La commercialisation de poupées sexuelles à caractère pédopornographique par le géant de l'e-commerce asiatique Shein a été signalée à la justice par la Répression des fraudes (DGCCRF) début novembre.
Le parquet de Paris a ensuite ouvert quatre enquêtes, confiées à l'Office des mineurs (Ofmin), pour la vente de produits illégaux sur les plateformes Shein, AliExpress, Temu et Wish.
Une vaste opération policière a été menée en France, aboutissant à l'interpellation de plusieurs individus suspectés d'avoir acheté des poupées sexuelles à caractère pédopornographique sur des sites de vente en ligne.
Les Interpellations et les Enquêtes
Ce sont 19 hommes qui ont été interpellés lors d’une vaste opération policière, un peu partout en France. Ils sont suspectés d’avoir acheté sur des sites de vente en ligne des poupées sexuelles à caractère pédopornographique.
Ils ont été placés en garde à vue pour « acquisition et détention de l’image ou de la représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique ».
Saisis par le parquet de Paris, les enquêteurs de l’Office des mineurs (Ofmin) ont commencé à s’intéresser aux acheteurs de ce type de poupée lorsque le scandale a éclaté début novembre.
Rapidement, les policiers détectent quatre acheteurs. Mais ils décident d’en identifier d’autres pour lancer une vague d’interpellations. Ils lancent des réquisitions auprès des sites marchands et récupèrent les noms d’une trentaine d’acquéreurs.
« Mais certains ont pris peur lorsqu’il y a eu la polémique et ils ont annulé leurs achats », souffle à 20 Minutes un bon connaisseur du dossier.
Finalement, ce sont 21 hommes qui sont ciblés par les enquêteurs. L’un d’eux est décédé quelques jours avant le déclenchement de l’opération. Et un autre a échappé pour l’instant aux policiers.
Mais 19 suspects ont été arrêtés un peu partout en France : à Orléans, à Mulhouse, dans la Nièvre, dans les Hautes-Pyrénées, dans les Alpes-Maritimes, en Vendée, dans le Morbihan, dans la Meuse, dans le Nord ou en Normandie.
Selon nos informations, trois d’entre eux ont fait l’acquisition de poupées sexuelles d’apparence enfantine sur le site Shein, les autres sur Ali Express.
Au total, sept suspects sont déjà connus de la justice pour des faits de pédocriminalité, certains pour des agressions sexuelles, d’autres pour détention d’images pédopornographiques.
« Parmi les suspects, âgés d’un peu plus de 20 ans à près de 70 ans, un tiers était déjà connu pour des faits de nature sexuelle envers des mineurs », confirme le parquet de Paris ce jeudi dans un communiqué.
Quatre d’entre eux sont interrogés par l’Office des mineurs, les autres par les services locaux de la police judiciaire. Leur matériel informatique et leurs téléphones portables ont été saisis et vont être analysés.
« Certains vont être libérés, tout le monde ne sera pas déféré. Mais certains seront certainement impliqués sur autre chose, comme de la consultation ou de la détention d’images pédopornographiques », nous indique une source policière.
Les suspects encourent la peine de 5 ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende.
Suites Judiciaires
Le parquet de Paris annonce s’être dessaisi pour les parquets compétents sur les lieux de résidence des suspects.
Agés d'une vingtaine d'année à près de 70 ans, "sept étaient connus pour des faits sur des mineurs", a précisé à l'AFP Aurélie Besançon, cheffe de l'Office mineurs (Ofmin).
"Comme pour les affaires de pédocriminalité antérieures, il n'y a pas de profil type", a relevé la commissaire.
A l'issue de sa garde à vue, un homme né en 1959, inconnu des services, a été présenté au parquet d'Annecy jeudi, a indiqué à l'AFP la procureure Lise Bonnet. Il sera jugé le 21 janvier par le tribunal correctionnel pour acquisition et détention de l'image ou la représentation d'un mineur présentant un caractère pédopornographique, a-t-elle précisé. Il a été placé sous contrôle judiciaire en attendant le procès.
Dans le ressort du tribunal de Cambrai (Nord), un homme de 27 ans a été interpellé et déféré jeudi, a indiqué la procureure Ingrid Gorgen.
La poupée n'a pas été retrouvée lors de la perquisition, mais les enquêteurs ont découvert des images pédopornographiques générées via l'intelligence artificielle.
L'homme, inconnu des services judiciaires, a été placé sous contrôle judiciaire dans l'attente de son procès prévu le 28 avril, a ajouté la procureure, précisant qu'il a été déféré des chefs d’"acquisition et de détention d'images ou de représentations d'un mineur présentant un caractère pornographique".
Un homme interpellé mercredi dans la Nièvre a également été placé en garde à vue, mais "la perquisition n'a pas permis de découvrir d'objets dont la détention serait incriminée", selon le parquet de Nevers, et sa garde à vue a été levée.
Avec une soixantaine d'enquêteurs et seize services de police territoriaux, "nous avons mis en œuvre l'ensemble des moyens d'investigation à notre disposition", dont "les échanges avec les plateformes", pour identifier les acheteurs, a relaté Aurélie Besançon.
Pour la cheffe de l'Ofmin, "cette affaire permet de rappeler l'illégalité de ces produits, de leur vente et de leur acquisition.
Tableau Récapitulatif des Interpellations
| Ville | Nombre d'interpellations | Informations supplémentaires |
|---|---|---|
| Orléans | 1 | |
| Mulhouse | 1 | |
| Nièvre | 1 | Perquisition infructueuse |
| Hautes-Pyrénées | 1 | |
| Alpes-Maritimes | 1 | |
| Vendée | 1 | |
| Morbihan | 1 | |
| Meuse | 1 | |
| Nord | 1 | |
| Normandie | 1 |
🏆 SHEIN : Scandale des Poupées Interdites en France | Enquête Choc 2025
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