Le bonheur au travail est un enjeu majeur, même dans le football. Dans le cas de Gareth Bale, cette théorie semble se vérifier. Revenu en Angleterre après des mois difficiles au Real Madrid, l’international gallois retrouve peu à peu le plaisir de jouer et revient progressivement à son meilleur niveau.
Un terrain de golf au centre d'entraînement
Les dirigeants des Spurs mettent tout en œuvre pour combler leur ancien joueur. Sergio Reguilón s’est confié sur l’état d’esprit de son coéquipier : “Il a l’air très heureux, je remarque qu'il est différent. La langue, ça change tout pour lui. C'est vrai qu'il parle bien espagnol, ça se voit que l'Angleterre est plus à son goût”.
Mais le retour dans un environnement familier n’est pas la seule raison du retour en forme de Bale. L’autre recette du bonheur du Gallois est insolite : “Ce qui m'a le plus surpris, c'est qu'il y a des sortes de petits terrains de golf au centre d'entraînement de Tottenham. Ils ont été installés pour Bale. J'ai demandé si c'était sérieux, et je suis resté bouche bée quand j’ai vu ça.” Une attention insolite qui semble porter ses fruits, puisque Bale a inscrit son premier but de la saison avec les Spurs.
Tottenham Stadium Through the Years
L'épopée du Tottenham Hotspurs Stadium
Le Tottenham Hotspurs Stadium est un lieu emblématique, et sa conception a été pensée dans les moindres détails :
- Pour la conception de la tribune sud, le cabinet d'architecture Populous s'est inspiré du « mur jaune » de l'enceinte du Borussia Dortmund (24 500 places).
- Ainsi, le Tottenham Hotspurs Stadium sera muni d'un kop pouvant accueillir 17 500 supporters.
- Le nouveau stade de Tottenham est en mesure de servir 10 000 pintes à la minute grâce à la technologie « bottom-up ».
- Une micro-brasserie est aussi présente dans le coin sud-est de l'enceinte.
- Le stade dispose d'un bar long de 65 m appelé le « Goal Line Bar ».
- Les dirigeants semblent avoir tout prévu car l'arène est équipée de 773 urinoirs...
L'enceinte des Spurs est la première du pays à ne pas accepter d'argent liquide. Pas moins de 878 points de paiement sont répartis autour du stade. Les supporters peuvent aussi créditer leurs cartes d'abonnement et payer de cette manière.
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Avec son ancien stade, Tottenham pouvait accueillir seulement 36 000 personnes. Désormais, les tribunes peuvent en contenir 62 062, ce qui en fait le deuxième plus grand stade de Premier League derrière Old Trafford (75 000).
Le stade abrite également deux écrans géants de 325 m², soit les plus grands d'Europe. À l'instar de la Ricoh Arena de Coventry ou le Stadium MK de Milton Keynes, la nouvelle maison de Tottenham abrite 180 chambres haut de gamme.
Dans ce match remporté 3 à 1 par les Spurs, le jeune J'Neil Bennett a fait trembler les filets en premier. Dans leur nouveau stade, les supporters seront, pour les plus chanceux, à 7,9 m de la pelouse. À titre de comparaison, à l'Emirates Stadium le terrain est situé à 13,8 m des tribunes, à Wembley 18 m et au London Stadium de West Ham 20 m.
Selon les Spurs, le stade dispose de la plus grande boutique pour les supporters d'Europe. Elle fait environ 2 000 m² et comprend un auditorium de 100 places. Tout en haut de l'enceinte, se trouve un coq en or qui mesure 4,5 m. Il fait bien évidemment allusion au logo du club.
Afin de maximiser les profits, les dirigeants des Spurs ont mis en place le « H Club », un club qui propose des plats préparés par plusieurs chefs étoilés comme Bryn Williams, Dipna Anand ou encore Michel Roux Jr. Et cerise sur le gâteau, il est possible de dîner à une table où seront présentes des légendes du club.
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La surface naturelle utilisée pour le football peut être rétractée pour laisser place à une autre surface artificielle qui est conçue pour recevoir des matchs de football américain. Pour info, lorsque le terrain en herbe n'est pas utilisé, il peut rester dans le garage jusqu'à 10 jours avec des systèmes d'éclairage, de refroidissement et d'arrosage à LED. Il faut 25 minutes pour changer de surface.
À travers son attraction baptisée « Sky Walk », Tottenham offre la possibilité d'escalader extérieurement le stade pour accéder à une passerelle en verre à 40 m du sol. Pour les plus téméraires, il est possible de descendre en rappel. D'après le quotidien anglais The Times, le coût de construction du stade serait estimé à 850 millions de livres, soit environ 1,16 milliard d'euros. Pourtant, d'après le diagnostic du Northumberland Development Group, il ne devait coûter au départ que 400 millions de livres.
Le club du nord de Londres possède dans son stade un endroit appelé « The Tunnel Club ». Ici, les membres pourront admirer les coéquipiers d'Hugo Lloris aller sur le terrain sous un angle qu'on ne voit d'habitude qu'à la télévision.
Un drame et un âge d'or
Nous sommes le 21 juillet 1964, quelque part sur un golf du nord de Londres. Un orage gronde dans le ciel et brutalement, un coup de tonnerre gèle Tottenham dans l’effroi. John White, un des héros buteurs de la finale en Coupe des coupes contre l’Atlético de Madrid en 1963 à Rotterdam, s’effondre, frappé par la foudre.
Son fils, à peine âgé de 4 mois à l’époque, raconte alors simplement que ce drame inimaginable avait laissé « l’avenir des Spurs fragmenté comme un avion se désagrégeant dans l’air ». Car finalement, cet épisode douloureux clôt en quelque sorte un âge d’or pour les Spurs.
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John White faisait partie de l’incroyable équipe, avec sa garde écossaise (qui comptait également Dave McKay, immortalisé par une photo le montrant en 1966 rudoyant le pauvre Billy Bremmer, un compatriote pourtant, de Leeds United) , qui trois ans auparavant avait réussi à ressusciter le club londonien avec donc ce fameux doublé Cup/championnat. Tottenham se replaçait alors dans le haut du panier du foot britannique.
La saison du doublé Cup/championnat
La saison débute sous pression et un statut de challenger. Dix ans que les fans, parmi les plus fanatiques et nombreux de Londres, attendent de revivre le bonheur du titre enfin obtenu en 1951, juste après une remontée dans l’élite. La formation des Lillywhites présentent alors de précieuses singularités. Déjà le coach ne peut s’appuyer que sur un effectif de 17 joueurs, qui quasiment tous aligneront à la fin plus de 40 matchs au compteur.
C’est peu dire que tout le monde peut prétendre cette saison-là, à avoir contribué au succès final. Ensuite Bill et son chapeau melon propose un schéma tactique surprenant. Une étrange configuration en 2-3-5 qui accorde la part belle à un quintette offensif composé de Terry Dyson - qui balancera un terrible hat-trick lors du Northern London Derby offrant de la sorte une victoire 4-3 -, Les Allen, l’international anglais Bobby Smith, transféré de Chelsea, John White, au destin donc foudroyé, et Cliff Jones, le prédécesseur gallois de Gareth Bale.
Emmené par cet improbable bande d’attaquants (115 buts à eux tous) et malgré une défense beaucoup moins sexy (d’ou pas moins de sept défaites dont celle à domicile contre Burnley, Leicester et Man United ), le club joue toujours son jeu. Vivre et mourir par l’attaque et le beau jeu. Pour résumer son état d’esprit et celui qui voulait insuffler à sa team, Bill Nicholson expliquera: « Il est inutile de simplement gagner, nous devons bien gagner. Quand il est joué à son meilleur niveau, le football reste le plus grand jeu de tous.
Depuis Aston Villa en 1897, aucune équipe n’avait plus réussi à accrocher les deux trophées simultanément. L’enjeu était donc à la fois britannique et de suprématie londonienne. Du velours pour l’orgueil des Spurs qui, peut-être tétanisés par l’enjeu, dégaine une première mi-temps laborieuse en ce 6 mai 1961. Face à un Leicester qui les a ridiculisé à domicile 3-2, ils en perdent apparement leur talent offensif.
Dans les cages, Gordon Banks multiplie les exploits et stérilise les velléités des Londoniens dans un Wembley chargé de 100 000 spectateurs (dont la presse nous apprend qu’ils étaient, malgré la domiciliation du stade, loin d’être tous favorable aux « locaux » ). Un fait de jeu va malgré tout permettre de conjurer le mauvais œil. Len Chalmers, se casse la jambe dès la vingtième minute, ce qui ne l’empêchera pas de rester sur le terrain jusqu’à la 80 minutes (le match sera alors plié). Non, les temps n’étaient pas aux chochottes. Usés malgré tout par cette présence amoindrie d’un des leurs, les Foxes cèdent une première fois à la 66e (but de Smith) et à la 75e (concrétisation de Dyson). L’une des plus belles analyse de ce miracle viendra le jour même. Un bel éloge et résumé de ce que doit être une équipe de foot.
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