chemin dans le dédale sans fin d'une bonne centaine d'administrations différentes.
Partenariats Public-Privé et Développement Économique
La réussite de Liverpool Direct a permis d'étendre à d'autres activités ce prototype d'association à la fois publique et commerciale. Ainsi, le parc immobilier ou les marchés en plein air sont cogérés avec des sociétés. Le City Council s'est même associé 50 %-50 % avec le duc de Westminster, plus grand promoteur immobilier du royaume, pour faire sortir de terre, au cœur de la ville, le plus grand complexe commercial d'Europe.
« The Merseyside partnership » commence un long travail pour attirer des entreprises : « Nous avons créé 39.000 emplois depuis 1985 », souligne Thomas O'Brien, directeur général de la structure. « Cela demande différents ingrédients : reprendre confiance dans nos capacités, remettre les chômeurs au travail, car le taux d'activité est faible [60 %], garder sur place les gens qualifiés, revitaliser le centre-ville... »
Ce programme protéiforme, qui consiste aussi bien en une aide à la réintégration des chômeurs de longue durée qu'en un programme pour que les enfants ne manquent pas l'école ou la construction d'un aéroport, porte ses fruits : Berteslmann, US Airways ont installé leur centre européen à Liverpool. Jaguar y construit sa prestigieuse Type E. Les entreprises de pharmacie et biotechnologie, de services financiers, se multiplient.
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Naguère deuxième ville la plus riche de l'Empire britannique derrière Londres, avec son port sur la Mersey _ c'est de là qu'est parti le « Titanic » _, Liverpool est passée dans les années 1970 du statut de métropole régionale à celui de friche industrielle. L'activité portuaire est transformée par l'apparition des conteneurs, et le chômage atteint le taux de 30 %. Bastion du Labour traditionnel, la patrie des Beatles connaît en 1981 des émeutes mémorables.
En 1993, le PIB de la région est inférieur de 25 % à la moyenne européenne, ce qui lui donne accès aux aides régionales communautaires. Le premier projet financé à Liverpool concerne un centre d'affaires accompagné d'un hôtel : il faut loger correctement les investisseurs potentiels...
Renaissance Urbaine et Culturelle
Le chômage n'est plus aujourd'hui que de 6,6 % en chiffre BIT à Liverpool, pour une moyenne nationale de 5 %. Mieux, le rythme des créations d'emplois y est aujourd'hui un peu plus rapide qu'ailleurs en Grande-Bretagne. Ce travail s'accompagne d'une spectaculaire transformation de la ville, qui redevient un centre d'attraction : en cinq ans, le nombre d'habitants est repassé de 5.000 à 10.000 en centre-ville. Il devrait être de 20.000 en 2008.
Les docks ont été réhabilités et abritent cafés et boutiques. Et les projets fourmillent. Ancien terminus des grands paquebots, Liverpool veut renouer avec ce passé et va construire un terminal qui accueillera 40 bateaux de croisière par an. De quoi augmenter le nombre de touristes, 19 millions, qui visitent chaque année la ville et font travailler 22.000 personnes.
Symbole de cette renaissance, Liverpool vient d'être désignée « capitale européenne de la culture » pour 2008. La ville mise sur cette opération pour améliorer son image. « Cela devrait nous apporter 2 milliards de livres d'investissement, 1,7 million de touristes et 14.000 emplois supplémentaires », affirme Mike Storey, le chef du conseil municipal. Pour mieux revitaliser le quartier des docks, la ville a décidé la construction d'un audacieux immeuble rond, le Cloud (nuage), au bord de la Mersey.
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Comme le musée Guggenheim à Bilbao, il devrait favoriser la liaison entre le centre historique et commercial et le centre portuaire. « Nous devons être audacieux, insiste Mike Storey.
Le Conseil Municipal et les Défis Politiques
Il y a 20 ans la ville de Liverpool élisait un conseil municipal travailliste à une époque où le pays était dirigé par Margaret Thatcher, surnommée « la dame de fer » à cause de la dureté de sa politique ultra libérale. Au début des années 80 les Tories (la droite ultra libérale) menés par Thatcher mettaient en place une politique de coupes budgétaires drastiques, obligeant les conseils municipaux à les répercuter.
Les Mesures du Conseil Municipal
Ces coupes ont entraîné des milliers de licenciements dans les services publics et particulièrement dans les communes, des privatisations et une augmentation énorme des impôts locaux. Une fois élus, ils ont tenu leurs promesses. Réembauche des 2000 agents municipaux licenciés par la précédente municipalité, lancement d’un programme de construction de 5000 logements sociaux (ce qui a créé 12000 emplois!), augmentation du salaire minimum des agents municipaux (ce qui touchait 4000 travailleurs), diminution du temps de travail de 39 à 35 heures sans perte de salaire. Le rôle des syndicats a été accru, puisqu’ils avaient le pouvoir de décider de la moitié des emplois créés.
En diminuant les budgets des villes, le gouvernement voulait forcer les élus locaux à faire d’énormes coupes et à privatiser certains services communaux. Si la mairie de Liverpool avait suivi ces directives au moins 6000 travailleurs auraient dû être licenciés.
La lutte fut difficile car les 47 élus municipaux avaient à faire face aux menaces de Thatcher d’envoyer l’armée et de démettre le conseil municipal, mais aussi à la gauche traditionnelle (direction du Labour, Parti Communiste de Grande Bretagne) qui refusait de soutenir clairement la mairie et lui mettait même des bâtons dans les roues (refusant par exemple de soutenir l’appel à la grève générale contre le gouvernement Tory!). Pourtant le 29 Mars 1984, jour du vote du budget, 50 000 travailleurs ont défilé dans la rue pour soutenir le conseil municipal de Liverpool.
Le tournant décisif de la lutte a été le refus des staliniens à la tête de certains syndicats de mobiliser pour une grève générale en faveur de la mairie en 1985. A la même période les mineurs étaient trahis par les directions syndicales. Nos camarades se sont donc retrouvés seuls à faire face au gouvernement.
La direction du Labour profita de cette position de faiblesse pour asséner le coup de grâce et exclure les 47 conseillers municipaux ainsi que des sympathisants de la tendance Militant.
Cette expérience montre que la classe ouvrière peut défier et faire reculer les classes dirigeantes, avec des tactiques et un programme combatifs. Dans les périodes difficiles, la classe ouvrière a besoin d’un parti ancré dans sa classe, pour pouvoir anticiper les coups bas de ses ennemis et développer les tactiques qui mèneront à la victoire.
Reconnaissance et Réconciliation
En 1999, le conseil municipal de Liverpool a présenté des « excuses officielles » pour la participation de la ville au commerce des esclaves, un geste alors sans précédent. Cet article explique comment une telle décision a pu s’imposer dans l’agenda politique local, en la situant notamment par rapport au débat international sur les réparations.
Tableau Récapitulatif : Évolution du Conseil Municipal de Liverpool
| Période | Événements Clés | Impact |
|---|---|---|
| Années 1970-1980 | Crise économique, émeutes, politiques de Thatcher | Déclin économique, coupes budgétaires |
| Années 1990 | Accès aux aides européennes, création de "The Merseyside partnership" | Attraction d'entreprises, création d'emplois |
| Début des années 2000 | Fondation de Liverpool Direct, désignation comme capitale européenne de la culture | Amélioration des services publics, renaissance culturelle et urbaine |
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