XV de France et la Lutte Contre les Commotions Cérébrales : Un Nouveau Protocole Médical

Le rugby professionnel français a mis en place un nouveau protocole médical pour limiter les risques de commotion cérébrale et ses graves conséquences neurologiques. Cette initiative marque une transition importante dans la manière dont le rugby aborde la santé des joueurs.

En effet, depuis le début de la saison, le rugby professionnel français expérimente un nouveau protocole médical censé limiter les risques d'une commotion cérébrale et de ses graves conséquences neurologiques.

Plaquage au rugby

Un plaquage au rugby, action fréquente pouvant entraîner des commotions.

De l'Ancien "K.-O. de Papa" à la Commotion Cérébrale : Une Évolution Sémantique et Médicale

On a assisté à une brusque transition médicale et sémantique entre ce que le rugby appelait "le K.-O. de papa" et ce qu'il faut désormais nommer une "commotion cérébrale", à surveiller comme une cervelle sur le feu. Le terme, beaucoup plus chic, englobe une définition qu'il est nécessaire de préciser malgré son ésotérisme apparent : "La commotion cérébrale est un trouble soudain et rapidement résolutif du fonctionnement du cerveau, secondaire à un traumatisme crânien ou tout impact sur le corps."

À force de répétition des chocs, pas besoin de s'appeler Mohamed Ali pour que les conséquences soient terrifiantes : troubles de la vision, perte de mémoire, Parkinson, dépression...

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Le docteur Chermann estime "qu'il y a de plus en plus de certitudes sur le lien entre choc à la tête et "démence pugilistique"". Pour étayer ses craintes, il s'appuie sur les premières études réalisées dans le football américain, qui pointent les graves séquelles dont souffre une grosse population de joueurs après l'arrêt de leur carrière, avec pour corollaire une recrudescence de suicides.

Un Protocole Plus Strict et Moins Flou

Pour l'instant, ce protocole, encore expérimental mais qui va au-delà des recommandations de l'IRB, a été mis en place en Top 14 et en Pro D2 depuis le début de la saison. Il remplace le règlement existant de l'IRB, qui prévoyait trois semaines de repos à respecter après un K.-O. Cette mise au repos dépendait beaucoup trop de l'appréciation du médecin, forcément sous la pression des entraîneurs soumis à une obligation de résultat sportif ou du rugbyman lui-même qui refusait de s'arrêter de jouer.

Un protocole beaucoup trop flou qui n'a pas empêché Serge Betsen, victime d'une perte de connaissance spectaculaire en quarts de finale de la Coupe du monde 2007 contre les Blacks, d'être aligné pour la demi-finale dès la semaine suivante.

COMMOTIONS CÉRÉBRALES : la BOMBE à RETARDEMENT du RUGBY

Il aura aussi fallu du courage à Raphaël Ibanez, ancien capitaine des Bleus, pour dire stop, en 2009, après avoir subi trois K.-O. en l'espace de quatre mois.

Raphaël Ibanez

Raphaël Ibanez, ancien capitaine des Bleus, a pris position concernant les commotions cérébrales.

Alors, cette fois, c'est du sérieux, on ne joue plus avec la santé du sportif. La première étape du nouveau protocole a lieu sur le terrain. En cas de suspicion, le joueur est remplacé cinq minutes. Durant ce laps de temps, il doit répondre à vingt et une questions (quel est le score du match ? Dans quel stade sommes-nous ? Quelle équipe a marqué les derniers points ?...).

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"Si les réponses aux questions sont satisfaisantes, s'il est capable pendant vingt secondes de tenir en équilibre un pied derrière l'autre, les yeux fermés, les mains derrière le dos, il sera autorisé à reprendre le jeu ; sinon, le joueur sera remplacé", précise Jean-Claude Peyrin.

Dans ce cas, le joueur devra observer une période d'arrêt de toute activité sportive et intellectuelle pendant quarante-huit heures au cours desquelles il lui faudra consulter un neurochirurgien ("Quarante référents ont été formés à cet effet sur le territoire", précise Jean-Claude Peyrin). Le calendrier de retour à la compétition dépendra du diagnostic établi.

Sachant qu'une période de repos de deux semaines sera systématiquement décrétée en cas de perte de connaissance. "Une commotion cérébrale n'est pas toujours évidente à déceler : elle n'entraîne une perte de connaissance que dans 10 % des cas, et elle ne résulte pas forcément d'un choc à la tête, explique Jean-Claude Peyrin. Elle peut survenir après un traumatisme thoracique par transmission de l'onde de choc vers le cerveau."

Autrement dit, sur un simple plaquage, action répandue dans un rugby français soumis de surcroît, plus que ses voisins de l'hémisphère Sud, à des cadences infernales, avec peu de plages de récupération durant une saison.

Lors du match entre le XV de France et l'Australie, samedi 10 novembre, de nombreux joueurs wallabies portaient un casque, à la différence de leurs adversaires. Etait-ce pour se prémunir des chocs à la tête ? Selon plusieurs études, le casque protégerait des hématomes et des coupures, mais en rien des commotions cérébrales.

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Le Rugby Amateur : Un Terrain Encore à Défricher

Serge Simon, président du syndicat des joueurs (Provale) et médecin à Bordeaux, voudrait, lui, "aller plus vite. Et plus loin. Dans le rugby amateur, rien n'est encore fait. Il faut sensibiliser, informer. Récemment, nous avons eu connaissance d'un joueur de 17 ans qui a eu une commotion cérébrale, [mais a] rejoué une semaine après et a dû être opéré en urgence après une hémorragie".

En ce qui concerne le rugby pro, cependant, il se déclare à "200 % satisfait, car on part de très loin. On est encore dans une culture où on minimise énormément la gravité et les conséquences à long terme. Il y a une nécessité de ne plus rien laisser passer. Les joueurs ont avoué qu'ils ne disaient rien. Ils ne referont plus la même erreur".

Alexis Savigny, médecin du Stade français et initiateur avec le docteur Chermann d'un protocole de suivi au sein même du club parisien depuis plusieurs saisons, dresse un premier bilan provisoire : "Il y a inévitablement moins de pression sur les médecins, qui peuvent sortir un joueur plus sereinement, sans être submergés par l'enjeu sportif."

Parallèlement au protocole, une étude a été lancée en début de saison pour recenser toutes les commotions avérées ou supposées et en tirer des conclusions utiles pour l'avenir. "Après huit journées de championnat, quatorze commotions cérébrales ont déjà été constatées", indique Jean-Claude Peyrin.

Sauf que les mauvaises habitudes ont la vie dure. Le 27 octobre, lors du match de Top 14 Agen-Castres, le trois-quarts centre agenais, Greg Goosen, subit un impressionnant K.-O. Ratage carabiné des officiels, Provale siffle la fin de la récré : "Plusieurs témoignages ont révélé de très graves manquements à la suite du choc subi par le joueur. Alors que celui-ci convulsait [deux minutes au total], le jeu n'a pas été suspendu et les pompiers se sont vu interdire l'accès du terrain par le quatrième arbitre.

Le sujet des commotions cérébrales nécessite un professionnalisme accru (...) du corps arbitral qui, dans ce cas précis, a fait preuve d'une légèreté déconcertante qui aurait pu engendrer des conséquences dramatiques." Provale réclame des sanctions. Pour accentuer encore la prise de conscience afin que le rugby ne ressemble jamais à une petite boutique des horreurs.

Le Concept de "Bulle" dans le Sport et Au-Delà

Le terme "bulle" est également utilisé dans d'autres contextes sportifs et même au-delà. Par exemple, dans le monde du tennis, on parle de "bulles" pour désigner :

  • Les séries de victoires consécutives d'une joueuse, comme celles d'Iga Swiatek.
  • L'état de concentration intense d'un joueur sur le court.
  • Les structures gonflables recouvrant les terrains de tennis en hiver.
Tennis sous bulle

Un terrain de tennis recouvert par une structure gonflable.

Les Bulles de Tennis : Une Solution en Crise Énergétique ?

Pour les collectivités et les associations sportives qui n'ont ni les reins fonciers, ni financiers, assez solides pour se payer une installation en dur pérenne, la « bulle » ou « toute structure dont les parois et la couverture sont constituées d'une enveloppe souple, sans ossature, supportée par de l'air introduit sous pression, soit directement, soit par l'intermédiaire d'armatures gonflables » (selon Le Guide de Construction des Tennis Couverts de la FFT), reste le cache court le plus accessible pour affronter la saison froide.

Sauf qu'à l'heure de l'inflation, de la sobriété et des grands bouleversements éco-énergétiques, il semblerait que cette solution, lourdement motorisée (un moteur électrique principal, un de remplacement et un dernier, thermique, pour la ventilation de secours en cas de coupure), n'ait plus le vent en poupe.

La mairie d'Ifs, au sud de Caen, est l'une des dernières localités à lui avoir tourné le dos. « Installée en 1991, la bulle avait été remplacée à l'été 2011, nous explique-t-on. Pour son fonctionnement, elle avait besoin d'un éclairage intérieur qui était vieillissant et énergivore ainsi que d'un moteur fonctionnant 24/24, 7/7 (moteur principal électrique et moteur secondaire au gasoil) pour la maintenir gonflée constamment. Sans compter le déshumidificateur. »

Après un audit énergétique sur les structures couvertes de l'Amicale du Tennis d'Ifs qui fait état d'un « système de gonflage de la bulle responsable à 50 % des coûts de fonctionnement », la municipalité opte pour la construction d'un nouveau bâtiment, autonome énergétiquement grâce à 300 m2 de panneaux photovoltaïques installés sur son toit. La livraison est prévue pour 2026 pour un budget de 2,42 millions d'euros.

Alternatives aux Bulles Traditionnelles

Taverny, dans le Val-d'Oise, est aussi passée par là comme nous le rappelle Vincent Guillouët, son directeur des Sports et de la vie associative. « La nouvelle structure, livrée en mars 2023, comprend deux courts intérieurs en terre battue, équipés de sanitaires, d'un éclairage de compétition et d'une ouverture possible pour les conditions chaudes. »

Pour un coût total d'1 420 500 €. L'ardoise est salée mais reste largement supportée par les financeurs publics : l'État par la Dotation de Soutien à l'Investissement Local (DSIL) ou le Fonds Vert, les collectivités locales (région, département, commune) ou l'Agence Nationale du Sport.

Auxquels il faut rajouter les aides directes aux clubs de la FFT comme les 100 000 € versés à l'Amicale du Tennis d'Ifs ou les 40 000 € à Taverny.« Cela fait partie de l'ADCP, l'Aide au Développement du Club et de la Pratique, précise Nicolas Maignan, responsable des Services Équipement, Bénévolat et Administration des clubs à la Fédération Française de Tennis (FFT). Il existe trois types de couvertures : les structures gonflables qui doivent, normalement, être démontées l'été ; les bâtiments textiles pérennes avec une charpente de bois ou en acier recouverte d'une toile et les bâtiments en dur avec une charpente et une couverture en dur. »

En 2025, cette aide s'élève à 8,4 millions contre 1,5 en 2015. Chaque année, ce sont près de 535 dossiers (de construction, de rénovation, de rentoilage) qui remontent à la Fédération par les ligues régionales pour un financement plafonné à 100 000 € et oscillant entre 10 % et 20 % du coût total.

« Dès qu'il y a un projet de construction, un ingénieur de la FFT se déplace au club en présence d'un représentant de la commune pour donner des conseils, reprend Nicolas Maignan qui n'a pas le temps de coincer sa bulle compte tenu de la vétusté du parc indoor. Le coût de montage et la dépense énergétique des bulles posent question. (A. En cause, le coût de montage/démontage annuel (10 000€ - des clubs décident aussi de laisser la bulle toute l'année) et la dépense énergétique, malgré des frais de production et d'installation moins importants que pour un bâtiment textile (120 000 € contre 450 000 €).

« Notre objectif, c'est de rendre les clubs attractifs et d'accueillir les adhérents dans les meilleures conditions », affirme Nicolas Maignan. De fait, la France ne compte que 551 bulles en 2025 sur 10 734 installations couvertes. Une minorité par rapport aux 8759 structures en dur.

Pour Vincent Girard, gérant de la société Di'Tec, l'une des 7 entreprises référencées Plan Qualité Couverture par la FFT et qui trempe dans les structures gonflables (mais pas que) depuis 1983, le problème, ce ne sont pas vraiment les bulles mais leur isolation. « Le produit a beaucoup souffert des approximations et des aberrations techniques de certains. Aujourd'hui, si vous posez une double membrane sur un court, avec une belle étanchéité, vous asservissez (régulez) la pression à l'intérieur par un variateur de fréquence, vous installez des mâts adaptés et des LED pour l'éclairage, vous avez une dépense énergétique maîtrisée de 1500 € sur 6 mois, l'équivalent de la consommation annuelle d'un appartement de 50 m2. »

Lui, pointe du doigt les simples et « fausses doubles » membranes, les lampes à iodures métalliques pour l'éclairage, les déshumidificateurs, « la mode depuis 7-8 ans » ou le chauffage forcé au gaz des courts pour lutter contre la condensation ou la neige sur la toile.

Évolution du Marché des Structures Gonflables

En 2022, l'ADCP a été attribuée à 8 projets de structures gonflables (5 rentoilages, 3 constructions), 4 (3 rentoilages, une construction) en 2023 et seulement 2 (2 rentoilages) en 2024. Des chiffres qui baissent au profit, surtout, des bâtiments textiles depuis 15 ans, sans pour autant annoncer la disparition d'un produit d'abord militaire, recyclé depuis 70 ans pour la couverture des équipements sportifs et qui a connu un pic entre les années 70 et 2000.

« Pas de mort imminente pour nous », déclare la FFT. « On se concentre à tort sur les performances énergétiques des bulles, soulève Vincent Girard. Mais cela reste de l'énergie nucléaire donc décarbonée. Et si on se penche sur l'analyse des cycles de vie, il faudrait que le moteur électrique tourne 150 ans pour égaler le CO2 dégagé par le chantier d'un bâtiment en dur. »

« Avec le dérèglement climatique, on constate qu'il pleut de plus en plus dans le Sud, remarque Nicolas Maignan. Depuis 7-8 ans, les clubs de cette zone commencent à construire des courts couverts. »

La société Di'tec, 300 installations de bulles en France en 40 ans, la toute première pour Yannick Noah après son sacre à Roland-Garros en 1983, tourne toujours à une ou deux nouvelles bulles par an (contre 8 dans la période faste). « On fait surtout des rénovations sur des sites existants pour améliorer l'isolation. » Pour désavonner la planche d'un produit qui ne fait plus la pluie et le beau temps.

Structures gonflables Rugby

Exemple de structure gonflable sur le thème du rugby.

Le Bubble Bump : Une Autre Façon Ludique d'Utiliser les "Bulles"

Le bubble bump est un jeu loufoque où l'on joue au foot dans sa propre bulle dont seuls les pieds émergent. Une fois sur le terrain, les règles sont simples : « Marquer un but dans les cages adverses et célébrer son but pour le valider ». Facile à dire, moins à faire puisqu'on est privé de ses bras, et que la visibilité n'est pas bonne une fois encapsulé.

Rentré dans la partie, on comprend vite que le vrai enjeu est de « faire tomber ses adversaires », les faire mordre... le sable ! Ainsi, chacun dans son style fonce à pleine vitesse sur un membre de l'équipe adverse. Le choc n'en est pas vraiment un puisque la bulle nous protège.

Une fois que l'équipe adverse se retrouve telle une tortue sur sa carapace, on peut commencer son slalom vers les cages d'un mètre de large. Si, par chance ou par génie, on réussit à inscrire un but, fêter celui-ci devient alors indispensable. « Sinon le but ne compte pas », assure l'arbitre.

Roulades folles ou célébrations d'équipes, il faut choisir, mais les bulles permettent de s'amuser à savourer dignement son geste décisif. La partie se joue en deux mi-temps de cinq minutes. Court ? Loin de là ! La course effrénée dans le sable avec la bulle sur le dos, les chutes et le rapide manque d'oxygène fatiguent très rapidement le corps. L'intensité est à un tel niveau que des gouttes de sueurs perlent vite sur les visages.

Il n'est pas nécessaire de réserver, mais l'idéal est de venir à six ou huit pour pouvoir constituer deux équipes. Jusqu'au 2 août et du 13 au 16 août, sur la plage de Boisvinet à Saint-Gilles. Tarif : 5 € par personne.

Conclusion

Le monde du sport, et en particulier le rugby, est en constante évolution pour assurer la sécurité et le bien-être des joueurs. Des protocoles médicaux stricts aux utilisations ludiques des "bulles", l'innovation est au cœur de cette transformation.

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