JDA Amiens: Histoire et Actualités

Le Journal d'Amiens Métropole (JDA) est devenu un compagnon quotidien pour les Amiénois, avec ses 93 000 exemplaires distribués chaque semaine. Il est perçu par beaucoup comme le principal vecteur d'informations écrites sur l'actualité d'Amiens, concurrençant directement le Courrier picard grâce à sa distribution gratuite.

Cependant, cette gratuité est relative, car le magazine est financé par les contribuables d'Amiens Métropole. La Ville estime le coût global de chaque exemplaire à environ 18 centimes, dont 10 centimes pour l'impression et la distribution, ce qui représente une dépense hebdomadaire de plus de 16 000 euros.

L'histoire de ce journal institutionnel est particulière, mêlant intérêts politiques et patronaux. Pour comprendre son évolution, il faut remonter à ses origines, sous la municipalité De Robien.

Amiens Capitale: L'Ancêtre du JDA

Tout a commencé en mars 1992, sous la municipalité De Robien, avec la création du journal Amiens Capitale. Distribué gratuitement dans toutes les boîtes aux lettres amiénoises, il était édité par la société Amiens éditions, créée spécifiquement pour cela. Les créateurs, Pierre Devred, Jean-Jacques Blangy et Bruno Faille, étaient des figures de la droite amiénoise.

Pierre Devred, ancien patron de la chaîne de magasins de prêt-à-porter Devred, en était le gérant. Jean-Jacques Blangy est l'actuel président du Medef de Picardie. Tous les trois étaient proches de Gilles de Robien. Bruno Faille, expert comptable à Amiens, explique : « Nous étions plusieurs à avoir l'idée de créer un hebdomadaire qui mette en valeur ce qui se faisait de bien. À cette époque, le Courrier picard n'était pas brillant niveau positivisme. »

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Un quatrième homme, Olivier Bompard de l'agence de communication Grand Nord, gérait la technique et la régie publicitaire du journal pendant quelques années. Les locaux étaient situés rue Calvin, dans le centre-ville d'Amiens.

La ligne éditoriale d'Amiens Capitale était une réaction à celle du Courrier picard. Selon Pierre Mabire, ancien journaliste du Courrier picard passé à Amiens Capitale : « Soutenir le développement de la ville, la modernisation, positiver, donner l'envie de rester à Amiens. Nous parlions davantage des entreprises qui s'implantaient que de celles qui fermaient. »

Gilles de Robien se souvient : « Le Courrier Picard en 1989 était surpris de notre élection. Ils avaient juré que l'on ne passerait pas. C'était, à cette époque, un journal de combat contre une municipalité qu'ils n'avaient pas souhaité. » Pierre Mabire ajoute : « C'était surtout le côté nihiliste que l'on reprochait au Courrier picard à cette époque. Tout ce qui bougeait dans les entreprises ne les intéressait pas, y compris sous la municipalité de gauche. Il fallait casser, casser, rechercher le scoop même là où il n'y en avait pas. »

Amiens Capitale a été créé dans le cercle proche de Gilles de Robien. Bruno Faille se souvient : « C'était une idée qui était en l'air. On voyait régulièrement le maire. On était quelques copains qui pensions que Gilles de Robien faisait du bon boulot. » Selon Bertrand Bellanger, directeur actuel des services de la communication d'Amiens métropole et directeur de la rédaction du JDA : « C'était un journal privé, très politique, mais très piloté par la droite locale. »

Faciliter le travail de la Ville dans sa communication

Bien que le journal ne fût pas directement financé par la Mairie, les associés entretenaient des relations étroites avec la municipalité De Robien. Bruno Faille explique : « Si on avait besoin de solliciter des fournisseurs de la Mairie pour des publicités, on avait plus facilement des contacts. Mais il y avait quand même des commerciaux au journal dont c'était le travail toute l'année. »

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L'objectif était de « faciliter le travail de la Ville dans sa communication ». Pierre Devred précise : « Il avait pris la Mairie. Comme son action était positive, nous n'allions pas chercher la petite bête. »

Pour survivre, le journal a changé de modèle économique. Bruno Faille accuse Olivier Bompard de surfacturation et explique qu'un club a été créé pour compléter l'activité. Ce club, nommé Amiens capitale, finançait le journal et organisait des réunions mensuelles. Il perdurera après l'arrêt du journal avant de disparaître suite à la désaffection de ses membres.

Journal d'Amiens Métropole (JDA)

Il faut sauver le soldat Capitale

Lorsque Amiens Capitale a rencontré des difficultés, les élus de l'époque ont décidé de ne pas le laisser disparaître. Bertrand Bellanger explique : « Ils ont sabordé le journal de la Mairie [« Ensemble », ndlr], un mensuel à l'époque, pour monter un hebdomadaire. » Ce nouvel hebdomadaire fut nommé le Journal des Amiénois.

La Ville a repris la maquette d'Amiens Capitale avec l'accord de ses anciens dirigeants, ainsi qu'une partie de l'équipe de journalistes et de publicitaires. Les journalistes ont perdu leur carte de presse et sont devenus contractuels de la fonction publique.

Une ambiguïté est apparue dès les premiers numéros : était-ce un journal institutionnel ou une offre de presse concurrente au Courrier picard ? Les patrons avaient changé, passant du privé au public, mais leurs idées restaient proches. La transition était d'autant plus discrète que la publicité demeurait et la maquette restait inchangée.

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De la Mairie à la Métropole

La ligne éditoriale du Journal des Amiénois visait à « annoncer ce qui allait se passer, de montrer le bon côté des choses. Le parti pris, c'était uniquement le positif », selon Brigitte Fouré, alors membre de l'équipe municipale. Gilles de Robien ajoute : « Nous voulions créer un hebdomadaire qui permette aux Amiénois de prendre de la distance, de réfléchir, de prendre les problèmes dans leur ensemble. Ce n'était pas plus objectif que le Courrier Picard, mais plus équilibré. »

En 2000, lors de la création d'Amiens métropole, le Journal des Amiénois est devenu le Journal d'Amiens métropole, « à la demande des habitants des communes de la métropole qui souhaitaient aussi recevoir le JDA », assure Brigitte Fouré.

Après que la ville d'Amiens soit devenue socialiste, le JDA est perçu comme « un journal informatif, très factuel. Le principe général, c'est de parler des actions de la métropole. »

Le JDA est-il toujours un concurrent de la presse locale ? Bertrand Bellanger assure : « On ne souhaite pas de mal au Courrier Picard, il y a besoin d'une presse indépendante. Nous avons des partenariats avec eux : espaces publicitaires, annonces légales. Mais nous tenons produire un journal hebdomadaire, parce qu'il y a un quasi-monopole du Courrier Picard. »

Annick Carbonnier, directrice de la publication du JDA, rappelle : « Toutes les collectivités ont une publication. Nous sommes la seule en France, qui ait encore une publication hebdomadaire. »

L'équipe du JDA se compose de « quatre journalistes et demi, un secrétaire de rédaction et demi, un rédacteur en chef, un graphiste et un photographe ». Bertrand Bellanger assure : « Le JDA dans sa manière de fonctionner, les journalistes se sont toujours revendiqués comme indépendants. »

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