À 35 ans, Franck Ribéry retrouve son meilleur niveau au moment de retrouver Séville en quarts de finale de la Ligue des champions. Le Français a joué un rôle déterminant dans la victoire du Bayern Munich contre le FC Séville en Ligue des champions. Retour sur un match où Ribéry a démontré toute sa classe et son apport indispensable à son équipe.
Un match aller décisif à Séville
Le 3 avril, au stade Sanchez-Pizjuan, Franck Ribéry a assommé les supporteurs andalous. L’ailier gauche du Bayern Munich entre dans la surface de réparation espagnole et force un défenseur adverse à détourner dans ses cages son centre sans contrôle à destination de Robert Lewandowski. À vingt minutes de la fin de la rencontre, le Nordiste envoie l’estocade finale en signant une passe décisive sur le second but bavarois dans ce quart de finale aller de la Ligue des champions. Une victoire (2-1) qui place les Allemands dans des conditions favorables à l’heure de recevoir le club sévillan pour le match retour.
Et un succès dont Franck Ribéry aura été l’artisan principal. Samedi, à Augsbourg, l’entraîneur a ainsi demandé au kop bavarois célébrant le titre de champion d’Allemagne d’acclamer son joueur. Celui qui, avec un huitième titre de champion en onze ans (vingt et un trophées au total), venait de devenir l’égal des mythes munichois Oliver Kahn, Philipp Lahm, Mehmet Scholl et Bastian Schweinsteiger.
Un retour en forme impressionnant
À 35 ans, le Nordiste tutoie de nouveau les sommets du football. S’appuyant sur un jeu fondé sur l’explosivité et ponctué de doubles accélérations, des qualités qui ont tendance à s’étioler avec les années, le troisième du Ballon d’or 2013 « fait taire ses détracteurs », observe Patrick Guillou. « Ces dernières semaines, il est décisif comme passeur et comme buteur, tant en Bundesliga qu’en Ligue des champions. Qu’il retrouve ce niveau de performance à 35 ans, ça témoigne de la force de son caractère. »
L’ancien entraîneur adjoint de Willy Sagnol à Bordeaux refuse de parler de « renaissance » du roi français de Bavière, car ses performances sont « dans la continuité de ce qu’il a fait lors des dix dernières années au Bayern ».
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L'influence cruciale de Jupp Heynckes
Rétabli d’une blessure au genou l’ayant privé des terrains pendant une partie de la saison, Ribéry bénéficie également du changement d’entraîneur opéré par le Bayern Munich à l’automne. En rappelant Jupp Heynckes en remplacement de Carlo Ancelotti, les dirigeants bavarois ont confié le club à « un entraîneur qui a une influence très importante sur Franck », souligne l’ancien défenseur du Bayern Valérien Ismaël. Et celui qui vit non loin de la capitale bavaroise de relever le « lien profond et le très grand respect mutuel » affiché par le joueur et le coach âgé 72 ans.
Depuis le retour aux manettes de l’homme qui a mené les Mia San Mia au triplé Coupe-championnat-Ligue des champions de 2013, l’ancien gamin de la cité populaire du Chemin-Vert à Boulogne-sur-Mer retrouve son influence sur le jeu du Bayern. « Heynckes était responsable de mon excellent niveau en 2013, et je suis très content qu’il soit de retour, se félicitait-il en octobre. Il donne confiance aux joueurs, il a insufflé une nouvelle vie et a soudé l’équipe. »
Une relation de confiance essentielle
Fonctionnant à l’affect, Franck Ribéry n’a pas toujours pu établir avec ses entraîneurs au Bayern - il en a vu passer huit depuis son arrivée en 2007 - un rapport privilégié. Mais « la relation de confiance qu’il a avec Jupp Heynckes lui a permis de complètement se relâcher. Et l’on retrouve le Franck Ribéry de ses débuts », abonde Patrick Guillou.
Le technicien allemand a également replacé David Alaba, avec qui Ribéry formait « le meilleur binôme sur le côté gauche en Europe en 2013 », derrière le Nordiste. L’international autrichien a retrouvé son poste et sa relation préférentielle avec le Français, dont il n’a de cesse de souligner l’importance, sur le terrain comme en dehors.
Valérien Ismaël voit bien Franck Ribéry poursuivre sa carrière « un deux ans encore » s’il ne se blesse pas. Comme Arjen Robben, son virevoltant compère de l’autre aile du Bayern, le Français, en fin de contrat, aspire à poursuivre l’aventure sous les couleurs bavaroises. Le week-end passé, le président du club bavarois, Karl-Heinz Rummenigge, a ouvert la voie à une prolongation de ses deux papys flingueurs.
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Deux joueurs « à un niveau de classe mondiale » sur lesquels il compte pour poursuivre l’aventure en Ligue des champions cette saison.
Ancelotti's Tender Romance With Ribery
Le match retour à Munich
Après la victoire du Bayern à Séville (2-1) en quart aller de Ligue des champions, Franck Ribéry a souligné la bonne réaction de son équipe en seconde période. Thomas Müller (capitaine du Bayern Munich sur la chaîne allemande ZDF): «Il y a eu des moments très différents dans ce match. Il y a eu beaucoup de bonnes choses, mais aussi des choses que nous n'aimons pas voir. Nous avons fait deux, trois erreurs de trop. Ensuite nous avons bien réagi, nous sommes bien revenus après la pause. Dans l'ensemble nous sommes satisfaits, c'est un très bon résultat à l'extérieur.»
Jerome Boateng (Bayern Munich sur la chaîne allemande ZDF) : «Nous avons bien entamé le match, et ensuite nous avons fait deux trois erreurs grossières. On aurait pu éviter de prendre ce but. Mais après nous nous sommes remis en place et notre victoire est méritée. Ce qu'il fallait, c'était rester calme et jouer au football.
Les esprits sont restés tournés vers le match retour de Ligue des champions contre Séville, où il leur faudra confirmer la victoire 2-1 obtenue en Andalousie. Une qualification conforterait les Bavarois dans leur statut de très grand d’Europe : sur les huit dernières éditions, ils ont atteint six fois le dernier carré. Seul le Real Madrid a fait mieux (7).
« Ce n’est pas encore gagné », a mis en garde l’ailier du Bayern Arjen Robben, «Séville a fait un super match à Manchester, et si nous nous retrouvons menés, nous serons sous une forte pression. »
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« Ils ont perdu 2-1 chez eux », a analysé Heynckes mardi. « S’ils veulent avoir une chance de se qualifier ils devront prendre des risques, attaquer, prendre l’initiative. Nous, nous allons essayer de les empêcher de faire cela, en jouant comme nous jouons toujours à domicile. »
Le Bayern est toujours en course pour le triplé championnat/coupe/Ligue des champions, qu’il n’a réussi qu’une fois dans son histoire, en 2013 déjà avec Jupp Heynckes. « Nous voulons poursuivre sur notre lancée, aller très loin dans les compétitions qui nous restent. Nous avons faim.
Résumé du match aller Séville - Bayern Munich
Le Bayern Munich a été chahuté en première période et a même concédé le premier but. Mais les Bavarois ne se sont jamais affolés et ont réussi à revenir dans le match avant la pause grâce à Ribéry. Bref, même si Arturo Vidal est sorti précocement sur blessure (36e), voilà les Bavarois nantis d'un avantage mérité à l'issue de cette première manche et tout proches de leur cinquième demi-finale en six ans. A ce jeu-là, il faut saluer la prestation de Ribéry (34 ans), auteur d'un match abouti alors qu'il espère toujours être prolongé au-delà de l'été 2018.
Séville semblait avoir la situation en main, surtout au vu de son pressing incessant ou de la maîtrise du métronome français Steven Nzonzi, qui menait le jeu en l'absence d'Ever Banega (suspendu). Finalement, c'est sur une jolie louche de Ribéry que l'international espagnol Thiago Alcantara a donné l'avantage aux Bavarois d'une tête plongeante déviée par un défenseur (68e).
Les Sévillans ont pu accrocher les Bavarois dans une première période avec une intensité folle, mais l'expérience des Allemands a parlé.
Ribéry, décisif sur les deux buts, à mener son équipe sur le bon rail.
Tableau récapitulatif des performances de Ribéry en Ligue des Champions
| Saison | Match | Minutes jouées | Buts | Passes décisives |
|---|---|---|---|---|
| 2017-2018 | Quart de finale aller vs Séville | 90 | 0 | 2 |
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