Le lien entre le satanisme et le football est un sujet controversé, souvent alimenté par des rumeurs, des symboles et des incidents qui suscitent des interrogations.
L'Iconographie Occulte dans les Stades
L'utilisation de symboles occultes par certains supporters de football a ravivé les discussions sur la sécularisation et l'utilisation de l'iconographie religieuse dans le sport.
Ce n'est pas la première fois que des fans adoptent une symbologie occulte.
En juin 2024, lors de la finale de la Coupe allemande, ils ont montré une mosaïque d'un démon tenant la coupe du tournoi.
Au Brésil, en novembre 2023, l'Athletico Paranaense a lancé une campagne intitulée « Faites votre pacte » avec des références aux rituels sanguins et aux symboles sataniques.
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À l'époque, le pasteur Teo Hayashi a critiqué : « Banaliser les démons ne les fait pas exister.
La Fédération allemande de football (DFB) a déclaré, par note, qu'« elle analysera s'il y avait une violation des directives anti-discriminatoires ».
Le Satanisme en France : Un Aperçu
Selon le rapport annuel de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), le satanisme en France "n'atteint pas des proportions alarmantes" mais ses manifestations sont plus "radicales".
La Miviludes chiffre à 25 000 le nombre de personnes concernées, dont 80 % âgées de moins de 21 ans.
Parmi les personnes "concernées", il y a les adorateurs de Satan, membres d'une "église", ceux qui participent à des rites, ceux qui sont séduits par "l'imaginaire satanique", portent des pendentifs 666 (le chiffre du diable), des croix à l'envers et écoutent du heavy metal.
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Rien d'interdit dans tout ça, en revanche les profanations de cimetières, violences, incitations au suicide ou à la haine raciale tombent sous le coup de la loi.
Selon la Miviludes, il y a eu, du 1er janvier à novembre 2007, 92 cas de profanations à caractère satanique, soit une augmentation de 300 % en 3 ans.
Les suicides de jeunes liés à la mouvance satanique sont en augmentation, de même que les "conduites déviantes" (scarifications et automutilations diverses).
Un satanisme qui s'inspire de l'idéologie nazie
La Miviludes souligne aussi la radicalisation des exactions commises (les exhumations de cadavres ne sont "pas rares").
Par ailleurs, "si les mouvements purement lucifériens paraissent en perte d'audience, on voit naître un satanisme qui s'inspire de l'idéologie nazie et des croyances celtique ou nordique et qui attire davantage les jeunes" que les formes antérieures plus proches de l'ésotérisme et de l'occultisme.
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La Miviludes s'était déjà intéressée au satanisme, publiant en 2006 une plaquette destinée au grand public "le satanisme, un risque de dérive sectaire", et un "guide pratique de l'enquêteur" destiné aux services de justice, police et gendarmerie (Documentation française).
La lutte contre les sectes
Dans son rapport annuel, la Miviludes rappelle aussi que l'Etat ne doit pas relâcher la lutte contre les sectes.
"L'Etat doit informer, prévenir, sanctionner.
L'Etat manquerait à ses devoirs en s'en remettant à la seule sphère privée", peut-on lire en conclusion de ce rapport très documenté de 234 pages.
Pour la Miviludes, le plus grand risque serait de se laisser entraîner sur le terrain religieux.
Ce cinquième rapport de la mission interministérielle dénonce notamment les "actions de lobbying effrénées" des mouvements sectaires à l'international, pour dénoncer la lutte contre les dérives sectaires menée en France.
Rituels et Symbolisme dans le Football
Avant d’examiner ces modalités singulières, envisageons les caractéristiques formelles, les types de comportements, les figures symboliques... dont l’assemblage persistant, et non quelques traits erratiques, incline à rapprocher le grand match de football d’un rituel religieux.
Une configuration spatiale particulière, tout d’abord.
Le grand stade urbain a souvent été présenté comme le « sanctuaire du monde industriel ».
Ce rapprochement n’est sans doute pas purement métaphorique si l’on prête attention aux sentiments et attitudes que le monument suscite et aux règles qui en définissent les délimitations internes et l’usage.
Un fort attachement lie les spectateurs à leur stade, comme les paysans à leur clocher.
On en connaît l’histoire, la date de fondation, les aménagements successifs : fermeture, transfert dans un autre site sont souvent vécus comme des arrachements.
« Le stade de Sealand Road, déclarait un supporter de Chester, un modeste club anglais, a été une partie de ma vie depuis trente ans ; c’est plus qu’un terrain de football (...).
C’est plus que des briques et du mortier, c’est presque quelque chose de spirituel ».
Au cœur de ce monument clos, refermé sur lui-même, la pelouse d’un vert éclatant, inviolable par d’autres que par les « officiants » majeurs.
A l’appui de cette prérogative on arguëra, ajuste titre, de la nécessité de maintenir le terrain en bon état.
Mais ces restrictions d’usage soulignent aussi la solennité rituelle de l’événement, dont témoigne, plus que tout autre, l’exemple italien : les joueurs ne s’entraînent jamais, à domicile comme à l’extérieur, dans le stade où se déroule la partita dominicale ; sur cette pelouse, consacrée exclusivement à l’événement central, il n’y a pas de « lever de rideau » opposant des équipes de moindre standing ; les joueurs ne s’y échauffent pas ; ils viennent la reconnaître, en costume, une heure avant le match (nous avons mentionné cette incursion solennelle lors du derby turinois) puis vont se préparer dans un gymnase situé sous les gradins ou sous le terrain...
Pour les supporters les plus fervents cette pelouse a toutes les caractéristiques d’une terre sainte.
On se rappelle les sentiments de Christian, supporter de l’om, pénétrant subrepticement dans cet espace interdit, y prélevant une motte de terre qui figure désormais dans l’autel domestique que constitue sa chambre.
Palummella déclare, pour sa part, vouloir se faire enterrer au San Paolo et l’on sait que d’ardents supporters des Reds de Liverpool font disperser leurs cendres sur la pelouse ou sur les gradins du Kop du stade d’Anfield Road.
Un autre exemple saisissant de cette sacralisation du stade et, en particulier, de la pelouse, les cérémonies qui suivirent la tragédie de Hillsborough où périrent quatre-vingt-quinze fans, en majorité des supporters de Liverpool, en avril 1989.
Anheld, le stade des Reds, fut, le soir même, transformé en un gigantesque autel, décoré de couronnes ou de simples bouquets de fleurs, d’écharpes rouge et jaune et d’emblèmes divers.
Ce nouveau lieu de culte comprend parfois, parmi ses équipements, une chapelle (ainsi dans la plupart des stades espagnols) ou encore un musée, reliquaire de trophées et d’images, où se conserve et se transmet la tradition.
Cette sacralisation des espaces liés au football se repère encore, loin des stades, dans des sites transformés en lieux de commémoration et de pèlerinage ; chaque année, on l’a dit, les supporters du Toro effectuent un pèlerinage à la basilique de Superga.
Quant aux Napolitains ils ont remis à l’honneur les processions vers Piedigrotta après les victoires en championnat de 1987 et 1990.
La répartition du public dans l’enceinte du stade évoque, par bien des aspects, la distribution rigoureuse des différents groupes sociaux lors des grandes cérémonies religieuses.
Ici comme là, trois principes concurrents règlent les modalités d’occupation de l’espace : la hiérarchie sociale ordinaire (les grands s’affichent dans les tribunes officielles et les loges, etc.), la hiérarchie propre à l’ordre footballistique (responsables des clubs, représentants des organismes : fédérations, ligues, etc., corps de spécialistes - journalistes, par exemple - occupent de droit des places privilégiées), une hiérarchie, enfin, fondée sur le degré de ferveur et de force démonstrative (on a vu que c’était là le principe qui présidait à la répartition des groupes de supporters du centre vers les marges des virages).
Comme dans une célébration, les plus ardents sont présents plusieurs heures avant le début de la cérémonie et quittent le stade quand les dernières lumières s’éteignent, d’autres, plus affairés et distanciés, arrivent tout juste au commencement de la partie et s’en vont avant le coup de sifflet final, quand l’essentiel a été dit et fait.
Autre analogie, qui rehausse le parallèle, la présence obligatoire et ostentatoire des détenteurs du pouvoir politique dans la tribune officielle lors de grandes célébrations (finale de la Coupe de France, match international).
Similitudes spatiales, affinités temporelles et rythmiques aussi.
Les compétitions suivent un calendrier régulier et cyclique qui culmine à certaines phases de l’année (au printemps où sont concentrées les finales des Coupes et les ultimes rencontres décidant de l’attribution du titre de champion, etc.).
Cette régularité est remarquable en Italie où, de façon significative, la partita a toujours lieu le dimanche après-midi.
A ce cycle ordinaire se superposent périodiquement, tous les quatre ans, les grandes confrontations (championnat d’Europe des Nations, Coupe du monde), scansions de la mémoire et du temps collectif : « Rappelle-toi, c’était l’année de Séville » ; « En 1986, le jour où Maradona a marqué de la main », etc.
Repères cycliques, compétitions et matchs rythment, comme les fêtes, l’éternel retour des saisons mais, à la différence du scénario des fêtes, ils ne se répètent jamais à l’identique.
Le temps linéaire - celui du changement, des rétrogradations, des promotions, de l’incertitude - compose ici avec le temps rituel et ses redites scrupuleuses.
La partition des rôles pendant le drame, les comportements de la foule assemblée ont aussi un fumet cérémoniel.
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