L'Olympique de Marseille et sa victoire en Ligue des Champions 1993: Gloire et controverse

Fondé en 1899, l'Olympique de Marseille (OM), l'un des plus anciens clubs de football de France, occupe une place essentielle dans la cité phocéenne. Le club a connu une ère de grands succès à partir de 1989. Sous l'égide de Bernard Tapie, devenu son président en 1986, Marseille a remporté quatre titres de champions de France de 1989 à 1992 et une Coupe de France en 1989.

Surtout, après une défaite en finale de la Coupe d'Europe des clubs de Champions en 1991 à Bari, aux tirs aux buts contre l'Etoile Rouge de Belgrade, l'Olympique de Marseille, entraîné par le Belge Raymond Goethals, se retrouve de nouveau en 1993 en finale d'une compétition qui s'appelle désormais Ligue des champions.

Le 26 mai 1993, l’OM est sur le toit de l’Europe. Le club de Bernard Tapie vient de remporter la Ligue des Champions face au grand Milan AC à Munich grâce à un but de la tête de Basile Boli (1-0). L’OM touche le graal et rêve d’un avenir encore plus prestigieux.

Ligue des Champions 1993 Documentaire - Olympique Marseille | Raymond Goethals

La finale l'oppose le 26 mai 1993 au stade Olympique de Munich au Milan AC, présidé par Silvio Berlusconi et constellé de stars, dont Marco Van Basten, Frank Rijkaard, Franco Baresi et l'ancien buteur de l'OM Jean-Pierre Papin qui n'entre en jeu qu'en seconde mi-temps. Dans un match assez fermé, peu avant la mi-temps, à la quarante-quatrième minute, le défenseur Basile Boli reprend de la tête un corner tiré par Abedi Pelé et marque. Marseille tient cet avantage durant toute la deuxième mi-temps et l'emporte finalement 1 à 0.

C'est donc son capitaine Didier Deschamps qui soulève la Coupe d'Europe et la présente le lendemain au public marseillais au stade Vélodrome. L'Olympique de Marseille devient ainsi le premier club français à remporter une Coupe d'Europe, après les six précédents échecs en finale de Reims en 1956 et 1959, de Saint-Etienne en 1976, de Bastia en 1978, de Marseille en 1991 et de Monaco en 1992.

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Il demeure du reste le seul club français, à ce jour en 2006, à avoir gagné la plus prestigieuse compétition européenne, la Ligue des champions, un seul autre club français ayant à son tour remporté une coupe européenne, celle des Vainqueurs de Coupes en 1996 : le Paris Saint-Germain.

Ce reportage diffusé dans le journal télévisé de France 2 du 27 mai 1993 est entièrement consacré à la liesse collective qui a eu lieu à Marseille la nuit précédente, après la victoire de l'Olympique de Marseille en finale de la Ligue des Champions. Le journaliste insiste sur l'hystérie et la fête "mémorable" qui a suivi le coup de sifflet final du match. Il s'amuse même à reprendre la tendance locale à l'exagération et à imiter l'accent marseillais pour grossir le nombre des personnes descendues dans les rues de la cité phocéenne. Le sujet présente différentes scènes de liesse : il propose toute une gamme d'expressions de la joie des supporters marseillais, des plongeons dans le Vieux Port aux pleurs, en passant par des chants en l'honneur du défenseur Eric Di Méco, des slogans de gratitude envers le buteur de la finale Basile Boli, des insultes en italien à l'encontre du Milan AC, des klaxons de voitures ou du défilé sur la Canebière.

Mais un match de championnat joué quelques jours plus tôt avant la finale va mener l’OM en enfer mais le club marseillais ne le sait pas encore. Le 20 mai 1993, l’OM affronte Valenciennes pour le compte de la 36e journée de première division. Les Olympiens s’imposent sur le terrain des Valenciennois par la plus petite des marges grâce à une réalisation de Bokšić (0-1). Mais après la rencontre, le club nordiste révèle l’existence d’une tentative de corruption de la part de l’OM. Jacques Glassman dévoile que Jean-Pierre Bernès, directeur général de l’Olympique de Marseille et Jean-Jacques Eydelie, l’un de ses anciens coéquipiers, l’auraient contacté la veille de la partie lui et deux autres joueurs de Valenciennes, Christophe Robert et Jorge Burruchaga, pour les inciter à lever le pied sur le match. Cette affaire va avoir des conséquences.

Une information judiciaire est ouverte en juin 1993 et en septembre, l’OM est exclu de l’édition 1993-1994 de la Ligue des Champions par le comité exécutif de l’UEFA et ne participera pas à la Supercoupe d’Europe ainsi qu’à la Coupe intercontinentale. Malgré les affaires, le club phocéen, emmené par Deschamps, Boli, Anderson, Völler, Di Meco, Barthez, Stojković et bien d’autres, termine second de première division au terme de la saison 1993-1994 et se hisse jusqu’en quarts de finale de la Coupe de France face à Montpellier. Mais à l’issue de la saison, l’OM, entraîné par Marc Bourrier, est rétrogradé administrativement à cause de l’affaire VA-OM.

Néanmoins, le titre de champion d'Europe de Marseille est rapidement terni par la découverte d'une tentative de corruption contre Valenciennes, quatre jours avant la finale de Munich, révélée par le joueur de Valenciennes Jacques Glassmann. L'Olympique de Marseille perd alors son titre de champion de France de 1993, est exclu de la Ligue des champions 1993-1994 et rétrogradé en deuxième division en 1994. En 1995, un procès condamne des joueurs de Valenciennes et de Marseille à des amendes, et surtout Bernard Tapie et son bras droit Jean-Pierre Bernès à des peines de prison. Marseille ne retrouve la première division qu'à partir de la saison 1996-1997.

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Marseille pourra se consoler avec la Coupe UEFA puisque le club de Tapie est autorisé à disputer la compétition européenne. L’OM est alors obligé de dégraisser. Plusieurs joueurs majeurs quittent le club comme Deschamps, Boli et Di Méco. Tapie fait alors confiance à des vieux briscards (Germain, Ferreri, Dib, Casoni, Cascarino). L’attaquant irlandais Tony Cascarino se met en évidence en inscrivant 31 buts cette saison-là en championnat. Une saison 1994-1995 ponctuée par des changements d’entraîneurs. Marc Bourrier est remplacé par Gérard Gili à la tête de l’équipe première en décembre 1994 mais le contrat de Gili est invalidé. Henri Stambouli prend alors place sur le banc marseillais.

L’OM s’incline à huit reprises en championnat lors de cet exercice mais termine premier de D2 ! En Coupe UEFA, les provençaux sont éliminés en seizièmes de finale face au FC Sion après avoir battus l’Olympiakos au tour précédent. Et la bande de Stambouli sera éliminée en demi-finale de la Coupe de France face au PSG (2-0). Malheureusement, la DNCG n’autorise pas l’OM à remonter en Ligue 1. Le club provençal est très endetté et va devoir passer une saison de plus en Ligue 2. Lors de la saison 1995-1996, Roussier est le nouveau président du club phocéen. Il confirme Stambouli au poste d’entraîneur mais les mauvais résultats du début de saison poussent le président à nommer Gérard Gili à la tête de l’équipe première. Les Amoros, Libbra, Cascarino, Durand, Ferrer, Alonzo parviennent à hisser l’OM à la deuxième place du classement juste derrière Caen et en demi-finale de la Coupe de France (défaite contre Auxerre aux tirs au but).

Club français historique, l’Olympique de Marseille a connu ses plus belles heures de gloire sous l’ère Tapie. Cette période s’est néanmoins achevée de la pire des manières avec le scandale des matchs truqués. Depuis, l’OM peine à retrouver son lustre d’antan. Malgré tout, il s’agit toujours du seul club français à avoir remporté la Ligue des Champions.

Dès sa première saison à l’OM, Fabien Barthez s’empare de la place de Pascal Olmeta dans les cages et remporte la Ligue des Champions. Auteur de nombreux arrêts sur sa ligne et audacieux dans ses sorties, il rejoint même l’équipe de France à partir de 1994. Barthez reste une année en Ligue 2 suite à l’affaire OM-VA et gagne le titre sans espoir de remontée. Son deuxième passage au club sera plus mitigé dans les années 2000.

Malgré son tir au but manqué en finale de la Ligue des Champions en 1991 et son statut de réserviste lors de celle remportée en 1993, Manuel Amoros mérite amplement sa place dans notre onze de légende OM. Recruté en provenance de l’AS Monaco, le latéral droit s’est distingué par son apport offensif et ses centres précis pendant quatre saisons à Marseille. Après deux saisons à Lyon, il revient aider le club en seconde division et contribue à la remontée.

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Le choix a été très difficile, mais nous avons finalement retenu Carlos Mozer dans notre onze de légende OM au détriment de Marcel Desailly (resté une saison) et de Marius Trésor. Recruté en provenance de Benfica, le Brésilien a laissé une trace indélébile à Marseille en raison de son physique imposant, de son jeu très rugueux et de sa solidité défensive. Il quitte malheureusement l’OM pour retourner à Benfica en 1992, soit un an avant la victoire en Ligue des Champions.

Basile Boli reste à tout jamais l’unique buteur de la finale de Ligue des Champions gagnée en 1993 face à l’AC Milan. À la 43ème minute, il devance Frank Rijkaard sur un corner d’Abedi Pelé et marque d’une sublime tête décroisée. Deux ans plus tôt, il est le symbole de la tristesse phocéenne après la finale de C1 perdue face à l’Etoile Rouge de Belgrade (« les larmes de Bari »). Ses nombreux buts pour un défenseur et sa force physique ont également forgé sa légende à l’OM.

Formé à l’OM, Éric Di Meco débute sa carrière en tant que milieu offensif. Repositionné en latéral gauche par Arsène Wenger durant son prêt à Nancy, il s’impose ensuite comme un titulaire indiscutable à ce poste. Il fait partie du onze de l’OM durant les plus belles heures de l’histoire du club. Son engagement physique et sa générosité lui ont valu toute l’affection des supporters.

Après des débuts compliqués à l’OM et un prêt à Bordeaux, Didier Deschamps finit par convaincre Bernard Tapie de lui redonner une chance. Le président marseillais ne le regrettera pas. Grâce à son intelligence de jeu et ses qualités de meneur d’hommes, DD devient indispensable au milieu de terrain à son retour. Il finit même par brandir la Ligue des Champions 1993 en tant que capitaine de l’OM.

Franck Sauzée réalise quatre saisons pleines à Marseille, seulement entrecoupées d’un passage à l’AS Monaco. Avec Didier Deschamps, il forme un duo redoutable au milieu de terrain, lui évoluant davantage dans un registre offensif. Ses frappes de loin ont d’ailleurs enchanté le Vélodrome plus d’une fois. Lors de la campagne victorieuse de C1 en 1993, il marque 6 buts en 10 matchs.

Considéré comme l’un des meilleurs joueurs africains du début des années 90, Abedi Pelé connaît des débuts compliqués à l’OM avant de s’imposer après son retour de prêt à Lille. Meneur de jeu axial ou excentré, il a enchanté le public du Vélodrome grâce à sa patte gauche. C’est lui qui dépose le ballon sur la tête de Boli en finale de C1 face à l’AC Milan. Durant son passage à Marseille, il remporte le Ballon d’Or africain trois années consécutives entre 1991 et 1993.

Lorsque Chris Waddle signe à l’OM pour 45 millions de francs (environ 7 millions d’euros) en 1989, il s’agit du troisième plus gros transfert de l’histoire derrière Diego Maradona et Ruud Gullit, excusez du peu. Très vite, l’international anglais se fait adopter par le public marseillais grâce à ses dribbles chaloupés sur le côté droit, sa personnalité attachante et son sens du spectacle.

A l’instar de Carlos Mozer et de Chris Waddle, Jean-Pierre Papin quitte l’OM un an avant la victoire en Ligue des Champions. Le scénario est d’autant plus cruel pour JPP qu’en ce jour de mai 1993, il évolue dans l’équipe d’en face… Auparavant, le buteur a régalé le public du Vélodrome de ses buts spectaculaires pendant six belles saisons. Sous les couleurs de l’OM, il est meilleur buteur du championnat de France à cinq reprises et de la Ligue des Champions à trois reprises.

Seul joueur de notre onze de légende OM qui ne fait pas partie de l’ère Tapie, Josip Skoblar détient toujours le record de buts marqués en Championnat de France sur une seule saison (44 buts). Le tout sans tirer les penaltys ! Buteur hors pair, il forme un duo redoutable à l’OM avec l’ailier Roger Magnusson et permet au club de remplir son armoire à trophées au début des années 70.

Et vous, quel est votre onze de légende OM ?

Équipe de l'OM vainqueur de la Ligue des Champions 1993

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