Samedi 29 juin, l'équipe de France a écrit une nouvelle page de son histoire en éliminant l'Argentine en huitième de finale du Mondial 2018 en Russie. Et quel match ! Les Bleus ont inscrit 4 buts en 90 minutes, soit davantage que lors des trois premiers matches du tournoi.
Nous vous invitons à revoir toutes les réalisations de la partie avec les vidéos de TF1 et les commentaires du duo de commentateurs Grégoire Margotton - Bixente Lizarazu.
Les Buts Marquants du Match France-Argentine
Revivons ensemble les moments clés de cette rencontre mémorable :
- 1-0 : Le but de Griezmann (11e minute)
- 2-2 : Le but de Pavard (57e minute)
Le même but vu de la cabine des commentateurs de TF1, une séquence diffusée dans l'émission "Le Mag - Mondial 2018".
Décryptage France-Argentine : les défis tactiques posés par l'Albiceleste
L'Avant-Match vu par Lizarazu
Dans les heures qui précèdent ce genre de grands matches, une certaine gravité s'installe dans une équipe. Après 90 minutes ou un peu plus, tout peut être fini.
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Tu sais que tu peux revenir à la maison le lendemain. Quand tu rentres dans le car, tu ressens une ambiance différente, une concentration maximale. Les visages sont plus fermés, les mots plus rares.
Pour se préparer mentalement, chaque joueur doit avoir sa recette. Le but, c'est de trouver le bon équilibre entre la concentration et la décontraction. Plus l'adversaire est de qualité, plus l'enjeu est élevé et plus la motivation est naturelle. Ce samedi, pas besoin d'en rajouter.
Il faut même chercher à enlever un peu de lourdeur à l'enjeu. On fait ce métier, on a cette passion pour vivre des matches face à de grands adversaires, de grandes équipes. Je ressens la même excitation monter comme commentateur que quand j'étais joueur. C'est un match que j'aurais presque envie de jouer...
L'Adversaire : L'Argentine de Messi
Jouer contre l'Argentine de Lionel Messi, c'est se jauger contre le meilleur joueur du monde. Face aux Argentins, on va savoir quel est le niveau véritable de cette équipe de France. C'est son premier moment de vérité, qui va déterminer où se situe le curseur.
Objectivement, ce qu'on a vu au premier tour n'est pas rassurant mais, pour moi, ce n'est pas dramatique. Cette équipe peut élever son niveau sur un match comme celui-là. Les joueurs sont forcément un peu dans le doute.
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Mais cela peut être positif aussi d'avoir un peu d'appréhension, la boule au ventre, parce que tu es plus attentif... Un autre paramètre va compter, c'est celui du public. Comme contre le Pérou, la France va jouer à l'extérieur.
Il faudra être costaud et ne jamais laisser l'Argentine et ses supporters prendre confiance. Si elle mène au score, ils sauront mettre une pression encore plus lourde sur nos épaules. L'Albiceleste a été très décevante en groupes.
Elle peut renaître mais je ne pense pas que ce soit une grande équipe d'Argentine. Elle a montré beaucoup trop de signes de fébrilité et de fragilité. Elle n'est pas structurée, collective. On doit la respecter, s'en méfier, mais on n'a pas à la craindre plus que ça. Celui qu'il faut vraiment craindre, c'est Messi. Il faudra être très solide pour l'empêcher d'exister.
Messi est un joueur unique, qui peut changer le cours d'un match, seul. Il faudra aussi se préparer à affronter la garra des Argentins, tout en gardant une grande maîtrise émotionnelle. Dans cette équipe argentine, il y a des artistes, mais aussi des guerriers au sang chaud. Ils ont cette culture du combat mais aussi de la provocation, du chambrage... Il sera important d'y répondre mais la bouche fermée. Bouillant à l'extérieur, glacial à l'intérieur. Et, comme toujours dans les gros matches, la concentration fera la différence. Au plus haut niveau, ce n'est pas forcément le meilleur qui gagne mais celui qui fait le moins d'erreurs.
Préparation et Rituels de Commentateurs : Lizarazu et Margotton
Comment prépare-t-on un grand évènement comme la Coupe du Monde ? On le prépare en regardant de nombreux matchs. Par exemple, le Brésil face à la Tunisie au Parc des Princes, les amicaux à l’international. Les équipes européennes, on peut les voir jouer en Ligue des Nations, en plus, on les commente sur le groupe TF1.
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Les équipes sud-américaines, que l’on ne voit pas si régulièrement, je prends plus le temps de regarder leurs matchs ces derniers temps.
Avec Grégoire Margotton, vous échangez régulièrement pour la préparation ? Vous avez des rituels établis ? Les rituels, c’est pour le jour du match, notamment sur les prononciations des noms des joueurs. On a une application qui permet de trouver la bonne prononciation.
Notre grand jeu, c’est de répéter les mots comme des écoliers, chacun son tour. Ça nous fait rire, ça nous met dans le match. Sinon, chacun se prépare de son côté, car nous n’avons pas le même travail. On ne donne pas les mêmes informations, même si on se partage des infos particulières.
Après, je trouve qu’il ne faut pas trop en avoir en amont, car ça peut te pousser à commenter avant le match. Alors que le terrain décide de tout, ça n’est pas forcément ce que tu pensais au départ. Du style, telle équipe est super offensive, et au final, elle ne met pas une attaque. Il faut faire gaffe à ça.
Il faut se laisser emporter par le moment ! Oui, mais aussi par la période. Une équipe joue d’une certaine façon avant la compétition, et elle peut ensuite évoluer. Il ne faut pas se perdre dans le passé et bien rester dans le présent.
L'Importance du Public et de l'Ambiance
Après un Euro particulier avec des matchs avec et sans public, c’est quand même mieux d’avoir des stades pleins ! Oui, un match de foot sans public ne transmet pas la même émotion, la même pression, le même plaisir… On a du s’adapter, joueurs comme commentateurs, quitte à parfois exagérer un peu notre façon de commenter dans des stades vides. On est aussi impacté par l’ambiance, comme les joueurs.
On rentre dans un match plus facilement quand on est au stade et que l’ambiance est folle. Sur un but, quand on sent le stade se soulever, ça nous porte sur les commentaires.
Quels sont les petits éléments qui te font prendre conscience que c’est un gros match ? Les gros matchs, de toute façon, ce sont les matchs à éliminations directes, ça n’est pas les poules, c’est comme en Ligue des Champions. Sur une Coupe du Monde, dès les 8es, c’est quelque chose de dingue. Tu joues ta vie sur chaque match. Quand tu es joueur, l’aventure continue, ou tu rentres à la maison. On ressent la pression dans ce genre de moment, les supporters aussi. Il y a du stress, de l’excitation.
Le Duo Margotton-Lizarazu : Une Complicité Évidente
Depuis la Coupe du Monde 2010, Bixente Lizarazu livre son analyse aux côtés de Grégoire Margotton sur TF1, couvrant les matchs de l'équipe de France et les grandes compétitions. Retour sur la genèse de ce duo devenu une amitié.
Pour Bixente Lizarazu, il s'agissait d'une continuité, étant déjà à TF1 depuis des années. Pour Grégoire Margotton, c'était un changement important, marquant son passage de Canal+ à TF1. Leur première collaboration s'est faite lors d'un match de préparation pour l'Euro 2016, France - Cameroun, à Nantes.
Bixente Lizarazu et Grégoire Margotton se connaissaient déjà de Canal+. Ils avaient commenté ensemble un ou deux matches auparavant. Une fois leur collaboration commencée, tout s'est fait naturellement, sans nécessiter d'ajustements. Chacun a trouvé sa place rapidement. Ils ont effectué quelques débriefs sur les trois-quatre premiers matches.
Ils sont de la même génération, ce qui facilite leur entente. Ils partagent une connaissance mutuelle de leurs carrières respectives. Cette complicité s'est construite grâce à une belle relation extra-professionnelle. Tous les duos de commentateurs ne sont pas amis, mais Bixente et Grégoire le sont. Ils ont cultivé des choses en dehors du football et apprécient de partir ensemble en Coupe du monde.
Il y a une envie commune de partager plus qu'un simple match : la découverte d'un pays, d'une île, d'une ville. Après un match, ils peuvent se retrouver dans un restaurant et partager des moments conviviaux. Sur la durée, leur complicité est authentique et se ressent à l'antenne. Ils aiment bien se chambrer, mais toujours avec bienveillance et des limites claires.
Il n'y a jamais eu de prise de tête entre eux. Ils sont attentifs l'un à l'autre et se soutiennent mutuellement. Ils savent s'adapter au caractère de l'autre et employer les mots justes au bon moment.
Leur meilleur souvenir de match commenté est France - Argentine, un moment fou et émouvant qui a marqué un déclic dans leur collaboration. L'Islande a également été un voyage mémorable, une belle aventure partagée.
Lorsqu'ils sont ensemble en voiture, ils travaillent sur la prononciation des noms, un exercice qui les amuse beaucoup et les aide à se mettre dans l'ambiance du match. Ils apprécient particulièrement de travailler la prononciation des noms brésiliens, car c'est une langue très chantante.
| Caractéristique | Bixente Lizarazu | Grégoire Margotton |
|---|---|---|
| Début de la collaboration | Déjà à TF1 | Arrivée de Canal+ |
| Premier match commenté ensemble | France - Cameroun (2016) | France - Cameroun (2016) |
| Relation | Amis | Amis |
| Préparation | Rituels de prononciation | Rituels de prononciation |
En raison de la pandémie, ils ont commenté des matches en cabine, une situation inédite. L'Euro 2020 sera un événement particulier avec des stades moins remplis. Néanmoins, ils sont heureux de commenter les matches depuis le stade.
Depuis leur arrivée sur TF1, ils n'ont commenté aucune défaite des Bleus lors d'une grande compétition internationale. Ils ont un ratio intéressant d'environ 38 victoires sur une cinquantaine de matches.
L'ambiance dans les stades change le commentaire. Avec les supporters, il est possible de se taire à l'entrée des équipes et de profiter de l'atmosphère. Sans public, il est nécessaire de commenter pour combler le vide.
Bixente Lizarazu est attentif aux consignes des entraîneurs et aux énervements des joueurs, ce qui lui permet de rebondir sur les événements du terrain. Cependant, cela est impossible lors des matches avec public.
Grégoire Margotton fait confiance aux équipes qui ont dominé les années précédentes et pense que la France et le Portugal ont les effectifs les plus équilibrés pour l'Euro 2020. Bixente Lizarazu ajoute la Belgique à cette liste, soulignant que c'est une très grande génération qui n'a encore rien gagné. Il mentionne également l'Angleterre, mais reste déçu par leur manque de structure collective.
En conclusion, Grégoire Margotton estime que la France et le Portugal cochent toutes les cases avant une compétition : expérience, talent à tous les postes. La Belgique a une défense plus fragile, tandis que l'Espagne manque d'expérience et l'Allemagne a peut-être trop d'expérience.
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