Le survêtement, bien avant le tee-shirt, a été l'un des premiers vêtements à porter des inscriptions sur le devant et à être le plus coloré de la garde-robe masculine. On s’est permis beaucoup plus de choses avec le vêtement sportif que ceux de la rue », rappelle Denis Bruna.
L'histoire du survêtement est intimement liée à l'évolution du sport et de la mode. Des Jeux olympiques d'après-guerre aux terrains de basket-ball modernes, il a traversé les époques en se réinventant sans cesse.
Londres, été 1948. À deux pas de la pelouse du Wembley Park, debout devant les tribunes, dos à la foule, Giorgio Oberweger et Ottavio Missoni attendent leur tour. Les deux Italiens, 34 et 27 ans, cheveux gominés en arrière, gueules de Dieux grecs, vont prendre part aux épreuves du lancer de disque pour l’un et au 400m haies pour l’autre lors de cette édition d’après-guerre, la première à être retransmise à la télévision. Sur leur dos, un sweat floqué « Italia » et un pantalon à la taille élastique, qui n’attendent qu’à être ôtés pour leur entrée en piste.
Cette tenue, Oberweger et Missoni l’ont confectionnée eux-mêmes. Ils se sont lancés, après la guerre, à Trieste, dans le nord-est de l’Italie, dans la fabrication de survêtements en laine pour sportifs, qu’ils ont baptisés « les costumes Venjulia ». Le succès a été rapide, jusqu'à ce que les deux hommes finissent par habiller l’ensemble de la délégation italienne lors de ces JO.
Si Oberweger poursuit sa carrière comme entraîneur de l’équipe italienne d’athlétisme après l'événement, Missoni crée sa marque de mode éponyme en 1953 avec sa femme Rosita, poussé par le succès des Venjulia.
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En 1948, d’autres délégations paradent en survêt. On le voit sur le podium du saut en hauteur féminin, sur les épaules d'Alice Coachman, première Afro-Américaine à remporter une médaille d’or olympique, suivie de la Britannique Dorothy Tyler et de la Française Micheline Ostermeyer. Toutes fièrement vêtues d’un sweat affichant le blason ou le nom de leur pays.
À la fin des années 50, le survêtement change d’allure, troquant sa raideur des débuts (dû à la laine ou au coton), contre une légèreté nouvelle, à l’arrivée des matières synthétiques. C’est à l’occasion des JO de Rome (1960) que Le Coq Sportif, fournisseur officiel des Bleus, crée son premier survêt en fibres synthétiques.
De la laine au nylon, Jacky Chazalon, légende du basket féminin français (189 sélections de 1963 à 1976), a connu cette transition lorsqu’elle jouait au Clermont UC (CUC) et en équipe de France dans les années 60 et 70.
« Au début de ma carrière, on avait de jolis survêtements blancs en laine, bon ça grattouillait un peu, mais ils étaient faits sur-mesure par Le Coq Sportif. On les mettait quand on arrivait sur les terrains et à la fin pour saluer le public. Une année, on avait demandé un survêt avec des ‘pattes d’eph’. Il était élégant, féminin. Alors que celui de l’équipe de France, réalisé par Adidas, était en nylon raide. La marque s’estimait novatrice mais je ne l’ai pas du tout aimé, il n’était pas taillé pour les femmes. Depuis, je n’ai jamais pu reporter du Adidas ! (rires) »
Adidas, justement, saute le premier le pas de la collaboration avec les athlètes. La marque allemande s'associe à un certain Franz Beckenbauer, pilier de la Nationalmannschaft et futur Ballon d’Or (1972 et 1976).
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Ce n’est qu’à la fin des années 60 qu’Adidas, fabricant de chaussures de sport reconnu mondialement, décide d’étendre sa production aux vêtements. En 1966, la marque se lance sur le marché du textile avec… des survêtements appelés « Inform » (en forme en français) ou « Super ».
Mais c’est le « Beckenbauer tracksuit » qui fait mouche en 1967. Le style de ce survêtement est une révolution. Un col montant zippé, les trois bandes sur les manches de la veste et sur le pantalon. Un petit logo Adidas sur le cœur. Deux couleurs (ici rouge et blanc). Des lignes fuselées, proches du corps qui rendent ce survêt raffiné, presque chic, face aux larges ensembles d’alors qui ne mettaient pas en valeur la silhouette des sportifs.
Franz Beckenbauer, 75 ans aujourd'hui - dont 55 passés en survêt -, n’a pas oublié la naissance de son ensemble : « C’est Adi Dassler (le fondateur d’Adidas) qui est venu vers moi avec cette idée de survêtement à mon nom, se souvient celui qui occupe actuellement les fonctions de Président d'honneur du Bayern Munich. Il voulait associer une veste et un pantalon qui soient fins au niveau du matériau, qui collent au corps pour dégager une certaine élégance. C'est la première fois qu’un tel survêtement avait été créé. J’ai simplement donné mon nom, je n’ai pas participé à la création, sinon il n’aurait pas eu un tel succès (rires). On s’y sentait vraiment bien. C’était comme un pyjama au niveau du ressenti. Il m’est même arrivé de m’endormir sur le canapé en étant vêtu de ce survêtement. »
Plus de 50 ans après sa création, ce modèle est toujours présent dans le catalogue des trois bandes. La marque a sorti une édition collector pour les 75 ans du « Kaizer » en septembre 2020.
Le poing levé, ganté de noir, les athlètes américains Tommie Smith et John Carlos photographiés lors de la cérémonie de remise des médailles du 200m, pour dénoncer la ségrégation raciale. « C’est l’une des premières fois où le survêtement sort de son cadre sportif et se voit associé à une contestation », souligne Claude Boli, historien du sport.
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Une manifestation silencieuse qui fait scandale et leur vaut d'être exclus de la compétition, mais qui marque à jamais l’histoire des JO.
« Quand on arrivait en équipe de France, on attendait impatiemment le package d’équipements. Il y en avait un pour chaque situation, pour l’entraînement, pour les sorties, pour traîner… À mes débuts à Auxerre (1998-2004), il fallait rendre les survet’ à la fin de la saison. Le merchandising n'était pas autant développé qu’aujourd’hui, un survêtement pouvait faire plusieurs générations.
Le modèle séduit également la rue, Adidas casse peu à peu son image « vieillotte » de marque à l’européenne pour entrer de plein pieds dans les années 90.
Un autre modèle de survêtement qui a marqué l'histoire est celui porté par Michael Jordan.
🏀 L'EXTRA-TERRESTRE qui a tué son sport.
En 1984, John McEnroe avait sa propre ligne de chaussures et de vêtements siglés Mac Attack. L’histoire raconte que David Falk, l’agent de Michael Jordan, a demandé à la direction de Nike de traiter son client « comme un joueur de tennis », lors de la signature de son premier contrat.
Le basketball, en particulier dans le cadre de la NBA, est une toile riche en équipes emblématiques qui ont forgé l'histoire de ce sport captivant.
Les Los Angeles Lakers, basés en Californie, représentent l'une des équipes les plus célèbres et réussies de la NBA. Leurs couleurs violet et or sont devenues synonymes de triomphes et d'excellence.
Les Chicago Bulls occupent une place d'honneur dans l'histoire du basketball américain grâce à l'ère dorée des années 90, marquée par la présence transcendante de Michael Jordan. Leurs victoires consécutives et leur logo du taureau féroce sont des éléments emblématiques du sport, symbolisant une époque de domination incontestée.
Le basketball féminin aux États-Unis, symbolisé par des équipes de la WNBA telles que les Minnesota Lynx, les Phoenix Mercury et les Seattle Storm, contribue également à l'éclat du basketball américain. Ces équipes ont été des pionnières dans l'avancement du jeu féminin, gagnant des championnats et attirant l'attention nationale.
Les équipes de basketball américain sont bien plus que des concurrents sur le terrain ; elles sont des entités qui façonnent la culture du sport et inspirent des générations de fans à travers le pays et le monde.
C’est un symbole d’appartenance, de passion et d’histoire pour les fans de la NBA.
Voici quelques-uns des numéros emblématiques retirés par les équipes de NBA :
| Joueur | Équipe(s) | Numéro |
|---|---|---|
| Michael Jordan | Chicago Bulls, Miami Heat | 23 |
| Magic Johnson | Los Angeles Lakers | 32 |
| Larry Bird | Boston Celtics | 33 |
| Kobe Bryant | Los Angeles Lakers | 8, 24 |
| Tim Duncan | San Antonio Spurs | 21 |
| Bill Russell | Boston Celtics | 6 |
Avec les Chicago Bulls, Michael Jordan a gravé son nom dans l’histoire du sport. Au cours de ses 13 saisons avec la franchise, “His Airness” a remporté six titres NBA, cinq trophées MVP et a été sélectionné 14 fois au All-Star Game.
Jordan a dominé la NBA des années 90 avec une grâce et une intensité inégalées, menant les Bulls à deux triplés (1991-1993 et 1996-1998). Sa capacité à élever son jeu lors des moments les plus cruciaux a fait de lui une légende vivante.
Jordan a choisi le numéro 23 en hommage à son frère aîné, Larry, qui portait le numéro 45 lorsqu’il jouait au lycée. Michael voulait “être à moitié aussi bon que son frère” et a donc décidé de porter la moitié de 45, soit 22,5, qu’il a ensuite arrondi à 23.
Magic Johnson (Los Angeles Lakers, numéro 32): Le numéro 32 des Lakers de Los Angeles rappelle l’ère du “Showtime” orchestrée par Magic Johnson dans les années 1980. Durant ses 13 saisons avec les Lakers, il a remporté cinq titres NBA, trois trophées MVP de la saison régulière et trois trophées de MVP des finales.
Durant ses années au lycée, Magic Johnson portait initialement le numéro 33. Lorsqu’il arriva à l’université de Michigan State, il souhaita le récupérer mais ce numéro était déjà pris. Il a donc opté pour le numéro 32, une décision qui, au final, marquera son destin. Ce numéro l’a suivi tout au long de sa carrière professionnelle, devenant indissociable de son image et de ses exploits sur les parquets.
Larry Bird (Boston Celtics, numéro 33): L’éternel rival de Magic, Larry Bird, a mené les Celtics de Boston à trois titres NBA. Durant ses 13 saisons à Boston, Bird est devenu un symbole de la rivalité féroce entre les Celtics et les Lakers, notamment lors des finales NBA contre Magic Johnson.
Bird a choisi le numéro 33 pour une raison simple : c’était le numéro qu’il portait déjà à l’université d’Indiana State.
Kobe Bryant (Los Angeles Lakers, numéros 8 et 24): Bryant a marqué l’histoire des Lakers avec ses cinq titres NBA et son esprit compétitif incomparable. Drafté en 1996, il a passé 20 saisons à Los Angeles, un record, devenant l’un des plus grands joueurs de tous les temps.
Avec cinq titres NBA, deux trophées de MVP des finales, et un titre de MVP de la saison, Bryant a tout gagné. Sa “Mamba Mentality” a inspiré des générations de basketteurs, sur et en dehors du terrain.
Kobe a commencé sa carrière avec le numéro 8, une référence à son passage en Italie, où il portait le numéro 143 dans un camp de basket, et en additionnant ces chiffres, on obtient le fameux 8. Puis, en 2006, il a choisi de passer au numéro 24, son ancien numéro au lycée, marquant un nouveau chapitre dans sa carrière.
Tim Duncan (San Antonio Spurs, numéro 21): Tim Duncan, l’homme fort des Spurs de San Antonio, a défini le succès silencieux. Cinq titres NBA, trois trophées de MVP des Finales, et une carrière exemplaire ont fait de lui l’un des meilleurs intérieurs de l’histoire.
Arrivé chez les Spurs en 1997, il a passé l’intégralité de sa carrière à San Antonio, où il a remporté cinq titres de champion NBA. Surnommé “The Big Fundamental”, Duncan n’était pas un joueur flashy, mais il était incroyablement efficace et méthodique. Sa domination dans la raquette, son intelligence de jeu et son leadership ont fait de lui l’un des meilleurs ailiers forts de l’histoire de la NBA.
Allen Iverson (Philadelphia 76ers, numéro 3): L’influence de Allen Iverson dépasse le simple terrain de basketball. Avec son style unique et son attitude de combattant, “The Answer” a révolutionné la culture NBA et la mode, tout en étant un des plus grands scoreurs de l’histoire.
En 1996, les 76ers ont fait un choix qui allait tout changer : sélectionner Iverson en première position de la Draft. Son impact fut immédiat. Avec son jeu rapide, agressif et spectaculaire, il a fait trembler les défenses adverses. Même s’il n’a jamais remporté de titre avec Philadelphie, son influence sur et en dehors du terrain reste inégalée.
Allen Iverson a choisi le numéro 3 dès son arrivée en NBA. Numéro qu’il portrait à l’université.
Shaquille O’Neal (Los Angeles Lakers, numéro 34): Shaquille O’Neal, le géant dominant des Lakers, a terrorisé les raquettes adverses et mené son équipe à trois titres NBA consécutifs (2000-2002). Le choix du numéro 34 par Shaquille O’Neal n’était pas un simple hasard. En fait, il a choisi ce numéro en hommage à son idole, le légendaire pivot des Lakers Kareem Abdul-Jabbar, qui portait le numéro 33.
Dirk Nowitzki (Dallas Mavericks, numéro 41): Dirk Nowitzki a révolutionné le poste d’ailier fort avec son tir signature sur une jambe. Dirk Nowitzki est l’incarnation même de la loyauté et de l’excellence à Dallas.
Il a passé ses 21 saisons NBA (1998-2019) avec une seule équipe, les Dallas Mavericks, devenant le meilleur marqueur étranger de l’histoire de la ligue. Le point culminant de sa carrière reste sans doute les Finales NBA de 2011, où Nowitzki a mené les Mavericks à leur premier et unique titre en battant la grosse équipe du Heat de LeBron James, Dwyane Wade, et Chris Bosh.
Le choix du numéro 41 par Dirk Nowitzki est assez simple : c’est le numéro qui lui a été attribué lorsqu’il a rejoint les Mavericks en 1998. À une époque où il n’était pas encore une superstar, Dirk n’avait pas d’attachement particulier à un numéro en arrivant en NBA.
Bill Russell (Boston Celtics, numéro 6): Bill Russell, le joueur le plus titré de l’histoire de la NBA, avec 11 titres au compteur, est une légende absolue des Celtics de Boston. Son numéro 6 est à jamais associé à sa légende. Bill Russell est tout simplement l’une des plus grandes légendes de l’histoire du basketball et le cœur battant des Boston Celtics des années 1950 et 1960.
Avec 11 titres de champion NBA en 13 saisons, il est l’emblème du succès des Celtics. Le numéro 6 est devenu emblématique grâce à Bill Russell, mais son choix de ce numéro est plutôt simple. Lorsque Russell est arrivé chez les Celtics en 1956, les numéro n’avait pas la même importance qu’aujourd’hui.
Julius Erving (Philadelphia 76ers, numéro 6): Connu sous le nom de “Dr. J”, Julius Erving a réinventé le jeu aérien. Son arrivée en NBA en 1976, après avoir marqué la ABA (American Basketball Association), a transformé la ligue. Sous ses couleurs, il mène les Sixers à plusieurs finales NBA, remportant un titre en 1983.
Julius Erving a choisi de porter le numéro 6 lorsqu’il a rejoint les 76ers en 1976, après son passage dans la ABA.
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