La mort filmée de George Floyd, un Afro-Américain âgé de 46 ans, aux mains de la police de Minneapolis (Etats-Unis) le 25 mai, asphyxié durant plus de 8 minutes sous la pression du genou du policier blanc Derek Chauvin, a déclenché une onde de choc mondiale. Partie des Etats-Unis, cette révolte face au racisme et aux violences policières a gagné de nombreux pays. George Floyd est un symbole mondial désormais.
De nombreux artistes ont rendu hommage à George Floyd et, par extension, à toutes les victimes de racisme et de violence policière à travers le monde. Ces œuvres d'art, souvent réalisées dans l'espace public, utilisent divers symboles pour exprimer leur message. Parmi ces symboles, les bougies occupent une place particulière.
Les bougies comme symbole de mémoire et d'espoir
Le mystérieux artiste britannique Banksy a publié samedi 6 juin sur son compte Instagram aux plus de 9 millions d’abonnés une nouvelle œuvre engagée. On y voit un portrait de silhouette noire à côté duquel une bougie de veillée funèbre commence à mettre le feu au drapeau des Etats-Unis. Il l’a accompagné d’un texte dans lequel il dit : "Au début je pensais que je devais juste me taire et écouter les Noirs à propos de ce problème.
Avec la photo de son œuvre dédiée à George Floyd et réalisée sur Stephenson Square à Manchester, l’artiste Akse-P19 a posté un long texte sur Instagram. Il y rappelle qu’en 1860, Manchester était surnommée Cottonopolis : la ville importait les trois-quarts de tout le coton produit par les plantations du sud des Etats-Unis escalavagistes qui avaient fait sécession. Mais, afin de soutenir l’embargo décrété par le président américain Abraham Lincoln contre les Etats confédérés, les ouvriers de Manchester refusèrent, en dépit de ce que cela leur coûtait (renvoi, famine etc), de toucher le coton brut récolté par les esclaves américains. Un sacrifice salué par Lincoln lui-même en 1863.
Manchester Town Hall
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En plus d'Akse-P19, d'autres artistes ont utilisé des bougies dans leurs œuvres en hommage à George Floyd. Ces bougies symbolisent plusieurs choses :
- Le souvenir : Elles commémorent la vie de George Floyd et des autres victimes de racisme et de violence policière.
- L'espoir : Elles représentent l'espoir d'un avenir meilleur, où de telles tragédies ne se reproduiront plus.
- La solidarité : Elles témoignent de la solidarité de la communauté avec les familles des victimes.
- La lumière : Elles illuminent les ténèbres de la haine et de l'injustice.
Manchester : une minute de silence un an après l'attentat
Autres œuvres d'art en hommage à George Floyd
L’artiste italien TV Boy, basé à Barcelone, rend hommage à George Floyd en faisant son portrait à mi-chemin entre l'ange gardien et le super héros de BD. L'oeuvre "Stop Racism" a été réalisée le 31 mai à El Born, le Centre de Culture et de Mémoire de Barcelone. Elle est accompagnée des hashtags #BlackLivesMatter et #ICantBreathe.
Cet artiste italien réclame "justice pour George Floyd" avec cette oeuvre intitulée "La Passion de George Floyd" en référence à la Passion du Christ. Floyd y apparaît en effet transpercé de flèches, l’une d’elles décochée par le 911, le numéro de téléphone des urgences aux Etats-Unis. Son short est orné du mot Justice et le texte en haut à droite assène "Mai 2020. Le prix : la vie d’un homme noir".
Le street artist parisien Combo Culture Kidnapper a réalisé cette fresque murale en face d’un commissariat de Grenoble (parking Hoche) en ouverture de la Street art fest de la ville baptisée cette année "Résilience édition". Sur son compte Instagram, il a écrit "Les vies noires comptent.
Dès le 29 mai, l’artiste dominicain Jesus Cruz Artiles, alias Eme Freethinker, a réalisé ce très beau portrait de George Floyd sur un pan du Mur de Berlin. Son message, note-t-il, "se passe de mot".
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"Je ne suis pas Africain-américain mais je me joins aux manifestants. (...) A un moment il faut dire "assez!" a écrit Hijack sur son compte Instagram le 7 juin en postant la photo de son oeuvre.
20 dollars, "c'est le prix d'une vie noire", a écrit l’artiste féminine Jéremie Bacpac sur cette fresque représentant George Floyd au cœur d’un billet de 20 dollars. C’est en effet parce qu’il avait supposément voulu payer avec un billet de 20 dollars de contrefaçon que George Floyd s’est fait arrêter par la police de Minneapolis avant de mourir asphyxié sous le genou d'un policier.
L’artiste parisien Alexandre Monteiro, alias Hopare, connu pour ses magnifiques portraits entre figuration et abstraction, était récemment à Atlanta pour réaliser une fresque de 1000 m2. Il a publié cette oeuvre sur Instagram dimanche 31 mai en indiquant Minneapolis comme lieu : on suppose donc qu’il s’y trouvait même si le lieu est peut-être plus symbolique que réel.
Regis Léger, alias Dugudus, est un graphiste basé à Paris connu pour ses affiches politiques humoristiques placardées dans la capitale (ou ailleurs) qui interpellent le passant. Comme celle-ci, baptisée I Can’t Breathe, collée début juin en différents endroits et notamment rue de la verrerie à Paris (4e).
Il s’agit sans doute l’œuvre la plus vue et la plus reprise par les médias dans le monde à ce jour : l’ancien président américain Barack Obama lui-même l’a tweetée le 1er juin lui donnant un écho retentissant. Cette fresque a été réalisée dans la ville de Minneapolis, à l’intersection même où George Floyd a perdu la vie. Elle a été réalisée peu après le drame par un collectif de 5 artistes : Xena Goldman, Cadex Herrera et Greta McLain, épaulés de Niko Alexander et Pablo Hernandez, comme on peut le voir sur cette photo.
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L'artiste féminine Jelly J Art aime les couleurs qui claquent et promeut l'amour avec ses personnages aux immenses cils. Cette fresque murale a été réalisée sur Drury Lane à Londres début juin (et a été entre-temps recouverte rageusement) face aux "terribles injustices en cours".
"S’il vous plaît, s’il vous plaît, je n’arrive plus à respirer. (...) Ne me tuez pas, je vous en prie !". L’artiste italien Jorit, auteur de cette imposante fresque à Naples, a tenu à rappeler dans son post Instagram les dernières paroles de George Floyd avant sa mort tragique le 25 mai. "Il est temps de changer le monde", conclut-il.
Sa mort a ému jusque dans la province syrienne d’Idleb, ravagée par les bombardements de la guerre civile et où la situation humanitaire est catastrophique. Au milieu des ruines, Aziz Asmar et Anis Amdoun ont réalisé le portrait de Floyd, accompagné des mots "Non au racisme" et "Je ne peux pas respirer".
'Une fresque en hommage à George Floyd et en solidarité avec le soulèvement aux USA", a écrit "Nantes révoltée" (un groupe d'information sur les luttes sociales et environnementales dans cette ville) en postant cette œuvre réalisée par Itvan K, un des artistes du collectif Black Lines, sur un des murs du Jardin extraordinaire de Nantes. Le collectif Black Lines est connu pour ses fresques contre les violences policières.
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